Escapade a Taal Volcano

Nous avalons rapidement un petit déjeuner après le messe et nous embarquons avec l’abbé Dolotina dans la voiture du prieuré. A l’exception de Doc qui est toujours fiévreux, le noyau dur des missions médicales est là c’est-à-dire Sheryl, Perrine, Blandine, Seymour et Nelson et « ma pomme », bien sûre !

Le Taal Volcano, situé à une cinquantaine de kilomètre de Manille, est une île volcan (comme son nom l’indique) située au milieu d’un cratère beaucoup grand. Il est toujours en activité, même si les dernières éruptions date de 1977.

Le trajet est long en raison du trafic, mais nous ne le voyons pas passer : l’abbé a apporté un CD de chants de Noêl et des chants traditionnels Tagalog chantés par les chœurs de la Loboc River. Alors forcément, nous repartons dans notre voyage à Bohol ! Nous avons aussi droit à un concert en direct avec Seymour qui connaît une des chansons par cœur. En effet, chaque année, au moment du pèlerinage de Bohol, les différents groupes des Apôtres de Marie font un concours de chant et son équipe avait présenté l’un des chants boholano !

       Blandine se prend pour un philippin !

Nous arrivons aux abords du lac. Afin d’avoir une vue globale, nous montons en direction de Tagaytan, mais des pauses s’imposent en cours de route pour admirer le payage : c’est superbe…. !!!! Un volcan au milieu d’un grand lac, des montagnes tout autour, des palmiers, du soleil, un ciel bleu… le rêve ! Blandine se prend pour une philippine et tente de monter pied-nu sur un cocotier. Elle ne se débrouille pas mal ! Nous poursuivons notre montée vers la ville. Les estomacs crient famine alors un petit tout pour acheter un « lechon manok » et nous nous mettons en quête d’un endroit pour pique-niquer. La municipalité de Tagaytan a tout prévu avec un « picnic groove » qui une vue imprenable sur le volcan. Le problème est qu’aujourd’hui est férié et tous les philippins ont eu la même idée que nous ! Résultats des dizaines et dizaines de familles qui pique-niquent partout (avec leur rice cooker bien sûr !) et nous avons bien du mal à trouver un table autour de laquelle nous asseoir. Et ici, pas de petits profits : nous découvrons à nos dépends qu’il faut payer pour avoir le droit de pique-niquer autour d’une table en plus du plus du droit d’entrée pour la voiture et par passagers pour au final, ne bénéficier d’aucun service, si ce n’est une vue imprenable ! Mais maintenant que nous sommes là, profitons de lieux. Pas trop longtemps tout de même car le programme de la journée est loin d’être terminé. Quelques kilomètres plus loin et plus haut, la vue se dégage encore plus avec à droite le lac et le volcan et à gauche la plaine jusqu’à Laguna bay. Mais passons aux choses sérieuses : nous redescendons sur le lac et embarquons à bord d’un petit bateau à balancier rien que pour nous. Le paysage est superbe avec des montagnes, comme s’il y en avait des tas les unes derrières les autres. Le soleil déclinant et le ciel devenu couvert donnent une impression de spectacle irréel. Blandine et Perrine font figure de proue à l’avant tandis que Nelson et Seymour sont à l’arrière pour répartir la charge sur les divers endroits du bateau. A peine 20 minutes de traversée et nous débarquons sur la rive : nous partons maintenant à l’assaut du volcan. Pas besoin de guide ni de monture à cheval, l’abbé connaît le chemin. Nous montons à travers un chemin poussiéreux à souhait et la poussière vole encore plus au passage des chevaux qui redescendent du cratère. En chemin, nous passons à côté de petites fumeroles, témoins de l’activité toujours réelle du volcan. Arrivés en haut, le paysage est magnifique (encore me direz-vous ! Je vous promets, je n’exagère rien : on s’arrêtait toutes les 2 minutes pour admirer et ré-admirer…). Nous surplombons un petit cratère. On a une impression d’immensité avec une vue presque à 360°.

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Archive pour novembre, 2009

Mission Los Banos – Malinta – La reconnaissance d’un barangay

Le Barangay Malinta est lui aussi touché par les inondations. L’école étant en bordure de baie, le centre d’évacuation est un peu plus dans les terres, sous des tentes. Nous n’avons malheureusement pas le temps d’aller le visiter car aujourd’hui, le temps est compté. Des petites filles et un employé du barangay nettoient l’école, tentant comme ils peuvent d’enlever la boue persistante. Notre mission se déroule dans la classe qui jouxte le barangay. Le niveau d’eau atteint lors des inondations a laissé des traces sur les murs, à environ 50 centimètres du sol. L’eau de la baie n’est pas bien loin, à quelques mètres seulement de l’endroit où nous nous sommes et certaines personnes se déplacent en barque.

