1ère mission à Manille – Tulong – Marikina
1er jour de mission à Manille. Patrick vient nous chercher dans notre petit hôtel et nous nous arrêtons pour acheter un peu de pain pour notre petit dej. Perrine me conseille une espèce de brioche sucrée avec une sorte de crème pâtissière dessus. En fait, lorsque nous la mangeons la crème a plutôt un goût de margarine qu’autre chose ! Aux Philippines, il ne faut jamais se fier aux apparences, que ce soit en bonne surprise ou en mauvaise surprise d’ailleurs !
Nous prenons notre petit dej au prieuré en compagnie de deux membres de la famille de Doc qui résident à Manille. Ils ont gentiment accepté de transporter nos médicaments sur le lieu de notre mission. Une chaîne s’organise et les cartons sont rapidement chargés. Il reste un peu de place au fond pour caser les volontaires, c’est-à-dire, Nelson, Seymour et Jerwin, en plus de nous trois. Tout le monde arrive à se trouver une place et c’est parti ! Nous faisons un premier arrêt pour acheter des sirop de vitamines car nous n’en n’avons aucun flacon. Après avoir fait le tour de plusieurs pharmacies, nous renonçons pour le moment car les prix pratiqués sont trop élevés.
Nous continuons notre route jusqu’à un embranchement dont l’accès est fermé à la circulation. Mais le fait de venir pour des missions médicales est un laisser passer : les inondations ont eu lieu il y a une semaine, mais il y a encore à faire. Nous sommes à Tulong – Marikina city (j’ai oublié de vous dire que Manille est composé de plusieurs « villes », sortes d’énormes arrondissements. Le prieuré est dans Quezon city, juste à côté de Marikina).
Nous nous attendions à des montagnes de boues, à des maisons détruites, mais pour le moment rien…. Une fine couche de boue qui devient vite glissante avec la pluie. Nous pensons que tout a déjà été dégagé. Nous arrivons finalement au barangay hall : des patients nous attendent déjà. Le maire nous installe à au rez-de-chaussée, l’étage supérieur ayant été mis à disposition des familles qui ont perdu leur maison. L’endroit est propre, nous avons même un peu de climatisation. Quel luxe ! Nous ne sommes pas habituées à cela pour nous missions à Gensan ! En dehors de tables pour doc et d’un comptoir/guichet, nous n’avons pas tellement d’autres « équipements » pour installer notre pharmacie et stocker nos cartons : ce n’est pas grave, nos cartons resteront par terre, on se débrouillera.
Juste avant notre départ de Gensan, Blandine a formé Perrine à la prise de tension : c’est maintenant le baptême du feu ! Un peu de stress au début, un peu de mal à bien entendre les sons compte tenu du bruit extérieur, mais finalement tout se passe bien et les 2 filles passent leur journée à prendre la tension et la température. A l’intérieur, il y a beaucoup de volontaires et j’ai la joie de retrouver Andrew et Alexis qui nous avaient aidé lors de la mission de cet été. En fin de matinée, Docteur Lee (qui était venu pendant ½ journée à Sampaloc) nous rejoint également : c’est comme une grande famille, trop génial de tous se retrouver !
De l’autre côté de la rue, une autre longue queue s’est formée : c’est l’heure de la distribution de nourriture organisée par le prieuré. La « black shirt team » est en place (pour l’occasion, l’abbé Purdy avait fait imprimer des T-Shrit noirs avec l’inscription « Our Lady of Victory Chruch » du nom du l’église du prieuré). Parmi les volontaires présents, je retrouve Ted chez qui nous avions passé quelques jours à Batangas ! Décidément, c’est extraordinaire de retrouver tout ce petit monde qui s’est de nouveau mobilisé pour venir en aide aux Philippins ! ça donne encore plus le cœur à l’ouvrage ! La queue défile rapidement pour recevoir de l’eau et les sacs de nourriture préparés par le prieuré.
