Mission à Maguling

Ce matin, réveil à 5h pour le départ à 5h30. Direction le baranghay de Maguling rattaché à la municipalité de Maitum, dans la province de Sarangani, mais en allant vers l’ouest de l’île.

L’armée vient nous chercher (je pars avec Sheryl, comme d’habitude !).

Au moment de monter dans le camion (vous savez, les camions de l’armée avec 1 banc de chaque côté de l’arrière, le tout couvert par une bâche), on veut m’apporter une chaise pour m’aider à franchir la grande marche, mais hop, un pied sur le volet arrière et me voilà dedans !

Le problème c’est qu’il n’y a pas 36 façons de s’asseoir : c’est forcément en se mettant perpendiculaire à la route et non face à la route ! Et que je suis sensible au mal des transports ! Et qu’il faut environ 2 heures de route pour aller sur le lieu de la mission ….. !!!

Finalement, tout ce passe bien car j’ai de l’air plein de la figure en regardant le paysage défiler : c’est splendide ! D’un côté la mer derrière les cocotiers, de l’autre, des rizières bordées de cocotiers, chez plantations de bananes, des montagnes …. 

Pendant le trajet, nous récitons le chapelet avec l’ensemble des volontaires partis de General Santos (une douzaine !)

A certains moments, la route se transforme en terrain caillouteux mais cela n’a pas l’air déranger le chauffeur qui ralentit peu sa course !

Un pont était en construction et nous avons dû traverser une rivière à gué ! Je vous rassure, ce n’était pas bien profond ! En revanche, ça secoue bien pour rejoindre la rivière !

Nous arrivons enfin dans le baranghay, après un long trajet baigné de poussière !

C’est une grosse mission : elle est organisée par la province de Sarangani avec le renfort de l’armée philippine et américaine. Je ne suis donc plus la seule blanche sur le site, il y a aussi des américains !

Le baranghay est l’un des derniers avant de changer de province. Le coin est dangereux car nous sommes de plus en plus en terre musulmane (nous avons vu des mosquées et plusieurs des patients d’aujourd’hui étaient voilées) et les rebelles sont particulièrement actifs. Dans le coin, les affrontements entre armée philippine et  rebelles ne sont pas rares !

Les américains fournissent les médicaments pour cette mission et l’un d’entre eux est médecin. Le docteur Cagapé ne sera donc pas seul pour absorber le flot de patients ! Car lorsque nous arrivons, il y a déjà foule et l’enregistrement a déjà commencé.

Comme d’habitude, je fais partie de la pharmacie. La pharmacienne devait marquer les posologies sur les plaques de médicaments, mais devant l’affluence, les médicaments préparés s’accumulent et cela bouchonne rapidement ! Je prends le relais, à charge pour elle de vérifier et transmettre aux patients. C’est un flux incessant ! Cela devient encore plus difficile lorsque Sheryl, initialement membre de notre équipe, nous est retirée pour assister le médecin américain.

lire la suite


Archive pour août, 2009

Prison ?

Doc Cagapé va régulièrement visiter la prison de la province de Sarangani.

Aujourd’hui est son jour de visite. Il est prévu que j’aille avec lui : je m’en réjouis d’avance. Hier, au dîner, nous avons parlé de la journée d’aujourd’hui, mais n’ai pas eu d’indication d’horaire. Je ne m’inquiète pas : pas de mention particulière = heure de lever habituelle. On me donnera bien les indications à temps.

Lorsque je me lève, Yolli, qui avait dormi au bureau, et Patrick sont déjà partis. Rien ne semble présager d’un petit déjeuner se prépare… Bon, on verra bien.

Vers 8h, 8h15 : toujours pas de nouvelles.

Ne voyant rien venir, je me mets à la lessive.

Patrick finit par arriver vers 8h30-8h45, en compagnie de Doc Cagapé. Ce dernier demande des chapelets. La voiture est bondée et à part les chapelets, on ne me demande rien. Je n’ose pas demander si je suis censée partir avec eux car la voiture étant bien pleine, je vois difficilement comment on peut rajouter du monde. La voiture s’en va et je reste un peu perplexe. Ai-je raté une information ?

