Mission Malanday – Marikina
Après la messe de 7h15, nous partons avec Doc pour prendre notre petit dej dans une cantine locale car pour doc, pas de petit dej sans riz. Heureusement pour nous, on trouve aussi du pain et du café ! L’abbé nous conduit ensuite dans nouvelle maison. Il s’agit d’un grand appartement situé en haut d’un immeuble de bureaux. La propriétaire, paroissienne du prieuré, possède une entreprise alimentaire dont les bureaux sont situés à l’étage du dessous. Elle est actuellement en déplacement et c’est sa sœur, Rosita, qui nous accueille et nous fait le tour des lieux. Tout est nickel ! Un immense salon-salle à manger, une salle de bain avec douche (on verra ce soir s’il y a l’eau chaude !!!!), une grande chambre avec climatisation, une cuisine, sans compter 2 autres chambres que nous n’utiliserons pas. Donnant sur la salle à manger, un immense espace couvert mais aux fenêtre grilles ouvertes sur l’extérieur : on dirait une salle de bal ! Rosita nous indique que nous pourrons rester là le temps que nous voulons.
Mais pas le temps de s’attarder car doc nous attend avec impatience au prieuré : il a donné rendez-vous à 8h au père Emmanuel. Il reporte le RDV à 10h. mais il faut faire vite ! Doc a loué un jeepney pour le transport des médicaments. Nous embarquons dans la voiture du prieuré avec l’abbé Dolotina, l’abbé Souelo et Suzanne, l’une des marraines de samedi. Il est déjà 9h45 et la circulation est dense. Notre convoi arrive finalement dans le secteur où nous devons retrouver le prètre. Après moultes difficultés, nous finissons pas trouver Malanday Elementary school où nous sommes censés avoir la mission. Mais là, surprise, pas de Père Emmanuel, une école qui semble assez propre et surtout, des missions médicales en préparation. Il doit y avoir une erreur d’adresse car nous souhaitons aller dans les quartiers plus isolés, ne bénéficiant pas encore d’aide. Un coup de téléphone et voilà le Père Emmanuel qui arrive… en vélo, comme d’habitude. La mission a lieu à Malanday High School, attention, nuance ! Mais pas de problème, le Père nous guide. En fait, nous allons exactement là où nous étions allés dimanche soir : Extra ! Nous longeons la rivière pour arriver jusqu’à l’école. Le jeepney de médicaments nous rejoindra plus tard car … il a crevé ! Non, ce n’est pas un gag ! Le long de la rivière, nous voyons une ambulance et un attroupement. Des personnes dans l’eau sont à la recherche de 2 enfants qui se sont noyés en tombant dans l’eau…
Le spectacle autour de nous est hallucinant ! dans la rue derrière l’école, d’énormes tas de terre, meubles cassés, sacs plastiques. Les fils électriques sont cachés sous les sacs plastiques qui s’y sont accrochés au moment de la descente des eaux… on se croirait dans un bidonville. Au milieu de tout cela, des enfants jouent. Une association de chinois bouddhistes distribuent des pelles pour aider au déblaiement : ce sont les « casques orange ». La cour de l’école est recouverte d’au moins 20 centimètres de boue. Heureusement, le chemin d’accès aux classes du rez de chaussé est dégagé. Nous découvrons notre lieu de mission : une grande classe dont le sol est recouvert d’une fine couche de terre. Nous trouvons quelques tables et, dans les classes voisines, prenons quelques chaises qui nous semblent moins recouvertes de boue que les autres. Nous installons nos cartons tant bien que mal sur les chaises et sur les quelques tables. Mais avec tout cela, il est déjà l’heure du déjeuner : il nous faut des forces si nous voulons pouvoir travailler. Bien évidemment, il n’y a rien autour pour se restaurer. 2 personnes restent sur place pour garder les médicaments pendant que nous embarquons. Mais pas facile de trouver un endroit pour manger. Nous nous étions dit que nous irons chez Mc Do ou Jolybee, quelque chose de simple, mais tout est fermé : comme les habitants, les restaurants ont été inondés et c’est l’heure du grand nettoyage. Après heure d’embouteillage, nous finissons par trouver un petit resto ouvert et en plus ils ont une formule déjeuner moins chère que Mc Do & Co ! Que demander de mieux !
Mais avec tout cela, nous n’avons pas encore commencé à travailler, et nous ne pourrons pas le faire tout de suite : il faut acheter quelques fourniture « de bureau » de mission, c’est-à-dire des sacs en plastiques pour distribuer les médicaments. Un arrêt dans un mall et c’est fait. Pendant ce temps, doc envoie un mail au groupe de français de la veille avec la liste de nos médicaments habituels.
Ça y est, tout est en ordre, nous allons pouvons commencer. Il est 15h30. Nous disons une prière et commençons notre travail. Perrine et Blandine à la prise de tension, nous autres à la transcription et pharmacie. Nous avons aussi le renfort de Ye-Ye, une amie d’Aron. Infirmière elle aussi, est fait les pansements. Pendant que nous nous activons au soin du corps, l’abbé Dolotina bénit les patients. Suzanne fait également de l’apostolat en distribuant des chapelets et en apprenant aux enfants à faire le signe de la croix. Nos missions ne sont pas juste des missions humanitaires : ce sont des missions catholiques ! Nous devons arrêter l’enregistrement très tôt. Ici, il fait nuit entre dès 17h30-18h. Nous sommes dans une pièce au rez-de-chaussée, et il n’y a pas d’électricité. Nous terminons donc les patients enregistrés mais ne pouvons en accepter d’autres sous peine de ne pouvoir leur donner les médicaments compte tenu de l’obscurité (nous avons déjà du mal à servir les derniers patients !). Le chiffre du jour est 80 : le nombre de patients servis cet après-midi.
Nous décidons de revenir demain. Mais comment faire pour limiter les frais de transport des médicaments qui sont chaque jour très onéreux. Impossible de les faire rentrer dans la voiture du prieuré qui est déjà remplie de prêtres et de volontaires. Doc décide de dormir sur place ! Sacré Doc, quel dévouement ! Il n’y a pas d’électricité, que des tables et chaises poussiéreuses… Mais peu lui importe : les économies que nous ferons ici permettront de réaliser d’autres missions ailleurs. Nous laissons donc doc à l’école. Un policier reste avec lui pour les aspects sécurité.
Retour au prieuré dans les embouteillages, mais en musique ! Et la chanson du jour est « con te partiro », d’Andrea Botcelli : c’est la chanson favorite de l’abbé Dolotina qu’il met casi en boucle !!! L’abbé est un bout en train et il règne une sacrée ambiance dans la voiture !
Arrivées chez nous, nous faisons notre premier dîner dans notre nouvel appartement. Inspection de la cuisine : il n’y a que des verres, assiettes, fourchette et cuillères, une bouilloire et un grille pain. Il va falloir se creuser la tête pour trouver des idées de repas avec ces contraintes « techniques ». Pour ce soir, ce sera une soupe de nouilles où il suffit de mettre de l’eau chaude pour la faire cuire. C’est simple, rapide, et pas cher !
J’ai la responsabilité de tenir les cordons de la bourse pendant la mission. Nous avons dépensé pas mal d’argent au cours de ces premiers jours. Il est temps de faire un point. Si nous continuons à avoir des frais élevés de transport et repas, nous devrons bientôt plier bagages ! Nous avons encore de quoi tenir quelques jours avec l’argent que m’a donné Yolly.










