Mission en vue pour aider les populations de Manille

Bonne nouvelle en ouvrant mes mails ce matin : Jean-Pierre a envoyé un mail à l’abbé Couture et à Yolly demandant d’organiser une mission médicale à Manille ! En plus de ce que nous lui avons écrit hier, il est sollicité par des personnes en France qui s’inquiètent de savoir si ACIM Asia organise quelque chose. Pour une fois qu’il y a une association humanitaire tradi sur place…. Pour ce qui est du budget, Jean-Pierre va lancer un appel sur Radio Courtoisie (95.6Mhz à Paris, dimanche 4 oct de 12h à 13h30, rediffusé entre 16h et 17h30). L’idéal serait même d’arriver à avoir une intervention téléphonique avec l’abbé Couture. On verra bien. Nous sommes donc ravies, mais pour le moment il est encore trop tôt pour savoir quand aura lieu la mission et pour quelle durée. Une mission demande un minimum de préparation, et si nous y allons, il faut prévoir notre activité sur place et notre encadrement car Manille est déjà un cauchemar dans des conditions normales, alors maintenant….

Les choses s’accélèrent dans l’après-midi. Avec Doc Cagapé tout d’abord. Il souhaite envoyer à Manille les quelques médicaments qui nous restent de ses missions précédentes. Pour le moment, il y a 8 cartons mais il souhaite tout regrouper et nous fait livrer un énorme carton d’emballage de télé ! Me voilà donc à transvaser les médicaments, le tout sous une chaleur étouffante ! Vivement la douche de ce soir ! Pendant que je suis occupée à cet encartonnage, je ratte l’appel de l’abbé Couture qui a cherché à me joindre via Skype. Zut alors ! En revanche, il a laissé un message demandant de le rappeler au plus tôt. Il semble que les choses se précisent ! En parallèle, il a textoté Yolly et Judith : la mission aurait lieu ce WE !

Yolly a reçu récemment un gros carton de médicaments en provenance des Emirats. Je travaille sur l’inventaire lorsque l’abbé me rappelle.

Cela fait plaisir de l’entendre de vive voix. Grosso modo son message est simple : c’est à nous d’organiser la mission. Il nous donne 2 noms de contact à Manille, le nom de 2 barangay où il y aurait du travail à faire et 3 noms de médecins susceptibles de participer. Prochain point de situation demain ! Ouh lala, ça met un peu la pression !!!! Nous faisons notre plan d’action et dressons le contenu des messages à passer. Yolly arrive sur ces entrefaits. L’abbé l’a appelée juste après-nous. Judith a déjà contacté Ted (celui qui nous avait hébergé à Batangas). De son côté, Yolly a contacté Jerwin, un philippin qui a déjà organisé des missions médicales avec elle. Ça nous rassure un peu, euh, même beaucoup ! Nous n’avons plus qu’à contacter une autre personne sur Manille pour qu’elle se mette en relation avec ce petit monde.

Tout est toujours imprévu ici. Finalement, nous n’avons pas déménagé hier dans notre nouvelle maison et c’est prévu pour ce soir. Direction le supermarché pour acheter un minimum d’affaires et notre petit dej. En soi rien de sorcier, mais nous partons à 8 ! Il faut bien cela pour porter 3 sacs de courses !

Nous prenons donc nos quartiers dans notre nouveau « palace ». L’organisation se met en place. Nous sommes d’abord accueillis par un crockoach crevé dans la salle de bain. Bienvenue ! C’est ensuite le pompage. Sachant qu’il faut prévoir un peu plus d’un seau d’eau par douche (disons 2 par sécurité) + un petit seau par chasse d’eau, qu’il faut 2 petits seaux pour remplir un seau de douche et qu’il faut 9 coups de pompe pour remplir un petit seau, vous imaginez les muscles que nous allons avoir en fin de séjour ! Une douche, ça se mérite !!! 


Archive pour septembre, 2009

L’argent, le nerf de la guerre !

Aujourd’hui, 29 septembre, c’est la Saint Michel, fête des Frères. Une petite pensée pour Gus qui devrait prendre prochainement ses quartiers …. au Gabon.

A la fin de la semaine, Hugues fera deux conférences sur la mission de cet été : l’une à des pensionnaires, l’autre à leurs parents. Delphine devrait faire deux conférences similaires la semaine suivante dans le Sud de la France. Lundi, j’ai fait un plan de présentation et leur ai soumis. Hugues m’informe qu’il a déjà travaillé sur le sujet et m’envoie son projet de présentation. Tant mieux ! Il n’a pas lésiné sur la quantité : il y a plus de 100 transparents ! Je passe une partie de la matinée à les relire et à lui faire mes commentaires, déformation professionnelle oblige ! Sa présentation ne porte que sur la mission de l’été, mais il est important que les personnes en France soient au courant des activités d’Acim Asia tout au long de l’année. Je m’attelle donc à la réalisation d’un autre powerpoint : sélection de photos, choix des mots…. Ça me plait bien !

Dans l’après-midi, coup de fil de Doc Cagapé : il demande si Acim Asia a prévu de réaliser une mission médicale à Manille. La pluie tropicale qui s’est abattue le WE dernier a déjà fait des centaines de mort et des milliers de sans-abri. Je n’ai pas la moindre idée des projets de Yolly, je ne l’ai pas entendue en parler et elle est absente pour presque 2 jours. Je demande à Eleine si elle est au courant d’un quelconque projet de mission. Il n’y en a pas car nos finances sont à sec !

Ah l’argent, c’est le nerf de la guerre ! La mission à Gensan ne vit que grâces aux dons et de ce que nous recevons dépend ce que nous pourrons faire. Doc Cagapé est également à sec. Depuis 3 semaines nous n’avons pas fait de mission avec lui et il dû refuser toutes les demandes émises par les barangays de Sarangani : il n’a plus de médicaments et pas les finances pour en racheter.

