Aujourd’hui dimanche est un jour « sans messe » : nous avons repris le planning habituel d’une messe le 1er et 3ème dimanche du mois. Pour la première fois, je fais une bonne vraie longue nuit : ça fait un bien fou !!
J’attends Blandine et Perrine pour prendre mon petit déjeuner, mais leur gentille voisine leur en a déjà concocté un « royal » : entre autre, une omelette dont les fourmis se sont servies avant elles ! Elles sont d’ailleurs toujours en train de se régaler lorsque les filles doivent se servir….
La matinée se déroule tranquillement, partagée entre la rédaction de la chronique de la veille et une partie de scarbble en anglais aux règles philippines ! Le temps tourne, il est déjà 13h, mon estomac crie famine, mais aucun déjeuner n’a l’air de se préparer… D’habitude, nsou partons déjeuner à 12h pétantes ! Yolly n’est pas là, il n’y a que les jeunes… Vers la demie, je prends un peu de pain en disant que j’avais faim et Judith a l’air toute surprise. Allons-nous faire régime aujourd’hui ? Finalement une odeur de riz nous parvient et on nous appelle pour le déjeuner. On est loin des jolies et bonnes tables de nos dimanches français : riz (ça c’est normal !) et une assiette de corned beef…. Blandine et Perrine n’ont pas encore eu l’honneur de goûter, mais quand on en a eu une fois au petit déjeuner, on s’en souvient !!! Et mieux vaut avoir une bonne quantité de riz pour faire passer … Je les avertis de ne pas trop en prendre… Alors que le pays regorge de fruits divers et délicieux, nous ne pouvons pas terminer ce « bon » déjeuner du dimanche par une touche sucrée.
Les filles ont un peu le moral dans les chaussettes. Et si un jour on faisait un repas français auquel on convierait nos amis philippins ! Et nous voilà parties à rêver de bonne ratatouille comme on les aime ! Mais pourquoi ne ferait-on pas un bout de cuisine « française » cet après-midi ? Il n’y a pas de programme particulier, nous avons un wok, on peut le transformer en poêle : de bons pancakes en perspectives, et pour le goûter s’il vous plait ! Nous faisons part de notre projet et c’est parti pour KCC pour acheter les ingrédients (car au bureau, c’est zéro stock !). En cours de route, nous nous arrêtons pour remettre de la pression dans les pneus, enfin non, dans un seul. Je ne sais pas comment ils règlent la pression car le tuyau d’air semble descendre tout droit d’un arbre et il n’y a aucun indicateur à l’autre bout du tuyau. Il faut dire que la « station » d’air passe aussi inaperçue qu’une cabane en bois au milieu d’autres cabanes en bois.

Nous voici maintenant au milieu des rayons du supermarché pour trouver des ingrédients assez basiques : farine, œufs, lait, sucre, levure et huile. Nous voyons des préparations toutes faites dans lesquelles il ne manque plus que le lait, mais non, nous voulons faire des vrais pancakes ! Heureusement que Marie Car et Godwin nous servent de guide et d’interprètes des signes car comment dit-on levure en anglais ? Je suis sûre que vous ne le savez même pas. Mais avec les gestes, c’est tout simple ! Nous voici au rayons des œufs : ici, ils sont blancs ou rose fushia ! Non, vous ne rêvez pas ! Judith et Marie Car nous expliquerons que les œufs fushia sont en fait très très très salés (je me souviens, j’en ai mangé l’un de mes premiers jours à Gensan, mais je n’avais pas vu la coquille !!!!). Ils les peignent de cette couleur pour bien les différencier des autres. C’est sûr, ils sont tellement flashy qu’on ne risque pas de les confondre ! Marie Car est ensuite toute fière de nous apporter l’huile… dans un sachet en plastique !!! Eh oui, ici, c’est le pays des sachets : un sachet de coca, de glaçon, de bonbon glacé, de sucre, de sauce… C’est de forme plus ou moins allongée. Pour le coca, vous mettez une paille, vous tenez l’ensemble et vous buvez, pour les bonbons glacés, vous faire un petit trou et vous sucez (pas mal non quand le sac a déjà été touché par d’autres personnes…). Ce conditionnement peut aller lorsque vous prévoyez de consommer tout votre sachet d’un coup mais en l’occurrence, nous n’avons pas prévu de faire de l’huile au pancake. Je vous rassure, les bouteilles d’huile existent aussi mais on a du mal à trouver ce qui ressemble à de l’huile de tournesol. Ah, j’oubliais le lait : ici, le lait longue conservation, cela s’appelle le lait frais ! Logique, non ? Si non, vous le trouvez en poudre ou en boite de conserve (ce doit être plus du lait concentré sucré d’ailleurs). Nous avons presque terminé : il nous manque le citron. Ici ce sont surtout des « calamensi », de minuscules citrons verts pleins de pépins mais très bons. Les citrons jaunes comme ceux de chez nous sont très chers.
