WE à Subic

Nous avons donc pris la route pour Subic jeudi après-midi. Après les bouchons de Manille, les paysages de campagne s’offrent à nous : rizières, montagnes, terres fertiles en raison des coulées de lave du volcan Pinatubo. Subic est une station balnéaire autour d’une baie. Nous sommes accueillies à bras ouverts par la mère de Lee, philippine au style et à l’exubérance très américaine, qui adore tout ce qui est aménagement intérieur et décoration. Et dans l’immense maison, elle avait de quoi faire !!!! Chaque pièce (ou même chaque coin de pièce), est comme une petite boutique de déco à elle toute seule. Le ménage doit être un vrai cauchemar pour les « maid » tant il y a de bibelots par terre, sur les meubles et sur les murs !!!!! A l’étage, une immense terrasse couverte et confortablement meublée offre une superbe vue sur la baie de Subic. Un cadre de rêve pour ce long WE.

La soirée débute par un restaurant coréen où nous pouvons faire griller la viande devant nous, au milieu de la table. Puis petit tour en bord de mer, autour du petit hôtel géré par l’une des filles de nos hôtes. Nous reconnaissons la touche maternelle dans la décoration Halloween… Nous terminons notre agréable soirée par un petit concert donné par le père de Lee. Pianiste dans sa jeunesse, il nous interprète quelques sonates de Chopin : un vrai régal. Puis Sabina (la fille de Lee et Mia) est toute heureuse de jouer un petit morceau à 4 mains avec sa grand-mère. D’ailleurs, on ne sait pas laquelle des deux est la plus fière ! Nous prolongeons avec la berceuse basque, souvenir des chants de Noel appris avec le Père Morandi. Nous espérons pouvoir découvrir d’autres partitions de chants. « Malheureusement », il n’y a que des partitions pour piano seul.

Vendredi matin, un petit déjeuner philippin et gastronomique nous attend ! Avec du riz, des œufs, du poisson… préparé avec soin. Le tout est délicieux et depuis ce jour, les filles arrvient à manger du riz au petit déj ! Merci Lee !

Subic est réputé pour ses grandes surfaces de duty free. Lee et Mia nous emmènent faire un tour, notamment pour acheter du chocolat beaucoup moins cher qu’ailleurs. En entrant dans un magasin, je remarque des petits hommes au visage très foncé et aux cheveux crépus. Ils vendent des objets en bois de leur fabrication. Ils sont tous petits. Nous ne sommes pas loin de Zambales, l’endroit où résident les pygmées dont Sister Eva s’occupe. La veille, la religieuse m’avait dit que ses petits protégés vivaient, entre autre, de leur artisanat. Il est très probable que ces petits philippins soient « nos pygmées ». Je veux en avoir le cœur net et me réjouis d’avance de revoir ces habitants que nous étions venus aider et soigner, en coup de vent, en aout dernier (cf chronique du 6 août). Nous faisons des stocks impressionnants de chocolats pour notre Noel à Gensan et pour des cadeaux de remerciement. En sortant, je retrouve avec impatience mes petits hommes. Quelques questions : oui, ils connaissent Sister Eva, oui, ils se souviennent qu’il y a eu un mission médicale l’été dernier. S’ils n’ont pas bénéficié eux-mêmes des soins que nous leur apportions, ce sont bien leurs familles et amis que nous avons rencontrés. Qui aurait cru que je les reverrais un jour ! C’est extraordinaire et j’ai les larmes aux yeux de joie et d’émotion !

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Pour le déjeuner, les parents de Lee se sont une fois de plus mis en 4 : escargots à la noix de coco ou aux tomates aillées, crabes, sans oublier le riz, c’est un vrai régal et ce n’est pas chez eux que nous allons mourir de faim. Nous passons l’après-midi dans un petit club avec piscine et Sabina est ravie de pouvoir jouer dans l’eau avec nous. Et ici, on peut se baigner en maillot de bain ! (cf chronique du 26 septembre !).

Nos hôtes prévoient un petit safari pour le lendemain, mais, Santi, le nouveau typhon qui s’abat sur les Philippines en décide autrement. Il y a un vent à décorner les bœufs, il pleut. Pas question de mettre le nez dehors. Manille est également touchée avec fortes rafales et coupures d’électricité. Nous passons notre journée tranquillement en alternant DVDs, jeux, sans oublier repas, goûter, petit encas, apéritif : bref, un festin permanent !

Nous reprenons la route le dimanche matin aux aurores pour la messe de 9h à Manille. Merci encore à Lee et sa famille pour leur gentillesse qui n’en finit pas.


Archive pour octobre, 2009

Fin des missions à Manille

Lundi toujours pas de nouvelles d’une potentielle mission à Pangasinan. Visiblement celle prévue pour mardi est encore repoussée à une date inconnue. La décision de Doc est prise : il rentre demain à Gensan. Avant son départ, nous souhaitons le remercier pour tout ce qu’il nous a permis de vivre et l’invitons dans un petit resto philippino-espagnol découvert en août dernier lors de notre passage éclair à Manille. Nous y avions fait un tour avec les filles à l’occasion de nos emplettes dans la caverne d’Ali Baba dans la vielle ville. Le cadre est beau, un peu luxueux sans en mettre plein la vue, et la nourriture est très bonne. Au début Doc avait presque refusé notre invitation, disant qu’il n’était pas habitué à ce genre de lieux car son environnement, c’est celui des pauvres, mais nous avons finalement réussi à le convaincre. Nous profitons d’être dans ce secteur pour renouveler nos visas. Les filles sont ainsi tranquilles jusqu’à début janvier et moi jusqu’à la deuxième quinzaine de janvier.