Hier soir, Jean-Pierre m’a demandé si Acim Asia menait des actions avec les médecins de Manille. Je rebondis sur son mail pour lui faire part de la question de Doc Cagapé. Perrine, Blandine et moi sommes prêtes à aller à Manille pour aider, que ce soit pour une mission médicale ou des tâches très simplement matérielles. Mais quid du budget et quelle priorité donner ? Des patients des environs de Gensan attendent que nous ayons des fonds pour pouvoir les aider sans compter les patients de cet été que nous devons suivre. D’un autre côté, dimanche prochain Jean-Pierre anime une émission sur Radio Courtoise (pour ceux que ça intéresse, c’est sur 95.6 Mhz de 12h à 13h30) : il y a peut être quelque chose à faire. Nous sommes déjà là à nous faire des plans sur la commette, mais n’allons pas trop vite : la décision ne nous appartient pas. En attendant, j’ajoute un « slide » à ma partie : et demain, que pourrons-nous faire ?

Nous ne sommes pas encore remises de cette perspective qu’il faut partir. Saint Michel est le patron de la chapelle du barangay de la maman de Godwin. Pour l’occasion elle invite tout le bureau. Soirée typiquement philippine, c’est-à-dire que vous invitez du monde, mais la télé est allumée, vous installez les invités à s’asseoir devant (il faut dire qu’il n’y a guère de place ailleurs). Surtout, vous ne l’éteignez pas et vous ne vous joignez pas à vos invités ! Ce soir c’est le grand rassemblement car elle a invité également les membres de la famille. Nous avons droit aux présentations de tout le monde. L’un de ses neveux est étudiant en hôtellerie. Quel chance pour lui : il va enfin pouvoir comprendre quelques rudiments de gastronomie française. Par exemple la différence entre l’apéritif et le hors d’œuvre. Il est un peu perdu en ce qui concerne la salade : est-ce un hors d’œuvre ou bien la mange-t-on avec le formage. Et quelle est la différence entre apéritif et digestif. Pas de doute, il faut qu’il suive les conseils de ses profs et vienne faire un stage de gastronomie en France. Pendant ce temps Perrine joue avec les enfants : c’est un échange de jeux philippins et de jeux français. Ils ont l’air de bien s’amuser !

De retour au bureau, nouveau mail de Jean-Pierre : une mission à Manille se profilerait-elle ? J’espère avoir des nouvelles demain.

Déménagement en perspective !

Ce matin s’annonce comme un jour ordinaire. Mais vers 9h30, une jeune femme avec un tout jeune enfant se présente au bureau. Yolly n’est pas là pour le moment et c’est Judith qui l’accueille. Caroline, la petite fille a 1 an mais paraît n’avoir que 5 mois. Mais le plus impressionnant est son kyste au milieu du front : elle souffre elle aussi d’un méningoencéphalocèle, comme Jane. Le kyste est très gros, penchant légèrement vers l’avant et lui couvre une partie de l’oeuil gauche. Elle se met à pleurer lorsque je veux la prendre en photo. La semaine dernière, la petite fille est tombée et s’est ouvert le kyste. Elle a été recousue, mais le travail n’a pas été bien fait : le liquide céphalorachidien s’écoule… Il y a un énorme risque d’infection du liquide entraînant une méningite et la mort… Nous ne savons pas si nous pourrons la prendre en charge compte tenu de l’état de nos finances.

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L’image de cette petite fille reste devant mes yeux, mais il faut se remettre au travail. Au travers des photos, je me replonge dans la mission de cet été pour travailler sur un diaporama et le déjeuner est vite arrivé. Là, surprise : nous déjeunons au bureau mais Judith et Marie Car vont à la cantine. En cause, la pluie : elles ne veulent pas que nous nous fassions mouiller ! Je leur explique que nous ne sommes pas en sucre, mais rien n’y fait.

Cet après-midi, embarquement vers notre future maison. Je vous en ai parlé début septembre (cf chronique du 3 sept) mais jusqu’à présent, nous avions gardé nos quartiers. En effet, il y avait eu invasion de cafard puis quelques jours après Yolly y avait trouvé 2 serpents morts… C’était peu rassurant et n’avions plus entendu parler de la maison jusqu’à aujourd’hui. Le plan était-il abandonné ? Non. Cette fois, nous y allons pour poursuivre le ménage avant notre installation. Les filles découvrent la maison pour la 1ère fois : elles n’avaient eu que mes commentaires et ne savaient pas trop à quoi s’attendre. Elles hallucinent un peu mais font bonne figure. Lors de mon précédent passage, je n’avais pas fait attention qu’il y avait une vielle pompe à eau. Elle est toujours en activité et pour le moment c’est même le seul moyen d’avoir de l’eau dans la maison : rien ne coule dans les robinets. Nous nous amusons à l’essayer et devant notre réaction Marie Car nous demande si nous avons aussi des pompes à eau chez nous. Elle reste un peu bouche bée (ce qui est très rare chez elle car elle a toujours de la répartie !) quand je lui dis que nous avions ça il y a un siècle. J’espère que je ne l’ai pas vexée… Nous nous mettons de bon cœur au ménage, les unes avec un balais, les autres avec des pseudo-serpillères et Blandine à la pompe : elle devient une pro du pompage ! Car il en faut des seaux pour nettoyer à grande eau (au sens propre). La salle de bain bien noire devient tout à fait correcte avec un peu d’huile de coude et de la javelle.

