Anniversaire – de Gensan à Manille

Mardi 17 Novembre 

Journée consacrée aux rédactions de chroniques, mais également d’articles que nous a demandé Jean Pierre. Dans l’après-midi, nous avons la visite d’un patient, un petit enfant avec un énorme méningo-encéphalocèle, mais que cela n’a pas l’air de perturber car il est rieur et adore jouer avec le clavier de l’ordinateur, sur les genoux de Blandine. Décidément, que d’enfants soufrant de cette maladie ici. En France, nous ne les voyons sans doute pas car ils sont opérés très tôt après la naissance.

Mais le plus important de la journée se déroule le soir. Demain, c’est l’anniversaire de Blandine, mais nous ne serons plus là pour le lui souhaiter (ou presque car nous décollons en début d’après-midi) alors, ce sera pour ce soir. Bien sûr, Blandine ne se doute de rien ! Pendant que nous sommes plongées sur nos claviers et écrans, la table est dressée à l’extérieur : rien d’anormal, nous dînons parfois dehors. Alors que je discute avec Yolly, Perrine nous rejoint et nous la mettons dans le coup. Blandine nous rejoint et s’amuse de voir les ballons de confirmation accrochés à la table. Je lui bafouille un je ne sais quoi d’explication qui semble la satisfaire. A la fin du dîner, Judith arrive avec un énorme gâteau philippin, c’est-à-dire épais et tout recouvert de crème au beurre. Mais la déco est top : des tas de petits fruits en sucre, deux énormes bougies avec son âge et un gros « happy birthday Blandine ». Blandine ne s’y attendait absolument pas et c’est amusant de voir sa réaction. Chaque Philippin est ensuite invité à porter un toast à Blandine. Sheryl a une façon toute à elle de s’exécuter et réalise la prouesse de ressortir en français tous les mots de vocabulaires du corps humain appris le dimanche ! Quel exploit ! La soirée se poursuit avec moult chansons et éclats de rire avant de rentrer dans notre petite maison : nous devons faire nos valises pour notre nouveau départ à Manille.

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Mercredi 18 novembre

Cette fois, c’est le jour J, à double titre : l’anniversaire de Blandine et notre départ de Manille.

Le matin, pendant sa douche, nous lui confectionnons un chemin fléché (ancienne guide oblige !) avec des mentos, jusqu’à son sac dans lequel nos avons caché son cadeau : des sets de tables en bambou. Comme nous lui avons fêté son anniversaire la veille, elle ne s’y attend pas du tout : c’est assez rigolo.

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Mais pas le temps de nous attarder trop. Nous bouclons nos sacs et nous voilà prêtes. Notre trajet jusqu’au bureau est assez épique : nous avons chacune un sac de voyage + un petit sac à dos et au global 2 ventilateurs (tous les soirs nous trimbalons 2 ventilateurs du bureau pour avoir un peu d’air dans notre chez nous). La voiture du bureau ne marche plus et il faut charger tout cela sur un tricycab en plus de nous 3, de Wilmer et de Marie Car. Ça vaut son pesant de cacahouette ! En arrivant, et en l’honneur de l’anniversaire de Blandine, nous avons droit à un petit déjeuner à la cantine avec fruits frais : un vrai régal. Nous faisons la connaissance de Jérome, un chevalier Notre Dame basé à Gensan. Infirmier, il travaille dans la recherche et visiblement, il se déplace pas mal à l’étranger. Avec tout ça, la matinée passe à toute vitesse. Sheryl part avec nous et emmène un accessoire assez amusant : un mini oreiller que l’on peut porter sur le dos, faisant comme des ailes. Trop cute !

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Archive pour novembre, 2009

Confirmations

Les journées passent à toute allure, trop vite à notre goût car nos mains ont beau s’activer sur les claviers, la mise à jour de nos blogs avance doucement… mais sûrement. Doc est passé vendredi : il part dimanche à Manille pour préparer les prochaines missions. Nous partirons le rejoindre plus tard, nous ne savons pas encore quand.

Yolly, Marie Car et Judith continuent à dispenser les cours de catéchisme pour les confirmants et surtout font passer et repasser l’examen fatidique. C’est amusant de voir les confirmants en train de réviser les cours. Les candidats sont plus ou moins stressés.