Le lendemain, nous prenons un dernier petit déj avec Doc avant qu’il ne prenne le chemin de l’aéroport. Nos missions à Manille s’achèvent donc. Nous avons fait 12 journées missions médicales, sur 10 lieux de missions différents et avons pu servir plus de 4 000 patients. Que de moments merveilleux et inoubliables ! Nous allons toutefois rester encore quelques jours à Manille : nous devons faire un inventaire des médicaments restants (ce sera pour mardi et une partie de mercredi), et rendre visite à Sister Eva. Docteur Lee nous a invité également à passer quelques jours dans sa famille, à Subic, au Nord de Manille. De leur côté, Nelson et Seymour nous ont concocté un petit programme pour nous faire découvrir leur île, Bohol, puis ce sera Cébu où nous devons apporter des « couches » pour personnes âgées avant de rentrer à Gensan.

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Jeudi matin, l’abbé Dolotina nous conduit chez Sister Eva, dans le Sud de Manille. La voiture du prieuré déborde de cartons : nous en avons même sur les genoux. Nous venons lui apporter des vêtements chirurgicaux pour son hôpital. Les filles vont enfin pouvoir faire connaissance de la Soeur, depuis le temps que je leur en parle ! La petite religieuse nous accueille avec son sourire habituel. Elle nous parle de sa vocation, du travail de son œuvre, de ses pauvres et de ses pygmées qui lui sont si chers. Elle est impressionnante. Comme lors de notre visite avec l’abbé Couture elle nous a préparer un petit goûter : impossible de refuser même si nous n’avons pas réellement faim ! Petite photo souvenir et il est l’heure de partir : Lee et Mia doivent passer nous prendre en début d’après-midi, nous avons notre sac à faire, et avec la circulation, cela risque d’être la course ! Nous avons juste le temps d’avaler un Mc Do (bien meilleur que Jollibbe) : Mia nous informe qu’ils ont terminé leur travail plus tôt et qu’ils sont prêts à nous prendre !!! Ouhlala …. vite !!!!

En route pour un WE repos en perspectives !

De surprises en surprises !

Dimanche fut encore une fois comblé de bonnes surprises. C’est tout d’abord à la sortie la messe : pendant la procession en l’honneur du Christ Roi (pendant laquelle nous avons eu une petite pensée pour nos amis Français en pèlerinage à Lourdes), nous apercevons des têtes « blanches » et qui ont même l’air d’être celles de français ! C’est bien cela et le monde est même tout petit ! Ce sont des amis d’amis, fidèles de la paroisse Sainte Germaine à Paris. A Paris, ils possèdent plusieurs boutiques d’accessoires et s’approvisionnent en partie aux Philippines. Ils y viennent donc tous les ans et ont profité des vacances scolaires en France pour venir avec certains de leurs enfants.

Nous remettons ensuite notre cadeau à Docteur Lee qui nous invite à déjeuner avec eux ! Ma foi, un imprévu bien sympathique ! Cette fois, nous partons à la découverte d’un restaurant coréen. Il n’y a plus de place sur la table lorsque les entrées sont apportées : des tas de mini-plats plus ou moins épicés et quelques feuilles de salades. L’art consiste à faire des petits rouleaux de salades que vous remplissez avec les divers ingrédients. C’est assez copieux mais, sans doute a-t-il peur que nous mourrions de faim, il a commandé un des plats traditionnels : le bibimpap, mélange de riz, de viande, de légumes sautés et d’un œuf sur le plat, le tout relevé par du piment et servi dans un bol en fonte chaud. Délicieux ! Au départ, pas de couvert pour manger tout cela, juste des baguettes en bois. C’est bien pour progresser ! Mia (l’épouse de Doc Lee) a pitié de nous et demande également des fourchettes, au cas où…

 

dsc02451rduite.jpg     dsc02460rduite.jpg    Sur le chemin du retour, nous faisons un arrêt dans une boutique dans laquelle Doc Lee tenait à nous conduire. Bien qu’il s’agisse d’une boutique d’alimentation allemande, il y a une partie avec une boulangerie française, avec cette fois, des vraies baguettes françaises, du vrai pain de campagne… Non, nous ne rêvons pas. Pour Doc Lee, c’est la meilleure boulangerie de Manille, rien que ça ! C’est un vrai régal ! Forcément, nous nous approvisionnons ici pour notre petit déjeuner de main !  Avant de rentrer, nouvel arrêt. Cette fois c’est à Greenhill, le supermarché des perles ! On se perd dans les allées : colliers, bracelets de perles en tout genre mais également bijoux en corail, turquoise, jade…. Il y en a pour tous les goûts et nous nous essayons à nos premières négociations. Attention à ne pas devenir accro  !

Ce soir, nous dînerons avec Doctora Araneta et sa famille. En attendant qu’ils passent nous prendre chez Lee, nous dégustons du pain, du fromage et du vin et pourquoi pas un petit café avec un chocolat ! Direction ensuite un resto japonais avec dégustation de sushi, huitres grillées, saumon… Décidément journée pantagruélique ! Pendant le dîner, Doctora Araneta nous raconte quelques anecdotes de sa mission à Tumana. Habituellement les personnes en charge de l’enregistrement indiquent les symptômes des patients afin de préparer la tâche du médecin. Pour une dame, il était juste écrit : « tristesse ». Elle avait perdu 7 membres de sa famille dans les inondations…. Ou une maman qui craignait d’avoir cassé le bras de son enfant en voulant le tirer hors de l’eau, ou cette autre qui avait mal au bras à force de porter son enfant à bout de bras pour le maintenir hors de l’eau. Témoignages émouvants de ce qu’ont vécu les habitants pendants les inondations…

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Une nouvelle journée s’achève, remplie d’imprévus tous aussi agréables les uns que les autres. Tous les jours, de vrais cadeaux du ciel ! Deo Gratias once again !