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Finalement, nous nous faisons bien à notre nouvel environnement nous retrouvons comme des enfants qui aménagent leur cabane au milieu des bois (car notre future maison est un peu entourée de brousse). Et si nous prenions notre goûter avec nos restes de pancakes ! Judith et Marie Car retournent au bureau pour chercher le nécessaire. Pendant ce temps, nous nous essayons au basket sur le terrain à côté. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’on manque d’entraînement et ne jouons pas très longtemps !!! Les filles reviennent avec un vrai déménagement : matelas, mais aussi petites étagères pour que nous puissions bien nous installer et nous sentir chez nous. Trop gentilles !

Notre future installation engendrera des changements d’organisation pour nous car nous devrons nous mettre « aux fourneaux » : enfin, façon dire car les fourneaux se résument à deux feux et un wok. Nous prendrons notre petit déjeuner ici (rien de sorcier), mais également le dîner que nous aurons nous-même préparé. Il va falloir que nous apprenions à cuisiner philippins car si nous faisons de la cuisine française, nous allons faire exploser le budget, ce qui n’est pas du tout le but de la manœuvre. Heureusement Marie Car nous promet qu’elle nous donnera des cours : ça promet d’être épique !

Dans le « salon », la maison dispose d’un tableau blanc : Perrine troque sa craie française par un feutre et apprend l’alphabet français à Judith et Marie Car. Pas si simple de passer de l’Abacada philippin à l’Abécédé français. Surtout lorsqu’il s’agit de prononcer le « u » ou les sons composés. Mais elles sont bonnes élèves. Etape suivante : apprendre une chanson. Blandine revient à sa période récente de cheftaine de guides et leur apprend « on pagaye, on pagaye ! » : elle a un succès fou ! Marie Car les accueillera le lendemain matin en chantant « et on peut plus paaaaagayer ! ».

Bon, il va falloir faire nos bagages : notre déménagement est prévu demain !

Pancakes ! Faire du français avec du philippin !

Aujourd’hui dimanche est un jour « sans messe » : nous avons repris le planning habituel d’une messe le 1er et 3ème dimanche du mois. Pour la première fois, je fais une bonne vraie longue nuit : ça fait un bien fou !!

J’attends Blandine et Perrine pour prendre mon petit déjeuner, mais leur gentille voisine leur en a déjà concocté un « royal » : entre autre, une omelette dont les fourmis se sont servies avant elles ! Elles sont d’ailleurs toujours en train de se régaler lorsque les filles doivent se servir….

La matinée se déroule tranquillement, partagée entre la rédaction de la chronique de la veille et une partie de scarbble en anglais aux règles philippines ! Le temps tourne, il est déjà 13h, mon estomac crie famine, mais aucun déjeuner n’a l’air de se préparer… D’habitude, nsou partons déjeuner à 12h pétantes ! Yolly n’est pas là, il n’y a que les jeunes… Vers la demie, je prends un peu de pain en disant que j’avais faim et Judith a l’air toute surprise. Allons-nous faire régime aujourd’hui ? Finalement une odeur de riz nous parvient et on nous appelle pour le déjeuner. On est loin des jolies et bonnes tables de nos dimanches français : riz (ça c’est normal !) et une assiette de corned beef….  Blandine et Perrine n’ont pas encore eu l’honneur de goûter, mais quand on en a eu une fois au petit déjeuner, on s’en souvient !!! Et mieux vaut avoir une bonne quantité de riz pour faire passer … Je les avertis de ne pas trop en prendre… Alors que le pays regorge de fruits divers et délicieux, nous ne pouvons pas terminer ce « bon » déjeuner du dimanche par une touche sucrée.

Les filles ont un peu le moral dans les chaussettes. Et si un jour on faisait un repas français auquel on convierait nos amis philippins ! Et nous voilà parties à rêver de bonne ratatouille comme on les aime ! Mais pourquoi ne ferait-on pas un bout de cuisine « française » cet après-midi ? Il n’y a pas de programme particulier, nous avons un wok, on peut le transformer en poêle : de bons pancakes en perspectives, et pour le goûter s’il vous plait ! Nous faisons part de notre projet et c’est parti pour KCC pour acheter les ingrédients (car au bureau, c’est zéro stock !). En cours de route, nous nous arrêtons pour remettre de la pression dans les pneus, enfin non, dans un seul. Je ne sais pas comment ils règlent la pression car le tuyau d’air semble descendre tout droit d’un arbre et il n’y a aucun indicateur à l’autre bout du tuyau. Il faut dire que la « station » d’air passe aussi inaperçue qu’une cabane en bois au milieu d’autres cabanes en bois.

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Nous voici maintenant au milieu des rayons du supermarché pour trouver des ingrédients assez basiques : farine, œufs, lait, sucre, levure et huile. Nous voyons des préparations toutes faites dans lesquelles il ne manque plus que le lait, mais non, nous voulons faire des vrais pancakes ! Heureusement que Marie Car et Godwin nous servent de guide et d’interprètes des signes car comment dit-on levure en anglais ? Je suis sûre que vous ne le savez même pas. Mais avec les gestes, c’est tout simple ! Nous voici au rayons des œufs : ici, ils sont blancs ou rose fushia ! Non, vous ne rêvez pas ! Judith et Marie Car nous expliquerons que les œufs fushia sont en fait très très très salés (je me souviens, j’en ai mangé l’un de mes premiers jours à Gensan, mais je n’avais pas vu la coquille !!!!). Ils les peignent de cette couleur pour bien les différencier des autres. C’est sûr, ils sont tellement flashy qu’on ne risque pas de les confondre ! Marie Car est ensuite toute fière de nous apporter l’huile… dans un sachet en plastique !!! Eh oui, ici, c’est le pays des sachets : un sachet de coca, de glaçon, de bonbon glacé, de sucre, de sauce… C’est de forme plus ou moins allongée. Pour le coca, vous mettez une paille, vous tenez l’ensemble et vous buvez, pour les bonbons glacés, vous faire un petit trou et vous sucez (pas mal non quand le sac a déjà été touché par d’autres personnes…). Ce conditionnement peut aller lorsque vous prévoyez de consommer tout votre sachet d’un coup mais en l’occurrence, nous n’avons pas prévu de faire de l’huile au pancake. Je vous rassure, les bouteilles d’huile existent aussi mais on a du mal à trouver ce qui ressemble à de l’huile de tournesol. Ah, j’oubliais le lait : ici, le lait longue conservation, cela s’appelle le lait frais ! Logique, non ? Si non, vous le trouvez en poudre ou en boite de conserve (ce doit être plus du lait concentré sucré d’ailleurs). Nous avons presque terminé : il nous manque le citron. Ici ce sont surtout des « calamensi », de minuscules citrons verts pleins de pépins mais très bons. Les citrons jaunes comme ceux de chez nous sont très chers.

