Mission à Kalkam

Nuit difficile et courte : réveil vers 5h du matin. 

Il n’y a qu’une « salle de bain » (c’est-à-dire petit espace avec toilette et robinet/tonneau/casserole – vous y êtes habitués maintenant !) pour une quinzaine de personne. Le Docteur Nispera, Dentiste, est originaire de ce village et a y encore un oncle. Nous traversons une partie du village pour arriver jusqu’à leur maison/ferme.

C’est l’heure du déjeuner des poules : ça picore dans tous les sens et lorsqu’il ne reste plus grand-chose au sol, on se bat même pour attraper les graines !

La maison est très simple, mais a des vrais murs. Dehors : cuisine/évier, un feu de bois pour faire chauffer le repas.

A l’intérieur, une grande chambre est rapidement transformée en salon. La maison a piteuse allure, mais à l’intérieur, Télé, chaine audio, ordinateur, internet ! Contraste que l’on retrouve souvent dans ce pays.

Un petit enfant en sort et s’amuse comme un fou avec l’un des nombreux chiens qui, bonne pâte, se plie à  tous ses désidérata.

Sur le chemin du retour, une habitante nous donnes des fruits de la passion pour nous remercier des soins que nous sommes venus apporter.

De retour au bureau du Baranghay, petit dej/repas.

Je vais vivre alors un GRAND moment ! Depuis le temps qu’on me parle du Durian, le fruit préféré des philippins, je vais pouvoir goûter !

Il faut préciser qu’il est interdit de transporter du Durian en avion ou dans le métro de Singapour.

Je comprends pourquoi !

Certains disent du Durian : it smells like hell, but it tastes like heaven ! (ça sent mauvais comme l’enfer, mais ça a le goût du paradis) 

L’abbé Couture nous avait dit qu’il fallait qu’on goûte ce fruit, mais à son air, on se doute qu’il y a un truc ! Delphine m’avait juste dit : il faut que tu goûtes et tu verras !

Allons bon, maintenant, j’en ai un dans la pièce car vous sentez d’abord qu’il est là avant de le voir !!!! Une odeur un peu nauséabonde, une couleur jaune claire un peu crémeuse à l’intérieur d’une coque verte couverte de pics .

Si vous enlever l’odeur (j’avoue que c’est assez difficile !), vous pouvez imaginer une crème glacée italienne à la vanille.

Avant d’entamer l’assiette qu’on me tend, je m’assure que j’ai le droit de ne pas finir !

Tout le monde attend ma réaction…. Photos …. La française goûte !

Eh bien j’ai goûté et …………..j’espère ne pas être forcée d’en prendre de nouveau !!!!!

Je ne saurai qualifier le goût : écoeurant avec une dominante d’ail !

On m’apporte ensuite un poster ventant tous les bienfaits de ce fruit : des fibres, de la vitamine C, du fer…. Bref, que demander de plus !

Les philippins finissent l’énorme boite de Durian en se léchant les babines. Il aurait été dommage que je les prive d’un tel plaisir en en prenant plus que de raisonnable !

C’est le moment du départ. Plusieurs fois pendant la mission, la secrétaire du Baranghay s’excusait du peu de confort, et parfois du manque de propreté des lieux. J’avais beau la rassurer, lui dire que tout allait bien, elle était tout de même gênée. Au moment du départ, elle m’offre un collier en mini-perles produit de l’artisanat local. Je suis toute émue car je n’avais pas l’impression de faire quelque chose d’extraordinaire, mais je pense que pour elle et son village, c’est énorme qu’une blanche vienne aider leurs contrées. Une photo s’impose, et comme beaucoup de philippines, elle n’ose pas sourire car elle a honte de ses dents (elle a de la chance, elle les a encore toutes !).

Nous embarquons ensuite tous debout, sur un pick-up, l’armée avec nous bien sûr. Nous voilà partis sur nos chemins de terre faits de creux et bosses au milieu des plants d’ananas avec, en arrière plan, des montagnes, des palmiers et cocotiers. C’est superbe !

Nous finissons par rejoindre la vraie route pour la quitter peu après pour prendre un nouveau chemin de terre en direction des montagnes. Des petites rizières, des cocotiers, des fleurs, des maisons en bois ou en dur, quelques vaches et chèvres, des enfants sur le bord du chemin. Toujours cette même pauvreté, mais également toujours ce calme et cette paisibilité qui règne. Tout au bout, le Baranghay de Kalkam qui dépend de la ville de Tupi.

