Surprises !

Cela fait du bien de dormir un peu et à 9h nous sommes prêtes. L’interphone de l’appartement sonne : c’est Doc : la mission d’aujourd’hui est annulée. En effet, Gensan a expédié via Philippines Airlines des objets à donner aux victimes des inondations. Mais le destinataire est Doc : il doit venir les récupérer lui-même à l’aéroport.

Cela nous fait donc une journée libre devant nous. C’est totalement inattendu mais nous trouvons vite comment l’occuper. Lorsque nous avions fait une courte halte à Manille avant de nous reposer à Batangas, nous avons fait un passage éclair dans une boutique de souvenirs d’artisanat philippins. De ce que nous avons pu voir, Gensan n’est pas le meilleur endroit pour ramener des souvenirs ; profitons donc de Manille pour faire nos petites emplettes ! Ce sera NOTRE journée !

Nous nous émancipons de plus en plus car nous prenons le métro toutes seules et gérons même une correspondance ! Nous faisons tout d’abord un arrêt à l’office de tourisme pour récupérer un plan de Manille puis nous dirigeons vers Intramuros. Alors que nous marchons le long d’un boulevard, moi à quelques pas devant Blandine et Perrine en grande discussion, Blandine pousse un cri. Je me retourne : elle a la main autour de son cou, sa chaîne cassée. Elle vient de se faire arracher sa chaîne en or. Bien que l’ayant cachée un peu sous son T-shirt, ses cheveux relevés laissaient sans doute trop entrevoir le bijou. Le voleur n’a pris qu’une quinze-vingtaine de centimètre de chaîne : il lui reste l’autre bout et sa médaille. Des passants ses sont arrêtés et courent après le voleur qui est vite rattrapé : en effet, il y a d’énormes embouteillages et il a dû mal à s’échapper rapidement entre les voitures. Une petite Jeep de l’armée est elle aussi coincée dans les embouteillages et le voleur est embarqué. Il nie avoir pris la chaîne et montre ses mains vides. Une femme semble l’accuser de mensonge car je reconnais le mot « magsinungaling » qui veut dire mensonge (c’est le dernier mot de la petite chanson sur les 10 doigts de la main et les membres – cf ma chronique du 19 août). Blandine est encore toute tremblante. L’armée lui propose de les accompagner au poste de police pour porter plainte, mais à quoi bon : nous risquons de perdre énormément de temps et elle ne récupérera pas sa chaîne.

Nous arrivons finalement devant la fameuse boutique : les filles découvrent une vrai caverne d’Ali-Baba ! Plusieurs niveaux d’artisanat dans l’ensemble très joli. On rêve de devoir meubler une grande maison aux philippines pour mettre tous ces meubles chaleureux. Heureusement, il y a d’autres choses moins encombrantes car c’est bien beau de vouloir rapporter des souvenirs mais il faut songer au transport ! Nous y restons près de 3 heures et mourrons de faim. Je me souviens également d’une bonne adresse dont je n’avais aperçu que rapidement l’intérieur, mais dont Jean Pierre m’avait venté la bonne cuisine. Le restaurant est quelques mètres plus loin, juste en face de Saint Augustin. Le cadre est très joli : raffiné, d’inspiration espagnole, sans pour autant être tape à l’oeuil. Nous prenons la formule buffet : tout est délicieux, du salé au sucré en passant par les mango shake ! Un régal ! Et nous pouvons même manger des légumes, si rares depuis ces derniers mois ! Je peux vous dire que nous dégustons… Il pleut des cordes lorsque nous quittons le restaurant. La gare de métro est loin et optons pour le taxi pour la rejoindre. Mais compte tenu des embouteillages, nous ferons les derniers 300 mètres à pied, en manquant de glisser presque à chaque pas. C’est assez épique avec nos gros paquets ! Nous longeons le quartier des mécano et entreprises de pièces détachées en tout genre. Si nos quincailliers ont presque disparu en France, ils sont encore bien actifs ici !

Nous espérions nous poser un peu chez nous avant de repartir pour la messe, mais nos dernières emplettes de fournitures pour nos prochaines missions de demain ont mangé le peu de marge que nous avions. Nous avons juste de le temps de déposer nos sacs et il faut partir au prieuré. Nous retrouvons doc qui a récupéré un énorme cartons de vaisselle en plastique, matelas philippins (sortes de nattes tressées), oreillers et objets en tous genre. Ce sont d’autres équipes qui les distribueront demain car une autre mission nous attends, dans la province voisine de celle de Manille.

Après la messe, nous faisons la connaissance de l’abbé Salvador, prêtre philippin basé à Singapour, de passage aux Philippines. Le monde est petit : il connaît l’oncle de Blandine qui est basé à Kuala Lumpur. Et pour cause, c’est lui qui dessert cette ville pour la messe !

Demain, nos missions reprennent : Doc passera nous prendre à 8h. 


Archive pour octobre, 2009

Mission Gulod – Novalices (Quezon city) – 13 octobre

Même si on commence à y être habituées, un réveil à 5h30 du matin, c’est toujours aussi dur ! Heureusement, les SMS arrivés pendant la nuit pour me fêter mon anniversaire ainsi que les restes du petit déj de la veille aident à faire passer la pilule ! Nous sommes casi à l’heure pour le rendez-vous, mais Doc et les philippins sont en retard et…nous attendons donc, un peu moins longtemps toutefois que la veille ! Demain, avec un peu de chance, tout le monde sera à l’heure.