Avant de passer à la caisse, il ne nous reste plus qu’à faire un tour au rayon chocolat-bonbons : nous sommes en manque ! Nous devons faire attention de ne pas paraître pour des enfants mal élevés qui se ruent sur ce dont ils rêvent. Le problème, c’est qu’il faut aussi arriver à trouver quelque chose qui semble mangeable car ici, pas de mars, lion, magnificat ou bonbon haribo. J’ai essayé une fois une barre de kit-kat, j’avais l’impression que cela faisait 10 ans qu’elle attendait un client ! Nous nous rabattons sur des simili smarties, des petits œufs en chocolat et des bonbons qui ressemblent à des mi-choco (sans en être bien sûr !).
Ça y est, on peut se mettre à nos fourneaux ! Bien évidemment, pas de verre doseur et c’est le pifomètre, mais ma foi, on s’en sort pas trop mal, à part les premiers qui permettent d’ajuster les dosages de sucre et de lait. Mais tout de même, ça n’a pas le même goût qu’en France, même avec une recette française. Sheryl, un peu désobligeante, nous dira que c’est bon, mais que ça a un peu le goût de pain rassis ! Merci Sheryl ! Enfin, je vous rassure, avec de la confiture d’ananas ou du sucre et du citron, c’est plus que mangeable, c’est même bon. Mais, promis, la prochaine fois, nous testerons les préparations toutes prêtes !

Pendant que nous exerçons nos talents culinaires, nous avons de nouveaux admirateurs : des petits enfants qui nous observent à travers la grille du bureau. Ils nous apportent même des fleurs : ils sont trop mignons. En fin de journée, nous allons à la chapelle et ils nous accompagnent. Ils restent sagement à coté de la chapelle, priant eux aussi. Nous restons plus d’une heure et ils attendent là, sagement. A la fin, nous les faisons rentrer et récitons avec eux quelques « Je vous salue Marie » en anglais. Ce qui est tout de même surprenant, c’est qu’ils ne semblaient pas préoccupés par le fait des leurs parents pourraient les chercher…
Pour le dîner, nous avons la joie de voir arriver sur la table le corned beef que nous n’avons pas terminé au déjeuner… Heureusement il y a aussi du thon (avec préparation en conserve) qui se laisse manger si vous passez outres les commentaires de Perrine ! Mais cette fois, nous pouvons terminer notre dîner par la fameuse touche sucrée : nos pancakes !
Pendant le diner, Yolly nous explique le pourquoi du comment des routes défoncées. Les travaux commencent à un endroit puis sont arrêtés par maque de sous et vol de matériel. Quand on les recommence, on ne reprend surtout pas là où on s’est arrêté, cela risquerait de faire une vraie route ! Et parfois même, on décide de casser ce qu’on a construit, mais pareil, en ne détruisant que quelques endroits en dis-continu ! Sacré philippins !