Nettoyage de l'école                    Juste à côté de l'école : habituellement l'endroit est à sec                   Une barque reconvertie en banc en attendant de voir le médecin                 

L’équipe du barangay est particulièrement accueillante pour cette mission. Ils sont trop contents que des personnes viennent les aider et sans doute très fiers d’avoir l’aide d’étrangers, la première fois pour eux. Lorsque nous arrivons dans notre classe-clinique, des femmes sont déjà en train de disposer les médicaments pour nous donner un coup de main. Dehors, c’est encore calme : normal, le barangay captain a informé les habitants que la mission débuterait à 8h. Les patients qui sont arrivés en avance attendent patiemment, au soleil, assis sur des chaises ou barques qui font office de bancs pour l’occasion. Je croise un petite monsieur, tout courbé, chargé comme un baudet : il a un énorme sac à dos et un grand seau en plastique : sans doute les seules affaires qui lui restent…. Après notre prière traditionnelle, nous débutons tout doucement. Il y a un peu d’embouteillage à l’enregistrement, du coup, nous avons même quelques temps morts dans la suite du process. Tant mieux pour doc car depuis 2 jours il est malade et a de la fièvre. Il est content que nous ayons décidé de rester jusqu’à dimanche matin. Heureusement, servir ses patients le stimule et lui donne l’énergie pour continuer ! Mais ce matin, c’est le calme avant la tempête car ça s’accélère doucement mais sûrement, jusqu’à ce que cela devienne très soutenu. Nous sommes toutes les 3 à la préparation des médicaments, Sheryl se chargeant de donner les consignes aux patients. Les piles d’ordonnances s’accumulent rapidement, surtout lorsque nous sommes toutes les 3 à nous battre avec nos flacons dans lesquels nous devons ajouter l’eau !! Pendant toute la durée de notre mission, Barangay captain est avec nous, essayant de se rendre utile et s’assurant que nous ne manquons de rien. En milieu de matinée, on nous apporte des suman (les bâtons de riz collant enrobés dans des feuilles de banane). C’est l’heure du snack. Mais qui dit pause dit retard de traitement des ordonnances alors ce sera pour plus tard. Mais non, le barangay captain insiste : nous devons prendre notre pause ! Nous n’avons plus qu’à nous exécuter ! D’ailleurs c’est bon, surtout avec la confiture de noix de coco ! Vite, nous nous remettons au travail ! Le rythme est dense mais la bonne humeur toujours là et nous nous mettons à chanter. Pas longtemps hélas car parfois il ne nous est pas possible de chanter et travailler : que voulez-vous, il faut tout de même un minimum de concentration ! Lorsque les médicaments sont préparés, le barangay captain appelle les patients pour que Sheryl leur donne les instructions. A un moment, il prend la parole en tagalog. Nous ne comprenons rien à ce qu’il raconte, mais les patients applaudissent ! Nous pensons que c’est pour Doc. Mais non, il venait de dire aux habitants qu’ils avaient de la chance car des étrangers étaient venus s’occuper d’eux ! Merci Captain ! Les patients sont ravis et nous redemandent des chants ! Quel succès ! Nos cartons de médicaments se vident peu à peu et nous commençons à manquer de certains. Heureusement, nous finissons par voir le bout des patients et nous terminons notre mission à l’heure du déjeuner. Nous avons eu 224 patients en un peu moins de 4h. Bravo Doc !

Blandine en train travail        Une petite filles aux pieds biens abîmés        Sheryl donne les instructions aux patients       

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Mission Los Banos – Bambang

Ce matin Doc nous demande de prendre du paracetamol pour effacer les courbatures de la nuit ! Mais non, Doc, ce n’est pas nécessaire ! La nuit a été moins pire que ce que à quoi je m’attendais.

Nous installons notre mission dans le grand terrain de basket jouxtant le barangay : le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a de la place ! Quelques déménagements tables des bureaux voisins et nous pouvons déballer notre pharmacie. Nous avons le renfort de la sage femme du barangay et c’est tant mieux pour Doc qui n’est pas du tout en forme ce matin. Nous avons également une aide supplémentaire à la pharmacie. Du coup Blandine et moi alternons à la transcription, les équipes du barangay étant à l’enregistrement et à la pesée. Ici il y a un pèse-bébé et il n’est pas nécessaire de peser la maman avec et sans bébé pour avoir le poids de l’enfant. Cette mission est celle des bébés, tous plus élégants et plus rieurs les uns que les autres. Les 3 filles sont complètement gaga avec une mention toute particulière pour Blandine et Sheryl qui craquent complètement pour un bébé joufflu aux cheveux d’iroquois ! Blandine est aux anges quand elle pose avec deux boutchous, un dans chaque bras.

Petite mission « tranquille » (avec tout de même 230 patients), pendant que dans l’école voisine la vie continue son cours malgré les conditions d’hébergement : lessive, préparation du repas, bavardage pendant que les enfants qui rentrent de l’école jouent sous le pré haut. Heureusement pour ces familles, une association caritive est passée ce matin et a remis 1000 pesos (15 euros -- un kilo de riz coûte 30 pesos) à chaque famille.

Avec le barangay captain      La vie continue... malgré les conditions

Nous terminons assez tôt et avons tout loisir de nous « promener » dans une zone inondée. Certaines familles ont regagné leur habitation il y a une semaine lorsque l’eau a commencé à descendre. D’ordinaire les rives de la Laguna sont à 150 mètres des premières habitations. Peut être trouverons-nous des familles nécessiteuses à qui nous pourrons remettre le riz et boites de conserves donnés par Ted. Des planches de bois et bouts de bambou font office de passerelle entre les maisons. Des cordes à linge sont tendues au dessus de l’eau, des barques servent parfois à la circulation. Et au milieu de tout cela des familles qui ont repris leur rythme de vie normale. Les maisons sont en béton, semblent cossues et ce n’est donc pas là que nous laisserons nos victuailles. Nous les remettons finalement au barangay captain : il connaît ses habitants et saura identifier les plus nécessiteux. Il décide de les conserver et de les donner pour Noël aux familles de l’evacuation center où nous sommes intervenus aujourd’hui.