Même rituel : repérage des lieux, installation et c’est parti !

Pendant que nous installons notre lieu de travail, les responsables du village annoncent notre présence au micro : mission médicale, une opportunité à ne pas manquer !

La mission est plus courte : début vers 10h15 et fin à 14h15, pause déjeuner comprise.

Bilan, 159 patients. 2 personnes ont été pansés, l’un deux a même été recousu sur 2 doigts de la main. Sheryl et les volontaires de Manille ont réalisé les 2 interventions.

Nous avons plus d’espace : une petite maison pour l’enregistrement, une autre pour les dentistes et un espace sur une estrade couverte pour visite médicale et pharmacie.

Du coup, les patients, (certes moins nombreux) attendent de façon plus ordonnée et le niveau sonore est moindre. Le docteur Cagapé peut ainsi travailler dans des conditions plus sereines !

Comme la veille, la pluie s’est invitée, mais de façon plus discrète.

Les cartons bouclés, le maire nous invite à un pôt. Il est 15h et nous avons fini de déjeuner à 13h. Par pôt, comprenez Riz, brochettes de poulet et de foie, et même durian : je leur laisse bien sûr le plaisir de le déguster !

Ici aussi, on mange avec les doigts ! J’ai de la chance, on me propose cuillère et fourchette !

Je finis par me demander si le surpoids n’est pas le moyen de reconnaître les personnes aisées (ou relativement aisées) : ils mangent toute la journée (car je vous ai passé les 2 snaks que nous avons eu dans la matinée !) alors que les plus pauvres ne mangent parfois qu’un repas de riz par jour. Nous n’avons que très rarement vu des patients en surpoids. La plupart sont chétifs.

Retour ensuite à GenSan. Comme d’habiture, Yolli est au bureau.

Elle me demande si j’ai faim !!!!!

Après lever à 4h suivi d’une nuit courte et mouvementée et 2 journées de missions, je suis un peu fatiguée. Apparemment, ça ce voit car on m’en fait la remarque !


Archive pour août, 2009

Mission à Kablon

A défaut de messe, les Apôtres de Marie ont organisé une procession à ….. 4h30 du matin (non, vous ne rêvez pas !!!!). La procession doit avoir lieu avant que la rue ne soit encombrée par la circulation.

Nous sommes peu nombreux : 1 porteur de croix, 4 porteurs pour la statue de la Vierge et moins de 15 personnes derrière. Nous « processionnons » jusqu’à une statue de la Vierge située non loin de la Chapelle St James.

C’est ensuite le départ vers une nouvelle aventure : ma première mission avec le docteur Cagapé.

L’une des dentistes ayant participé à la mission médicale de Sampaloc (Doctora Nispera) passe me prendre (ainsi que 2 volontaires d’ACIM Asia venus de Manille) à 5h30 : direction le Baranghay de Kablon, à ½ h de GenSan, au milieu de l’immense plantation d’ananas.

Les règles de circulation sont assez surprenantes pour nous français : lorsque vous êtres sur une chaussée à 2 voies dans votre sens, vous roulez à gauche et doublez par la droite. Mais visiblement, si vous êtes un tricycab ou un tricycle, vous roulez à droite ! Le problème se pose si vous voulez doubler une voiture (donc à droite) mais qu’il y a en même temps un tricycle, sur la droite également ! Alors selon la témérité du conducteur, vous passez entre les 2 !

Nous prenons une petite route (un chemin de terre devrais-je dire !) en plein milieu de la plantation, puis une autre et encore une autre : il faut vraiment connaître car bien sûr, aucun semblant de panneau pour vous indiquez le village ! De part et d’autres, des pieds d’ananas à perte de vue !

Ca y est nous y voilà ! Déchargement des cartons de médicaments (fournis en grande partie par ACIM Asia), reconnaissance des lieux puis le docteur Cagapé indique l’endroit des différents consultations : nous aurons 3 dentiste et un médecin + une pharmacie, le tout dans un espace d’environ 30 à 40 m2, dont une partie à l’extérieur sous un toit de tôle ondulée.