Retour éclair à Tumana

Vendredi fut une journée de repos. Le soir, Doc nous informe que nous aurons peut être d’autres missions. En prévision, il a refait des stocks de médicaments. Nous qui nous apprêtions à faire nos valises… Mais rien n’est fait, il faut attendre lundi matin pour avoir confirmation. Il a également acheté de la doxiciclyne, le remède à la leptospirose qui commence à faire des ravages dans Manille suite aux inondations.

Samedi s’annonce une journée tranquille. Reveillée de bonne heure, comme d’habitude, je veux en profiter pour acheter une « French baguette » à la boulangerie d’à côté. Mauvais réflexe de française ! De « French baguette », il n’y en n’a pas avant 13h (eh oui, amis lecteurs, savourez-la bien votre baguette du petit déjeuner !!!!). Je me console avec une sorte de pain de mie au raisin qui se laisse bien manger malgré tout !

Nous avions envisagé une journée repos shopping, mais Doc doit finalement se rendre à Tumana pour apporter de la Doxiciclyne au Père Emmanuel et au Père Mex. Je fais finalement le trajet avec lui en compagnie de Jerwin. Les rues sont plus dégagées que deux semaines plus tôt, mais le barangay continue de panser ses plaies. En attendant l’arrivée des deux prêtres, une secrétaire d « presbytère » nous raconte qu’un enfant est mort peu après nos deux jours de mission médicale. C’était un fils unique. Pendant la mission, la maman avait demandé des médicaments pour son fils dont l’état de santé ne lui permettait pas de se déplacer. En général, Doc refuse de donner des prescriptions sans avoir vu le patient et le flot incessant de malades ne lui avait pas permis de se rendre au chevet du malade. Doc est bouleversé et il lui faudra du temps pour admettre qu’il a fait son maximum pour tous les patients qu’il a vu et qu’il n’est malheureusement pas possible de soigner tout le monde. Qui plus est, si l’enfant est décédé rapidement, il était sans doute dans un état trop critique pour que nous puissions le sauver.

dsc02431rduite.jpg  dsc02445rduite.jpg  Les deux prêtres arrivent. Nous leur remettons les précieuses boites de médicaments qui peut être utilisé en préventif et en curatif. La leptospirose a déjà fait de nombreuses victimes et le planning d’activité des prêtres montre un nombre impressionnant d’enterrements dans leur paroisse pour la semaine qui se termine. Il y a eu jusqu’à 5 enterrements dans une journée… Malgré leur jovialité habituelle, les deux prêtres sont fatigués. Les inondations ont eu lieu il y a un mois maintenant. Pendant les dernières semaines, ils ont n’ont pas ménagé leur peine ni leur énergie, devant porter en plus la peine de leurs paroissiens qui ont perdu un membre de leur famille ou un ami. Ils ont bien sûr continué leur apostolat régulier avec bénédictions de maisons, de boutiques, baptêmes, catéchisme : cela fait plaisir à voir !

Pour le déjeuner, nous retrouvons les filles qui ont commencé quelques emplettes, parties à la découverte du mall (centre commercial) voisin. Nous poursuivons la découverte l’après-midi et c’est presque une compétition à celle qui achètera le plus de chemisiers : ils sont tellement mignons et surtout tellement moins chers qu’en France : ce serait dommage de s’en priver ! Les filles gagnent haut la main ! Nous en profitons également pour acheter une bouteille de vin pour remercier de Docteur Lee de sa très grande gentillesse à notre égard.

Après la messe au prieuré le soir, nous regagnons nos appartements et engageons une chasse aux crockroach qui ont l’audace de passer de la salle de bain à la chambre ! Blandine les apprécie particulièrement et se réfugie sur son lit !!!

Bonne nuit !

Mission Cainta (Rizal) – 22 octobre

La petite journée de repos d’hier a fait du bien : mails, sieste, papotages étaient les bienvenus. Notre plan Pangasinan est tombé à l’eau, du moins pour le moment : nous y aurons peut être une mission de vendredi à dimanche matin, ou mardi prochain, mais rien n’est confirmé.

En attendant, Doc a organisé une mission à Cainta, dans la province de Rizal, non loin de Manille, sur notre chemin du retour. Nelson et Seymour sont rentrés la veille Manille, Aron et Ye-Ye l’avant-veille. Sheryl reste ici pour le suivi des patients de cet été : nous serons donc 6 pour cette mission : Doc, Jerwin, Annalie et nous 3.