Un humberger (qui suit de peu le déjeuner, mais là encore on ne peut refuser une si gentille attention), des photos officielles avec le barangay captain et nous partons pour un très court trajet vers le barangay Malinta, toujours à Los Banos. La nuit précédente n’ayant pas été la meilleure de notre existence, nous faisons une petite sieste dans les bureaux du barangay. Cette fois, nos hôtes nous ont mis des matelas par terre : quel luxe ! Il y en a 2 pour 4, mais pas de problème, en se serrant on y arrive ! Entre sieste et passage dans l’internet café voisin, l’après-midi est vite passée. Nous nous couchons tôt car nous nous voulons débuter tôt la mission. En effet, nous pensions rentrer à Manille le samedi soir pour avoir la messe le matin au prieuré (Sheryl et Doc auraient été seuls pour la mission du lendemain), mais nous avons finalement changé nos plans. Compte tenu des transports philippins, il faut prévoir de la marge pour ne pas manquer celle du soir.

Mission Santa Rosa – Des familles les pieds dans l’eau

Jeudi : Matinée de repos bien appréciable. Nous retrouvons notre internet café et cette fois, c’est sûr : je rentre le 4 janvier en France…. Un rapide saut à l’appartement pour préparer nos bagages pour les 3 jours à venir et nous partons rejoindre Doc près d’Intramuros. Il nous a proposé un pique nique dans le parc Rizal situé non loin de « chez lui ». Notre intégration philippine est encore perfectible : nous ne prenons pas le bon jeepney et avons finalement un bon trajet à faire à pied ! Nous avons mis tellement de temps que Doc est déjà dans le parc avec Nelson et Seymour lorsque nous arrivons à Eastern ship pour y déposer nos sacs. Nous découvrons alors ce que pique nique veut dire pour les philippins : Doc a fait cuire du riz et nous demande d’apporter le « rice cooker » au Parc Rizal ! Nous nous voyons mal nous trimbaler dans un jeepney ou taxi avec un tel attirail, qui plus est encore fumant, et heureusement, la chaleur encore bien persistante de l’appareil nous donne une bonne excuse pour arriver les mains vides dans le parc. Petits papotages, pieds nus, dans l’herbe : un petit instant de fraîcheur dans la chaleur étouffante de Manille. En fait de pique nique, cela se terminera avec un petit dîner dans notre chambre.

Vendredi, nous partons pour 3 jours de missions situées très proches les unes des autres. Visiblement les barangay peuvent nous héberger : nous économiserons ainsi du temps, de la fatigue et des budgets transports qui deviennent assez conséquents. Cette fois nos emportons tous les médicaments qui nous restent, sans oublier notre « rice cooker » !. Doc trouve un taxi qui est visiblement mal luné : demi-tour plus que hasardeux au milieu trafic dense à la sortie d’un rond-point, signes d’exaspération pour prendre la bonne entrée au terminal de bus… doc nous donnera finalement l’explication : ils ont convenu d’un prix, mais le taxi demande un pourboire conséquent en plus que Doc refuse bien évidemment ! Décidément, ces chauffeurs de taxi … ce sont sans doute les seuls philippins que nous ne regretterons pas !

Le terminal de départ n’est pas loin d’Intramuros. Tant mieux. Mais visiblement, c’est un coup de la Providence si nous trouvons le bon bus. En effet, contrairement aux indications que nous avions reçues, il n’y a habituellement pas de bus pour Santa Rosa (notre lieu de mission) au départ de ce terminal et nous aurions dû traverser Manille et ses bouchons. Lorsque Doc s’en rend compte, il nous demande quelle aurait été notre réaction si nous avions dû changer de terminal. Sans hésitation nous répondons que nous serions allées vers l’autre ! Nous ne savons pas pour combien d’heure de bus nous partons, alors optimisons le temps : le retard de rédaction de chronique s’accumule et il faut profiter de tous les instants pour avancer. Je fais très « business woman » avec mon petit ordinateur sur les genoux pendant le trajet (1h) qui nous paraît bien court après nos trajets fleuve de mercredi soir !

L'entrée du centre d'évacuation où nous réalisons notre mission        Un couple de patients       Blandine fait un heureux !

Une voiture nous attend pour nous conduire sur notre lieu de mission : un evacuation center situé à côté de l’église Sainte Rose de Lima. Nous touchons une nouvelle fois du doigt les conditions dramatiques dans lesquelles vivent ces familles. Dans les classes de cette école, des bâches semblent avoir été suspendues, en guise de cloison, pour préserver un peu d’intimité pour ces pauvres gens. Une faible lumière semble éclairer les classes. Un peu plus loin, dans la cour, au pied de l’église, de grandes tentes ont été dressées, sans doute de véritables fournaises sous le soleil de plomb… Nous choisissons d’établir notre petite clinique ambulante à l’extérieur des classes pour bénéficier d’un peu d’air. Nous avons le renfort de toute une équipe de volontaires du centre de santé. Les « réfugiés » nous impressionnent car certains font également partie des volontaires, telle cette femme à l’état de grossesse très avancée, qui restera debout, une bonne partie de la matinée pour faciliter l’enregistrement des patients. Nous débutons par la prière des infirmières (celle qui figure sur nos ID) : ça y est, une nouvelle mission commence. Comme à Santa Cruz, les familles vivant ici sont intergénérationnelles. Nos premiers patients sont d’ailleurs un couple de personnes âgée : la femme est touchante d’attention pour son mari en fauteuil roulant.