Avant de travailler, petit déjeuner : et aux philippines, cela veut dire ….. riz, œuf, poisson séché, tomates…. Bref, un vrai repas !

Installation de la pharmacie : tri des médicaments : lorsque nous avons terminé, le docteur Cagapé nous dit qu’il faut les classer par ordre Alphabétique ! Re-déménagement !

Pendant ce temps, les patients se sont accumulés et il y a bousculade à l’entrée.

Avant de commencer notre travail, nous disons une petite prière : cela me fait penser aux piscines de Lourdes : nous commencions également notre travail par une prière.

Le médecin et les dentistes travaillent dans un brouaha permanent et un espace peu éclairé. Les dentistes déménagent bientôt sur « notre toit » où ils auront plus d’espace !

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Une journée « pour moi »

Il était question que je parte en mission médicale aujourd’hui. Cela fut annulé en raison de problèmes logistiques !

Journée « studieuse » mais pour travailler « pour moi » : réponses à des mails, recherches sur internet pour redimensionner des photos, avancement de ma chronique !

Ca y est, ma 1ère semaine en Asie est rédigée : la semaine prochaine, c’est recherches pour constituer son blog et vous faire partager tout cela.

Je me signale également auprès de l’ambassade de France à Manille : restant pour plusieurs mois aux Philippines, il est préférable qu’ils sachent qu’il y a une française de plus dans le pays.

Grande découverte cet après-midi : Yolli me fait un petit mail en français en réponse à un mail où je l’avais mise en copie ! Qui l’eut cru ! Elle m’affirme qu’elle ne sait que quelques mot et ne sait pas les prononcer ! Dans notre langue, les mots ont plus de lettres que celles que nous prononçons !!

Demain est le 15 Août : il n’y aura pas de messe ce WE bien que ce soit le 3ème WE du mois, l’un des WE où habituellement un prêtre de Manille vient célébrer la messe. L’abbé Nelly était là le dimanche précédent => pas de messe ce WE : la prochaine aura lieu le dernier dimanche d’Août. On mesure là encore que nous sommes en terre de mission !

Le docteur Cagapé fait partie de l’Association Hearts & Brains, partenaire d’ACIM Asia : il conduit deux missions médicales ce WE : je partirai avec lui et Sheryl : une nouvelle aventure !

Anniversaire à Gensan

La nuit fut meilleure que le précédente et c’est tant mieux !

Lorsque je me lève, Patrick est parti mais m’a préparé mon petit dej : omelette avec des morceaux de saucisse rose, celles que nous avions tant appréciées pour nos petits déjeuners pendant la mission !!!!

Judith arrive pour se mettre au travail, mais Patrick m’a « enfermé » au bureau et nous discutons donc à travers la grille.

C’est une journée très studieuse : je poursuis la saisie des noms des adultes venus se faire soigner pendant la mission. Puis j’enchaîne sur la liste des enfants pour aider Sheena May (surnommée Bubbles) qui avait commencé.

A midi, c’est la traditionnelle pause déjeuner. Particularité toutefois, j’ai un menu différent des autres filles. Je pars tout de même avec elles au café/cantine à côté, mon repas sous le bras. J’ai droit à des « meat buns », sorte de boule briochée avec de la viande et des œufs. Peut être est-ce parce que je leur ai dit la veille qu’en France, notre pain, c’était comme leur riz. Peut être aussi parce que je leur ai dit que nous mangions beaucoup de laitage sous forme de yaourt et laitage, j’ai droit à des mini bouteilles de lait. Je crains un peu car je n’aime pas particulièrement le lait froid, mais finalement je bois sans problème car il y a un petit arome sucré, dont je ne saurais qualifier le goût !

Nous quittons notre petite cantine avec « une invitation sous le bras » ! ce soir, c’est l’anniversaire de la fille du propriétaire !

De retour au bureau, Sheryl est là et je prends ma leçon de tagalog : tout d’abord récitation, puis pronoms personnels et noms des membres de la famille. Il n’en faut pas trop à la fois !

Retour à la saisie des noms : finalement, ça va assez vite.

L’après-midi est attristé par un sms de Marie Georges m’annonçant la décès de sa belle-sœur après des années de lute contre la maladie.