Lorsque Judith arrive au bureau, elle est toute surprise de m’y trouver. Elle pensait que je devais visiter la prison. Il y a effectivement eu un petit loupé dans les instructions qui devaient m’être données.

Je suis un peu déçue, mais me console en me disant que j’irai le mois prochain.

En attendant, je n’ai pas pris de petit dej et j’ai faim. La prison m’est passée sous le nez. Sera-ce le cas également du petit dej ! Je vais attendre encore un peu, mais si je ne vois rien venir, je demanderai à Judith si je peux aller acheter un peu de pain à notre « cantine ». Mine de rien, on s’habitue vite à prendre un petit dej, et je me demande comment, pendant des années, j’ai pu me contenter d’un rapide café ou thé en arrivant au bureau. Il est vrai qu’à l’époque, mon estomac criait très rapidement famine !

Heureusement Judith a dû comprendre que je n’avais pas déjeuné et nous nous dirigeons vers notre cantine préférée. Petit déjeuner philippin avec du riz bien sûr, mais aussi ananas délicieux !

Je vous rassure, ce n’est pas parce que le programme initial a été bouleversé que je suis restée à me tourner les pouces !

(Lire la suite…)

Nouvelles de Jane

La nuit fut un peu mouvementée.

Sont-ce les rats de l’autre soir, ou le fait que Yolli m’ait dit que parfois, des personnes essayaient de voir par la fenêtre ce qui se passe à l’intérieur, je n’en sais rien, mais j’entends de bruits partout ! J’ai même vu une lumière passer, des bruits de personne qui frappe à la porte… Il est entre 2 et 3h du matin. Ce n’est pas très rassurant !

Finalement, ce n’est que Patrick qui a passé la nuit dans la voiture et se prépare à partir. En effet, un patient passait la nuit au bureau en prévision d’un départ très matinal pour Davao, à 3h de route de Gensan.

Le patient a un rendez-vous planifié. Yolli veut saisir l’occasion de ce voyage pour que la petite Jane voie le chirurgien : il faut arriver tôt avant le début des consultations. En pleine nuit, Patrick part donc chercher Jane et sa maman. Entre temps, Judith et Marie Car rejoignent le bureau. Un petit brief à la chapelle et tout ce petit monde se met en route.

Le rendez-vous se passe bien. Le chirurgien indique qu’il ne réalisera pas l’opération avant qu’elle ait 2 ans, 2,5 ans : la boîte crânienne doit être plus développée. Ce sera donc pour l’année prochaine.

Une troisième opération devra intervenir lorsqu’elle aura une douzaine d’années pour faire les réparations esthétiques.

Pendant ce temps, j’ai enfin terminé officiellement mon inventaire !!!! J’avoue que je ne suis pas mécontente ! Depuis le temps !

Mais un inventaire en appelle un autre : nous avons distribué énormément de médicaments au cours des missions réalisées avec le docteur Cagapé : j’ai l’impression qu’il ne nous reste plus grand-chose. Un inventaire s’impose ! Me revoilà donc partie dans mes cartons, mais cette fois-ci, cela devrait être beaucoup plus rapide. Et en plus, avec le temps, on s’améliore :  en 1,5 jour, c’est terminé !

Dans l’après-midi, j’ai Clotilde Bur via Skype : l’année dernière, elle a passé 6 mois à Gensan. Nous échangeons nos impressions, réaction… Judith entend son nom de temps et temps et doit se demander ce qu’on peut bien dire d’elle !!! C’est amusant !

Je passe presque tous mes moments libres à travailler sur mon blog, décharger les photos, sélectionner celles qui seront publiées, rédiger les chroniques…. Quelques amis me demandent des nouvelles, sont impatients de voir mes chronique… ça met un peu la pression !

Vivement que je résorbe mon retard et adopte un rythme de croisière un peu plus reposant !

premiers pas sur le blog

Dimanche « studieux » : je fais mes premiers pas sur le net pour construire mon blog.