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Mission Santa Cruz – 2 missions en une pour un trajet maxi !

Difficile d’ouvrir les yeux à 4h du matin… Mais nous n’avons pas le choix : si nous voulons avoir le temps de tenir une mission médicale normale, il faut partir tôt compte tenu des distances qui nous séparent de Santa Cruz, notre lieu de mission. Un rapide petit déjeuner avalé, Doc se met en chasse d’un taxi pour aller jusqu’au terminal de bus. Nous apprécions de partir tôt car, au moins, nous évitons les bouchons dantesques de Manille. Arrivés au terminal de bus, nous chargeons les cartons et n’avons plus qu’à attendre le départ, qui, heureusement pour nous, ne tarde pas. Nous embarquons pour près de 3h de bus, climatisé à fond. Malgré la distance, une partie du trajet est vite passée : il faut dire que je dors…. A notre arrivée, la voiture du Provincial Health Officer (PHO) nous attend. Elle nous apprend qu’un médecin néo-Zélandais sera avec nous. Elle fera également son possible pour que nous rencontrions des français présents sur zone. Chic des compatriotes ! Ils sont en fait volontaires de Médecins Sans Frontières. Mais tout d’abord un petit arrêt au barangay hall où nous sommes accueillis à bras ouverts. Même si nous ne sommes pas là pour faire du « public relations », il en faut parfois un peu. Si en plus, cela permet d’obtenir les précieux certificats qui, nous l’espérons, permettront à l’ACIM d’être reconnue ONG, nous le faisons encore plus volontiers!

Aujourd’hui, notre mission a lieu dans un « evacuation center ». En réalité, une école. En entrant, nous apercevons les classes transformées en « maison » pour accueillir les familles qui n’ont plus de maison ou dont les habitations sont encore sous l’eau. Combien y a-t-il de familles par classe, je ne sais pas et par discrétion pour elles, nous n’osons pas nous approcher trop de l’entrée ni prendre de photos. Des marmites, du linge qui sèche, des sacs, des personnes qui dorment à même le sol…. Toutes les petites chaises/bureaux ont été poussées sur le côté pour laisser un peu de place à ces pauvres gens. Cela n’a pas l’air de perturber les enfants qui s’amusent comme des fous dans la cour : saute-mouton, faire rouler des pneus, se prendre plein d’air devant les énormes ventilateurs, courir, faire le poirier…. Des jeux habituels d’enfants car malgré tout, la vie continue.

Doc avait eu des contacts avec la PHO mais il y a eu un petit problème d’interprétation des données : elle pensait que notre équipe était entièrement composée de médecins et a donc prévu des tas de tables de consultation ! Ce n’est bien grave et nous sommes toutes contentes de les récupérer pour notre pharmacie. Nous faisons la connaissance de Lisa, la femme médecin Néo-Zélandaise. Médecin généraliste, c’est la 2ème fois qu’elle part avec MSF. Elle et l’équipe sont arrivés depuis 3 semaines, juste après le passage du typhon Santi. Elle devrait rester ici jusque fin décembre, voire janvier/février. Elle est très souriante et tout son amour des patients transparaît dans son regard. Nous installons notre pharmacie habituelle et, ce matin, Sheryl nous remet un nouvel accessoire : notre ID, bref notre « badge ». Sheryl n’a pas lésiné sur la taille : ils sont énormes ! Mais l’avantage est qu’ils comportent la si belle prière des infirmières, correspondant à la 2ème partie de la prière des volontaires d’ACIM Asia (pour la prière complète, cf la rubrique sur la droite). Perrine et moi avons le rôle officiel de pharmacien ! Houlala !!!!! Doc distribue des antibiotiques à tour de bras : il doit être content, ce sont de « vrais » patients (cf les chroniques des missions de Manille et Tanay en octobre). Nous devenons des pros des mélanges eau-poudre pour préparer les flacons de Cefalexine avec un flacon dans chaque main pour optimiser le temps de traitement !

Pas peu fières avec leurs ID !   Lisa, le médecin Neo-Zelandais   Jeux d'enfants

L’un des français de MSF arrive bientôt. Ingénieur des eaux, il est volontaire MSF depuis plus de 2 ans avant de rentrer, peut être d’ici quelque temps, dans la vie active. Contacté un samedi par MSF, il est parti 3 jours après pour les Philippines ! C’est presque comme ici : il faut être toujours prêt ! Il travaille avec le barangay captain, les équipes de la municipalité et des organisations de Manille pour traiter des problèmes d’alimentation, d’évacuation et de traitement des eaux, que ce soit dans les evacuation center ou dans les zone inondées. Dans l’école où nous sommes, la priorité est la rénovation des toilettes : il n’y en a que 3 en états pour 300 personnes… Les fosses sceptiques seront pleines dans peu de temps…Les journées sont visiblement denses, avec de multiples interlocuteurs, et on sent un jeune passionné par ce qu’il fait. L’équipe de MSF est petite : un médecin, Monique (une infirmière française qui est ici en tant que responsable de la mission), lui et un autre volontaire français. MSF intervient dans le monde entier dans les situations d’urgence, et c’est clair que leurs moyens ne sont pas les nôtres : l’équipe loge à l’hôtel, a des équipements et moyens de communication très poussés, possède une voiture avec chauffeur : des moyens pour une efficacité optimale.