La distribution a eu lieu dans la cour d’une école. J’y reste quelques temps car un baptême s’annonce. Compte tenu du nombre de volontaires qui aident à la pharmacie, je n’ai pas trop de scrupules à rester pour vivre ces grands moments ! Nous montons dans les étages : les classes hébergent les familles qui ont tout perdu. Plusieurs familles logent dans une même classe. Des réchauds ont été installés pour la cuisine. Les escaliers sont toujours recouverts de cette fine couche de boue et sont de vraies patinoires. La vie s’organise comme elle peut : vaisselle et lessive dans les toilettes aux odeurs nauséabondes… En bas, des amas de détritus charriés par l’eau…. Malgré cela, les philippins gardent leurs si merveilleux sourires.
En fait d’un baptême, ce sont plusieurs qui se préparent. Un enfant était en danger et les abbés ont donc décidé de le baptiser. Mais le bouche à oreille a vite fonctionné et dans une classe au rez-de-chaussée, plusieurs famille se pressent. Il faut d’abord enregistrer les enfants et leurs parents pour les registres et afin de pouvoir délivrer par la suite les certificats de baptêmes. Une grande statue de la Vierge de Fatima qui trônait lors de la distribution de nourriture et installées dans la classe qui se transforme en chapelle improvisée. Les abbés Suelo et Dolotina seront les 2 prêtres officiants. Les futurs petits chrétiens sont de tous âges, du bébé de quelques mois à une dizaine d’année. Avant la cérémonie, l’abbé Purdy rappelle aux parents l’importance de donner une éducation catholique à leurs enfants faute de quoi, en voulant baptiser leurs enfants, ils leurs feront plus de mal que de bien. Puis l’abbé Dolotina explique le déroulement de la cérémonie. Deux cercles se forment, autour des 2 prêtres car ce sont finalement 22 enfants qui seront baptisés ce matin ! Un parrain et une marraine pour chacun des 2 groupes : ce sont des légionnaires de Marie et des Chevaliers de Notre Dame (dont Ted) C’est impressionnant et émouvant, surtout dans de telles circonstances ! Il faut voir également le sourire des mamans : extraordinaire !
Compte tenu des inondations, il est difficile de trouver de quoi se restaurer pour le déjeuner. Finalement l’abbé Purdy revient avec des sceaux de JKC. Quelques gouttes d’alcool pour se nettoyer les mains et tout le monde mange à la philippine, abbés compris !
De retour à notre travail, nous avons la joie de recevoir la livraison de médicaments : une dizaine de cartons dont les précieuses multi vitamines ! De Gensan, Yolly a passé commande auprès d’Honeybee et son neveu, Guian (un volontaire qui nous avait aidé plusieurs fois à Gensan) nous a apporté la livraison ! Pour les finances, Honeybee accepte de nous faire crédit en attendant que les fonds arrivent ! Avec cette livraison, nous avons de quoi faire plusieurs jours de mission !
L’après-midi, l’équipe médicale s’agrandit encore avec l’arrivée de Doctora Araneta (l’ophtalmo qui était venue à Sampaloc) et d’un autre médecin tradi ! La statue de la Vierge qui a présidé aux évènements du matin est maintenant dans notre « clinique » et c’est sous son regard que le flot de patient s’écoule doucement. Il y a moins de monde que ce à quoi nous nous attendions : et pour cause, nous appendrons plus tard que c’est la 4ème mission médicale dans le quartier.
Dans l’après-midi, c’est tout à coup l’agitation : des bras se tendent et espère avoir un précieux papier : un bon pour des vêtements et de la nourriture dont la distribution est organisée ce soir par la plus importante chaîne de télévision philippines.
Des camions arrivent et s’arrêtent devant le barangay hall. La file de nos patients finit de s’écouler et au final nous avons environ 280 patients : petite journée. Nous rangeons nos médicaments, mais nous ne pouvons louer de jeep pour les remporter au prieuré : il faut attendre que la distribution de matériel et alimentation se termine et que les camions laissent la place. Dehors, des nouvelles queues se sont formées pour attendre le précieux moment de la distribution. Il pleut, mais peu importe, pour rien au monde les personnes ne voudraient laisser leur place. Ça y est, la distribution commence : couverture, vêtement, couches pour bébé…. un vrai bonheur pour ces pauvres gens qui ont tout perdu. Un monsieur quitte l’endroit de distribution en caressant la couverture qu’il venait de recevoir : enfin une nuit au chaud !