Avant de passer à la caisse, il ne nous reste plus qu’à faire un tour au rayon chocolat-bonbons : nous sommes en manque ! Nous devons faire attention de ne pas paraître pour des enfants mal élevés qui se ruent sur ce dont ils rêvent. Le problème, c’est qu’il faut aussi arriver à trouver quelque chose qui semble mangeable car ici, pas de mars, lion, magnificat ou bonbon haribo. J’ai essayé une fois une barre de kit-kat, j’avais l’impression que cela faisait 10 ans qu’elle attendait un client ! Nous nous rabattons sur des simili smarties, des petits œufs en chocolat et des bonbons qui ressemblent à des mi-choco (sans en être bien sûr !).

Ça y est, on peut se mettre à nos fourneaux ! Bien évidemment, pas de verre doseur et c’est le pifomètre, mais ma foi, on s’en sort pas trop mal, à part les premiers qui permettent d’ajuster les dosages de sucre et de lait. Mais tout de même, ça n’a pas le même goût qu’en France, même avec une recette française. Sheryl, un peu désobligeante, nous dira que c’est bon, mais que ça a un peu le goût de pain rassis ! Merci Sheryl ! Enfin, je vous rassure, avec de la confiture d’ananas ou du sucre et du citron, c’est plus que mangeable, c’est même bon. Mais, promis, la prochaine fois, nous testerons les préparations toutes prêtes !

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Pendant que nous exerçons nos talents culinaires, nous avons de nouveaux admirateurs : des petits enfants qui nous observent à travers la grille du bureau. Ils nous apportent même des fleurs : ils sont trop mignons. En fin de journée, nous allons à la chapelle et ils nous accompagnent. Ils restent sagement à coté de la chapelle, priant eux aussi. Nous restons plus d’une heure et ils attendent là, sagement. A la fin, nous les faisons rentrer et récitons avec eux quelques « Je vous salue Marie » en anglais. Ce qui est tout de même surprenant, c’est qu’ils ne semblaient pas préoccupés par le fait des leurs parents pourraient les chercher…

Pour le dîner, nous avons la joie de voir arriver sur la table le corned beef que nous n’avons pas terminé au déjeuner… Heureusement il y a aussi du thon (avec préparation en conserve) qui se laisse manger si vous passez outres les commentaires de Perrine ! Mais cette fois, nous pouvons terminer notre dîner par la fameuse touche sucrée : nos pancakes !

Pendant le diner, Yolly nous explique le pourquoi du comment des routes défoncées. Les travaux commencent à un endroit puis sont arrêtés par maque de sous et vol de matériel. Quand on les recommence, on ne reprend surtout pas là où on s’est arrêté, cela risquerait de faire une vraie route ! Et parfois même, on décide de casser ce qu’on a construit, mais pareil, en ne détruisant que quelques endroits en dis-continu ! Sacré philippins !

Anniversaire de Perrine

Aujourd’hui, samedi, est non seulement WE mais aussi anniversaire de Perrine. Et comme pour chaque jour, nous ne connaissons pas le programme de la journée. Samedi est également jour de lessive et alors que je suis en train de m’affairer avec mes seaux et ma poudre à laver, Marie Car me dit : « Tu viens Magali, on va à la plage ! » Non, je n’ai pas rêvé, elle a bien parlé de plage  même s’il pleut dehors. Génial, mais bigre, que faut-il prévoir car je sais que les philippins ne se mettent pas à l’eau en maillot de bain. Pour plus de sécurité, nous demandons à Yolly. Hop, un t-shirt et un pantacourt dans le sac. Notre escapade n’était pas prévue, bien sûr, et nous faisons donc un arrêt à la maison des filles pour qu’elles se changent.

Lors de notre passage à Davao, Blandine et moi avons acheté un cadeau à Perrine, mais nous ne savons pas à quel moment lui offrir : en effet ici, la mesure des choses n’est pas la même que chez nous et les philippins n’ont pas l’habitude d’ouvrir leurs cadeaux devant les personnes qui les offrent. Comment faire pour ne pas les choquer par notre cadeau (qui pour là bas peut paraître un énorme cadeau) et que nous voyions la réaction de Perrine ? Nous profitons de notre arrêt chez elles pour le lui offrir. Elle ne s’y attendait vraiment pas, d’autant plus que, le matin, Blandine lui avait souhaité un joyeux anniversaire en s’excusant de n’avoir trouvé de cadeau car rien ne semblait « offrable ». Il faut se méfier de Blandine, c’est une excellente comédienne ! Nous offrons à Perrine un grand tissus aux motifs locaux qu’elle peut nouer à la taille pour faire une jupe longue, ainsi qu’un éventail tressé en bois souple. Sa réaction fait plaisir à voir ! Mais pas le temps de nous attarder car Marie Car et Godwin nous attendent dans la voiture.