Le trajet pour nous rendre à la mission est plus long que la veille. Nous pensions y aller directement, mais nous avons la surprise de nous arrêter de nouveau à la caserne. Explication : il faut mettre de l’essence dans la voiture de l’armée ! C’est vrai qu’ils ne pouvaient pas s’en occuper avant !!!!! Tout le monde attend donc, mais vous l’avez compris, ici c’est normal. C’est un peu rageant de ce dire que 3 heures après s’être levées, nous sommes casi au point de départ, mais on ne va surtout pas s’énerver d’autant qu’aujourd’hui est jour de fête pour ce camp. En effet, c’est la fin d’une opération d’aide aux victimes des inondations. En raison de l’heure tardive à laquelle ils ont terminé les opérations de la veille, ils n’ont pu faire la fête le soir alors c’est pour ce matin. Pour l’occasion, une immense table est dressée, recouverte de feuilles de bananes. Au milieu et sur toute la longueur, un chemin de riz recouvert de nouilles, d’un peu de « sauce tomate », de morceaux de viande et de poisson. A 8h du matin, bon appétit ! C’est ensuite la « guerre pour la nourriture » : lorsque le chef donne le signal, tout le monde se jette en même temps sur la nourriture, avec une main dans le plat et l’autre dans le dos ! Nous sommes invités à participer. Jerwin ne se fait pas prier !  Finalement Blandine joue également le jeu ! Je me contente de prendre des photos : forcément, je n’ai pas faim puisque j’ai déjà pris mon petit déj ! La bonne excuse ! Au passage, nous notons la présence d’un poisson séché sur une balustrade qui surplombe l’endroit où nous nous trouvons… c’est charmant….

vueglobaledelexterieur.jpg  Ça y est, notre chauffeur est revenu, nous pouvons enfin partir. Je tente en vain de prolonger ma nuit … Au bout d’une heure, nous arrivons au lieu de notre mission : une église un peu moderne, un bâtiment qui lui fait face et entre les deux, une cours où les patients nous attendent déjà. Ici, tout est propre ou presque : pas de terre ni de tapis ou murs de sacs poubelles. Nous sommes un peu en hauteur par rapport à la rivière et cette partie là du barangay a été épargnée. En revanche, les bénévoles et patients de la mission ont eu de l’eau jusqu’au toit de leur maison.

Notre salle de consultation/pharmacie nous semble une salle de bal après la minuscule classe que nous avons eu hier : nous avons largement la place d’étaler tous nos médicaments. Comme d’habitude, nous commençons par une petite prière, dite cette fois par le curé de la paroisse qui nous accueille. Le rythme commence doucement et je me mets à la transcription des codes de doc pendant que les filles préparent les ordonnances. Je suis rapidement aidée par 2 jeunes filles du barangay. Doc adopte vite sa vitesse de croisière et ça bouchonne pour la préparation des médicaments. Un membre de l’armée me remplace et je change de poste. Le rythme est plus que soutenu et nous voyons rapidement s’accumuler les feuilles des patients que nous avons servis.

Pour cette mission, nous bénéficions d’un important soutient logistique du barangay : ils sont aux petits soins pour nous : snack, boisson, déjeuner, goûter… nous ne manquons de rien ! Un membre du personnel nous sert même la boisson dans ses verres en verre : ça n’a l’air de rien, mais autant vous dire que c’est un vrai luxe lorsque vous êtes en mission ! C’est super agréable d’avoir l’esprit tranquille et de ne pas avoir à se demander comment nous allons pouvoir nourrir les volontaires.

En fin de matinée, le docteur de la police nous rejoint : elle adopte également le principe de codification des prescriptions et autant vous dire qu’à 2 médecins, les patients défilent ! A chaque fois que nous regardons la file d’attente, elle nous semble assez raisonnable et je me dis que nous ne restons guère plus loin que le début d’après-midi. Mais elle est un peu comme le tonneau des danaïdes : lorsqu’on aperçoit la fin de la queue, le temps de préparer quelques ordonnances et la fin de la queue s’est repoussée et : on a l’impression que ça ne finira jamais. Les membres de l’armée prennent des initiatives et sont toujours là pour nous faciliter la tâche : prise de tension, distribution des médicaments, mais aussi comptage au fur et à mesure des ordonnances traitées. En fin de matinée, nous en sommes déjà à plus de 200. Cette journée sera-t-elle un record en nombre de consultation ? C’est bien parti pour ! En tout cas, à la pharmacie, pas le temps de lever le nez. Nous avons même plutôt le nez rivé au sol car nous avons l’avantage de bénéficier de beaucoup d’air grâce aux ventilateurs installés au plafond, mais la contre partie est que les papiers des instructions pour les patients s’envolent, de même parfois que les petits sachets de médicaments que nous avons préparés…. Allons bon !