Quelques rapides nouvelles envoyées pour le groupe de français et c’est l’heure de notre départ pour le dîner d’anniversaire. Il y a des tas d’enfants, des ballons, des petites lumières : ambiance de fête. Les enfants jouent : ils doivent casser à l’aide de bâtons un pot en terre suspendu dans lequel se trouvent des sucreries. Une fois le pot cassé, on n’entend plus un bruit, les enfants mangent leurs bonbons !

De ce que je comprends, l’oncle de la petite fille à l’honneur ce soir est membre d’Acim Asia.

Lorsque nous rentrons, Yolli est toujours à sa table de travail : elle doit terminer encore des comptes et synthèses pour envoyer demain des reporting à l’abbé Couture.

Nouvel « évènement de la journée » : ma première rencontre avec un crokcroach, un de ces énormes cafards du pays (environ 5cm de long) ! Elle se passa dans la salle de bain ! Il a fait le tour de la pièce. Peut être courageuse mais pas téméraire, je l’ai regardé de loin, prête à lui jeter une casserole d’eau si l’audace lui venait de m’approcher de plus près ! Il a finalement fait demi-tour, et chacun est resté sur son terrain !

Bon, il faut vraiment que j’avance mes chroniques du début : pas facile de rédiger quand en même temps on est sur messenger avec les amies qui sont connectées de France !

Vie locale

Sampaloc n’est pas une particularité, à Gen San aussi, les chiens vivent en partie la nuit et les coqs sont sur pied dès 5h du matin !

Le bureau étant situé à côté d’une école primaire, j’ai la chance d’avoir dès 6h30 des haut-parleurs qui chantent à plein tube des chansons enfantines (certaines sont les mêmes que les nôtres, mais in English please !). Il est donc indispensable que je me couche plus tôt pour que, ces parenthèses matinales mises à part, je puisse avoir un nombre correct d’heures de sommeil !

Lorsque je me lève, Willmer est déjà parti en cours (les cours débutent à 7h) et Patrick est en train de me préparer mon petit dejeuner. Au menu, les mêmes bons petits pains de la veille (nos vous imaginez tout de même pas le pain de chez nous), mais avec en plus du corned beef ! J’avoue que cela a un peu de mal à passer, mais je ne peux que faire honneur à ce petit déjeuner si gentiment préparé. Patrick fait une rapide escapade pour me rapporter des bananes : de bons petits fruits en perspectives ! Oui, mais…. Non ! ce sont de petites bananes, un peu âpre, au goût amer. Ces bananes sont en effet plus faites pour être frites ou mangées avec du sucre. Je me console avec les fruits de la veille (ceux à l’arrière gout de pamplemousse) avec mon thé et les petits pains.

La veille, je n’avais pu terminer les frites que Yolli m’avait achetées en guise de goûter/pour faire patienter avant le diner. Je ne voulais pas les jeter car je trouve que cela fait mal au cœur lorsqu’on voit la pauvreté environnante. Mais ce sont les fourmis qui ont raison de moi : elles ont largement apprécié les frites et le fond du paquet déborde d’activité !

Après quelques mails, je termine de détacher les nombreuses photos envoyées par l’abbé Couture hier puis envoie à Jean Pierre quelques photos prises la veille.

Pendant ce temps, Yolli et Elaine travaillent à la comptabilité et Judith commence à saisir la longue liste des patients venus à la mission.

Yolli me confie une mission : interviewer le docteur Cagape, responsable de l’association Hearts & Brains, une association enregistrée et reconnue officiellement par le gouvernement, et partenaire d’ACIM Asia. Ils font parfois des missions médicales communes, ou bien ACIM Asia leur fournit des médicaments, des volontaires …

Pendant que nous étions à Sampaloc, il tenait une mission près de Sarangani. Je devrai l’interviewer sur la mission qu’il a réalisé, le nombre de patients, les difficultés rencontrées …. afin de lui faire un blog. Nous luis proposerons également notre aide pour l’enregistrement de ses dossiers. Je ne peux malheureusement le rencontrer aujourd’hui car il est sur une autre mission, mais ce n’est que partie remise !

La maman du petit garçon qui souffre d’un méningoencéphalocèle a rendez-vous chez le médecin aujourd’hui. Elle passe à la mission : Patrick et Judith l’accompagne pour le rendez-vous.

Yolli m’informe également que le petit « big boy » ne fait plus d’infection depuis environ 1 mois : il serait donc possible de l’opérer ! A suivre car je ne pense pas que l’opération puisse se faire du jour au lendemain. 