Une voiture du barangay passe nous prendre à Tanay. Chargement des cartons dans une ambulance (avec Jerwin comme passager) et nous embarquons dans une petite camionnette. A peine parties, à peine arrêtées : notre véhicule a crevé en roulant dans un grand trou juste avant d’embarquer les médicaments. Mais pas de problème, les philippins gèrent et en un rien de temps, nous repartons. Jerwin est tout fier de prendre la pause dans l’ambulance ! Nos chauffeurs « maîtrisent » : la route est longue, parfois bien encombrée, mais ils slaloment comme ils peuvent, à renfort de sirène si besoin : on se croirait en train d’accompagner Jane a Davao ! Nous arrivons dans une zone qui semble assez chic : belles maisons, subdivision avec garde à l’entrée. Est-ce bien là que nous allons ? Il y a même un golf ! Nous prenons un petit chemin à droite, et là, changement de décor : le contraste est frappant ! La route s’arrête à l’aplomb d’une rivière. De l’autre côté, un autre monde : des maisons en bois dont on ne sait si elles sont à moitié détruites ou à en cours de construction. Du linge sèche un peu partout, des bouts de tôle… Des enfants jouent dans l’eau, d’autres puisent de l’eau. Nous descendons jusqu’à la rivière et la traversons en prenant appui sur des cailloux qui affleurent. Notre mission devrait se dérouler autour de ces pauvres maisons : oui, c’est vraiment là que nous allons et nous sommes contents de pouvoir faire une missions là où les gens en ont réellement besoin. Doc demande une table pour notre installation. La réponse des habitants nous laisse sans voix : l’eau est monté jusqu’à la hauteur de la route, balayant tout sur son chemin. Il ne restait plus de maison et celles que nous voyons viennent d’être re-construites ou sont encore en construction. Il n’y a pas de table : tout a été emporté ! On nous déniche finalement une petite table basse en bois : des enfants sont tout fier de nous la transporter de l’autre côté de la rivière car c’est finalement près de nos camionnettes que nous aurons notre mission. Nous retraversons donc une nouvelle fois la rivière. Nous n’avons jamais eu lieu de mission aussi sommaire : nous sommes en plein air. Deux gros bancs en bois étaient trop lourds pour être emportés par l’eau : ils seront nos tables pour la pharmacie. Nous y installons nos médicaments comme nous pouvons, le gros de nos stocks restant dans les cartons, à même le sol. Il ne reste plus qu’à prier pour qu’il ne pleuve pas.

matin - vue globale  matin - transport de notre table  matin - nos pharmaciennes a l'oeuvre

Avec différents éléments, deux autres tables sont finalement constituées pour doc et pour les personnes qui font les transcriptions. L’enregistrement se fait sur le terrain de basket, incontournable terrain, lui aussi très pauvre : les barres pour tenir le panier sont des troncs d’arbre… Notre bannière est installée entre deux arbres, au dessus d’un toit de tôle, environnement qui reflète bien la pauvreté des lieux. Quel contraste avec le golf juste en face qui a toutefois le mérite de fournir du travail aux hommes de cette petite communauté rurale. Comme d’habitude, les évènements récents n’ont pas altéré la bonne humeur et le sourire de nos patients philippins et les enfants se bousculent toujours autant pour être sur les photos ! Le barangay voisin a apporté des chaises en plastiques et nous pouvons fournir à nos patients une salle d’attente de fortune : quel luxe pour eux ! Nous sommes aidés dans notre travail par un groupe d’infirmier(s) spécialement assignés aux zones rurales. Tout ce petit monde forme une petite équipe bien sympathique et notre travail s’écoule doucement : femmes enceintes, bébés, enfants, personnes âgées… Cette communauté est petite et en fin de matinée, nous avons terminé notre travail : un peu moins de 150 patients. Doc est fatigué mais ne compte toutefois pas s’arrêter là : le centre de santé du barangay est prêt à nous accueillir. Après notre déjeuner, nous embarquons pour quelques centaines de mètres. Une nouvelle queue de patient nous attend déjà : super, deux missions en une !

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Sampaloc – et ensuite ?

 

 

 

Enfin une longue nuit, je peux vous dire que ça fait du bien ! A travers la cloison, j’entends Annalie en pleine discussions philosophiques et religieuses : et bien, ça commence fort ! Autant vous dire que côté français, nous démarrons beaucoup plus tranquillement. Lorsque nous rejoignons Doc, les consultations ont déjà commencé et les patients attendent leurs médicaments. Vite, il est temps de se mettre à l’ouvrage, mais d’abord, pause pour la prière avant le travail. De nouveau, des patients de l’année dernière viennent nous voir. Certains font partie de ceux que nous devons suivre, tel ce petit garçons qui a un énorme kyste au mollet (on dirait un petit ballon de rugby). Sa maman a avec elle l’ensemble du dossier, incluant les « referal sheets » de cet été. C’est impressionnant de voir que ces personnes ont gardé tous ces papiers comme des trésors. Peut être espéraient-ils bien que nous revenions pour continuer à nous occuper d’eux ! Cela fait encore plus plaisir d’être ici ! Doc demande également des examens médicaux pour d’autres patients. Je fais l’interface avec Yolly car je ne sais pas dans quelle mesure nous pouvons prendre en charge des nouveaux examens. Une petite fille arrive : elle a des tâches grises dans le blanc de l’oeil. Un petit garçon arrive peu après : il a quelque chose dans l’oeil, autour de son iris. Doc souhaite que ces patients voient un ophtalmo. Heureusement, j’ai le téléphone de Docteur Lee : il n’a pu venir à Sampaloc en raison de ses rendez-vous et opérations, mais peut être pourra-t-il voir les patients plus tard. L’idéal serait qu’il puisse venir ici car l’un des patients ne peut prendre en charge le trajet jusqu’à Manille. Hop, un nouveau SMS et il n’y a plus qu’à attendre sa réponse. Je textote donc une bonne partie de la journée et j’ai l’impression d’être presque une philippine, si ce n’était la vitesse de frappe des textos ! Une autre patiente qui nous a marqué en juillet vient également ce matin-là. Il s’agit de Crisanta, la jeune fille de 20 ans qui ne pèse que 17 Kg. En juillet dernier, elle était venue en fauteuil roulant, mais là, elle est portée directement sur une chaise : son fauteuil roulant est cassé. La maman me montre un papier indiquant que l’abbé Couture pourrait lui fournir un autre fauteuil. Je prends ses coordonnées pour lui fournir le précieux appareil car bien sûr, nous n’avons pas de fauteuil avec nous. Doc souhaite également des radios des poumons et des analyses de sang. Nous organisons donc son transfert à l’hopital de Tanay pour les examens.