(Lire la suite…)

Mission Bagong Silangan (Quezon city) & Joyeux anniversaire

Le réveil sonne à 5h30. Dur de se lever et comme aujourd’hui c’est mon anniversaire, les filles me laissent prolonger un peu la nuit le temps dans leur douche ! La nuit n’ayant pas été très bonne, j’apprécie !!!

anniversaire.jpg Lorsque j’arrive pour le petit déj, elles m’ont préparé une surprise : en l’honneur de mon anniversaire, c’est un petit déjeuner pantagruélique et surtout plein de sucrerie de chez nous ! de vrais M&Ms, du jus de fruit multi vitaminé (compte tenu de l’heure du réveil, c’est indispensable !) des rondelles de bananes fraîches disposées en forme de soleil dans une assiette (les rayons étant des morceaux de mangue séchés), des mentos, et ….du tobleronne (produit de luxe ici !)! Pour l’occasion, les bougies sont 2 cuillères en plastiques  plantées dans du pain grillé et présentées sur un plan en forme de barquette ! Il ne manque que les flammes ! Malgré l’heure matinale, j’arrive à « souffler » mes 2 bougies virtuelles !  Les filles ont organisé tout cela pendant que nous faisons  les courses hier soir : je n’y ai vu que du feu ! Merci les filles pour cette bonne surprise !

Mais pas le temps de traîner : il faut descendre 4 à 4 les escaliers : Doc doit passer nous prendre à 6h30 au pied de notre immeuble et nous avons 5 minutes de retard ! Pas de panique, il n’y a personne en bas. Il fait beau et nous attendons patiemment au soleil, en défilant le répertoire de Maria Carré, Bachelet, Edith Piaf…. Bref, une attente dans la bonne humeur !

Au bout d’une heure, Doc fini par arriver avec l’armée qui se charge du transport de nos médicaments. L’armée s’est perdue pour aller jusqu’au prieuré ! En route !  Nous continuons à chanter jusqu’au camp militaire car nous ne pouvons échapper à la visite de courtoisie pour remercier le Capitaine de mettre à disposition ses véhicules et des équipes. Photo « de famille » et il faut partir. Au passage, je remarque une petite statue de la Sainte Vierge qui trône dans l’entrée : on ne verrait pas cela chez nous.

Nouvel embarquement : nous espérons que cette fois sera la bonne. Nous sommes levées depuis bientôt 3 heures et n’avons toujours pas commencé à travailler…. Nous finissons par nous arrêter le long d’un terrain de basket. Des dizaines de familles logent ici depuis 2 semaines. Nous apprenons que deux missions médicales ont déjà eu lieu récemment ici ; nous rebroussons donc chemin car nous voulons servir en priorité les populations les moins aidées. Doc a un plan B et nous repartons pour un nouveau trajet. Cette fois sera la bonne : nous nous arrêtons au milieu de ruelles de terre et de boue. Nous traversons un petit pont : le lit de la rivière est encore tout «décoré » des sacs en plastiques charriés par l’eau et resté accrochés aux arbres lors de la descente des eaux. Même si nous sommes toujours à Manille, nous sommes en limite de campagne : en face de la toute petite école (notre lieu de mission), des « champs » avec des carabaos et au loin, des montagnes. Sur le chemin, des adultes et enfants transportent de lourds fardeaux. L’herbe verte que nous trouvons habituellement pour les élevages de coq a laissé place à un terrain de terre et de plastiques. Les abris à coq semblent vides…. Devant l’école, des livres de classe ouverts sèchent au soleil.

Nous débutons notre installation avec les quelques cartons que nous avons avec nous car l’autre camion de l’armée n’est pas encore arrivé. L’armée met la main à la pâte. Petite prière avant de commencer et nous voilà au travail. Les élèves de l’école sont les premiers patients. Le rythme est tranquille malgré un flux régulier de patients. Cela nous convient bien car en dehors de nous 3 et de doc, nous n’avons qu’un seul autre volontaire : Nelson.

(Lire la suite…)

Solennité de N.D du Rosaire – procession dominicaine

Nouvelle petite grasse mat car la messe est à 9h ! ça fait du bien. Après la messe, l’abbé Dolotina nous montre des photos des Philippines : les « cents Iles », Bohol et son pèlerinage, les montages de chocolat… Nous reconnaissons également certaines églises augustiniennes dont nous avons vu les gravures la veille. Nous voyageons, c’est un régal !

Pour la première fois depuis notre arrivée à Manille, nous pouvons enfin avoir Internet ! Vite, les mails : nous avons peu de temps car il nous faut ensuite aller déjeuner. Je tombe sur un mail de Marie Emmanuelle m’informant d’une fuite d’eau dans mon appart à Paris. On se sent bien impuissant à des milliers de kilomètres de là ! Je lui donne quelques consignes, demande de l’aide à papa, et je croise les doigts pour que les dégâts ne soient pas trop importants ! Quelques nouvelles à Yolly, à Jean Pierre et il est déjà presque 14h : nous mourrons de faim et je n’ai pas le temps de regarder les autres mails. Ce sera pour plus tard aujourd’hui ou …. Lorsque nous serons de retour à Gensan.