Je rame ! Enfin, nous sommes deux à ramer car mon ordinateur aussi : les temps de connexion sont très longs et il faut plusieurs dizaines de seconde pour passer d’une page à l’autre.

Lorsque vous ne connaissez rien à un sujet, vous tâtonnez, vous regardez un peu tous les menus. Vous faites des essais, allez voir ce que ça donne….. Bref, vous imaginez facilement le temps qu’il me faut ! Parfois, c’est à la limite du décourageant ! Mais peu importe, je le veux et je le ferai !!!!

Je ne vois pas passer la journée.

Le soir, je suis sortie de mon travail par des petits cris stridents : j’ai juste le temps d’apercevoir des rats qui faisaient la course dans une partie du bureau, derrière mon dos ! Brrrrr ! Et dire que dans quelques  minutes, je vais aller me coucher…. Je n’ai pas trop envie d’en avoir dans ma chambre ! Mieux vaut ne pas y penser !

Le lendemain, je commence mon travail par la mise à jour de l’inventaire suite aux différents mouvements du WE. J’ai un peu de mal à retomber sur mes pieds, c’est le cas de la dire, car je suis vite vasouillarde et bonne à rien. Gentiment, Judith m’emmène déjeuner dans un endroit avec la clim, il faut dire qu’il fait particulièrement chaud aujourd’hui.

Une bonne sieste en rentrant et cela va déjà mieux ! C’était juste un coup de fatigue.

La journée étant bien avancée lorsque je me réveille, j’enchaîne sur la préparation de mon blog. Ça avance doucement, mais sûrement !

Mission à Mudan

C’est maintenant une habitude : départ en mission = réveil matinal. Mais ce matin, c’est encore plus matinal car il faut prévoir la préparation des cartons de médicaments.

Nous sortons un à un les cartons dont nous avons besoin. Comme d’habitude, il y en a un qui est au fond, sous une pile. C’est sportif dès le matin ! Nous manquons de cartons vides pour mettre les médicaments à emporter et il faut en plus faire des transvasements. Heureusement, Doc a du retard ! J’essaye de consigner tout sur mon cahier pour mettre ensuite à jour l’inventaire.

A peine le temps d’avaler un café et le voilà qui arrive. En voiture ! Nous embarquons également quelques chapelets.

Nous prenons au passage la famille Madrid, famille de dentistes. En cours de route, nous nous rendons compte que nous avons oublié les feuilles d’enregistrement. Quelques SMS plus tard (ils utilisent beaucoup plus les SMS que les communications téléphoniques ! à 20 pesos les 100 SMS, on les comprend) nous avons rendez-vous à une bifurcation. Au passage, nous embarquons un autre volontaire d’ACIM Asia : Kitz.

Nous partons normalement pour une mission de 2 jours.

Le confort est sommaire : nous sommes 4 à l’arrière, ils sont 3 devant. Le dossier du siège avant est une simple planche de bois. Pas très confortable pour des personnes de l’âge de Doc et Docta Madrid. En comparaison, malgré les barres métalliques que nous sentons sous nous, nous avons l’impression d’être « confortablement » installées… Doc Cagapé et les autres volontaires sont dehors, à l’arrière.

 imgp1622rduite.jpg  Nous partons pour plus d’une heure de route. Les paysages sont magnifiques : d’un côté la mer, avec des maisons (les cabanes en bois de bambou) qui ont les pieds dans l’eau, presque au sens propre. Heureusement il y a très peu de marée et la petite hauteur des pilotis est suffisante pour que les habitants ne pataugent pas. A gauche, les rizières, les cocotiers, les montagnes, à certains endroits, une sorte de jungle. J’essaye de prendre des photos, mais ce n’est pas évident : il y a toujours un fil électrique, une barrière ou un poteau qui vous gâche le cliché !

La route tourne, nous longeons une baie. Nous apercevons des petits bateaux de pêche à balanciers. C’est superbe. Sur le parcours, je m’amuse toujours au passage de tricycle surchargé de sac ou de personnes, ou encore des jeepneys qui débordent et dont les passager sont assis sur le toit !