A peine est-elle partie que Cécile me donne une liste d’ordonnances que des personnes du village lui ont remis. Pour l’un d’eux, je comprends qu’il s’agit d’un traitement anti-tuberculeux. Yolly me donne le feu vert pour acheter le médicament qui d’ordinaire est très onéreux mais, bonne nouvelle lorsque j’en parle à Doc : le médicament prescrit indique que le patient n’est pas encore contaminé par le tuberculose mais ne présente que quelques symptômes. Le traitement est alors beaucoup plus léger et nous pouvons dès à présent lui acheter le traitement nécessaire pour les 6 mois à venir. Je pars avec Cécile à l’annexe de la pharmacie voisine. Le flacon est plus onéreux que ce que m’avait indiqué Doc : on voit que nous ne sommes pas dans une grande ville et tout est plus cher qu’ailleurs. Lorsque Cecile lui explique que nous faisons une mission médicale, la pharmacie nous accorde une petite réduction : ce n’est pas grand-chose, mais c’est toujours cela et c’est le geste qui compte.

 

Avec tout cela, la matinée est passée à toute allure et je n’ai presque pas travaillé à la pharmacie. J’avoue que ce nouveau petit job ne m’a pas déplu, même si je n’ai pas eu l’impression de toucher terre. Nous revenons de la pharmacie sous des cordes ! Les garçons veulent vider les poches d’eau qui se forment dans les bâches et tout d’un coup, c’est bien plus qu’une gouttière qui se déverse : c’est un torrent et j’ai droit à un bain de pied gratuit ! La pluie ne s’arrête pas et reste dense. Les bâches résistent difficilement au poids de l’eau et de plus en plus de gouttières se forment au dessus de la zone d’examen. Hier, nous avons fait plusieurs déménagements, mais là, toutes les zones ont été testées il faut bouger : comme cet été, la chapelle sert de salle d’auscultations et nous transférons notre pharmacie à l’intérieur.

 

Bonne nouvelle dans l’après-midi, Docteur Lee répond à mon message : il peut voir les patients, mais à l’hopital où il travaille c’est-à-dire à Manille. Le mari de Cécile sera leur chauffeur. Génial !

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Sampaloc – le retour !

 

 

Réveil matinal à 5h. Nous partons ce matin pour Sampaloc. Je suis ravie de retourner là bas et de revoir les personnes que j’ai quitté il y a plus de 2 mois. Doc doit passer nous prendre vers 6h- 6h30 avec une voiture de Sampaloc. Nous sommes maintenant accoutumées aux retards philippins et visons plus 6h30 – 6h45. Bien nous en a pris. Vers 6h30, message de doc nous informant qu’ils vont bientôt quitter le prieuré. Le problème est qu’une heure après, il n’y a toujours personne alors qu’il ne faut que 5 minutes en voiture. Seymour nous appelle finalement pour nous informer que Doc est déjà parti avec les médicaments : la voiture « affrétée » était beaucoup trop petite. Nous devons donc nous débrouiller pour le rejoindre. Et bien mes amis, nous ne sommes pas rendus ! Le plus simple est donc que nous, les 3 filles, rejoignons les autres volontaires au prieuré. Nous sommes assez nombreux car Aron et Annalie font partie de l’équipée ! Nous laissons Jerwin qui nous rejoindra plus tard. Après un bout de trajet en jeepney, nous nous mettons en quête d’un grand taxi (une voiture FX comme on dit ici) qui veuille bien faire un si long trajet. Les démarches des garçons finissent pas aboutir et nous voici en route. Nous repassons par le quartier de Marikina où nous avons réalisé plusieurs missions. Sur le trottoir, un marchand d’écran plat en nettoie un à grande eau… Le nettoyage du quartier a bien avancé et, au moins de ce secteur, seules les petites ruelles ne sont pas dégagées. Nous nous arrêtons pour prendre Ye-Ye au passage avant de reprendre notre route. Comme d’habitude, le trafic est dense. Après plusieurs chansons et « dégustation » des gâteaux que les garçons avaient acheté la veille, le calme s’installe dans la voiture. J’en profite pour tenter de prolonger la nuit. Mais entre la chaleur, le manque de place pour les jambes, l’état de la route…. C’est loin d’être gagné ! Nous ne pouvons emprunter la route habituelle car des ponts ont été emportés par les eaux. Nous traversons donc la campagne, les rizières et devons nous arrêter régulièrement pour demander notre chemin. Après 2 semaines à Manille, cela fait du bien de se retrouver au vert et de voir des carabaos ! Nous tournons à gauche et nous voici au pied d’une énorme côte (pour ceux qui connaissent, la côte berthet en 10 fois plus long !!!!). Le moteur gronde, le chauffeur rétrograde, la vitesse ralentit… jusqu’à ce que la voiture finisse pas ne plus avancer. Pas le choix : il faut alléger la voiture et pousser ! Les 3 garçons descendent de voiture pour pousser tandis qu’Annalie et moi les encourageons du bord de la route ! ça y est, la côte est franchie ! C’est reparti jusqu’à Sampaloc. Nous rejoignons la route de la montagne : les paysages sont superbes : montages, forêt-jungle et …. Soleil ! j’avais oublié que cela pouvait exister dans ce coin là ! On voit même des fleurs ! Nous longeons Sierra Madre (la sorte d’hotel où ont logé les abbés et certains volontaires pendant la mission de juillet) puis nous voici arrivés devant notre petite chapelle Sainte Philomène. Cécile, l’une des membres de la légion de Marie, a contacté des patients pendant le WE et une trentaine de personnes nous attendent déjà alors que les consultations sont censées commencer en début d’après-midi. Avant même que nous commencions notre travail, nous sommes déjà gratifiées de « salamat » : c’est trop gentil et touchant !