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Mission Alabang – Vive les transports !

Réveil à 6h du matin pour un départ prévu à 7h. Nous embarquons finalement vers 7h30 et cette fois, c’est un trajet « direct » vers Alabang, notre lieu de mission, située dans la partie Sud de Manille, en bordure de la baie. 2h de trajet plus tard, notre chauffeur a un peu de mal à trouver l’endroit, mais finalement, après avoir longé des maisons dont les pieds baignent dans l’eau, nous y voilà : notre mission se déroulera devant la « maison du peuple » (ça fait un peu bizarre aux Philippines, mais bon…) , sur le terrain couvert de basket. D’autres associations doivent se joindre à nous, mais pour le moment, nous sommes les seuls. On nous a parlé de la présence de 4 autres médecins et d’environ 500 patients : la queue de patients ne semble pourtant pas immense : on verra bien.

Nous commençons à installer notre matériel mais Doc, toujours attentionné, nous invite à nous déplacer : nous sommes trop au soleil et allons avoir chaud ! Pendant que nous sortons notre matériel avec une efficacité qui devient impressionnante (à force, on est de vrais pros !) deux autres associations arrivent : nous avons finalement un pharmacien (un vrai !). Philippin vivant en Australie, il passe ses vacances dans son pays d’origine et est venu donner un coup de main, trop sympa ! Nous avons également 3 autres médecins, une autre pharmacie et une flopé de volontaires. Toute cette petite équipe s’installe pendant que Doc se met à la tâche.

 Le pharmacien Philippin, vivant en Australie                     Mais non, Blandine ne vous fera pas mal !

Blandine et Sheryl sont à la prise de tension tandis que Nelson s’atèle à la transcription, Perrine, Seymour et moi à la préparation des médicaments. Comme pour les 3 autres missions précédentes, nous n’avons embarqué qu’une sélection de cartons de médicaments. Certains sont même en rupture de stock et Doc a demandé à Annalie de faire certains achats à Manille. Le mode de fonctionnement entre les 2 pharmacies s’affine peu à peu et finalement, les patients vus par « leurs » médecins sont orientés vers « leur » pharmacie et ceux de Doc vers la nôtre. Bien sûr, en cas de rupture de stock, chaque pharmacie dépanne l’autre. Nous pouvons alors apprécier l’efficacité de notre système de rangement de médicament. En effet, les médicaments de la 2ème pharmacie ne sont pas rangés par ordre alphabétique et certains médicaments ne sont disponibles qu’en échantillons, soit de multiples petites boites contenant une capsule : trouver un médicament s’avère parfois être un bon exercice de patience ! Avoir 2 équipes permet d’assurer un service continu pendant le déjeuner. Décidément, quelle qualité de service ! L’après-midi est relativement courte : nous arrêtons assez tôt pour pouvoir organiser notre retour sur Manille car, contrairement aux premières missions réalisées en octobre, le temps de trajet pour nous rendre sur nos lieux de mission est toujours long et nous devons trouver nous-même nos moyens de locomotions. Nous avons toujours un flot d’enfants en train de jouer autour de nous ou d’attendre patiemment que leur maman, frères et sœurs, aient terminé la visite chez le médecin. En attendant que Nelson nous trouve un Fx (voiture très répandue ici qui permet de loger au bas mot 10 passagers), Blandine transforme des gants chirurgicaux en ballons en forme de poisson, pour le plus grand bonheur des enfants !. Le flot des patients est maintenant terminé et les autres associations plient également bagages. Nous avons eu 280 patients. Nelson revient bredouille et un membre de l’équipe du barangay offre gentiment à Doc de le ramener à Manille avec les cartons de médicaments. Mais son véhicule est trop petit pour que nous embarquions également. Nous rentrerons donc en transport en commun. Nous laissons Doc participer à une petite réunion de debriefing (ça fait très pro ce petit retour d’expérience !), et nous voilà en route pour l’aventure ou plutôt pour l’expédition !

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2 jours pour récupérer

Dimanche, après la messe, nous nous rendons chez McDo pour trouver une connexion internet car, les bonnes choses ayant une fin, je dois songer à mon billet de retour. Manque de chance, le McDo situé non loin du prieuré n’est pas équipé de Wifi. Ce n’est pas grave, nous en profitons pour découvrir leur nouveauté : sundae avec confiture de fraise et chocolat par-dessus la glace : pas mauvais ! Nous rentrons ensuite chez nous pour le déjeuner. Une mauvaise surprise nous attend : la porte de notre chambre est fermée à clé. Je textote la propriétaire en espérant qu’une solution sera trouvée d’ici ce soir. En attendant, petite sieste sur le canapé avant de partir à Greenhill (encore !). Eh oui, nous avons encore quelques emplettes à faire, dont le cadeau de Noël pour les garçons de Gensan. Nous sommes également ravies de trouver un T-shirt « San Miguel » pour Nelson et Seymour. Sur le chemin du retour, nous achetons du chocolat pour le gardien de notre immeuble dont c’est l’anniversaire.