Nous nous arrêtons : l’armée nous attend pour nous escorter sur le reste du trajet et pour la mission. Certains des volontaires changent de véhicule et embarquent dans leur camion.

Nous traversons la « ville » de Malapatan d’où est originaire l’association du Docteur Cagapé. Nous finissons par arriver non loin de Glan, ville à laquelle est rattaché le baranghay de Mudan, lieu de notre mission.

Après différents atermoiements, nous prenons un chemin : l’un des côtés est couvert de dalles en béton et le dénivelé est important lorsque nous passons au chemin de terre et de cailloux !

Nous nous enfonçons dans la forêt : ça secoue bien ! Sur notre chemin, nous croisons des chèvres, et quelques vaches.

Nous nous arrêtons aux abord d’un village, à l’aplomb d’une rivière : le chemin se rétrécit, le terrain est un peu meuble et nous devons faire les dernières mètres à pied par crainte de nous retrouver quelques mètres plus bas.

La mission aura lieu sous une sorte de halle couverte. Doc donne ses instructions pour l’organisation, brief les personnes qui réaliseront l’enregistrement et tout le monde s’installe. On nous sert un petit déjeuner avec des gâteaux de riz encore tout chaud Ce n’est pas pour nous déplaire car Sheryl et moi mourrions de faim ! Un dernier briefing pour un groupe de personnes, sans doute des responsables locaux, et sans doute sur les consignes de bon ordre pour le déroulement. Une courte prière et nous nous mettons au travail.

A peine 10 minutes après, stop : c’est l’heure du breakfast ! Nous devons faire honneur au repas préparés par les volontaires du baranghay, impossible d’y échapper ! Nous mettons donc « à table » avec un repas complet à 9h30 ! Nous nous mettons enfin à l’ouvrage, et pour de bon cette fois-ci !

(Lire la suite…)

Interview

A peine ai-je commencé à travailler que Judith m’informe que l’interview de Doc Cagapé aura lieu ce matin, dans sa clinique.

Patrick m’y conduit donc. Nous étions déjà passés devant sa clinique pour nous rendre à la mission de Kablon : il m’avait semblé apercevoir une petit bâtiment bleu un peu vétuste. Peut être ne manque-t-il qu’un coup de peinture pensais-je alors. J’ai hâte de voir l’intérieur.

imgp1613rduite.jpg  La porte d’entrée est derrière un petit paravent de verdure. Lorsque je pousse la porte, je dois laisser sur le palier toutes les images que j’associe habituellement au terme clinique.

En fait de clinique, il s’agit ici de son « cabinet » de consultation : une pièce en longueur, très simple, un bureau en métal du type des vieux bureaux d’usine, des chaises et un pèse personne d’une autre époque (je ne dis pas autre siècle car on pourrait penser que c’en est un des années 1990 : c’est beaucoup plus ancien que ça !). Sur le sol, un carrelage type petits carreaux de piscine.

Au mur, entourant une porte donnant sur une petite pièce attenante, les certificats (reconnaissances) envoyées par les provinces auxquelles il apporte son support. Je reconnais le logo d’ACIM Asia, de la Fraternité et les signatures de l’abbé Couture, de Jean-Pierre. C’est le certificat pour la mission Rosa Mystica 2008.

Il me parle des missions médicales, mais aussi des activités de son association Hearts & Brains et le programme « Tulong ko sa pasyenteng Filipino » : « aider un patient philippin ».

C’est passionnant ! Je vous invite à lire son interview dès qu’elle sera en ligne sur mon site.

Pendant l’interview, Doc Cagapé prépare des médicaments pour la mission du lendemain : du découpage de plaquettes de médicaments, des choses simple qui sont pourtant source de joie pour lui : la joie de servir les pauvres et de le faire pour la Gloire et l’Amour de Dieu. Il est impressionnant !

De retour au bureau, je me remets à mon inventaire : encore et toujours !

Cette fois, je veux en finir, d’autant plus que, pour la mission du lendemain, Doc m’a demandé si ACIM Asia pouvait lui donner des médicaments car il est en manque de certains produits. Afin que Yolli puisse prendre une décision, elle a besoin des savoir les quantités dont nous disposons. Et si la réponse est positive, il faut que je sache où les trouver.