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Nous voilà partis. Nous déjeunerons sur place et notre trajet est parsemé de nombreux arrêts pour notre repas car pas question d’acheter tout au même endroit. D’abord, arrêt pour le plat principal, puis ce sera le pain et les sachets de thé en poudre (pour le thé glacé !), puis les fruits et enfin, les sacs de glace ! L’arrêt suivant est le bon : nous arrivons à la « plage ». Yolly nous avait prévenu que ce n’était pas une vraie plage : en fait il s’agit d’un accès à la mer en passant chez un membre des apôtres de Marie. Nous passons par un petit chemin et apercevons des cocotiers puis la plage. La famille est là avec des cousins car c’est fête pour eux : ils fêtent aussi un anniversaire.

La, il faut laisser tomber le mythe de la mer bleue turquoise, transparente, et du sable blanc ! Il y a des chèvres au milieu de mauvaises herbes (une chèvre se repose même sur une barque), des poules, du sable noir, quelques barques, des tas de bouts de détritus qui jonchent le sol. Mieux vaut garder ses tongues. Mais bon, il y a la mer, le sable noir et les palmiers, on se croirait en vacances. Nous déjeunons sous une sorte de bâche puis nous préparons à nous mettre à l’eau. Sans doute sous le coup de l’émotion de son anniversaire, Perrine a oublié de prendre un t-shirt de rechange pour ne pas rester mouillée tout l’après-midi. A l’aide de 2 paréos, nous essayons de lui confectionner un haut à mettre par-dessus son maillot de bain. C’est épique et y renonçons finalement : le t-shirt sera mouillé et le paréo servira pour la sortie ! ça y est nous allons enfin pouvoir nous mettre à l’eau. Elle est chaude et on y rentre facilement malgré la couleur marron peu engageante. Premiers essais de nage en étant tout habillé : le moins qu’on puisse dire, c’est que ce n’est pas très aérodynamique ! Et le tableau à la sortie de l’eau est assez rigolo ! Il pleut, mais peut importe, on est mieux dedans que dehors et Blandine se sent comme un poisson dans l’eau.

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Nous nous préparons à partir lorsque nos voisins viennent offrir deux ananas à Perrine pour son anniversaire : c’est ça les philippins : la gentillesse incarnée.

De retour au bureau, c’est l’heure du goûter. Nous nous régalons avec un gâteau à la banane, des fruits sucrés et juteux et des petites spécialités locales. Le papa de Jane est également là ainsi que d’autres membres de la famille. En effet, Jane sera finalement opérée à Davao, par « son » chirurgien : l’intervention est prévue lundi et son papa est venu chercher les sous pour payer l’hôpital. Nous avons beaucoup de chance car le chirurgien interviendra gratuitement et nous ne devons payer « que » les frais d’hospitalisation qui s’élèvent tout de même pour le moment à près de 600 Euros. Cela ne vous semble rien par rapport au prix d’une hospitalisation en France, mais c’est une somme très importante pour ici et pour Acim Asia, d’autant qu’il n’y a pas de sécurité sociale bien sûr !

La journée se termine dans une super ambiance : je discute via Skype avec Marie Françoise puis Hélène mais ai du mal à les entendre car il y a de gros éclats de rire juste à côté : en cause, une compétition de rapidité et de culture géographique par internet interposé ! (J’ai oublié de vous dire que les jeunes d’ici passent des heures à jouer sur internet ou a cultiver leur « ferme virtuelle » sur facebook).

Il y a de l’ambiance jusque tard le soir, mais heureusement, demain c’est grasse mat !

Un autre type de mission

Ce matin, c’est une mission d’un autre type qui nous attend : nous allons distribuer des chapelets dans l’école de Marie Car et de Wilmer. Cette semaine est particulière : ce sont les « intramuros ». Nous sommes un peu intriguées car nous n’avons pas bien compris de quoi il s’agit, en dehors du fait qu’il y a des épreuves sportives.

Nous n’avons pas d’ID et ne sommes pas censées entrer, mais Wilmer arrange ça en quelques mots. Nous entrons dans l’enceinte : il y a de l’ambiance ! Et pour cause : les « intramuros » sont en fait des compétitions sportives entre les étudiants des différentes matières. Aujourd’hui, c’est basket et volley, les 2 sports étant joués en parallèle sous le même préau avec des supporter des 2 camps pour chacun des 2 sports. Ajoutez à cela le commentateur-monsieur-chronometre de la partie de basket qui parle aussi fort qu’il peut dans le micro, et cela vous donne une idée du niveau sonore.

dsc00701rduite.jpg  Forcément, 3 blanches, ça se remarque. D’autant que Wilmer nous présente l’étudiante « déléguée des élèves », mais pour l’ensemble de l’université : elle est aux petits soins pour nous et nous apporte des chaises, puis du jus de fruit et du gâteau à la banane. La pluie et le ciel gris ont laissé place au soleil. Nous ne sommes pas complètement à l’ombre. Sans doute a-t-elle peur que nous attrapions une insolation car pas question de nous laisser là : elle nous invite à monter sur la petite estrade qui surplombe l’ensemble et nous avons droit à des chaises. Je me demande même si elle n’a pas demandé à des étudiants de nous laisser la place. Nous sommes un peu gênées, mais ma foi, autant profiter des bonnes choses. Un match est serré entre les 2 équipes féminines de basket. Les scores sont écrits à la craie sur un grand tableau. L’équipe favorite de Marie Car gagne le match, mais de peu. Ouf ! En attendant que d’autres équipes se mettent en place, nous nous préparons à distribuer nos chapelets ainsi qu’un petit dépliant avec les prières adéquat. Nous sommes encore assises que nous entendons une annonce au micro : nous avons la joie d’avoir des visiteurs qui viennent distribuer des chapelets, si vous voulez des chapelets, c’est ici ! La déléguée n’a pas terminé l’annonce que des flots d’étudiants affluent vers nous ! Nous sommes submergées, d’autant plus que Marie Car nous a demandé de noter les coordonnées des personnes à qui nous donnons des chapelets afin de les recontacter. C’est une vraie cohue, je n’ai jamais vu ça ! J’ai du mal à répondre à la demande d’autant que les croix des chapelets s’emmêlent ! Je finis par laisser les étudiants marquer leurs coordonnées et essaye de suivre qui note pour donner le chapelet en conséquence, mais des futés inscrivent le nom de leurs amis, alors impossible de suivre qui à quoi ! Avant que j’aie le temps de trouver une solution, je n’ai déjà plus de chapelet, comme ça, c’est tout vu ! Du côté de Blandine et Perrine, c’est également terminé. Certains étudiants sont déçus de n’avoir pu être servi tandis que les autres sont tout fier d’arborer leur chapelet. Wilmer nous indique que nous reviendrons l’après-midi.