 

C’est vraiment sympathique de se retrouver ici ! Comme fin juillet, les bâches ont été installées tout autour de la chapelle (il faut beau pour le moment, mais on ne sait jamais : la saison des pluies n’est pas terminée.) Nous avons même des étiquettes : enregistrement, consultation, pharmacie ! Doc étant arrivé depuis quelques temps, il a déjà installé les cartons de médicaments sur les étagères de la pharmacie. Les tables sont déjà dressées dehors et il ne nous reste plus qu’à sortir nos médicaments. Sur le côté de la chapelle, à l’extérieur, un feu de bois et une tente font office de cuisine pour nous : des habitants faisant gentiment office de cuisiniers.

 

Les consultations débutent et Doc prend rapidement son rythme de croisière. Mais comme nous sommes nombreux, la charge des régulièrement absorbée. Certains visages de patients ne me sont pas inconnus ! et pour cause, ils étaient venus cet été. Un vieux monsieur aux cheveux blancs a même avec lui le papier que lui avait donné le Docteur Phalen avec son adresse aux US ! Doc m’appelle pour un patient : c’est le petit enfant myopathe de cet été. Je prends ses coordonnées et des photos afin que Yolly puisse faire un dossier de demande de « sponsor ». Après le déjeuner, je revois notre patient épylepthique et grand brûlé. Les soins de Bernadette ont été largement bénéfiques : les brûlures sont cicatrisées et il n’y a plus d’infection. Le patient accepte que je le prenne en photo pour que je puisse montrer à Bernadette le résultat. Cela fait vraiment plaisir. Le seul regret est que le patient a sans doute gardé la tête baissée pendant la période de cicatrisation. Ajoutez à cela le fait qu’il n’a pas eu de greffe alors qu’une telle intervention aurait été nécessaire, le jeune homme a toujours la tête tournée vers le bas. Je vois ensuite quelques jeunes maman avec leurs bébés : elles étaient également venue deux mois auparavant. Je suis ravie de pouvoir revoir ce petit monde !

 

Pendant ce temps, le temps « habituel » d’ici a refait son apparition : il …. Pleut ! Et cette fois, les rigoles creusées par l’abbé Couture sont encombrées de terre et de pousses d’herbe. L’eau commence à stagner. Les bâches se remplissent d’eau et ce sont d’énormes gouttières lorsqu’il s’agit de les vider ! Les bâches ont également vieilli et sont percées par endroits ! Il pleut un peu partout ! Nos cuisinières sont extraordinaires et préparent le repas comment elles peuvent sous les bâches…

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Un WE de reve

Nouvelle grasse matinée pour ce samedi, mais pas trop tout de même car aujourd’hui est un grand jour : séance coiffeur pour moi : fini les cheveux gris et trop longs ! Pendant que je me fais soigner (avec quelques craintes du résultat, je l’avoue), Blandine visite le mall et se met en quête de sac de voyage pour remporter les souvenirs trouvés dans notre caverne d’Ali Baba. Elle revient avec une super contrefaçon Converse alors que je ressors du coiffeur avec une tête pas trop mal. J’ai même eu droit à une réduction par rapport au devis annoncé : est-ce parce que je suis volontaire aux Philippines ? Je ne sais pas mais en tout cas, les coiffeuses m’ont remercié de venir aider les Philippins. En rentrant chez nous, nous achetons un pain au chocolat français « Au cœur de France » : c’est pour Perrine, pour lui remonter le moral car elle est toujours au fond de son lit et un petit coin de chez nous ne peut que lui faire du bien ! Suite de journée tranquille avec longue sieste pour moi. Les filles en profitent pour explorer notre quartier et tester une boulangerie : elles en ramène un chausson aux pommes et un brownie. Décidément, quel luxe aujourd’hui ! Le soir, nous nous rendons au prieuré car Doc a besoin de photos : dans l’après-midi, avec l’aide de Nelson et Seymour, il a créé un petit blog sur les missions de Manille et il lui manque les illustrations. J’en profite pour envoyer des photos à l’abbé Couture : il prêche le lendemain à St Nicolas et il souhaite avoir des photos.

Le lendemain, nous retrouvons Docteur Lee et son épouse après la messe, pour une programme particulier : déjeuner chez eux avant d’aller voir un ballet : Don Quichotte ! Ouaaahhhh ! En attendant que leur fille rentre de son cours de catéchisme, Lee nous montre une video de River Dance (les claquettes irlandaises), tout en dégustant un petit apéro avec vin, pain, huile d’olive et parmesan : un petit régal ! Sur le chemin du théâtre, Lee nous vante les charmes de Boracay (une autre île paradisiaque des Philippines) et pour lui, c’est encore mieux que Bohol ! Allons bon ! Le théâtre ressemble plus à une scène de petit palais des congrès qu’à nos théâtres classiques parisiens. La danseuse étoile est philippine, de renommée internationale, première danseuse étrangère ayant été admise aux Kirov dans les années 1982-1984. Elle souhaite rendre accessible les spectacles de danse à un plus grand nombre d’où le choix du lieu relativement populaire. Nous nous apprêtons à payer nos places, mais Lee nous prend de court et impossible de lui rembourser. Lorsqu’on lui dit qu’il a déjà fait énormément pour nous, il nous répond que nous faisons énormément pour les philippins et que c’est normal pour lui de nous offrir le spectacle ! Décidément, quelle générosité ! Il nous faudra tout de même trouver un moyen de le remercier !