Cet après-midi, Jane est allée voir l’ophtalmo pour son éventuelle opération. Le chirurgien craint des séquelles pour la petite fille : perte de vue ou impossibilité de bouger les yeux.

Le chirurgien de Davao, qui avait réalisé la 1ère intervention, affirme qu’il peut réaliser la 2ème sans séquelles pour Jane : il compte intervenir en ouvrant le dessus du crâne, laissant ainsi le minimum de cicatrice visible, alors que celui de Gensan comptait ouvrir au niveau du front/nez.

Nous ne voulons pas prendre le risque que Jane perde la vue : elle sera donc de nouveau opérée à Davao.

Quand ? Réponse lorsqu’elle aura vu le chirurgien : Judith compte aller le voir mardi prochain, même si aucun rendez-vous n’est pris.

Ça y est, j’ai fini l’inventaire ! Du moins la phase listing : il ne me restera plus qu’une petite compilation pour suivre ensuite la gestion des stocks.

Avant de me coucher, je repère les cartons où se situent les médicaments que nous donnerons au Doc. Cela fera ça de gagné pour demain car il a prévu de passer nous prendre à 5h30. Et cette fois, Sheryl, pas question de faire une panne d’oreiller !

Bonne nuit ! 

1er test ! ça marche !

Rien de particulier pour la journée de Jeudi : mon inventaire, encore et toujours !

Avec une bonne et une mauvaise nouvelle :

La mauvaise nouvelle, c’est que je dois refaire une bonne partie de mon travail car à ma liste et quantités de médicaments, il faut que j’ajoute les dates de péremption ! Et me revoilà à rouvrir mes cartons, à les déplacer ! un vrai déménageur !

La bonne nouvelle c’est que nous devons chercher des médicaments pour un patient que nous envoie le docteur Cagapé. Quelques recherches sur mon fichier, et hop, en un rien de temps je trouve non seulement dans quel carton se trouve les médicaments, mais également l’emplacement des dits cartons !

Un peu de baume au cœur dans cette tâche fastidieuse !

Bon, j’ai tout de même hâte de finir ce travail !

imgp1583rduite.jpg   Cet après-midi, la petite Jane est allée voir le chirurgien de Gensan : elle a subi une opération l’année dernière, mais elle devra encore en subir 2 autres, la prochaine devant se faire aux environs de ses 2 ans, lorsque la boite crânienne est plus développée.

Elle n’a qu’un an, mais peut être est-il possible de faire déjà quelque chose.

La 1ère opération avait été réalisée par LE chirurgien dans le domaine, à Davao, c’est-à-dire à 3h de route de Gensan, et tous les examens de suivi devaient avoir lieu là bas, ce qui n’est pas très pratique surtout avec un enfant si petit.

Le chirurgien de Gensan acceptera-t-il de réaliser la seconde opération ?

Peut-on prévoir dès maintenant l’opération ? Quel budget faut-il prévoir ?

Malheureusement, la visite d’aujourd’hui ne permettra pas d’apporter les réponses à ces questions. L’opération sera importante et devra faire intervenir 2 autres chirurgiens. La prochaine étape est donc un rendez-vous chez un ORL et un spécialiste de l’opération des yeux.

A suivre donc, mais en attendant, il faut commencer à trouver des fonds !!!!

Découverte de KCC

Et me revoilà dans mon local ! J’ai l’impression que je ne vais jamais en finir !

Arrive l’heure du déjeuner et là, bonne nouvelle : c’est free afternoon !

Je vais avec Sheryl au fameux KCC, le grand centre commercial moderne de la ville. Pour ne pas perdre les bonnes habitudes, je prends du riz pour le déjeuner. Je choisis un poulet aux champignons en pensant que je retrouverai les saveurs de nos petits restos chinois. Que neni ! J’apprécie plus ceux que nous avons en France ! Ah lala. Il y a encore du travail pour la parfaite acclimatation ! Pour le dessert, nous nous partageons une salade de fruits noyés sous une crème anglaise. Parmi les « fruits », un avocat ! Eh oui, ici, on le mange en dessert. Essayez ! Avec la crème anglais et un peu de citron, ce n’est pas mauvais !