Dans l’après-midi, je me mets également à la saisie des noms des patients de la mission.

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17h arrivent vite ! Honey Bee, la pharmacienne, nous rejoint : c’est l’heure du goûter ! A la Philippines bien sûr ! Nous allons au petit café grillade juste à côté. Lorsque je vois arriver les plats sur la table, je ne sais pas s’il s’agit d’un goûter ou d’un goûter dinatoire : petits paquets de riz enrobés dans des feuilles de banane (ces feuilles servent à la fois de papier d’aluminium, et de fond pour les assiettes en osier => pas de vaisselle à faire, vous jetez juste la feuille de banane !), brochettes de poulet, morceaux de poulets grillé et brochettes de gésiers/foie (ça, je ne m’en rendrai compte qu’en les mangeant !).

Je me mets également au mode de dégustation local, c’est-à-dire avec les mains, y compris pour le riz et pour tremper les brochettes dans les petits ramequins de sauce. Lorsque je demande pourquoi on mange avec les doigts, on me répond que d’une certaine façon, c’est plus hygiénique qu’avec des couverts (non, ne riez pas !) : les couverts ne sont pas toujours bien lavés car ils sont souvent juste mis à tremper dans l’eau « chaude ». Il vaut mieux se laver les mains avant de manger et manger avec ses doigts pour n’avoir que ses propres bactéries !

Il est temps de prendre mon cours de Tagalog : Sheryl m’a appris qq mots au déjeuner, mais ce n’est  pas suffisant car Honey Bee parlant plus facilement Tagalog qu’anglais, les discussions ont lieu en Tagalog !

Pendant mon cours, nous sommes envahies de fourmies. Quelques noms d’animaux les plus fréquents du pays, quelques verbes, préposition : il n’en faut pas trop car le tagalog n’ayant aucune racine commune avec le français, j’ai rapidement la tête comme une pastèque !

De retour au bureau, j’avance un peu sur ma liste de noms puis rédige cette petite chronique : maintenant que je peux travailler tous les jours sur ordinateur, autant taper au fur et à mesure et essayer en parallèle de rattraper petit à petit mes 3 semaines de retard !

Kita tayo ulet ! (A plus tard !)

Toute la misère du monde

Le repos fait un bien fou ! Même si la nuit ne fut  pas d’un seul tenant, loin de là, ce fut tout de même bien appréciable !

Les garçons m’avaient donné RDV à 8h.

8h : personne. Je ne m’inquiète pas et pense à la ponctualité des philippins qu’on dit légendaire !

C’est finalement Yolli qui arrive, toute confuse. Il n’y a pas de quoi !

La pension n’est pas loin du bureau et nous faisons le trajet à pied. Un petit déjeuner local m’attend, nouilles, riz, mais aussi café, pains et fruits locaux.

A mon grand bonheur, le bureau est équipe d’internet en wifi : j’ai hâte de consulter mes mails !

L’abbé Couture nous envoie les photos prises par Philippe pendants ces merveilleuses semaines. J’ai l’impression d’y être encore ! C’est fabuleux !

Jean-Pierre m’avait demandé des photos de certains patients de la mission 2008. En début d’après-midi, Patrick m’emmène à Alabel, lieu de la mission précédente.

En route, je peux apprécier le paysage : cela n’a vraiment rien à voir avec la région de Tanay ! De grands espaces, des rizières dont certaines parcelles sont délimitées par des cocotiers, des champs de maïs, des bananes, des fleurs. Au fond, des montagnes et de l’autre côté, la mer…

Ici, on respire !

Tout d’un coup, Patrick tourne à droite et nous nous engageons dans un chemin de pierre. Au fond, au milieu de nulle part, en bordure de mer : un village. La grande majorité des maisons est en bois, des murs en bambou tressé, et souvent sur pilotis. Nous tombons sur une maison « en dur », avec un garage : elle est là comme un cheveux sur la soupe ! Nous finissons par nous arrêter. Ce sera ma première rencontre avec Jane .

imgp13502.jpg Peut être certains d’entre vous se souviennent de l’appel de détresse lancé l’année dernière pour la sauver. Elle souffre d’un méningoencéphalocèle : je ne saurais pas vous expliquer de quoi il s’agit en terme médicaux, mais globalement, il y a un problème avec le cerveaux qui descend dans le visage. L’année dernière, il fallait l’opérer d’urgence pour mettre un canal de dérivation d’un certain liquide avant qu’il n’y ait des séquelles cérébrales (Jane n’avait que quelques mois). Ce fut la 1ère opération. Une autre devra avoir lieu dans les prochains mois, peut être l’année prochaine. A suivre.