Le rideau se lève : les décors et les costumes font un peu kitch et « cheap », mais on l’oublie vite car plus le ballet se déroule, plus les pas deviennent difficiles. C’est également surprenant de voir des rôles européens tenus par des asiatiques, mais on s’y fait. La danseuse étoile rayonne : il faut dire que ce spectacle est son adieu au rôle de Kitry. Dans une interview publiée dans le programme, elle indique qu’elle préfère s’arrêter plutôt que de ne pas pouvoir tenir son rôle comme avant et que le public compare ses prestations d’antan à celles de maintenant. A la fin du spectacle, on sent une vive émotion de sa part lorsque la foule se lève dans un tonnerre d’applaudissements pour saluer sa performance !

Sur le chemin du retour, nous passons par Makati, le quartier des affaires de Manille. Nous nous arrêtons dans un endroit aéré, avec une grande allée de verdure bordées de magasins de décorations, habillement et restauration : on ressent que les visiteurs sont d’un certain standing. Venons-nous ici juste pour faire une petite promenade, pour manger un goûter (il est un peu plus de 17h30) ou pour dîner ? Ne posons pas de questions, on verra bien !

Nous nous arrêtons finalement dans un resto sino-japonais. De grandes tables avec de sortes de casseroles/bouilloires creusées sur le plateau. De superbes plats arrivent et il suffit de faire cuire les ingrédients dans notre petite marmite : poisson, gambas, champignons, nouilles, légumes, viande … et pas question de manger avec des couverts. Finalement la femme de Lee a pitié de nous et demande des couverts, au moins pour décortiquer proprement les gambas. Je suis assez fier de moi car j’arrive à me débrouiller uniquement avec mes baguettes ! Décidément, chaque sortie avec eux est une nouvelle découverte ! Avant de repartir nous nous arrêtons dans la nurserie des peluches : Sabina a repéré un petit lapin blanc. Il ne reste plus qu’à le « fourrer », lui donner un nom, un certificat de naissance et bonjour Raby !

De retour chez eux, je tente de me connecter à la maison avec Skype car Augustin est nommé au Gabon et doit partir dans les prochains jours. Malheureusement, ma webcam est restée à Gensan et il semble que le micro se trouve sur la caméra. Faut de pouvoir parler (bien que j’entende très bien la communication venant de France), je me contente de quelques rapides échanges de mail pendant que les filles regardent des photos des voyages européens de Lee et de Boracay et découvrent par la même occasion qu’à certains endroits des Philippines, on se baigne en maillot de bain (cf chronique du 26 sept) !

J’en profite pour regarder mes mails et tombe sur un message de Yolly : la leptospirose sévit à Manille et a déjà fait des dizaines de morts et contaminé des centaines de personnes. La maladie est causée par l’urine des rats dans l’eau et touche les populations inondées. La Doxicycline permet de soigner la maladie : pourrons-nous en acheter pour en distribuer dans les endroits de nos missions ? J’en parlerai à Doc Cagapé pour notre retour de Tanay.

De retour à notre appartement, nous découvrons un cadeau laissé par Nelson et Seymour : des gâteaux ! Nous les mangerons demain avec eux en allant à Tanay. Décidément, ils sont vraiment trop gentils ces philippins !

Merci mon Dieu pour ce WE, un vrai feu d’artifice !!!!!

Nouvelle mission en vue ?

Pas de mission ce matin : nous pouvons dormir. Dans l’absolu oui, et pour les filles oui. Mais pour moi, couchée avec les poules signifie levée presque avec elles ! Je vais donc quelques «travaux » de compta ou écriture de bout de chronique en attendant les filles.

Rosita arrive en compagnie de Roy, le fils du propriétaire et nous en apprenons un peu plus sur l’activité de l’entreprise du dessous. Une partie concerne de l’huile tandis que l’autre concerne la noix de coco : par exemple son frère est l’un de principaux fournisseur de noix de coco entrant dans la composition du bounty. Maintenant que vous savez que cela vient des philippines, je suis sûre que vous ne mangerez plus ces petites barres de la même façon !

Les filles sont maintenant sur pied, ou plutôt non, juste Blandine car Perrine ne va guerre mieux. Nous la laissons se reposer pendant que nous allons faire quelques courses et explorer le mall situé non loin de chez nous. Les achats principaux visés sont un sac de voyage pour remporter nos souvenirs et un téléphone portable pour communiquer plus facilement avec nos amis philippins et faciliter certains points logistiques. Nos faisons la découverte de Rustans, le printemps local dans lequel nous retrouvons des tas de marques françaises : attention, c’est chic dans ce magasin ! Un autre coin de France avec une petite boulangerie ou joli nom de « Au cœur de France » : il y a des croissants et pains au chocolats qui ont une tête tout à faire correcte. Les philippins ne doivent toutefois pas en faire une grosses consommation car le prix est assez élevé ici : c’est le même prix que chez votre boulanger ! ça y est, grâce à Nokia, je suis maintenant connectée ! premier message à doc : ça marche ! Nouveau pas dans mon intégration philippine !

Lorsque nous rentrons chez nous, nous retrouvons Rosita qui nous propose de déjeuner avec eux. Nous ne pouvons accepter l’invitation car nous avons RDV au prieuré avec doc. Heureusement, Perrine pourra honorer leur table car compte tenu de son état, il faut mieux qu’elle se repose encore. Un travail nous attend au prieuré : l’abbé Couture est en France ce WE pour prêcher pour les missions d’Asie. Il a besoin d’un rapport sur les missions réalisées jusqu’à présent : finances, missions, photos. Il y a de quoi faire. Yolly attend nos infos pour lui envoyer une synthèse globale. Nous commençons le travail mais ça gargouille ! On reprendra après le déjeuner. Au cours du repas, Doc nous parle d’une mission que nous ferions à Tanay. Il veut y aller seul car il se sent coupable de nous entraîner dans une vie qui n’est pas la nôtre. Avec Blandine nous lui répondons tout de go que la vie ici est forcément différente de la France, mais que nous ne sommes pas venues pour nous reposer et que nous aussi, nous aimons cette vie ! Doc conclue un deal : si Perrine est sur pied, nous partirons à Tanay après le WE. Je suis super contente de retourner là bas et de revoir les enfants de Tanay, même si je sais que les conditions de vie sont plus difficiles que celles de Gensan (sans parler de celles de Manille !). Partir lundi nous permettra également de passer le dimanche avec doc Lee et sa famille : ils ont prévu de nous emmener voir le ballet « Don Quichotte » interprété par la danseuse étoile des Philippines !  

