Bientôt 3000 !
Le réveil est un peu dur pour Sylvia. Aurait-elle un peu trop fêté son anniversaire la veille ? Il est vrai que « la bière ne rend pas saoul, elle rend seulement gaie ! »
Nous, ce ne peut être cela car notre pauvre pharmacienne ne sera guère d’attaque pendant toute la journée !
Pendant son sermon, l’abbé nous rappelle la confiance que nous devons avoir dans la miséricorde divine et ce quel que soient nos péchés.
Une nouvelle journée de travail qui commence.
En début de matinée, nous voyons arriver une jeune fille de 20 ans, qui se déplace en fauteuil roulant. C’est un fauteuil de fortune : une chaise en plastique attelée à 4 roues, dont deux grandes à l’arrière. Il n’y a bien sûr aucun coussin pour amortir les chocs. Elle a 20 ans et ne pèse que 17 kg…. Elle est impressionnante ! Et le sourire de la personne qui l’accompagne (sa mère sans doute) est émouvant.
L’émotion, ce sont aussi ces femmes qui ont fait 10 km de marche pour nous demander de venir soigner leur village : il y a 4000 habitants ! Nous ne pouvons malheureusement rien faire pour elles dans l’immédiat et les orientons vers le referal desk.
L’émotion, c’est encore lorsqu’une pauvre femme vient nous vendre des parts de gâteau de riz qu’elle a confectionné. L’abbé lui achète le gâteau entier, et au moment de rendre la monnaie, elle cherche son argent quelle cache sous les feuilles de banane de son plateau !
A la pharmacie, nous ressentons l’absence de Sylvia et je jongle entre la régulation et la préparation des ordonnances. Au fur et à mesure de la mission, les patients sont de plus en plus nombreux à demander des médicaments pour d’autres membres de la famille. De plus, ils ont entendu, ou vu, que leurs « compagnons d’infortune » avaient certains médicaments qu’eux n’ont pas et demandent à avoir les mêmes : je voudrais aussi de l’amoxycillin et de l’ambroxol. Tous ne comprennent pas que nous ne puissions pas délivrer certains médicaments sans ordonnance.
En revanche, nous distribuons volontiers des vitamines : la région est très pauvre en fruit et certains patients n’ont qu’un repas de riz par jour.
Des enfants du voisinage viennent régulièrement nous voir et entrent, on ne sait comment, dans l’enceinte de la mission sans laisser passer. Certaines personnes attendent les amis et autres membres de la famille avant de quitter l’espace de la pharmacie ! Ajoutez à cela le brouhaha de la pluie sur les bâches et toits de tôle ! Nous sommes obligés de mettre un peu le holà car nous ne pouvons plus travailler sereinement et risquons de faire des erreurs.
Les patients défilent jusqu’à 19h, sans autre interruption que seule du déjeuner. Nous terminons la journée éclairés par la lampe portative utilisée pour les soins : en effet, nous n’avons plus de lumière au dessus de notre table, le fil qui l’alimentait ayant été coupé en restant coincé dans une porte !
Dans l’après-midi, c’est à mon tour de bénéficier de soins. La veille de mon départ de France, je me suis faite piquer par une tique. Je n’ai pas réussi à l’enlever complètement et le médecin que j’ai vu en catastrophe le samedi après-midi n’a pas jugé bon de l’enlever : il m’a juste donné une crème antibiotique et un traitement au cas où je déclanche des premières réactions cutanées.
La réaction de Jean-Pierre fut tout à faire différente : « tu changes de médecin et tu ne restes pas avec cette bestiole dans le bras : les conséquences peuvent n’apparaître que plusieurs années après ».
Jean-Pierre battant chaque jour des records de consultations n’a guère eu le temps de pratiquer son art sur moi ! Toutefois dans l’après-midi, j’arrive à l’extraire le temps de l’opération. Visiblement, la petite bestiole s’était installée profondément et je m’en sors avec un point de suture ! Merci Bernadette et Jean-Pierre ! Je peux maintenant dormir sur mes 2 oreilles !
Vendredi fut aussi un grand jour!
- Hélène, reconvertie le temps de la mission en assistante dentaire, prend du gallon et s’aventure à l’arrachage de dents ! Elle en retirera 9 dans l’après-midi ! Quel courage !
Fini la grasse matinée : messe à 7h. Lorsque nous arrivons à la chapelle, il a déjà la queue sous les « bâches d’attente » (que voulez-vous, ici il faut adapter le vocabulaire aux conditions locales !).
plan.ppt