Sous le kyste qui prend une partie du visage, on distingue bien le petit bout de nez d’une petite fille d’1 an ! Elle sourit, pleure, joue, suit du regard, comme les autres enfants. Mais son visage est tout déformé.

C’est hélas bien difficile de communique avec la maman qui ne comprend guère l’anglais. Patrick me sert d’interprète, mais je ne suis pas certaine qu’il comprenne mon anglais !

La famille est très gentille et accepte que je prenne des photos.

Dans le village : je suis l’attraction. Cela doit faire bien longtemps qu’ils n’ont pas vu de blanche !

Patrick veut me faire rencontrer d’autres patients et nous devons partir.

Nous voulons voir le petit Joshua qui, grâce à la générosité des donateurs a pu être opéré d’un double bec-de-lievre. Son visage était lui-aussi déformé et le pauvre enfant était la risée des autres élèves.

Direction l’école d’Alabel. L’infirmière nous invite à rentrer et nous conduit auprès du petit Joshua. Il est tout sourire ! Sa maman est également là ! L’opération a réussi, mais il a du mal à parler et à prononcer correctement les mots : il faudra sans doute un travail de ré-éducation.

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L’école accueille une classe d’enfants aveugles. Il s’agit en fait d’adolescents. Elle m’invite à les « voir ». L’un d’eux est musicien et joue de la guitare. Il a perdu la vue lorsqu’il était tout jeune enfant. Ses yeux sont blancs. Il me chante deux chansons, accompagnées à la guitare : c’est émouvant !

Je suis l’attraction de l’école et les enfants se pressent autour de moi ! Tout le monde veut être sur la photo !

Direction un autre quartier : une autre groupement de maisons pauvres, des sortes de cabanes minuscules.

Nous rencontrons une jeune femme, avec un enfant de quelques mois dans les bras. Elle nous invite à rentrer dans sa « maison » : il n’y a qu’une seule petite pièce dont le sol est directement en terre : un « lit » qui doit servir pour toute la famille, un table avec quelques vêtements et du lait en poudre pour bébé. Au milieu, une sorte de hamac dans lequel tente de se reposer un enfant de 18 mois.

imgp1358.jpg Il est impressionnant. Il a la même maladie que Jane, mais en beaucoup plus gros ! Le kyste est énorme, comme une grosse « bulle » violacée qui lui couvre l’œil ; il a la tête tournée sur le côté, sans doute pour pouvoir faire reposer la « bulle ». Malheureusement, il était déjà trop tard lorsqu’il est arrivé l’année dernière à la mission : le cerveaux était touché et il gardera des séquelles, quoi que nous fassions….

La jeune mère est admirable : elle a une petite trentaine d’année (sans doute m oins) et est tout sourire. C’est ça les philippins : ils n’ont rien, que leur sourire, et il vous le donne !

Nous allons ensuite rendre visite à une autre famille bien pauvre également. Je rencontre « big boy » : un petit garçon qui souffre d’un double bec de lièvre. Il a 6 ans, mais en paraît la moitié. Il n’a pas encore été opéré car le médecin attend qu’il soit un peu plus grand. Mais son bec-de-lièvre étant très ouvert, il a beaucoup d’infection et ne se nourrit pas bien donc ne grandit pas. Les infections elles-mêmes retardent également l’opération.

imgp1382.jpg La maison est également très pauvre : une famille de sept enfants vivant dans une maison en bois, sol en terre ; les enfants portent des vêtements déchirés, sont pied-nus. Quelques images pieuses, une petite statuette. Une vieille télé poussiéreuse au milieu…

Il est là aussi très difficile de communiquer et les quelques mots de tagalog appris pendant la mission ne me sont pas d’une grande aide !

Nous traversons de nouvelles plantations de cocotiers et de bananes pour reprendre la route de Gensan.