Je découvre l’équivalent de ce qui est leur Monoprix-Conforama-Auchan-Printemps confondu (tout ça) : c’est-à-dire que vous y retrouvez un peu de l’esprit de toutes ces boutiques à la sauce locale bien sûr ! Si vous cherchez des tongues, il y a l’embarras du choix ! C’est impressionnant !

Il faut absolument que je progresse en tagalog. Je me mets en quête d’un livre de grammaire tagalog écrit en anglais. J’ai bien trouvé un livre de grammaire anglaise écrite en tagalog, mais je ne suis pas plus avancée ! Je prends tout de même un dictionnaire anglais-tagalog/tagalog anglais !

Il y a une boulangerie dans le centre commercial, il que faut que j’aille voir !

imgp1601rduite.jpg  Malgré leurs tentatives, leur simili baguette n’a pas grand-chose à voir avec la nôtre, en dehors d’une similitude de forme ! Je me dirige vers leurs gâteaux (leurs gros gâteaux) : vous ne pouvez pas les manquer car de la couleur, il y en a ! Et de toutes le formes : nounours, poupée, voiture ! Il faut aimer !

Je veux ensuite retirer de l’argent à la sortie de ce mall. Et là, c’est de nouveau la surprise : 8 distributeurs les uns à coté des autres, et 5 à 6 personnes qui font la queue devant chaque ! Sheryl m’explique que nous sommes à la moitié du mois et que la paye est tombée. Ici, les salaires mensuels sont versés en deux fois.

Retour en Jeepney au bureau et me revoilà plongées dans mes cartons !

Le soir, nouvelle leçon de tagalog : les parties du corps et pour mieux les retenir, Yolli et Patrick m’apprennent une chanson :

Sumpong mga daliri, kamay at paa  Dalawang mata, dalawang tainga 

Ilong na mangada Malilinis na ngipin, masarap kumain 

Dilang maliit, nagsacasabing Wag kang magsinungaling ! 

Attendez, je vais vous traduire10 doigts, des mains et des pieds 

2 yeux, 2 oreilles

un joli nez

des dents propres pour manger de bonnes choses

une petite langue avec laquelle il ne faut pas dire de mensonge !

J’arrive sans trop de problème à retenir l’air, mais les paroles …..

Ne riez pas….!!!! J’aimerais bien vous y voir !

Mes débuts avec skype

Me voilà de nouveau dans mon petit local. Et je vais y passer une bonne partie de la journée. 

Vers l’heure du déjeuner, Jane, sa maman et sa sœur viennent à l’office : elles ont rendez-vous chez le médecin l’après-midi et attendent Patrick pour les y conduire.

La petite Jane a l’air en meilleure forme et de meilleure humeur que lorsque je l’avais vue à mon arrivée. Toutes les 3 viennent déjeuner avec nous.

De retour de leur consultation, elles viennent chercher les médicaments prescrits. Nous tombons rapidement sur le carton contenant l’un d’eux. Cela se complique pour les 2 autres. Et pas question d’aller en acheter à la pharmacie si nous en avons ici, et pas question non plus de leur apporter demain car elles habitent à 20 minutes en voiture d’ici.

Nous voilà donc Judith et moi à transbahuter et ouvrir tous les cartons pour trouver celui qu’il nous faut ! Forcément, le carton est sous une pile, au fond de la pièce !

Je peux maintenant continuer mon inventaire et les cartons me servent des fauteuil : finalement, c’est presque plus confortable que lorsque je suis à ma petite table de travail !

Evènement, je me connecte sur Skype et discute en live avec Blandine ! c’est génial !

Je le vois très bien, mais elle ne voit pas grand-chose de moi : je pense que cela est lié d’une part à une webcam de faible qualité de mon côté et surtout au manque de luminosité dans le bureau. En plus, il faut nuit à l’extérieur !

C’est vraiment sympa ! Vite que mes amies s’y mettent aussi !