Lorsque nous rentrons, Nelson et Seymour nous attendent : ils ont passé la journée avec abbé Dolotina et les apôtres de Marie : messe à Tanay puis dans l’après-midi à Santa Teresa suivi d’un arrêt à Antipolo avant de rentrer. Nous avons juste 1/2h pour prendre un verre avec eux. Heureusement, pour fêter dimanche, Blandine avait eu une grosse envie de jus de fruit et nous avions donc de quoi prendre un verre ensemble. Nelson a une surprise pour nous : de ses mains, il laisse échapper quelque chose qui ressemble beaucoup à un crockroach et qui tombe sur ma jupe : je hurle de même que Perrine. Ce n’est qu’une bestiole en plastique ! Nelson nous a bien eu et est fier de son coup ! Nous leur offrons les t-shrits. Ils sont ravis et en bons Philippins, tout fiers de poser avec pour la photo ! Mais O surprise, ils ont, eux aussi, un cadeau : pour chacune un bracelet dizainier en perles, béni par l’abbé. C’est trop gentil, ils nous ont déjà tellement gâtée.

La grille de l’immeuble ferme à 21h et ils doivent partir. Nous les reverrons peut être demain soir pour dîner ensemble avant notre mission de mardi. Ciao les gars et encore merci !

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Lundi fut donc une journée de repos. A l’arrivée de nos hôtes dans l’appartement pour le déjeuner (leurs nombreuses maid apportent tous les jours le repas pour les membres de la famille travaillant dans les bureaux en dessous), nous nous mettons dans nos chambres pour ne pas les déranger et décidons de déjeuner après eux. Mais peu avant de repartir travailler, notre propriétaire découvre notre présence et s’excuse de ne pas nous avoir invité à déjeuner avec eux ! Incroyable ! Elle nous invite à nous mettre à table et en 2 minutes, la table est couverte de victuailles : il y en a pour 10 ! Nous passons ensuit une bonne partie de l’après-midi dans un internet café : mails, et recherche de billets d’avion pour mon retour. Blandine et Perrine en profitent pour faire nouvelle visite du mall. Un bref passage à l’appartement puis direction le prieuré pour la messe avant d’aller rejoindre Nelson, Seymour et Doc au port en prévision du départ matinal du lendemain. Pour nous y rendre, nous poursuivons notre intégration philippine en prenant un jeepney sans accompagnateur philippin !!!! Nous prenons un rapide dîner sur les marches de la cathédrale, habitude bien française car il est visiblement impensable ici de s’asseoir sur les marches d’une église. Seymour et Nelson nous y rejoignent : ils reviennent d’avoir acheté un « rice coooker » pour doc et pour faire cuire notre riz lors des prochaines missions ! Doc est déjà couché : il est fatigué et ne se sent pas très bien : espérons qu’il sera en meilleure forme demain !

Missions Mayondon Los Banos : une mission Rosa Mystica complète

Le matin, au prieuré, chargement de la nourriture  Le rendez-vous est fixé à 7h au prieuré. Doc nous rejoint sur place et emporte quelques cartons de médicaments stockés au port. Lorsque nous arrivons, les volontaires du prieuré, sous la direction de Ted, sont en train de charger un camion de victuailles : des sacs de riz, des boites de conserve, de l’eau et que sais-je encore. Doc nous rejoint et, voyant que le chargement était loin d’être terminé, décide de partir avant avec l’un des minibus et les médicaments : nous pourrons ainsi commencer à installer et travailler avant la distribution de nourriture. Ted en profite pour faire embarquer des apôtres de Marie, 3 infirmiers volontaires supplémentaires (Guian, le neveu d’Honeybee et 2 de ses amis). L’abbé Dolotina et un volontaire du prieuré monte également avec nous : nous sommes finalement 16 et plus d’une quinzaine de cartons dans un minibus prévu pour 12. Nous sommes aux philippines donc tout rentre : il y a en sous les pieds, sur les genoux, mais peut importe. C’est parti pour 1h30 à 2h de route. Blandine a pris avec elle un livret avec un condensé de chants : nous donnons un vrai concert pendant près de 2h ! J’espère que nous n’avons pas trop saoulé nos amis philippins. L’abbé est tout content demande qu’on lui enregistre certains chants avant notre retour à Gensan.

Après des heures de bouchons et quelques demi-tours pour trouver notre route, nous arrivons enfin à notre lieu de mission : l’école de Mayondon -- Los Banos. Nous avons mis près de 3h pour faire le trajet ! Notre mission se déroulera sous le pré-haut. L’école est un peu particulière : depuis les inondations de fin septembre, des dizaines et dizaines de familles ayant perdu leur maison y habitent…. Lorsque nous arrivons, c’est déjà la queue et les institutrices attendent avec impatience les formulaires d’enregistrement. Le camion de nourriture ne devant arriver que plus tard et l’autre minibus de volontaires étant lui aussi arrivé, il y a plein de bras disponibles qui veulent tous aider. Dans un sens c’est bien, mais de l’autre, ça va dans tous les sens et ce n’est pas très organisé, c’est même le « boxon » et Nelson est tout content d’apprendre cette expression ! Après une prière dirigée par l’abbé, nous commençons le travail. Chacun finit par trouver petit à petit ses marques et son rôle. Blandine et Sheryl sont à la prise de tension et température pendant que Perrine et moi sommes à la pharmacie, comme d’habitude. Le « boxon » n’est pas que chez nous, il est aussi chez les patients qui ont parfois du mal à attendre en ordre. Après maintes répétitions, nous finissons par obtenir le fonctionnement voulu pour la pharmacie et nous prenons notre rythme de croisière. Nous jonglons tant bien que mal avec certains médicaments car visiblement, au moins un carton est dans le camion de nourriture. Nous sommes très rapidement rejoints par Doctora Araneta : une table, deux chaises et un ventilateurs, et la voilà elle aussi dans le rythme. Nous apprenons alors que le camion de nourriture n’arrivera que bien plus tard : il est en panne !!!!! le gag !