De retour au prieuré, nous terminons le rapport financier, faisons quelques mails à Jean Pierre et à Yolly. Je prends également le temps de regarder mes mails perso car jusqu’à présent, les connexions internet à Manilles servaient plus pour des « reporting » ! Pendant ce temps, Blandine fait un énorme inventaire avec Doc pour identifier les médicaments à acheter demain. Perrine nous rejoint avant la messe : elle a dormi tout l’après-midi, mais n’est pas en forme : le moral est un peu en berne. Nous lui expliquons le deal de doc qui lui prépare ses médicaments pour le WE, à charge pour nous de nos assurer qu’elle les prend bien, de la bichonner pour qu’elle soit sur pied lundi. Si non, retour à Gensan via Cébu, où Yolly nous a prévu une petite mission, et donc Bohol situé juste à côté ! Même si nous rêvons de découvrir Bohol, nous voulons aussi aller à Tanay, alors de t’inquiète pas Perrine, nous allons prendre soin de toi ! Du coup, menu spécial ce soir : pizza hut, mais là non plus, ce n’est pas comme chez nous : la taille des pizzas n’a rien à voir : c’est tout petit ! Pour nous consoler, nous nous offrons une fondue au chocolat : miam miam !

Demain, WE et nous avons déjà un petit programme pour le matin. En attendant, continuons de récupérer car nous en avons bien besoin.

Mission San Mateo – Rizal

Pour éviter de nous faire trop attendre, nous avons convenu que Doc nous appellerait lorsqu’il sera en bas de l’immeuble. C’est gentil de sa part. Malgré notre journée de semi-repos hier, nous sommes encore toutes somnolentes ce matin. Perrine est même pas en forme du tout ! Et cela fait du bien d’attendre dans de confortables canapés d’autant que nos chauffeurs ont presque 1h de retard.

Ça y est, on y va. Deux personnes du barangay où nous nous rendons sont venus nous chercher. Les médicaments sont déjà en cours d’acheminement. Il est plus de 8h et le trafic est dense : cela ne dérange absolument pas notre chauffeur qui slalome entre les voitures. A plusieurs reprises j’ai cru que nous allions avoir un accident, mais à chaque fois, ça passe ! Nous passons à proximité des lieux de mission de la semaine précédente mais continuons notre chemin. Aujourd’hui, nous quittons Manille pour aller dans la province de Rizal (la même province que Sampaloc). Nous laissons la ville pour emprunter des routes qui semblent desservir des quartiers résidentiels. Doc nous a prévenu que nous risquions d’avoir beaucoup de patients aujourd’hui, mais où sont-ils ? Sûrement pas dans ces belles maisons ! Nous arrivons maintenant dans la campagne et le paysage change : ça monte raide pour redescendre aussi raide jusqu’à une rivière marron chocolat au lait. Et tout autour la même végétation qu’autour de Sampaloc. Une dernière côte et nous y voilà. Notre mission se déroulera sur le terrain de basket (c’est l’équivalent du fronton basque ici ou du terrain de foot, il y en a dans tous les villages.). Lorsque nous arrivons, les volontaires du barangay (une véritable armée de dames en rose) ont gentiment commencé à installer les médicaments, mais les boites ne sont pas rangées par ordre alphabétique : il faut donc tout refaire ! Nous cherchons également comment préserver nos cartons du sol trempé car nous avons potentiellement d’autres missions à faire et ils doivent encore tenir le coup ! Une foule de patients nous attend déjà et l’armée des dames en rose s’active : enregistrement, prise de poids avec un pèse-personne archaïque, tension : l’appareil semble très moderne de loin, mais de près, la réalité est toute autre…. La salle d’attente est vaste et très bruyante. Doc prend un mégaphone et explique le fonctionnement de la mission. Aujourd’hui, il travaillera en famille : les équipes de transcription et de distribution des médicaments aux patients ne sont autres que ses cousines et petites cousines. Une petite prière et nous voilà au travail. Perrine ne va toujours pas mieux : nous lui assignons un rôle pas trop fatigant physiquement : contrôler les transcriptions des codes avant que nous préparions les médicaments. La matinée est marquée par le défilement de nombreuses femmes enceintes qui ont eu un RDV à l’hôpital pour le suivi de leur grossesse, et qui viennent ici chercher leurs médicaments, principalement des vitamines. Le nombre de tous jeunes enfants est également impressionnant. Une maman d’un bébé d’un mois semble avoir 16 ans : elle en a 21 !

La pause déjeuner arrive vite et nous mangeons dans la salle de conseil du barangay. Impossible de vous montrer une photo de groupe car elle a été prise par un philippin qui était tout fière de sa photo alors que nous l’avions vu faire descendre l’appareil en même temps qu’il appuyait sur le déclencheur !!!! Perrine ne va pas mieux, voire moins bien. Elle est conduite dans la petite salle de soin du barangay et est installée sur une table d’auscultation bien peu confortable. Bonne sieste Perrine !

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