Nous pensions déjeuner dans une petite « cantine » locale, du type de notre cantine de Gensan, mais, tout de même, c’est dimanche, alors soyons fou : direction notre petit Baliwan. Alexis et l’abbé nous ont parlé d’une énorme procession organisée par les dominicains en l’honneur de la solennité de Notre Dame du Rosaire. Nous sommes ne sommes pas très chaudes pour y aller et échafaudons un plan sieste puis courses tranquillou dans un centre commercial voisin. Toutes contentes de notre plan, nous quittons notre petit resto lorsque nous tombons sur Nelson qui nous cherchait : l’abbé est stationné de l’autre côté de la route et nous n’avons pas d’autre choix que de monter. La voiture est remplie d’Apôtres de Marie et, comme en France, il y a 3 fois plus de filles que de garçons ! L’abbé nous indique que nous allons voir la procession, mais qu’il doit d’abord aller chercher quelques choses. Nous ne posons pas trop de question et nous retrouvons tout d’un coup devant un McDrive : commande de Sundae chocolat pour tout le monde ! Trop sympa ! Je comprends pourquoi les apôtres de Marie apprécient leur ancien aumônier ! L’abbé est un pro de la conduite tout en mangeant une glace et parlant au téléphone ! Il nous explique qu’il voyage beaucoup et qu’il doit donc souvent tout faire en même temps ! Vive les Philippines !

Nous arrivons devant une très grande église : ça grouille de partout : religieuses, moines, prêtes, laïc… Il y a même une banderolle de Jollibee (vous savez, le Mc Do local dont le symbole est une abeille rouge) disant que la Sainte Vierge est la mère du Christ, la mère des prêtres, et la mère de tous les hommes . On imagine mal le petit clown McDo nous expliquant cela ! C’est ça aussi les Philippines.

(Lire la suite…)

Visite de Manille

Nous avions prévu d’arriver un peu plus tôt que l’heure prévue pour pouvoir voir nos mails, mais la fatigue a eu raison de nous. Nous sommes à peine arrivées au prieuré que nous embarquons en compagnie de l’abbé Souelo et Patrick, l’abbé Dolotina étant notre chauffeur et GO. Inutile de vous dire que le « Con te partiro » nous accompagne une partie du trajet. Tout d’abord, direction l’église Saint Sébastien, une église construite tout en métal. J’ai un peu peur du résultat lorsque l’abbé nous en parle, mais le résultat est pas mal du tout, si ce n’est la couleur extérieure vert-amende et blanche : non, ce n’est pas un gâteau. L’église est de style néo-gotique et la structure métallique est insoupçonnable si on ne donne un petit coup sur les murs. L’église est couverte de fleurs et de rubans car aujourd’hui, samedi, est jour de mariages. Et ici, la coutume est de mettre des guirlandes de rubans et/ou de fleurs dans l’allée centrale et des bouquets de fleurs au bout des bancs. L’abbé Dolotina fait une visite de fond en comble, y compris du confessionnal dont il va tester le confort ! L’abbé Suelo quant à lui estime le budget du mariage car ici, on paye l’église en fonction de la décoration mise et du nombre de grands lustres allumés !

eglisestsebastien.jpg danslesstallesdestaugustin.jpg staugustin.jpg devantlacathdrale.jpg perrinebladinepatricketles2abbs.jpg

Puis direction Intramuros, entendez par là le vieux Manille entouré de remparts. L’abbé nous invite dans un petit café climatisé, mais impossible de vous montrer une photo nette de nous tous : j’ai confié mon appareil à un philippin et forcément…. la photo est floue ! Nous visons ensuite l’église Saint Augustin et le musée attenant. Des superbes objets religieux, chasubles, statues, des peintures de toutes les églises augustiniennes des philippines,un petit jardin paradisiaque… Le musé est immense et très intéressant. L’abbé Souelo le connaît particulièrement car c’est un prêtre augustinien qui a rejoint la fraternité dans les années 2000. L’église est superbe, avec un plafond peint en trompe l’oeuil. Là aussi, il y a un mariage. Nous montons à la tribune et l’abbé Dolotina n’est pas peu fière de trôner dans l’une des stalles, sans doute celle du supérieur de l’ordre à l’époque ! A quelques pas de là, nous rentrons dans la cathédrale de Manille. Détruite à plusieurs reprises et reconstruite dans les années 50, elle manque vraiment de charme. Nous devons nous faire discret car un autre mariage se prépare : une philippine avec un homme blanc. Ici le marié et les hommes de la famille (et les témoins ?) portent les chemises traditionnelles philippines, un tissus très léger et brodé. Certaines femmes (les sœurs et demoiselles d’honneur ?) sont toutes habillées avec les mêmes robes. Une autre dame porte une robe également typiquement philippines avec ces manches courtes dans lesquelles ont a l’impression qu’un carton a été glissé pour les faire tenir bien verticales ! Et devinez la musique choisis par les mariés pour leur entrée dans l’église ? C’est « con te partiro ! ».

Nous quittons maintenant le vieux Manille pour nous diriger vers le parc Rizal situé juste à côté. Il honneur le « héros » philippin qui a fomenté la rébellion contre les espagnol. Franc Maçon, il se serait converti avant d’être fusillé par les espagnols. Le parc n’a guère d’intérêt en dehors du fait que c’est un bol de verdure non loin de la mer. Des jardins chinois ou japonais sont attenants, mais lorsqu’on y entre, ils sont tout aussi japonais que la grande place de General Santos !