Docteur Lee sera notre chauffeur pour nous ramener dans notre petit hotel. Mais avant de partir, nous faisons de nouveau un petit tour dans les étages de l’école. Les familles se préparent pour la nuit. Sur les « balcons » certains enfants ont fait des tentes avec quelques tentures et les inondations ne semblent pas avoir perturbé leurs jeux d’enfants : ce sont au contraire de grands éclats de rire ! Un peu plus loin, il y a une autre distribution de nourriture : c’est bientôt l’heure du diner. La vie reprend son cours et en quittant ces pauvres gens, ce sont les « salamat » qui pleuvent. Les philippins sont tout sourire malgré leurs conditions. Nous avons l’impression que notre aide de la journée n’est qu’une goutte d’eau au milieu de leur océan de malheurs, mais pour eux, ce que nous avons fait, et le fait que nous soyons blanches, est énorme. Et c’est encore avec beaucoup d’émotion que nous recevons les « salamat » du personnel du barangay. Quelle journée !
Nous embarquons dans la voiture du Docteur Lee. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises ! Il nous invite à dîner ….dans un restaurant italien ! Nous n’en croyons pas nos yeux ! Nous le laissons passer commande. Quelle n’est pas surprise lorsque nous voyons arriver des pizzas, des pâtes, du poulet et… une bouteille de vin ! Mes premières gouttes de vin depuis plus de 2 mois ! C’est incroyable ! Et comme la bouteille est bonne et est vite descendue, il en commande une 2ème, différente, pour nous faire goûter ! Blandine apprécie tout particulièrement ! il faut dire que le vin est délicieux ! Et pour couronner le tout, il nous offre une glace italienne au dessert ! C’est tout simplement incroyable ! Je l’ai rapidement croisé à Sampaloc, il est venu aujourd’hui, nous le connaissons à peine et il nous offre un excellent dîner ! Hallucinant ! Il est venu en France l’année dernière avec l’abbé Couture, a voyagé plusieurs fois en Europe et visiblement il sait apprécier les bonnes choses ! Quel contraste avec ce que nous avons vu cet après-midi : nous ne savons plus bien où nous sommes… Nous avons l’impression d’être dans un autre univers. Mais bon, il faut savoir apprécier les bonnes choses quand elles se présentent car la vie à Gensan est bien différente ! Nous tombons de fatigue et Docteur Lee nous dépose à notre hôtel. Une petite douche chaude pour bien terminer cette superbe journée et une bonne nuit en perspective (et cette fois, sans être à 3 sur un lit pour 2 !). Deo Gratias !!!!
La publication des chroniques se fera au compte goutte car il n’y a de connexion internet qu’au prieuré et les journées sont tellement denses qu’il est difficile d’écrire au fur et à mesure ! Merci pour votre patience et à très bientôt !











bonjour magali!