Les villages que nous avons traversé sont assez éloignés de la route principale : on ne suppose pas leur existence. Même si elle semble moins visible qu’à Sampaloc, la misère est bien là.

Pour une première journée, c’est impressionnant ! des images et des moments qui vous marquent…. Comment oublier ce que j’ai vu ?

J’ai l’impression de recevoir d’un coup en pleine figure toute la misère de cette grande île… C’est d’autant plus marquant je suis seule française… On ne vit pas les choses de la même manière que lorsque vous êtes avec un groupe de compatriotes.

J’espère pouvoir vous donner des nouvelles de ces patients dans de futures chroniques.

Bonjour Gensan !

Réveil à 1h30, question d’habitude me direz-vous !

Sheryl a fait nuit blanche et nous a gentiment préparé des pancakes ! C’est donc un café royal pour commencer cette journée.

Filomena et sa sœur Marie Bel sont déjà debout et nous attendent avec impatience.

Un petit tour à la chapelle et nous voilà parties !

Au revoir Sampaloc. A l’année prochaine ? Je ne sais pas mais les habitants le souhaitent.

En tous les cas, voici une nouvelle page qui va s’ouvrir.

Le trajet se passe sans encombre. Nous croisons peu de voiture, surtout des chiens et malheureusement, quelques enfants…

Le trafic s’intensifie aux abords de Manille, mais rien de catastrophique et nous arrivons 2h30 avant le départ de notre avion.

Nous enregistrons les bagages et accédons à la zone d’embarquement. A aucun moment (y compris au moment de monter dans l’avion) on nous a demandé nos papiers d’identité. Certes, nous sommes au terminal des vols intérieurs, mais tout de même….

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Prière du volontaire ACIM-Asia

Glorious St Joseph, model of all those are devoted to labor, obtain for me the grace to work in a spirit of penance for the expiation of my many sins, to work conscientiously, putting the call of duty above my inclinations, to work with gratitude and joy, considering it an honor to employ and develop, by means of labor, the gifts received from God ; to work with order, peace, moderation and patience, without ever recoiling before weariness or difficulties ; to work, above all, with purity of intention, and with detachment from self, having always death before my eyes and the account which I must render of time lost, of talent wasted, of good omitted, of vain complacency in success, so fatal to the work of God. All for Jesus, all for Mary, all after your example, O Patriarch Joseph. Such shall be my watchword in life and in death. Amen. 

O my God, teach me to receive the sick in Thy Name. Give to my efforts success for the glory of Thy holy Name. It is Thy work, without Thee I cannot succeed. Grant that the sick Thou hast placed in my care may be abundantly blessed, and not one of them to be lost because of any neglect on my part. Help me to overcome every temporal weakness, and strengthen in me whatever may enable me to bring joy to the lives of those I serve. Give me grace for the sake of Thy sick ones and of thoses lives that will be influenced by them. Amen.

Rosa mystica, pray for us.

Glorieux Saint Joseph, modèle de ceux qui travaillent, obtenez-moi la grâce de travailler dans un esprit de pénitence pour l’expiation de mes péchés, de travailler consciencieusement, mettant le devoir avant mes aspirations, de travailler avec reconnaissance et joie, considérant que c’est un honneur d’utiliser et développer, par l’intermédiaire du travail, les dons reçus de Dieu ; de travailler avec ordre et paix, modération et patience, sans reculer devant la fatigue et les difficultés ; de travailler avant tout avec une pureté d’intention, avec détachement, en ayant toujours la mort devant les yeux et les comptes que je devrai rendre pour tout le temps perdu, les talents gaspillés, le bien que j’aurais pu faire et que je n’ai pas fait, la vaine complaisance dans le succès, si contraires à l’œuvre de Dieu. Tout pour Jésus, tout pour Marie, tout à votre exemple, O Saint Joseph. Que cela soit ma devise à la vie et à la mort. Ainsi soit-il.

O mon Dieu, apprenez-moi à accueillir le malade en votre nom. Que mes efforts soient récompensés pour la gloire de votre Saint Nom. C’est Votre œuvre car sans Vous je ne peux rien faire. Comblez de grâces les malades que vous m’avez confiés et qu’aucun ne se perde par négligence de ma part. Aidez-moi à surmonter les difficultés et donnez-moi les forces nécessaires pour apporter la joie aux personnes dont je m’occupe. Donnez-moi la grâce d’agir pour le bien des malades et de leur entourage. 