Avant de rentrer, l’abbé nous fait longer en voiture le Mall of Asia, le plus grand mall d’Asie qui s’étale sur 1 km de long ! Impressionnant ! Les philippines étant un pays de contrastes, une ancienne église baroque (mais sans floritures !) jouxte le mall.

Nous retournons au prieuré pour assister à la messe. Merci Mon Dieu et Merci Messieurs les abbés pour cette belle journée !

Tumana – 2ème jour – sourires et émotions

Nous retournons donc dans notre petite chapelle de Notre Dame du Perpetuel Secours. Cette fois, pas de voiture climatisée de Docteur Lee : c’est métro et Jeepney ! Doc a repris de l’énergie : servir les pauvres patients est comme une dose de vitamine pour lui, même si c’est parfois fatigant. Petite image insolite en arrivant de ce vendeur de glace, avec sa petite roulotte qui semble toute neuve comparé aux débris de meubles qui jonchent le sol ! Comme à l’accoutumée, les patients nous attendent. L’un des premiers patients est un petit enfant sur les genoux, sans doute de son grand père. Il a un regard triste et a le visage couvert de petits boutons. Nous avons plus d’enfants aujourd’hui et ce n’est pas toujours évident de les peser, surtout lorsqu’ils sont tout petit : il faut d’abord peser la maman portant son bébé, puis la maman seule. L’un d’eux est tout fiévreux et parait bien mal en point. Un autre nous observe, tout intrigué même s’il sourit, jusqu’à ce que doc lui pose son stétoscope ! Mais non, petit bonhomme, ne pleure pas, Doc va prendre soin de toi ! Mais rien n’y fait  et il se raccroche à sa maman.

L’abbé Dolotina nous rejoint en fin de matinée. Cette fois, il a mis une soutane noire, beaucoup moins salissante ! Avec lui, il a amené Jerwin. Je ne vous ai pas encore précisé que, si vous êtes avec Jerwin, vous ne risquez pas de manquer une pause snack ou déjeuner. Et il nous fait bien rire ce matin : il prend un papier de prescription et le regarde perplexe. Las de ne comprendre ce qu’il lisait, il se tourne vers Blandine et moi et nous demande pourquoi il est écrit « apple juice ». Nous lisons le papier et éclatons de rire : en réalité, il était écrit « apply twice » (appliquer 2 fois par jour – il s’agissait d’une crème) ! L’heure du déjeuner approchant et son estomac criant famine ont dû le perturber un peu ! Sacré Jerwin !!! Peu après, nous, les 3 françaises, sentons une odeur vraiment bizarre et surtout très mauvaise. Nous pensons un moment que ce sont nos patients qui avec toutes leurs difficultés matérielles et leur vie dans l’insalubrité dégagent de mauvaises odeurs. Mais j’entends maintenant des crépitements… et réalise que ce n’est que l’odeur du poisson sec en train d’être frit ! Bon appétit !!!! Heureusement, ce ne sera pas pour nous car comme la veille, nous prendrons notre repas chez une paroissienne.

Juste avant le déjeuner, nous avons la bonne surprise de voir arriver Doctora Balawas. Décidément, elle est devenue une fidèle de nos missions. Mais même plus que ça car elle a fait venir avec elle une autre femme médecin de la police. Nous sommes maintenant à 3 médecins et comme la veille, nous déjeunons par équipe pour assurer un service continu à nos patients. De retour, plus question de lever le nez car avec 3 médecins qui appliquent la méthode des codes de Doc, il faut suivre ! Et on ressent à chaque fois le départ de Blandine lorsqu’elle doit faire des pansements. Nous chantons à qui mieux mieux et l’ambiance est toujours très bonne. L’abbé distribue des chapelets et les bras se tendent pour essayer d’attraper les derniers. Un jeune volontaire venu pour la transcription des codes ne doit pas bien savoir où le mettre car pendant son travail, il le met autour d’un petit chien en peluche ! Espère-t-il le convertir ?

(Lire la suite…)

Mission Tumana – Our Lady of Perpetual Help – Marikina

Doc Lee passe donc nous prendre à l’heure prévue puis nous passons au prieuré. Nous pensions prendre les garçons, mais non, il n’y a que Doc à partir avec nous : les autres nous rejoindrons plus tard. Nous avons beaucoup de mal à trouver le lieu car plusieurs rues sont encore barrées. Nous nous perdons un peu et le spectacle que nous découvrons est toujours aussi impressionnant. Nous sommes maintenant deux semaines après les inondations : le long des trottoirs et aux carrefours, les mêmes tas de boue, amoncellement de meubles et objets en tout genre détruits. Docteur Lee n’est venu qu’au premier jour dans le mission, dans le barangay hall, et découvre ce spectacle pour la première fois : il n’en croit pas ses yeux.

Nous finissons par arriver au lieu de notre nouvelle mission : Our Lady of Perpetual Help, une petite chapelle simple qui a été inondée jusqu’au plafond : on voit encore la marque du niveau d’eau : au moins 3 mètres, alors que nous ne sommes relativement éloignés de la rivière !