distributionchapelets.jpg  Wilmer doit rentrer au bureau et nous confie à la déléguée qui nous fait faire un tour des locaux.  Nous arrivons dans un autre bâtiments dont les pièces ne sont fermées que d’un côté par une grille : apparemment ce sont habituellement des classes. Toujours est-il qu’en raison des « intramuros », c’est la fête et les salles sont décorées. Dans la salle des profs, on nous offre des Suman, des sortes de bâtons de riz enroulés dans des feuilles de banane. D’ailleurs, le paquet s’ouvre comme une banane. Nous en avions mangé chez Sister Eva, donc ça va, mais les filles découvrent et n’aiment pas du tout. Mais bien sûr, pas question de le montrer et il faut faire honneur : un petit supplice pour elles. Ce sont des gros éclats de rire et Blandine a l’art de dire « c’est infecte » en faisant un grand sourire ! (nous avons appris que certains philippins connaissent le mot « dégueulasse » et il faut être prudent !). Pour accompagner le tout, un espèce de jus de fruit dont on ne sait identifier le goût. En allant me laver ensuite les mains, je vois une sorte de bac type glacière rempli d’un liquide orange et d’énormes glaçons : le breuvage venait-il de la ? Mieux vaut ne pas y penser !!!! Photos de groupe obligatoire, et même les profs se bousculent pour être sur la photo ! Vous vous rendez compte, des blanches ils ne doivent pas en voir tous les jours et pour eux, c’est un honneur d’avoir de tels invités, nous recevons des tas de « salamat » (merci).

Nous poursuivons la visite des locaux par des espaces plus ou moins bien décorées, et surtout avec plus ou moins de goût. La palme de la déco revient aux étudiants en compta qui avec peu de moyens ont réussi à représenter les éléments (eau, feu, air, terre). La palme du mauvais goût reviens à une déco maritime avec deux sirènes et nous ne pouvons échapper à la pause avec les deux étudiants !

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D’hôpital en hôpital…

Réveil matinal car avant de voir le docteur Abundo à 9h, nous devons passer au Davao Medical Center pour apporter les résultats de la radio d’Aldi. Nous arrivons vers 7h15 et découvrons le fonctionnement de l’hôpital. 1ère étape : la caisse. Pour payer quoi ? la consultation que nous n’avons pas encore eu et que nous espérons bien avoir. C’est toujours le même principe : il faut payer avant de se faire soigner. 2ème étape : attendre pour avoir un numéro de passage. 3ème étape : attendre encore que ce soit notre tour. Car ici, pas de rendez-vous : il faut attendre, par ordre d’arrivée. Nous avons le numéro 8, il est 7h30 et le service ORL ouvre à 8h. Nous n’avons plus qu’à prendre notre mal en patience. L’expérience des derniers jours nous ayant appris que le maître mot est ATTENDRE, nous avons chacune pris un livre, à l’exception de Sheryl dont le téléphone portable semble être la prolongation naturelle de sa main, et qui textote à tour de doigts ! Le temps passe : malgré les 8h, aucun patient n’est appelé. Au bout de quelque temps, Sheryl vient aux nouvelles car nous devons quitter l’hôpital au plus tard à 8h45 pour ne pas manquer le rendez-vous suivant. Visiblement, elle ne se fait pas bien recevoir ! Patience donc. Le nombre de patients qui attendent augmente. Ils attendent sans rien faire : visiblement attendre semble faire partie de leur vie !

8h45 : les premiers patients sont appelés (la ponctualité philippine est légendaire !), mais pas nous : ils n’ont pas notre dossier ! Qu’elle organisation, c’est de mieux en mieux ! Remarquez, en l’occurrence ça nous arrange car nous devons filer quelques pâtés de maisons plus loin pour avoir en fin le diagnostic du médecin concernant Jane.

Nous y voici et comme il se doit nous attendons !!!! Heureusement pas trop longtemps. Un membre du personnel médical invite nos 2 infirmières, Sheryl et Blandine, à rentrer dans une salle. Perrine et moi restons à l’extérieur un peu déçues : nous aurions bien aimé assister aux discussions avec le médecin. Nous attendons donc, question d’habitude ! 5 minutes plus tard, elles ressortent accompagnées du Docteur Abundo. Ce dernier nous donne le diagnostique : pas de méningite, pas d’obstruction du tuyau, mais une pneumonie qui a provoqué de très fortes fièvres, de la pression dans le cerveau et les convulsions (à noter que l’hôpital de Gensan n’avait pas vu qu’il y avait une pneumonie ! comme circonstances atténuantes, on dira qu’ils étaient omnibulés par l’hypothèse du tuyau bouché). Il y a toutefois un problème dans le tête : le tuyau s’est déplacé et il semble que le système d’évacuation du liquide céphalo-rachidien ne fonctionne pas correctement. Il faut prévoir une opération. Ce n’est pas trop urgent, bien qu’il ne faille pas non plus attendre trop longtemps, et en tout cas, il faut d’abord que Jane guérisse de sa pneumonie. En repartant nous échangeons sur la réunion préalables que Sheryl et Blandine avaient eu avec le médecin : nous hallucinons : en fait de réunion pour discuter de Jane, elles avaient été juste invités à une conférence qui se tenait sur la prévention des risques cardio-vasculaire. Rien à voir avec la choucroute ! Et elles ont eu l’énoncé du diagnostic en même temps que nous ! Décidément, ils n’ont pas fini de nous surprendre ces philippins ! Nous passons voir la petite Jane : elle est dans les bras de sa maman et sa tête a très nettement dégonflé : c’est rassurant.

