Surprises !
Cela fait du bien de dormir un peu et à 9h nous sommes prêtes. L’interphone de l’appartement sonne : c’est Doc : la mission d’aujourd’hui est annulée. En effet, Gensan a expédié via Philippines Airlines des objets à donner aux victimes des inondations. Mais le destinataire est Doc : il doit venir les récupérer lui-même à l’aéroport.
Cela nous fait donc une journée libre devant nous. C’est totalement inattendu mais nous trouvons vite comment l’occuper. Lorsque nous avions fait une courte halte à Manille avant de nous reposer à Batangas, nous avons fait un passage éclair dans une boutique de souvenirs d’artisanat philippins. De ce que nous avons pu voir, Gensan n’est pas le meilleur endroit pour ramener des souvenirs ; profitons donc de Manille pour faire nos petites emplettes ! Ce sera NOTRE journée !
Nous nous émancipons de plus en plus car nous prenons le métro toutes seules et gérons même une correspondance ! Nous faisons tout d’abord un arrêt à l’office de tourisme pour récupérer un plan de Manille puis nous dirigeons vers Intramuros. Alors que nous marchons le long d’un boulevard, moi à quelques pas devant Blandine et Perrine en grande discussion, Blandine pousse un cri. Je me retourne : elle a la main autour de son cou, sa chaîne cassée. Elle vient de se faire arracher sa chaîne en or. Bien que l’ayant cachée un peu sous son T-shirt, ses cheveux relevés laissaient sans doute trop entrevoir le bijou. Le voleur n’a pris qu’une quinze-vingtaine de centimètre de chaîne : il lui reste l’autre bout et sa médaille. Des passants ses sont arrêtés et courent après le voleur qui est vite rattrapé : en effet, il y a d’énormes embouteillages et il a dû mal à s’échapper rapidement entre les voitures. Une petite Jeep de l’armée est elle aussi coincée dans les embouteillages et le voleur est embarqué. Il nie avoir pris la chaîne et montre ses mains vides. Une femme semble l’accuser de mensonge car je reconnais le mot « magsinungaling » qui veut dire mensonge (c’est le dernier mot de la petite chanson sur les 10 doigts de la main et les membres – cf ma chronique du 19 août). Blandine est encore toute tremblante. L’armée lui propose de les accompagner au poste de police pour porter plainte, mais à quoi bon : nous risquons de perdre énormément de temps et elle ne récupérera pas sa chaîne.
Nous arrivons finalement devant la fameuse boutique : les filles découvrent une vrai caverne d’Ali-Baba ! Plusieurs niveaux d’artisanat dans l’ensemble très joli. On rêve de devoir meubler une grande maison aux philippines pour mettre tous ces meubles chaleureux. Heureusement, il y a d’autres choses moins encombrantes car c’est bien beau de vouloir rapporter des souvenirs mais il faut songer au transport ! Nous y restons près de 3 heures et mourrons de faim. Je me souviens également d’une bonne adresse dont je n’avais aperçu que rapidement l’intérieur, mais dont Jean Pierre m’avait venté la bonne cuisine. Le restaurant est quelques mètres plus loin, juste en face de Saint Augustin. Le cadre est très joli : raffiné, d’inspiration espagnole, sans pour autant être tape à l’oeuil. Nous prenons la formule buffet : tout est délicieux, du salé au sucré en passant par les mango shake ! Un régal ! Et nous pouvons même manger des légumes, si rares depuis ces derniers mois ! Je peux vous dire que nous dégustons… Il pleut des cordes lorsque nous quittons le restaurant. La gare de métro est loin et optons pour le taxi pour la rejoindre. Mais compte tenu des embouteillages, nous ferons les derniers 300 mètres à pied, en manquant de glisser presque à chaque pas. C’est assez épique avec nos gros paquets ! Nous longeons le quartier des mécano et entreprises de pièces détachées en tout genre. Si nos quincailliers ont presque disparu en France, ils sont encore bien actifs ici !
Nous espérions nous poser un peu chez nous avant de repartir pour la messe, mais nos dernières emplettes de fournitures pour nos prochaines missions de demain ont mangé le peu de marge que nous avions. Nous avons juste de le temps de déposer nos sacs et il faut partir au prieuré. Nous retrouvons doc qui a récupéré un énorme cartons de vaisselle en plastique, matelas philippins (sortes de nattes tressées), oreillers et objets en tous genre. Ce sont d’autres équipes qui les distribueront demain car une autre mission nous attends, dans la province voisine de celle de Manille.
Après la messe, nous faisons la connaissance de l’abbé Salvador, prêtre philippin basé à Singapour, de passage aux Philippines. Le monde est petit : il connaît l’oncle de Blandine qui est basé à Kuala Lumpur. Et pour cause, c’est lui qui dessert cette ville pour la messe !
Demain, nos missions reprennent : Doc passera nous prendre à 8h.




