comment allez-vous?je tiens tout d’abord à vous dire que je suis votre blog depuis quelques semaines avec grande joie puisque moi aussi je souhaite énormément participer à rosa mystica 2010 et rester quelques mois aux philippines!je suis en classe de terminale à cressia chez les dominicaines.je vais avoir 18 an au mois de février.et je souhaite donc partir pour les phillipines…c’est un rêve, mais un rêve concret pas juste comme ça,un rêve passager.vos récits montrent la misère qui règne là-bas mais accroissent mon envie de partir là-bas(ah oui j’ai oublié de préciser…je suis SUISSE!!!!!!!!!!!)C’est vraiment merveilleux de pouvoir aider les gens là-bas!j’aimerais donc partir…mais avant d’entamer les démarches pour réaliser ce grand rêve, j’aimerais bien savoir comment c’est là-bas en plus de vos commentaires.pensez-vous que pour une fille de 18 ans c’est possible d’affronter un monde presque totalement inconnu(surtout après 6 ans passés en pension!).de plus je n’ai aucune formation d’infirmière…tiens à ce propos êtes-vous infirmière ou exercez-vous une profession dans le domaine médical?du point de vue psychologique et physique, n’est-ce pas trop éprouvant?je serais très heureuse d’avoir quelques informations à ce sujet…de plus si j’ai bien suivi votre blog vous vous déplacez sans arrêt pour des missions ou vous restez quand même à un endroit fixe?voilà..je tiens encore à vous assurer de mes prières pour tous les volontaires aux philippines…je vous embrasse.véronique
Bonjour Véronique
Merci pour votre fidélité et quelle surprise de voir que des « étrangers » pour moi suivent nos aventures ! Toutes mes félicitations pour votre projet. Je ne suis pas du tout dans le domaine médical et ne supporte pas trop la vue du sang, alors vous voyez, tout peut arriver ! Nous sommes actuellement 3 volontaires françaises et seule l?une de nous est infirmière. Nous avons eu l?extrême chance de pouvoir nous déplacer pendants plusieurs semaines compte tenu du typhon survenu fin septembre et nous sommes de nouveau à Manille. Mais, au regard des échanges que j?ai eu avec une ancienne volontaire, je pense que c?est assez exceptionnel. Par exemple, avant notre départ, cela faisait 2 semaines que nous n?avions pas eu de mission médicale dans la région de General Santos. Dans ce cas, le travail au bureau est plus administratif (surtout après la mission d?été) avec l?enregistrement des dossiers des patients, ou encore des traductions français-anglais. La vie ici est très simple et très différente de ce que nous avons en Europe : que ce soit le confort parfois très rudimentaire, la nourriture avec des saveurs inconnues pour nous mais auxquelles on s?adapte finalement assez bien, la mentalité des habitants, les petites bestioles « sympathiques » (mais pas dangereuses) qu?on retrouve le soir chez nous, la poussière qui est partout (ou la polution qui règne à Manille) mais également du point de vue spirituel car nous n?avons la messe que 2 fois par mois dans une petite chapelle. A General Santos, le climat est très chaud mais il y a des ventilateurs au bureau. Lorsqu?on va sur l?île de Luzon (celle de Manille), il y a revanche une vraie saison des pluies. La langue de communication est l?anglais et il est très difficile de communiquer avec les habitants qui, très souvent, ne parlent que tagalog ou l?un des dialectes philippins. Il faut donc avoir plus que de simples bonnes notions d?anglais pour vivre ici.
Partir à 18 ans pour plusieurs mois ici est peut être un peu jeune. Avec le recul de ces quelques mois, je pense qu?il faut avoir déjà une certaine maturité pour adapter son attitude, ses réactions, son discours, pouvoir accueillir la souffrance des gens tout en gardant le sourire et ne rien laisser transparaître, savoir se contenter de ce que l?on a sur une longue période, et savoir rester seule/travailler seule car si les philippins sont d?une extrème gentillesse, ils ne sont pas là à vous demander en permanence si tout va bien. Bien sûr, il faut être sociable, pas trop timide et savoir prendre des initiatives. Du point de vue matériel, si vous avez fait des camps de guide ou MJCF, l?adaptation est plus facile, mais il faut se mettre dans une perspective de devoir s?adapter pendant plusieurs mois et c?est souvent sur la durée que cela devient difficile. Les 2 autres filles qui sont ici ont 25 ans et apprécient de n?être pas partie plus tôt.
Voici donc les éléments qui me semblent important de vous signaler. Il me semblerait donc plus raisonnable d?attendre un peu pour réaliser ce projet, mais surtout gardez-le bien et si vous ne le faites pas maintenant, n?oubliez pas de le réaliser plus tard : vous ne serez pas déçue.
Maintenant, je ne vous connais pas du tout et c?est à vous et au Docteur Dickes de voir ce qu?il serait raisonnable de faire car chacun est différent.
A bientôt sur le net.
God Bless You