Bon, un « dossier » de régler, il nous reste celui d’Aldi. Et rebelote, direction l’autre hôpital : nous allons finir par connaître le chemin par cœur. En arrivant, grosse question : combien de temps allons-nous attendre. Le hall d’attente est comble de même que les halls pour les autres services. Heureusement, Sheryl obtient de voir assez rapidement le médecin, mais elle doit y aller seules. Pendant ce temps ….. nous l’attendons !

dsc00638rduite.jpg  Perrine et Blandine s’occupent en jouant au morpion pendant que les philippins sont toujours assis sans rien faire. En repartant, Blandine retombe quelques minutes en enfance en descendant l’escalier sur la rampe : il faut dire que c’était tentant !

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Attendre…

Hier soir, Sheryl nous a dit que le docteur Abundo viendrait voir Jane à 9h. Une petite grasse matinée en perspective ! Au réveil, changement de programme : le rendez-vous est à 10h. Nous prenons un petit déjeuner tranquillement avec la mère de la propriétaire qui, pour l’occasion, nous a concocté un gâteau salé. Elle est très bavarde et passe du coq à l’âne en permanence, c’est assez rigolo.

Pendant ce temps, les garçons conduisent Aldi à l’hôpital pour ses examens (il est suivi dans un autre hôpital que Jane). Il y a 4 ans, Aldi a eu une infection qui est partie des dents et attaqué les racines et l’os de la mâchoire. Il a subi différentes opérations (à l’esthétique peu réussie, le pauvre) mais visiblement, le problème n’est pas encore résolu. Le temps passe, et les garçons ne sont toujours pas là : nous risquons de rater le rendez-vous avec le médecin…  Sheryl commande un taxi quand finalement les garçons textotent qu’ils sont sur le chemin. Nous voilà en route, dans les bouchons de Davao. Nous finissons par arriver à l’hôpital : il est largement au-delà de 10h !

Finalement, arrivés à l’heure ou en retard n’aurait rien changé : le médecin est passé à 7h30, a fait faire d’autres examens et analyses. Prochain RDV : demain à 9h pour avoir les résultats.

La petite Jane est paisible, mais a sans doute eu de nombreuses piqûres : elle a plein de petits pansements sur les mains et les jambes ! Par rapport à hier, elle fait toutefois plaisir à voir : elle bouge doucement ses petites menottes et ses gambettes. De son œil entre-ouvert, elle semble même suivre du regard. Sa tête est toutefois toujours enflée. Nous regardons les radios : le tuyau d’écoulement du liquide n’est pas bouché.

Je pense avoir attrapé une petite crève, sans doute avec la clim de l’hôpital de Gensan (que voulez vous, ici, je n’y suis plus habituée) et me mets en quête d’un masque pour ne pas contaminer Jane : ses bronches ronronnent déjà assez comme ça. Nous découvrons alors les dédales du fonctionnement de l’hôpital. En compagnie de Blandine, nous nous rendons à la pharmacie qui nous envoie 2 étages plus haut aux fournitures générales. Là, on nous remet un petit ticket : il faut passer à la caisse, 2 étages plus bas, pour ensuite revenir chercher nos articles ! Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ! Autre anecdote pour vos donner une idée des hôpitaux ici : il n’y a pas de papier toilette dans la « salle de bain » des chambres, cela fait partie des choses qu’il faut acheter aux fournitures générales !

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Transfert vers Davao

Ce matin, Yolly passe à l’hôpital : pendant la nuit, Jane a continué à avoir des convulsions. Elle a toutefois réagi une fois à la voix de sa maman. Ce matin, elle est calme.

Yolly a eu le chirurgien de Davao : il ne croit pas à la thèse de l’obstruction du shunt. Il souhaite voir Jane. Yolly tente d’organiser le transfert à Davao. Le problème est que l’ambulance de l’hôpital Sainte Elisabeth (où elle a été admise) est en panne et c’est sur Yolly que retombe l’organisation du transfert : un comble ! En contactant un autre hôpital, elle trouve une ambulance et un chauffeur. Un médecin et une infirmière devront accompagner Jane et la surveiller pendant tout le temps du trajet. Cela veut dire qu’il faudra payer 2 personnes. Afin de réduire les coûts, Yolly propose que Blandine soit l’infirmière et demande à Sheryl d’être présente également. Pendant que Kitz va chercher Blandine (Perrine, toujours un peu malade, a décidé de rester dans leur maison), Judith me demande de préparer mes affaires : je partirai avec Blandine. Pour combien de temps, je ne sais pas.

