Balik sa Bohol !

Après les 3 jours extraordinaires passés à Bohol, c’est bientôt l’heure de la séparation. Les filles ont prolongé jusque tard la soirée avec les garçons, mais il est 5h30 et il faut se lever : les garçons doivent partir à 6h pour prendre leur avion. Nous avons prévu de leur faire un livre souvenir de notre mois à Manille et de notre séjour à Bohol, mais ne voulons pas les quitter sans leur donner un petit quelque chose. Heureusement, avec notre orgie de courses de chocolat à Subic, nous avons des réserves et pour eux, ce sera un paquet de mini-tobleronne au chocolat noir-lait-blanc. Deux cartes postales de Bohol, un petit message au dos, mélange de tagalog, boholano, anglais et français : « c’est parfait ! » Les garçons ont visiblement du mal à émerger car nos sommes les premières à la salle à manger. Seymour arrive, suivi de peu par Nelson qui, toujours soucieux de son allure, jette un coup d’oeil au miroir avant de se mettre à table ! Petit déjeuner vite avalé, photo souvenir dehors, un multicab arrive : tant mieux pour nos 2 guides car on sent bien qu’ils sont tristes de nous quitter et il faut mieux une rapide séparation.

dsc03160rduite.jpg  Ainsi s’achève une partie de notre aventure à Manille : deux jeunes apôtres de Marie, dynamiques et ouverts, qui ont été pour nous des interprètes, des assistants pharmaciens, des guides, des anges gardiens, des amis, avec qui nous avons vécu cette expérience extraordinaire des missions de Manille et des environs, partagé de bonnes parties de rires et chansons, qui nous ont fait partager la richesse toute intérieur de leur pays et leur amour de « la plus belle île des Philippines » : je veux parler de Bohol bien sûr !

« Balik sa Bohol , balik », comme dit la chanson : reviens à Bohol !

C’est bien beau tout cela, mais il faut aussi boucler nos sacs car une nouvelle mission nous attend : à Cébu cette fois et nous nous y rendons en bateau. Nous n’avons pas les horaires, mais peu importe, les liaisons Tagbilaran-Cebu sont très régulières et puis…. Nous sommes habituées à attendre !

La tante de Seymour est adorable et s’occupe du transport de nos bagage : elle travaille au port et connaît certains porteurs !  C’est incroyable : partout où nous allons, nous rencontrons les personnes qui ont les contacts qui font que tout coule à merveille. Nous sommes sensées partir à 9h30, mais à l’heure dite, toujours pas de bateau et aucune annonce : « welcome to the Philippines » comme dirait Seymour. Nous ne voyons pas le temps passer car nous avons reçu des tas de SMS ces derniers jours et n’avons eu le temps d’y répondre. C’est touchant de voir que nos amis philippins continuent à se soucier de nous : Doc Cagapé, l’abbé Dolotina sans oublier Doc Lee et son épouse Mia qui suggèrent même que Jean Pierre Dickes déménage les bureau de l’Acim dans une île plus sûre pour les étranger et où on peut avoir la messe quotidienne. Non, ce n’est pas Bohol, mais IloIlo sur une île proche de Cebu. Jean Pierre, qu’en penses-tu ?

Notre bateau finit par arriver et nous quittons Bohol avec plus d’une heure de retard sur l’horaire. Les 2 heures de traversées sont d’autant plus vite passées que nous profitons du trajet pour relire le journal de bord que Perrine et Blandine ont écrit depuis notre départ de Gensan…. Il y a plus d’un mois ! Que de souvenirs et bonnes parties de rires à l’évocation d’anecdote cocasses ! Les passagers doivent nous trouver bien bruyantes, mais qu’importe !

Mum Gloria (comme on dit ici) nous attend à l’hôpital où elle travaille. Infirmière militaire retraitée mais ayant repris du service pour les anciens soldats américains basés aux Philippines, elle ne semble pas surchargée de travail et est le point de contact de l’ACIM à Cébu. Elle ressemble à tout sauf à une philippine. Et pour cause, elle est à 25% espagnole, 25 % Australienne et 50 % philippines. C’est rigolo, elle fait un peut penser à Mum Beckie de Davao, très expressive ! Elle ne peut nous héberger et devons donc loger dans un hôtel : l’une des adresses mentionnées dans le guide est à côté de son hôpital, impeccable ! D’autant que la pension s’appelle « c’est la vie ! » : on ne peut qu’y être bien ! Nous prenons une chambre à deux lits, mais en les rassemblant, on arrivera bien à dormir à 3 et économiser ainsi quelques centaines de pesos correspondant au prix d’un matelas supplémentaire (d’ailleurs, je ne sais pas où on aurait pu caser un 3ème lit !).