Dehors, les patients attendent déjà. Cela sent mauvais : des animaux morts lors des inondations n’ont semble-t-il pas été dégagés… Une pluie fine se met à tomber. Ça glisse ! Nous sommes accueillis par le Père Javier (ou Père Mex du fait de sa nationalité), lui aussi membre de la congrégation de Saint François Xavier. Il est aux philippines depuis 15 ans. Il connaît le Père Emmanuel car ils ont été ensemble en Angleterre pour apprendre l’anglais. Ils se sont retrouvés aux Philippines !

Les cartons apportés par Doc hier sont stockés sur le côté derrière des bancs. La chapelle est simple : des bancs alignés le long du mur, un simple autel sur lequel trône un crucifix et une statue de Notre Dame de Guadalupe ainsi que 2 petite bougies. Derrière l’autel sont entassés des victuailles et vêtements pour les nécessiteux. Près des grilles d’entrées nous installons des tables qui serviront de cabinet de consultation et de pharmacie. Père Mex nous raconte comment lors des inondations, alors qu’ils étaient dans leur «presbitère » à quelques mètres de là, lui et Père Emmanuel essayaient de sauver ce qu’ils pouvaient : des papiers importants et des ordinateurs. Petit à petit l’eau montait et il fallait surélever encore plus, jusqu’au moment où il a fallut tout monter sur le toit. Pour s’extraire ensuite de leur bureau, l’eau étant arrivée au dessus de la porte, ils sont dû piquer  une petite tête dans cette eau qu’on imagine particulièrement claire !!!

Après la prière habituelle, nous nous mettons au travail. Pendant ce temps, les philippins installent notre bannière à l’extérieur, au dessus de l’endroit où les patients pourront récupérer leurs médicaments : cela leur sert en même temps d’abri contre la pluie. Les philippins étant très débrouillards, l’essuie-vitre arrière de la voiture de Doc Lee sert d’accroche à la bannière. Ce dernier ne peut rester que jusqu’à l’heure du déjeuner => il faudra trouver une autre une autre solution.

Je suis impressionnée par le silence relatif qui règne comparé aux autres missions. Il faut dire que nos patients sont plus des adultes que des enfants. Mais cela n’explique pas tout : pour une fois, certains ont l’air abattu. Cela fait 2 semaines que les inondations ont eu lieu, sans doute 2 semaines de vie très difficile… Les volontaires de la chapelle sont très organisées et très efficaces : les patients attendent assis dans la chapelle et lorsque c’est complet, ils attendent à l’extérieur. Docteur Lee gérant lui-même la distribution des médicaments pour ses patients, le rythme de la pharmacie est tranquille d’autant que nous sommes toutes les 3 au contrôle des transcriptions et préparation des ordonnances. Aron a repris son poste d’explication des prescriptions aux patients.

Le Père Mex nous avait dit qu’il nous enverrait une patiente atteinte d’une infection aux oreilles. La voilà qui arrive : de toute sa carrière, Doc n’a jamais vu cela. La partie latérale du cou située sous les oreilles est déformée, énorme, avec des sortes de cratères de pu à certains endroits. Depuis combien de temps la pauvre dame est-elle dans cette situation ? Nous ne le savons pas, mais visiblement, la situation ne date pas d’hier. Heureusement des cheveux mi-long cachent ces plaies difficiles à regarder. Nous allons voir ce que nous pouvons faire et gardons ses coordonnées. Elle accepte que nous la prenions en photo. Pas très courageuse pour cette fois, je demande à Blandine de prendre les photos car la vue de cette plaie m’est difficilement supportable. Un peu plus tard, Doc s’étonne qu’aucun des patients n’aient de fièvre : et pour cause, les volontaires de la paroisse prennent la température avec une thermomètre qui ne marche pas !!!!!

(Lire la suite…)

Mission Malanday – 2ème jour

Nous retrouvons Nelson au prieuré vers 7h pour retourner à Malanday High School. Nous y allons en transport en commun car l’abbé ne peut nous y  accompagner : il nous rejoindra plus tard. Nous expérimentons donc le métro aérien local : climatisation, train très propre, promotion de l’exercice de la charité sur les quais et à l’intérieur des train : nous sommes vraiment dans un autre monde que Paris ! Nous sommes vites arrivées au terminus, mais pas à bout de notre trajet. En sortant de la gare, je suis impressionnée par les files d’attentes pour rentrer dans la gare. En fait, pas question d’entrer dans la gare sans une « fouille » assez légère des sacs. Avec une file pour les hommes et une pour les femmes, aux heures de pointe de départ au travail ou dans les universités, ça coince ! Il y a énormément de circulation. Nous pensons prendre un taxi pour éviter les multiples changements, mais quand enfin nous arrivons à en trouver un libre, nous reculons devant le prix prévisionnel de la course ! Nous ferons donc le trajet 100% philippin, c’est-à-dire jeepney puis tricycle ! Pas de problème, on aime ça, c’est tellement plus exotique qu’un taxi !

dsc01520rduite.jpg  Aux abords de l’école, nous croisons des armées entières de « casques oranges », les équipes de nettoyage. Il y a plusieurs bataillons, en bon ordre de bataille ! Certains sont même dans des camions container, prêts pour l’intervention ! Mais attention, ça glisse : la pluie a fait son apparition ! Nous finissons de longer la rivière et nous y voilà. Certaines familles qui ont tout perdu tentent de se reconstruire des maisons de fortune avec des matelas, des bouts de tôle. Nous voyons une femme enceinte sortir de cette sorte de gourbi…

