Bibong bibo pag jampong
Le réveil sonne tout de même à 1h30 !
Dehors, il y a toujours le même brouhaha : nous avons l’impression d’être à côté de chutes d’eau ! D’énormes grenouillent jonchent le sol : ça saute de partout !
La sœur est bien sûr sur pied et, aidée de ses bénévoles, nous a préparé un petit déjeuner. A cette heure là, les tranches de saucisse ont un peu de mal à passer.
Nos petits balluchons sont chargés sur le traîneau du carabao et la valise de Geneviève également !
C’est l’heure des au-revoir : nous promettons à la sœur que nous reviendrons l’aider. En février dernier, l’abbé était venu avec 2 tonnes de riz !
Nous nous mettons en branle. Des pygmées nous accompagnent pour nous éclairer le chemin avec des lampes de poche car à 2h du matin, il fait nuit noire. Comme à l’allée, je marche pieds-nus. Ça glisse et il faut faire attention !
Arrivés en bas du chemin, la pluie se remet à tomber : au moins, cela nous lave les pieds ! Nous finirons de les laver dans les flaques d’eau !
3h05 : le car se met en route : Horaire tenu !
Ce que nous avons vécu restera à jamais gravé dans nos mémoires !
Nous sommes plus ou moins trempés selon ce que nous avions sur le dos. Anne-Laure profite de l’air de la climatisation du car pour se faire un brushing !
Les lumières sont vites éteintes et nous tentons tant bien que mal de « poursuivre » notre nuit.
Compte tenu de l’heure, le trajet se fait sans encombre et nous arrivons au prieuré de Manille peu avant 6h. Au programme : messe, « douche », vêtements sec et petit déjeuner.
Il faut maintenant prendre le chemin de l’aéroport : le groupe des français et l’abbé repartent pour Singapour avant de poursuivre vers Paris pour la majorité d’entre eux. Ma gorge se sert : nous avons vécu tant de choses extraordinaires ensemble ! Comment se quitter ?! Cela va être dur, surtout pour moi !
Pas de bouchons et nous y voilà…., trop rapidement !. Nous retrouvons Yolli et Elain qui ont accompagné l’abbé Marcille : il avait souhaité rester à Sampaloc pendant notre petite semaine d’escapades. Il est tout balafré car il a glissé sur une dalle transformée en patinoire avec la pluie !
Yolli remet à chacun d’entre nous un papier de remerciement du maire de Tanay pour la mission. Photos de groupe puis c’est l’heure de l’enregistrement.
Je dois les laisser là. Je les serre tous dans les bras : c’est le temps des embrassades et des larmes ! Elles n’arrivent pas à s’arrêter malgré les « bibong bibo pag jampong » (friendship lasts for ever !) de Sheryl qui me font sourire (c’est comme la macarena, il y a des gestes avec : vous croisez les mains sur vos épaules, vous les décroisez et touchez de nouveau vos épaules puis levez les mains au ciel !). Heureusement qu’elle est là, en compagnie d’Andrew et Elaine ! Yolli, qui avait accompagné l’abbé Marcille s’éclipse aussi : peut être ne souhaite-t-elle pas non plus vivre le départ de ses 2 boss : l’abbé Couture et Jean-Pierre.
L’enregistrement des bagages prend énormément de temps : chaque valise est pesée et cette fois, pas question d’avoir de surcharge ! Les valises sont donc re-équilibrées et les bagages à mains chargés à bloc !
Dernières embrassade à la sortie de la zone d’enregistrement. Je les accompagne jusqu’à la douane.
Au revoir cher amis ! A bientôt par mail ! Bibong bibo pag jampong !.
Mabuhay ! La vie doit continuer !
Nous prenons le chemin du terminal 2 pour acheter nos billets d’avion : lundi, nous partirons pour General Santos. En attendant, nous retournons à Sampaloc.
Il est midi : l’avion de la Cebu Pacif qui emmène les français passe au dessus de nos têtes …
Nous reprenons le chemin des bouchons de Manille. Après une pause déjeuner, nous repartons. Nous sommes 11 dans un toyota prévu pour 8 ! Au fur et à mesure du trajet, des passagers descendent et nous pouvons avoir un peu plus de place.
Le trajet n’en finit pas : en raison des arrêts prévus, Greg (le chauffeur de la mission pour l’occasion) a pris le chemin qui passe par enchaînement continu de bourgades. Il fait chaud et pots d’échappement des jeepneys vous mettent au défi de vouloir prendre l’air dehors !
Nous arrivons vers 17h ! Nous avons fait 60 km. Les français, eux, arrivent à Singapour.
Quelques SMS : ils sont bien arrivés et tentent de passer la douane : en effet, certains ont des machettes philippines dans leur valise et les autorités redoublent de prudence au moment de la fête de Singapour ! Ils finissent par passer et Geneviève récupère bien sa valise !
A Sampaloc, je retrouve les enfants que nous avions laissé quelques jours plus tôt et apprend les prénoms des frères et sœurs de la petite Filomena, l’une de nos préférées.
Je loge dans la petite maison qui était « l’office » pendant la mission : une petite maison de rien du tout, 2 chambres très sombres et encombrées, une pièce principale, une cuisine/salle à manger et une « salle de bain » qui n’en n’a que le nom ! Je ne sais pas trop où est l’endroit de la douche car le « carrelage » au sol s’arrête à un moment mais je ne distingue pas de trou d’évacuation d’eau. Il y a de mini toilettes et on essaye de faire chasse d’eau avec une petite casserole qu’on remplit dans un tonneau en plastique. Un fil de fer et un cintre permettent de poser ses affaires le temps d’une douche à la casserole ! La « pièce » est éclairée par une petite lampe et le jour entre le mur et le toit.
La Villa Pilar semble bien luxueuse à côté !
Je suis crevée et l’absence des français est d’autant plus dure : je fais une sieste avant de dîner et de me coucher !
J’ai la chance de dormir avec Sheryl. A côté, Judith, Bubbles et Elaine se serrent à 3 dans un lit à 1,5 places ! Yolli, dort sur le « canapé » banquette en plastique de la pièce principale/hall d’entrée/bureau/salle de soin. Avant de me coucher, Sheryl m’informe que 2 français sont morts ce matin, non loin de l’endroit où nous étions chez les pygmées : un typhon est passé sur les Philippines !
L’information est déjà arrivée en France car je reçois un message d’Alice qui s’inquiète : suis-je toujours en vie ? Ai-je les pieds au sec !