Rose Mystique, priez pour nous. 

Magandang araw ! (Bonjour !)

Ça y est, j’y suis !    Où ça ? 

Aux Philippines bien sûr et plus précisément, à General Santos (ou Gensan) sur l’île de Mindanao, au sud des Philippines.  Je suis partie de France le 19 juillet 2009 pour participer à la Mission Rosa Mystica 2009 (mission médicale) puis aider pendant quelques mois l’équipe d’ACIM Asia, la petite soeur asiatique de l’ACIM, Association Catholique des Infirmières et des Médecins. 

Ces pages sont mon journal depuis mon départ de France, en passant par mon bref séjour à Singapour avant d’arriver à Manille.  Elles vous permettront de suivre cette merveilleuse aventure et, j’espère, vous donneront une idée du travail que nous réalisons. 

Bonne lecture  et n’hésitez pas à me faire part de vos commentaires ! 

Magali 

Dernier jour à Sampaloc

imgp1288rduite.jpgNormalement, aujourd’hui est un dimanche où un prêtre de Manille doit venir pour célébrer la messe.

On s’active donc à l’office car la petite maison tient lieu de sacristie et il faut préparer la chapelle.

9h : l’heure théorique de la messe. Les fidèles sont là, mais pas de prêtre. En attendant, un membre de la Légion de Marie fait le catéchisme en tagalog à de nouveaux paroissiens.

Finalement le prêtre ne viendra pas : il semble qu’il y ait eu un problème de transmission d’info. Dommage ! Il faut espérer que cela ne découragera pas les nouveaux fidèles, des patients qui nous ont découverts pendant la mission.

Après le déjeuner, nous allons à Tanay pour, entre autres, des courses d’intendance. Nous poursuivons quelques kilomètres pour aller à la ville suivante. Tous les magasins sont ouverts bien que ce soit dimanche ! Dans le supermarché, les rayons sont remplis de petits sac des différents produits, jamais de grosses quantité, ou du moins pas dans les proportions que nous pouvons trouver en France. Des tas de fruits exotiques, mais aussi du poisson et de la viande en libre service : vous choisissez votre morceau (pas les morceaux sous cellophane !) et mettez dans un sac, comme pour les fruits et légumes ! . Il y a certaines odeurs …. Bien que le magasin soit climatisé, je ne me sens pas très bien ! Je suis toute vasouillard et vais me coucher en rentrant.

Je suis un peu démoralisée en pensant à ce que je suis capable de faire en France et en voyant ma totale incapacité ici ! Sheryl me rassure en me disant que c’est tout à fait normal compte tenu des énormes différences qui existent entre les 2 pays ! Merci Mosquito !

Dernière soirée à Sampaloc avant … je ne sais quand. Sheryl a décrété que ce serait repas de fête : elle nous mitonne du poisson frit, une salade de micro-cubes de carottes et de micro-bouts de choux qui seront hélas noyés dans de la mayonnaise, un gâteau de pâtes au poulet avec sauce tomate et « fromage » fondu en pot (comme dans un pot de nutella sauf que c’est une sorte de cheddar fondu orange !!!!) et des bouts de fromage sur le dessus (comme une plaquette de beurre que vous avez raclée à la fourchette, sauf qu’au lieu du beurre, c’est une sorte de fromage pour humberger !). Mais bon, c’est tout de même très gentil de sa part de se donner tout ce mal et à l’oeil au moins, c’est joli. Et c’est bien connu, en cuisine, tout est dans la présentation (ou du moins beaucoup) ! Ah j’oubliais il y a gâteau de pâtes, mais aussi riz, évidemment !

Après le dîner, séance photos avec les enfants et amis de la maison.

J’offre aussi un petit cadeau à la petite Filomène qui fêtera ses 12 ans dans quelques jours.

Il est tard et nous devrons partir à 2h du matin le lendemain pour prendre notre avion à 7h à Manille.

Je vais me coucher dans un bruit de scotch, car les filles doivent encore faire quelques cartons pour finir de ranger leurs ordinateurs, imprimantes apportés de Gensan pour la mission, ainsi que les dossiers des patients. Nous nous levons dans 3 heures : je ne suis pas certaines qu’elles iront se coucher !