  L'abbé Dolotina     Un petit garçon avec son chapelet         Blandine et une jeune patiente toute timide       Distribution de crayons de couleur par Perrine

Pendant que nous nous activons doucement sur la partie médicale, l’abbé et des apôtres de Marie distribuent les quelques centaines de chapelets qui nous restent ainsi que des images religieuses et médailles. C’est amusant et touchant de voir toutes ces mains qui se tendent. Mais certains enfants ne connaissent pas les prières du chapelet : pas de problème, les voici installés sur les marches de l’estrade et plusieurs apôtres de Marie sont leurs professeurs. Un peu plus tard, les jeunes volontaires écrivent les paroles sur un tableau et c’est à celui qui les retiendra le plus rapidement possible. Il y a de l’ambiance. Les enfants (et même ceratins adultes) sont ensuite tout fier d’arborer leur chapelet autour de leur cou !

Perrine a pris avec elles les petits trésors qu’elle avait emportés de France : crayons de couleurs, scoubidous…. C’est maintenant la distribution : c’est une véritable ruche autour d’elle car chacun veut avoir le sien, quand ce n’est pas plusieurs ! Perrine n’a pas trop la technique pour débuter les scoubidous, mais peut importe, les enfants savent faire à la philippine, c’est-à-dire…. de façon différente de la nôtre !

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Talim Island – Retour sur la terre ferme !

Au petit déjeuner, nous faisons la connaissance de Kate, une amie de notre hôte : c’est un vrai clown. Elle aussi est impressionnée par notre nez ! Décidément !!!! Elle veut que nous chantions, dansions et buvions en l’honneur de l’anniversaire de Blandine, mais cette dernière n’a pas trop envie de se donner en spectacle ! En attendant, j’apprends quelques mots de tagalog supplémentaire dont le menu notre petit déjeuner : du riz frit, ou sinangag en tagalog dans le texte. Ça à l’air simple comme ça, mais c’est très dur à prononcer : « si » puis « na » puis un son bien nasal qui part dans le fond de la gorge et qui se termine par « g » pour faire « ngag ». Exercez-vous, je ferai une interrogation à mon retour !!!

Après quelques bons éclats de rire, nous reprenons notre travail. Certaines petites filles n’ont pas école car leur maîtresse est partie sur l’île le Luzon (l’île principale des Philippines sur laquelle se trouve Manille) et nous avons de nouveau notre petit fan club qui est tout fier de se souvenir de nos noms. Sheryl va mieux et reprend son poste de travail. Ce qui frappe ce matin, c’est l’âge des patients, mais en sens inverse d’hier : nous avons plutôt des grand-pères et grand-mères. Nous avons l’honneur d’avoir la doyenne du barangay, une petite dame de 89 ans, pas très vaillante sur ses jambes, mais qui a une certaine allure. Nous avons également un certain nombre de patients qui souffrent d’hyper tension. Nous donnons un traitement à certains dont la tension est vraiment trop élevée et attendons que cela fasse effet avant de reprendre la tension. C’est seulement lorsque le résultat se sera amélioré (sans être toutefois mirobolant) que les patients pourront voir le médecin. Ce matin là également, nous avons sans doute le plus jeune habitant : un bébé d’1 mois qui repartira avec presque tous les types de gouttes que nous pouvions lui donner. Pauvre bout’chou !. Nous faisons la connaissance de Sabrina, une petite fille potelée de 9 mois pas timide pour un sou et qui passe de bras en bras avec de grands éclats de rire ! Un patient arrive avec les jambes en mauvais état : il a même des trous purulents dans la peau à certains endroits : il s’est fait mal en tombant en tricycle. Il est d’autant plus impressionnant qu’il a presque 6 orteils : une petite excroissance en forme d’orteil s’est formée sur le petit doigt de pied. Blandine doit lui mettre de la pommade mais nous n’en avons pas. Pas de problème : de la poudre dans un sac, un peu d’eau, mélanger le tout et le tour est joué. Il ne reste plus qu’à l’étaler avec des gants. Et le patient repart tout content avec le reste de pommade à appliquer les prochains jours. Un peu plus tard, c’est un monsieur un peu voûté qui se présente : au milieu du dos : un kyste allongé en forme de mangue. De quoi s’agit-il ? Nous ne le savons pas mais mettons de côté ses coordonnées dans l’espoir de pouvoir prendre en charge les analyses et l’éventuelle chirurgie qui en découlerait. Les patients finissent de s’écouler lentement. Nous sommes sur le point de ranger lorsqu’une jeune fille de 16 ans se présente : elle est toute menue, a le regard triste. Elle arrive avec son dossier médical : elle souffre de malformation cardiaque. Dans son service, Blandine a rencontré plusieurs fois des patients souffrant de la même maladie : en soi rien de grave et les opérations se font vers l’âge de 6 à 8 ans. Toutefois, faute de prise en charge, la personne ne peut réaliser aucun effort physique, et le cœur se fatigue très vite jusqu’à l’épuisement complet et la mort. Nous ne savons pas encore si nous pourrons la prendre en charge car d’autres patients attendent déjà notre aide. Nous prenons donc ses coordonnées. Pour la photocopie du dossier, il faudra attendre d’être sur Luzon pour en avoir car sur notre petite île, point de « Xerox » comme on dit aux Philippines.