Devant l’école, une armée de bras s’active à pelleter et faire des tas de boue. Derrière, les montagnes d’immondices ont disparus : les tractopelles ont dû travailler tard hier soir. A l’intérieur, Doc n’a pas perdu son temps en nous attendant : touts les médicaments en flacons sur installés sur la table : nous ne perdrons pas de temps. Pour le moment, nous ne sommes que 4 volontaires du prieuré, mais nous sommes vite rejoints par les professeurs de l’école. Nous pouvons donc nous mettre au travail après nous être mis sous la protection de Dieu et de la Sainte Vierge. Perrine m’aide à la pharmacie pendant que Blandine prend les tensions. Elles ont toutes les deux appris des nouveaux mots de tagalog pour demander aux patients s’ils ont de la fièvres, des champignons sur les pieds ou s’ils toussent : un langage de survie pour communiquer avec les patients que nous rencontrons. Nous voyons que les équipes de volontaires ne sont pas les mêmes qu’hier : il y a pas mal d’erreurs dans les transcriptions des codes de Doc : il faut redoubler de vigilance.

En fin de matinée, nous sommes rejoints par les abbés Dolotina, Suelo et Jerwin. Ils apportent le déjeuner car pas question de renouveler les galères et pertes de temps d’hier pour se restaurer. J’avais donc délégué l’intendance à l’abbé Dolotina. Mais le plus important est qu’ils ne viennent pas seuls. Ils amènent avec eux Doctora Balawas, la femme policier médecin. Incroyable : elle est venue nous aider lundi et là revoilà ! Elle a beaucoup apprécié la mission de lundi. Peut être la reverrons-nous pour d’autres missions encore, qui sait ? En attendant, elle a adopté petit à petit le système de codification de doc : il va falloir suivre le rythme ! Dehors, il y a de l’agitation car il semble qu’une autre mission médicale soit organisée par des organisations locales. Nous voyons certains de nos patients faire ensuite la queue vers cette mission : espèrent ils avoir double dose de médicaments ?! Mais finalement, en fait de mission médicale, il s’agit d’une distribution de nourriture.

(Lire la suite…)

Mission Malanday – Marikina

Après la messe de 7h15, nous partons avec Doc pour prendre notre petit dej dans une cantine locale car pour doc, pas de petit dej sans riz.  Heureusement pour nous, on trouve aussi du  pain et du café ! L’abbé nous conduit ensuite dans nouvelle maison. Il s’agit d’un grand appartement situé en haut d’un immeuble de bureaux. La propriétaire, paroissienne du prieuré, possède une entreprise alimentaire dont les bureaux sont situés à l’étage du dessous. Elle est actuellement en déplacement et c’est sa sœur, Rosita, qui nous accueille et nous fait le tour des lieux. Tout est nickel ! Un immense salon-salle à manger, une salle de bain avec douche (on verra ce soir s’il y a l’eau chaude !!!!), une grande chambre avec climatisation, une cuisine, sans compter 2 autres chambres que nous n’utiliserons pas. Donnant sur la salle à manger, un immense espace couvert mais aux fenêtre grilles ouvertes sur l’extérieur : on dirait une salle de bal ! Rosita nous indique que nous pourrons rester là le temps que nous voulons.

Mais pas le temps de s’attarder car doc nous attend avec impatience au prieuré : il a donné rendez-vous à 8h au père Emmanuel. Il reporte le RDV à 10h. mais il faut faire vite !  Doc a loué un jeepney pour le transport des médicaments. Nous embarquons dans la voiture du prieuré avec l’abbé Dolotina, l’abbé Souelo et Suzanne, l’une des marraines de samedi. Il est déjà 9h45 et la circulation est dense. Notre convoi arrive finalement dans le secteur où nous devons retrouver le prètre. Après moultes difficultés, nous finissons pas trouver Malanday Elementary school où nous sommes censés avoir la mission. Mais là, surprise, pas de Père Emmanuel, une école qui semble assez propre et surtout, des missions médicales en préparation. Il doit y avoir une erreur d’adresse car nous souhaitons aller dans les quartiers plus isolés, ne bénéficiant pas encore d’aide. Un coup de téléphone et voilà le Père Emmanuel qui arrive… en vélo, comme d’habitude. La mission a lieu à Malanday High School, attention, nuance ! Mais pas de problème, le Père nous guide. En fait, nous allons exactement là où nous étions allés dimanche soir : Extra ! Nous longeons la rivière pour arriver jusqu’à l’école. Le jeepney de médicaments nous rejoindra plus tard car … il a crevé ! Non, ce n’est pas un gag ! Le long de la rivière, nous voyons une ambulance et un attroupement. Des personnes dans l’eau sont à la recherche de 2 enfants qui se sont noyés en tombant dans l’eau…