Le soir, je vais diner avec Sheryl dans un « restaurant » : petites tables proprettes, des couteaux (si, si, vous avez bien lu !), une personne qui vient prendre votre commande …  Je vous rassure, la carte reste très simple (bœuf, porc, cordon bleu, spaghetti bolognaises, poisson). Je change du riz et prends des spaghetti, rien que pour voir comment elles sont ici. Eh bien les nôtres sont meilleures ! Et même dans un « restaurant », le fromage râpé n’est pas du vrai fromage. Ils râpent des sortes de plaquettes (en forme de plaquette de beurre) de fromage du type des tranches de fromage pour hamburger. Je sais de quoi je parle, j’en ai eu au petit dej ce matin !

Le soir, 2ème rencontre avec un crokcroach ! Sauf que cette fois, il est dans ma « douche ».

Pas question que je cohabite avec lui à cet endroit : c’est lui ou moi ! et comme je suis bien décidée à prendre ma douche, ce n’est pas moi qui céderai !!! Hop, un coup d’eau et le voilà qui se carapate dans un coin ! Ouf !

Un sac de noeuds !

Cela fait une semaine que je suis à Gensan.

Ce WE, nous avons reçu la livraison des 80 cartons de pharmacie et équipements divers que nous avons expédié de Sampaloc.

J’ai en charge l’inventaire ! Il y a de quoi faire !

Mes chroniques seront peut être un peu espacées pour ne pas vous redire la même chose tous les jours et bien sûr, s’il ne se passe rien, je ne manquerai pas de vous en tenir informés !

Je m’attaque donc au 1er puis 2ème carton : merci Bernardette d’avoir indiqué le nombre de lots de pansements lorsque tu as fait ton inventaire, ça m’évite de tout sortir ! Ce ne sera pas le cas pour les autres cartons car la plupart ont été remaniés et les listes que nous avons faites consciencieusement le dimanche matin ne sont plus utiles !

Pendant ce temps, Yolli continue ses reporting, Bubbles et Judith saisissent les dossiers individuels des patients dans leur base de données et je sers de déchiffreuse pour les certains mots et écritures français. Merci encore à Gilbert pour son écriture la plus lisible des médecins présents à la mission : ça facilite grandement les choses. Sheryl s’occupe de déchiffrer celles de Jean-Pierre, son doc’ préféré !

Je m’attaque à un énorme sac en tissu vert, et c’est là que je commence à « m’amuser »: une fois les dosettes comptées, c’est le tour des chapelets. Il y en a …… je ne le saurais qu’en fin de d’après-midi !

Des sacs et des sacs et des sacs. Les français ont eu la bonne idée d’avoir apporté des sacs ou le chiffre 100 est bien apparent ! Ca va nettement plus vite. Ca devient plus long lorsque le sac a été entre-ouvert car il faut savoir si certains n’ont pas été retirés du sac. Le mieux, c’est lorsque je m’attaque à des sacs/lots de chapelets en vrac, de toutes les couleurs. Vous imaginez le sac de nœuds ! De temps en temps, j’ai la chance de tomber sur des lots déjà constitués de 10, mais dont les croix sont prises au milieu de dizaines d’autres.

Tout l’après-midi, avec l’aide de Marie-Car, je constitue des lots de 10, mettant quelques bouts de scotch à chaque lot pour éviter la reconstitution des nœuds. Je deviens experte !

Il y a finalement 2 130 chapelets dont 561 qui étaient en vrac !

C’est bien beau, mais où stoker tout cela. En attendant de trouver une solution, nous remettons tous dans le grand sac. Mais pas question de mettre par terre le travail de la journée ! Marie-Car part donc acheter des sachets en plastique dans lesquels je mettrai un lot de 10 chapelet dans chaque, en prenant soin de les enrober de bouts de papier pour éviter la formation de nouveaux nœuds. Yolli vient en renfort après le diner !

Il faut dire qu’une partie de l’ensachage avant le dîner fut peu productif car j’étais en même temps connectée pas chat mail ave Blandine. Hélène se connecte également : c’est très sympa de garder ainsi les contacts !