Regard triste de cette jeune fille qui souffre d'une malformation cardiaque                 Médicaments que nous leur laissons au moment de partir                 dsc03595rduite.jpg

Cette fois, c’est terminé : nous avons vu 280 patients. Nous rangeons nos médicaments mais en laissons au centre de santé car ici point de pharmacie non plus : les « services » sont réduits au minimum et en dehors de la pêche et « l’industrie » d’exploitation du bambou, tout est importé de Luzon.

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Talim Island – un peu d’exotisme pour la reprise !

Aujourd’hui est notre première mission pour notre retour à Manille. Chic, nous revoilà sur le terrain ! Comme toutes celles que nous réaliserons cette fois, notre mission se situe autour de Laguna Bay, le pus grand lac des Philippines, situé au Sud de Manille. Certains endroits ont été touchés par Ondoy (aussi appelé Ketsana), la tempête tropicale qui a fait tant de dégats à Manille. Mais le typhon Santi s’est ensuite abattu le WE du 1er novembre, touchant 14 provinces, et particulièrement la région de Laguna, affectant environ 300 000 personnes et conduisant 15 000 personnes à trouver refuge dans des « evacuation center ». Les communes de la Laguna seront donc notre cadre d’intervention pour les jours à venir. La mission d’aujourd’hui a la particularité de se situer sur une Ile, Talim Island. Un peu d’exotisme pour commencer ! Mabuhay !

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Réveil à 6h ce matin : il faut reprendre le rythme ! Chose surprenante aujourd’hui, le taxi philippin que Doc a réservé est à l’heure ! Qu’est-ce que cela augure ? Hier soir, Doc a fait une sélection de médicaments pour ne pas avoir à transporter notre stock complet. Nous embarquons les cartons et nous voilà partis. Nous pensons que c’est directement pour l’embarquement vers notre Ile car nous sommes censés prendre un bateau à 11h, et bien non ! Notre chauffeur fait le tour des malls : il est en quête du « starmall » où se trouve un centre de location de voiture avec chauffeur. Compte tenu de l’heure, le trafic est dense, et notre chauffeur ayant la bonne idée en plus de se perdre, nous arrivons à l’endroit prévu 2h après notre départ, alors qu’il en aurait fallut 30 minutes ! Changement de voiture et c’est reparti pour 1h30 de route. En dehors d’un endroit inondé où nous avons de l’eau jusqu’à la moitié des roues, je ne vois pas grand-chose du paysage car je textote : que voulez-vous, c’est la poursuite de l’intégration philippine ! En fait, nous sommes en train de régler des problèmes de logement car l’abbé Dolotina nous apprend pendant le trajet que notre ancien « palace » est de nouveau disponible, si l’une de nous accepte de dormir par terre et de respecter quelques contraintes horaires. Quelques instants de réflexion et discussion avec Doc et la décision est prise : entre un logement onéreux pour se serrer à 5 dans une fournaise en dormant sur le sol et une grande chambre gratuite climatisée avec grands espaces ayant les mêmes contraintes horaires que la fournaise, il n’y a pas photo : nous réintégrerons nos appartements ! J’avoue que cette perspective nous enchante tous car passer 2 semaines dans les conditions initialement prévues ne laissaient pas présager un bon repos, mais à la guerre comme à la guerre : nous sommes ici en mission, nous aurions fait avec.

Nous finissons par arriver au port. Enfin, port est un bien grand mot ! Le long d’une route, des échoppes de poissons et morceaux de glace pilée. Juste à côté, la baie. Sur le bord, l’eau est recouverte de verdure et fleurs violettes : c’est très beau. En face de nous, une toute petite île dont on aperçoit quelques bicoques. Notre bateau est une sorte de grande et longue barque avec des flotteurs en bambou sur le côté. Il est plus de 11h30 et bien entendu, le bateau de 11h est parti sans nous. Nous chargeons les cartons de médicaments et nos sacs et attendons … jusqu’à ce que Blandine demande combien de temps nous devons attendre. La réponse est un peu décevante : jusqu’à 14h30 !!!! Nos faisons répéter et c’est toujours la même réponse ! Ne nous énervons pas, nous sommes aux Philippines : il ne nous reste plus qu’à prendre notre mal en patience et déjeuner car même si notre barangay d’accueil a prévu un déjeuner pour nous, nous ne serons pas là bas avant 15h30 au mieux… Doc pense un moment à occuper le temps en faisant une mission médicale sur la micro-île juste en face, mais ne rêvons pas, pour le coup, nous n’avons pas assez de temps ! En revanche, il y a juste ce qu’il faut pour faire une sieste sur les planches de bois qui servent de sièges pour les passagers : ça fait du bien ! D’autre passagers embarquent dont un vieux monsieur sur une sorte de chaise longue : il est sous assistance respiratoire. Les moteurs se mettent en route. Pour la sortie du « port », un homme s’arque boute sur une grande perche en bambou pour déplace le bateau. Nous voilà partis. Nous nous mettons rapidement à l’avant du bateau, dehors tandis que les autres passagers sont sagement assis au fond de la barque. Nous faisons régulièrement éclabousser : c’est très sympa ! Toutefois, la jupe n’est pas trop trempée car avec le vent, j’en fais une sorte de voile et ça limite les dégats.

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