dsc01487rduite.jpg  Le spectacle autour de nous est hallucinant ! dans la rue derrière l’école, d’énormes tas de terre, meubles cassés, sacs plastiques. Les fils électriques sont cachés sous les sacs plastiques qui s’y sont accrochés au moment de la descente des eaux… on se croirait dans un bidonville. Au milieu de tout cela, des enfants jouent. Une association de chinois bouddhistes distribuent des pelles pour aider au déblaiement : ce sont les « casques orange ». La cour de l’école est recouverte d’au moins 20 centimètres de boue. Heureusement, le chemin d’accès aux classes du rez de chaussé est dégagé. Nous découvrons notre lieu de mission : une grande classe dont le sol est recouvert d’une fine couche de terre. Nous trouvons quelques tables et, dans les classes voisines, prenons quelques chaises qui nous semblent moins recouvertes de boue que les autres. Nous installons nos cartons tant bien que mal sur les chaises et sur les quelques tables. Mais avec tout cela, il est déjà l’heure du déjeuner : il nous faut des forces si nous voulons pouvoir travailler. Bien évidemment, il n’y a rien autour pour se restaurer. 2 personnes restent sur place pour garder les médicaments pendant que nous embarquons. Mais pas facile de trouver un endroit pour manger. Nous nous étions dit que nous irons chez Mc Do ou Jolybee, quelque chose de simple, mais tout est fermé : comme les habitants, les restaurants ont été inondés et c’est l’heure du grand nettoyage. Après heure d’embouteillage, nous finissons par trouver un petit resto ouvert et en plus ils ont une formule déjeuner moins chère que Mc Do & Co ! Que demander de mieux !

(Lire la suite…)

Mission Tatalon – Quezon city

Doc a demandé à la police d’assurer la sécurité car le quartier où nous allons n’est pas très sûr. C’est également la police qui est sensée transporter nos médicaments. Mais visiblement, les équipes ont du mal à trouver l’adresse du prieuré et n’ont pas pensé que des cartons de médicaments pour des missions médicales ne peuvent tenir dans un simple coffre de voiture ! Nous embarquons donc avec Blandine et Perrine. Doc est déjà sur place et les médicaments suivront ensuite. Nous découvrons les lieux : une petite classe (sans doute de niveau maternelle compte tenu de la taille des quelques chaises !) donnant sur le terrain de basket qui sert en même temps de sorte de place du barangay.

dsc01381rduite.jpg   Nous avons emporté la bannière flambante neuve imprimé la veille : une image de la vierge, mission Rosa Mystica suite au typhon et le nom des « sponsors » ou organisations contribuant à la mission. Elle est rapidement accrochée à un grand tableau que nous positionnons devant l’entrée de la classe. Rosa Mystica, veillez sur nous pendants nos missions.

Les patients attendent déjà et certaines personnes ont même commencé l’enregistrement. Il y a une foule d’enfants qui se pressent autour de nous. En attendant l’arrivée des médicaments, Perrine et moi tentons d’apprendre aux enfants une chanson de la mélodie du bonheur pendant que Blandine craque devant des petits bébés. Les médicaments finissent par arriver, avec l’abbé Onoda et les volontaires du prieuré. Déchargement des cartons, installation minimaliste compte tenu du manque de place et nous voilà au travail. Blandine et Perrine prennent la tension pendant que je suis à la pharmacie. Nous faisons la connaissance d’Aron, un volontaire Philippin. Seymour, Nelson et Jerwin, jeunes apôtres de Marie, sont là et font leurs armes sur les transcriptions des codes de Doc Cagapé et les préparations. La police assure notre sécurité et amène même du renfort médical : une femme policier est également médecin. On lui trouve rapidement une table et une chaise et la voilà au travail. Le responsable de la police nous remercie de venir aider les philippins et c’est toujours avec autant d’émotion que nous recevons ses remerciements.

Nous ne sommes que 3 à la pharmacie : une personne pour préparer les médicaments, moi pour vérifier et finaliser la préparation et Aron pour donner les prescriptions aux patients. Avec 2 médecins, le rythme est dense et le retard de préparation des médicaments s’accumule. Les patients attendent dehors, et sont de plus en plus nombreux à se presser pour avoir les précieux médicaments qu’ils récupèrent derrières les grilles de la fenêtre de la classe. La pause déjeuner n’a de pause que le temps qu’il faut pour avaler en vitesse un poulet grillé de Jolybee, c’est-à-dire… pas bien longtemps ! Il est temps de se remettre au travail car notre pile d’ordonnance commence à faire peur. Il y a tellement de monde qui attend pour récupérer ses médicaments qu’Aron est obligé de s’époumoner pour appeler les patients. Le personnel du barangay a pitié de lui et lui apporte un mégaphone ! Dans l’après-midi, Perrine abandonne son poste de prise de tension pour m’aider : son aide est bienvenue car les ordonnances s’accumulent et s’accumulent encore. Si ça continue, elles vont bientôt former une colline car nous sommes bientôt interrompus par des voix françaises ! Forcément, je lève le nez, voire je m’approche ! Ce sont des étudiants, principalement de Lille, qui font une année d’échange avec une école de Manille. Suite aux inondations, ils ont monté une association pour venir en aide aux populations. Ce groupe s’occupe plus particulièrement du barangay Tatalong. Certains conduisent des opérations nettoyage tandis que d’autres font des missions médicales. Visiblement, ils ont certains appuis pour avoir des fonds et nous proposent de faire des missions avec eux, étant entendu qu’ils nous fourniraient les médicaments dont nous avons besoin. Echanges de coordonnées et attendons de voir si nous pouvons effectivement faire quelques chose avec eux.

(Lire la suite…)