Mission Malanday – 2ème jour
Nous retrouvons Nelson au prieuré vers 7h pour retourner à Malanday High School. Nous y allons en transport en commun car l’abbé ne peut nous y accompagner : il nous rejoindra plus tard. Nous expérimentons donc le métro aérien local : climatisation, train très propre, promotion de l’exercice de la charité sur les quais et à l’intérieur des train : nous sommes vraiment dans un autre monde que Paris ! Nous sommes vites arrivées au terminus, mais pas à bout de notre trajet. En sortant de la gare, je suis impressionnée par les files d’attentes pour rentrer dans la gare. En fait, pas question d’entrer dans la gare sans une « fouille » assez légère des sacs. Avec une file pour les hommes et une pour les femmes, aux heures de pointe de départ au travail ou dans les universités, ça coince ! Il y a énormément de circulation. Nous pensons prendre un taxi pour éviter les multiples changements, mais quand enfin nous arrivons à en trouver un libre, nous reculons devant le prix prévisionnel de la course ! Nous ferons donc le trajet 100% philippin, c’est-à-dire jeepney puis tricycle ! Pas de problème, on aime ça, c’est tellement plus exotique qu’un taxi !
Aux abords de l’école, nous croisons des armées entières de « casques oranges », les équipes de nettoyage. Il y a plusieurs bataillons, en bon ordre de bataille ! Certains sont même dans des camions container, prêts pour l’intervention ! Mais attention, ça glisse : la pluie a fait son apparition ! Nous finissons de longer la rivière et nous y voilà. Certaines familles qui ont tout perdu tentent de se reconstruire des maisons de fortune avec des matelas, des bouts de tôle. Nous voyons une femme enceinte sortir de cette sorte de gourbi…
Devant l’école, une armée de bras s’active à pelleter et faire des tas de boue. Derrière, les montagnes d’immondices ont disparus : les tractopelles ont dû travailler tard hier soir. A l’intérieur, Doc n’a pas perdu son temps en nous attendant : touts les médicaments en flacons sur installés sur la table : nous ne perdrons pas de temps. Pour le moment, nous ne sommes que 4 volontaires du prieuré, mais nous sommes vite rejoints par les professeurs de l’école. Nous pouvons donc nous mettre au travail après nous être mis sous la protection de Dieu et de la Sainte Vierge. Perrine m’aide à la pharmacie pendant que Blandine prend les tensions. Elles ont toutes les deux appris des nouveaux mots de tagalog pour demander aux patients s’ils ont de la fièvres, des champignons sur les pieds ou s’ils toussent : un langage de survie pour communiquer avec les patients que nous rencontrons. Nous voyons que les équipes de volontaires ne sont pas les mêmes qu’hier : il y a pas mal d’erreurs dans les transcriptions des codes de Doc : il faut redoubler de vigilance.
En fin de matinée, nous sommes rejoints par les abbés Dolotina, Suelo et Jerwin. Ils apportent le déjeuner car pas question de renouveler les galères et pertes de temps d’hier pour se restaurer. J’avais donc délégué l’intendance à l’abbé Dolotina. Mais le plus important est qu’ils ne viennent pas seuls. Ils amènent avec eux Doctora Balawas, la femme policier médecin. Incroyable : elle est venue nous aider lundi et là revoilà ! Elle a beaucoup apprécié la mission de lundi. Peut être la reverrons-nous pour d’autres missions encore, qui sait ? En attendant, elle a adopté petit à petit le système de codification de doc : il va falloir suivre le rythme ! Dehors, il y a de l’agitation car il semble qu’une autre mission médicale soit organisée par des organisations locales. Nous voyons certains de nos patients faire ensuite la queue vers cette mission : espèrent ils avoir double dose de médicaments ?! Mais finalement, en fait de mission médicale, il s’agit d’une distribution de nourriture.