En fin de matinée, nous nous rendons à l’hôpital avec Elaine, Sheryl nous rejoignant sur place. Lorsque nous arrivons, Jane est paisible mais ne manifeste toujours aucune réaction. Quand devons-nous partir ? Tout est-il prêt ? Qu’a dit le médecin ? Ces questions restent sans réponses. On nous informe que l’ambulance est prête et allons nous assurer que tout est en ordre. L’intérieur est sommaire : un lit métallique avec un petit matelas pour seul confort, une banquette pour les passagers et, dans le fond, une bouteille d’oxygène et une petite armoire. Le problème est que la bouteille est vide ! Et de nouveau les discussions s’engagent avec l’hôpital : il faut acheter une bouteille et même deux par sécurité, et s’assurer qu’en cas de non utilisation, nous pourrons être remboursés. Et là ça coince avec l’hôpital ! Après le déjeuner, une solution est trouvée : Sheryl et Elaine vont acheter des bouteilles dans une autre hôpital. Pendant ce temps Blandine et moi restons avec Jane et la famille. Une infirmière passe et nous remet des antibiotiques à donner à Jane à 18h ainsi qu’un flacon de perfusion. Nous n’avons guère d’information complémentaire : tout est censé être indiqué dans un formulaire que nous prendrons en partant. Elle nous remet également une copie du rapport de scanner : de ce que nous comprenons, Jane aurait, entre autre, une méningite. Mais toujours aucune information concernant l’heure du départ et Jane n’a toujours pas bougé. Sa maman la change, lui met d’autres vêtements : aucune réaction !

dsc00574rduite.jpg  Un médecin passe : nous apprendrons ensuite que c’est le directeur de l’hôpital. Aron, le médecin américain, est en contact très fréquent avec Sheryl. Il a appris que nous avions une urgence et d’énormes difficultés à organiser le transfert. Il connaît le directeur de l’hôpital et lui a demandé d’intervenir. Le directeur débloque le problème d’oxygène : l’hôpital nous met une bouteille à disposition : entre temps Sheryl et Eleine en avaient acheté une et l’ont faite installer dans l’ambulance. Elles ont également acheté un masque et différents équipements.

Il est 15h (nous tentons d’organiser le transfert depuis le matin !!!!) et normalement tout est prêt : l’ambulance, le matériel, le médecin accompagnant. Nous devrions pouvoir partir. Mais non, on nous demande encore de patienter. Pourquoi ? Pour combien de temps ? On ne sait pas ! C’est hallucinant !!!! La famille est toujours calme. Personne n’a l’air de s’agiter : c’est le rythme philippins et nous sommes censés être en situation d’urgence ! En revanche, Sheryl bout. Pendant qu’elle tente de faire accélérer le processus, et pour la première fois depuis hier, Jane fait un petit mouvement de sussion des lèvres. Serait-ce le début de réveil ?

Alors que nous finissons d’acheter des médicaments au rez de chaussée, nous voyons arriver Jane sur un brancard : il est 16h15. Enfin ! Elle est transférée dans l’ambulance et se met à pleurer : nous sommes trop contents : ça y est, elle s’est réveillée !!! Deo Gracias !

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Urgence – Prions pour Jane

Ceux qui lisent régulièrement mes chroniques se souviennent de la petite Jane, cette petite fille d’un peu plus d’un an, souffrant d’un méningoencéphalocèle.

Hier matin, lorsque je me lève, je reconnais la voix de la maman de Jane. Nous sommes dimanche et je me dis que Patrick est allé les chercher pour qu’ils assistent à la messe. Malheureusement la situation est tout autre : ils sont venus en urgence ce matin car Jane va très mal. Depuis 2 ou 3 heures du matin, elle est inconsciente et ne réagit à rien. Elle a de la fièvre.Yolly lui donne du paracétamol et les accompagne à l’hôpital où elle est admise aux urgences.

Yolly revient juste à temps pour la messe, mais elle en ressort au milieu : le père de Jane est là. Elle part avec lui chercher d’autres membres de la famille. Nous la retrouvons après la messe : la petite Jane va très mal. Elle est sous assistance respiratoire et est toujours inconsciente : il faut prier.

Un petit groupe part à l’hôpital. Nous sommes un peu « frustrées » car nous aurions voulu nous joindre à eux, mais visiblement ce n’est pas prévu : tant pis. Peut être veulent-ils nous ménager car c’est l’heure de déjeuner.

Depuis hier, Perrine n’est pas bien, a de la fièvre et ce matin, avait même beaucoup de fièvre. Elle pense qu’en alternant paracétamol et Advil plus du repos, la fièvre va tomber. Blandine avait été malade quelques jours mais allait mieux, pas de raison que ça ne s’améliore pas pour Perrine. Yolly préfère toutefois qu’elle voie le médecin. Nous voici donc à l’hôpital Sainte Elisabeth, celui où est Jane. Nous devrions en profiter pour visite Jane et sa famille.

Extérieurement, l’hôpital semble moderne. Nous nous dirigeons vers les « urgences » (je mets entre guillemets car Perrine n’est pas malade au point d’être admise aux urgences, mais c’est sans doute là qu’est le médecin de garde). Pour la pesée : pas de balance à aiguille et encore moins électronique ! C’est une balance comme on en trouverait dans les musées (ou presque) avec deux masses coulissant sur deux réglettes graduées, l’une pour les kilogramme, l’autre pour les grammes, comme sur nos anciens pèse-bébé.

Après sa consultation, nous nous dirigeons vers la zone de laboratoire car le médecin lui a prescrit des analyses. Le labo se situe en face des salles de radiologie. A l’occasion d’une porte entre-ouverte puis de l’admission d’un patient, nous pouvons en apercevoir rapidement l’intérieur : c’est spartiate et il faut vite oublier nos référentiels de salle blanche avec les machines presque toutes aussi blanches. La machine ne semble disposer que des éléments constitutifs indispensables et il ne doit être guère confortable de se mettre en position horizontale sur la simple plaque métallique. Les prélèvements pour Perrine sont faits rapidement et nous quittons l’hôpital. Nous n’avons toujours pas vu Jane mais il semble qu’il n’y a pas d’amélioration pour le moment.

Heureusement, nous devrons revenir chercher les examens d’ici 1 heure ou 2 et Yolly nous indique que nous la verrons à ce moment là.

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