Dans l’après-midi, nous nous rendons à Gaza Sa Gugma, (littéralement : le Cadeau de la Charité), en réalité un mouroir pour les pauvres gens, tenu par les religieuses Missionnaires de la Charité, congrégation fondée par Mère Teresa. Leur mission est de « se vouer au service des plus pauvres d’entre les pauvres, de ceux qui ne peuvent les dédommager de leur peine, dont on attend rien en retour ». Leur ordre ne vit que de dons et refuse toute aide gouvernementale pour s’abandonner entièrement à la Providence. Sœur Pei Ling est religieuse depuis 35 ans : Dieu ne les a jamais abandonnées. La communauté de cette maison est composée de 4 religieuses professes et de 6 postulantes, toutes venues de différents pays. Dès l’entrée, le ton est donné : un petit panneau sous la cloche incite les visiteurs à prier un « Je Vous Salue Marie » en attendant l’arrivée des sœurs. Nous leur apporterons des « couches » pour personnes âgées incontinentes. Les cartons expédiés de France par Bernadette & Jean Pierre sont stockés à la chapelle tradie Cébu mais l’endroit est trop loin pour que allions les chercher ce soir. Soeur Pei Ling est ravie de ce que nous lui promettons d’apporter car ils en ont grandement besoin ! Nous faisons donc une rapide visite à la Gaza : nous n’avons qu’un bref aperçu de la maison, mais ce qui frappe tout d’abord la chapelle en bonne place, avec une exposition hebdomadaire du Saint Sacrement. C’est également la présence de dortoirs et non de petites chambres. Nombre de patients sont dehors et semblent plus ou moins valides. Pas le temps de nous attarder : nous découvrirons cela demain lorsque nous reviendrons apporter les  cartons.

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En attendant, nous avons un peu de temps devant nous : passage obligé par la Cathédrale du Santo Nino de Cebu. L’enfant Jésus de Cébu est le patron de l’île et les habitants ont très grande dévotion envers lui. Une statue de l’enfant de Jésus a été apportée d’Espagne par Magellan. Après avoir été perdue puis retrouvée au XVIè siècle, la statue est restée intacte malgré de nombreuses péripéties. Une foule immense assiste à la messe célébrée devant l’esplanade car la cathédrale est bien trop petite pour accueillir tous les fidèles. Les philippins font la queue pour vénérer l’enfant Jésus et lorsqu’ils arrivent devant la statue, ils frappent d’abord sur la vitre qui protège la statue, appliquent un petit chiffon sur le carreau, confient leurs intention et font un petit geste d’au-revoir avant de partir. C’est mignon, c’est comme s’ils Lui parlaient de vive voix ! A l’extérieur, on se croirait à Lourdes avec les mini-boutiques qui vendent de petites bougies et produits religieux qui rivalisent de mauvais goût ! Un peu plus loin, une autre église importante de Cébu : il est plus de 18h et l’église est pleine pour la messe du soir. De même, le Saint Sacrement est exposé dans une petite chapelle que les passants ne peuvent pas manquer de voir : une petite quinzaine de personne y prie.

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Nous dînons dans une petit resto en face avec de grandes discussions, bien sérieuses pour une longue journée ! Mauvaise surprise au moment de payer l’addition : le serveur apporte une note faisant figurer des frais supplémentaires de service. J’ai comme l’impression que sous prétexte que nous sommes françaises, on veut nous faire cracher un peu plus au bassinet ! C’est mal me connaître mon p’tit gars ! Discussion et preuve à l’appui que les prix pratiqués aux Philippines sont service compris, nous ne payons que le prix figurant sur la carte ! Ah mais !

Nous n’avons pas encore pris nos billets de retour pour Gensan et nous mettons en quête d’un ciber café pour faire la résa par internet. En fait de ciber café où s’alignent les ordinateurs impersonnels, nous trouvons un bon petit café style lounge avec connexion wifi et une petite carte bien sympathique ! Décidément, allons-nous reprendre nos goûts de luxe ?!?! Soyons raisonnable, juste un petit shake, histoire d’avoir des fruits !

A priori, nous devrions rentrer lundi à Gensan, mais… pas si sûr. Nous avons été impressionnées par le peu que nous avons vu de la maison de « retraite » et nous aimerions pouvoir y aider : visiblement les volontaires sont les bienvenus, alors autant en profiter. Mais cela veut dire aussi des frais supplémentaires de logement pour l’Acim. Un mail à nos boss Jean Pierre et Yolly et il ne reste plus qu’à attendre demain la réponse (par SMS ! vive le tel portable philippin). Ah, c’est beau la technologie !

Et à la grâce de Dieu pour la suite de notre séjour à Cébu !