Après une rapide pause Jollibee, nous nous remettons à la tâche. Nous voyons arriver notre plus jeune patient : un bébé de 2 semaines. Il est né juste avant les inondations. La maman est toute fière et que dire de Blandine qui le prend dans ses bras : elle retrouve les petits bébé de son service de cardiologie de Necker. Pauvre petit bonhomme, à peine né et déjà 2 médicaments + des vitamines ! Nous n’avons guère le loisir de lever le bout de nez, car comme d’habitude la tâche ne manque pas, même si nous avons eu un peu de renfort avec l’arrivée de Jerwin puis de Ye-Ye. Mais tout d’un coup, tout le monde s’agite : un patient est amené. Inconscient, il est allongé sur le sol. Blandine lui prend la tension. Il a 41°C de fièvre, est pris de convulsions. Doc Balawas demande à ce qu’on appelle l’ambulance. Le patient est transporté à l’hôpital et bien sûr, pas de brancard pour le sortir de l’école, il est porté par plusieurs personnes !
Ce soir encore, nous devons arrêter les consultations assez tôt. Cette fois, ce n’est pas en raison du manque d’électricité, mais parce qu’aujourd’hui est jour de fête : C’est Notre Dame du Rosaire et, au prieuré les messe est avancée d’une demi-heure, et il y une procession à l’issue de la messe. Nous voici de nouveau à remballer nos médicaments et tout le monde met la main à la pâte, y compris les abbés. Décidément, c’est une vraie équipe ! Nous chargeons nos cartons dans le jeepney que nous avons réservé et les habitants du quartier nous aident, même les enfants, trop content de cette nouvelle attraction ! Le jeepney ne partira pas avec nous. Dans l’après-midi, Doc, toujours dévoué à ses patients actuels et futurs, a appris que demain, nous aurons une nouvelle mission, non loin de là. C’est le Père Emmanuel qui a arrangé cela : nous irons dans une petite chapelle proche de leur bureau et rencontrerons son confrère, Père Javier, alias Père Mex (car il est mexicain). Décidément, quelle rencontre providentielle dimanche dernier ! Toujours dans un souci d’économie, Doc conduit les médicaments directement sur le lieu de cette prochaine mission.
Pendant ce temps, nous rentrons au prieuré, en musique car avec l’abbé Dolotina on écoute…. « con te partiro », bien sûr !!! Doctora Balawas est également avec nous : l’abbé lui a proposé d’assister à la messe. Elle n’a jamais assisté à une messe traditionnelle et souhaite découvrir. C’est génial ! Qui eut cru cela lorsque nous l’avons vu arriver lundi à Tatalong !
L’église du prieuré est toute décorée de fleurs et guirlandes de fleurs. C’est magnifique. Grand messe chantée : pour sa première messe tradi, Doctora Balawas est gâtée ! Nous l’aidons à suivre sa messe car pour qui ne connaît pas, ce n’est pas évident ! Après la messe, nous partons en procession. Une statue de la vierge vêtue de vêtements dorés a été déposée dans une sorte de barques en bois sculpté. Elle est entourée de fleures et lampes : c’est magnifique ! Nous partons en procession dans le quartier du prieuré. La pluie se met de la partie, mais reste raisonnable !
A l’issue, docteur Lee nous invite de nouveau au restaurant avant sa femme et sa fille. Il habite à 5 minutes à pied du prieuré mais pas question de marcher. Et avec 3 personnes en plus pour aller dîner dans Manille, il faut changer de voiture. Mais combien en a-t-il ? Car celle que nous prenons et différente de celle de samedi. 4 !!!! Nous faisons un court arrêt dans leur maison : c’est immense, sobrement mais très joliment meublé. Leur fille, Sabina, nous joue quelques notes de piano. Blandine s’y met aussi : quelques notes pour se mettre en appétit ! Nous retournons au restaurant italien de samedi, mais cette fois, le dîner est plus sobre : il n’y a qu’une bouteille de vin ! Pas de chance pour Blandine qui n’est pas dans son assiette et ne peut profiter autant que samedi.
Demain, docteur Lee se joindra à nous pour une partie de la mission médicale. Il passera nous prendre à 7h avant de récupérer doc et les garçons au prieuré.