Dimanche soir, nous donnons un cours de français. Malheureusement, nos catéchistes ne peuvent se joindre à nous. Nous avons préparé un petit programme : tout d’abord l’alphabet, puis les sons composés avec, à chaque fois, un mot (vocabulaire du corps) pour utiliser le son. Cela paraît simple, mais ce n’est pas facile pour eux. Notamment, ils « apprécient » particulièrement le « u » et le « r » et Perrine doit faire appel à toute sa pédagogie pour arriver à les leur faire prononcer. La deuxième étape consiste en l’apprentissage d’un dialogue simple. Le groupe est partagé en deux et chaque groupe doit arriver à dire son dialogue avec le moins d’accent anglais possible. Les élèves essayent d’être appliqués, mais les éclats de rire fusent ! L’apprentissage est laborieux, mais ils finissent par y arriver.

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Lundi est le grand jour, le jour des confirmations. Au bureau, c’est un peu l’agitation juste avant la cérémonie pour finir d’imprimer les derniers cartons avec les noms de baptême des enfants. Nous finissons de préparer quelques chants pour la cérémonie et la messe qui suivra. La chapelle a été également préparée avec en plus l’impression de deux « bannières » de bienvenue, l’ajout d’un petit portique en bois surmonté d’un croix devant la chapelle. 7 ballons représentant les 7 dons du Saint Esprit sont également accrochés à la grille d’entrée. C’est à la fois enfantin, mais touchant de voir ces philippins qui mettent tout leur cœur pour accueillir un tel visiteur. La chapelle est pleine et les enfants ont fait leur possible pour être bien habillés. Ils sont 29, venus de Gensan, Marbel (à 1h de Gensan) et Davao. Et encore, tous n’ont pu se libérer (en raison de l’école) ou obtenir le précieux extrait de baptême indispensable pour finaliser le dossier. Le bureau a aussi ses confirmants avec Patrick, Aldi ainsi que Judith et Marie-Car qui se font confirmer sous conditions. Je suis très touchée car elles m’ont demandé d’être leur marraine de confirmation. Je suis donc leur Ninang et elles sont mes ina-anak. Monseigneur est arrivé ce matin de Manille où des confirmations ont eu lieu la veille. Il n’est pas très en forme et a la malchance d’expérimenter une coupure d’électricité. Résultat : pas de lumière, pas de micro et surtout pas de ventilateur alors qu’on étouffe presque à l’intérieur de la chapelle. Les coupures d’électricité sont très fréquentes ici, mais durent rarement plus d’une heure. Celle-ci durera jusqu’au-delà de la nuit tombée…. A l’issue de la cérémonie, séance photos obligatoire. La journée se termine par un dîner avec Monseigneur et de nombreux fidèles autour d’assiettes très philippines !

Dans la soirée, Doc nous texte le programme des missions à venir : 7 lieux de missions différents en 1,5 semaine. Les choses se précisent ! Nous partons mercredi et une mission nous attend dès le lendemain.

Retour à Gensan

Nous voilà de nouveau prêtes avec notre chargement de bagages. Nous n’avons pas de mal à trouver un taxi et disons au revoir à notre petite pension : « c’est la vie ! ». Des blanches, avec des tas de bagages, en direction de l’aéroport : la bonne aubaine pour certains ! Nous montons en voiture mais le chauffeur n’a pas mis son compteur (d’ailleurs, il n’apparaît pas sur son tableau de bord). Je ne l’avais pas noté au départ et c’est lui qui s’est « trahi » en voulant négocier le prix de la course. Avec nous, ça ne marche pas : c’est le prix affiché au compteur ou bien on descend ! J’insiste donc et il finit par nous dégoter son appareil, au fond d’un tiroir. Il n’est pas comptent, mais tant pis ! Les choses se corsent vite. La route pour se rendre à l’aéroport passe devant la Gaza Sa Gugma. A mi-parcours de ce trajet que nous connaissons par cœur, le prix affiché est déjà celui de la course totale habituelle. Le compteur serait-il trafiqué ? Je fais part de ma surprise au chauffeur qui semble bien embêté pour me répondre et reste muet devant mes demandes d’explications. Ça sent le roussi ! Devant la réaction du chauffeur, nous décidons d’arrêter là notre trajet. Le chauffeur fait mine de ne pas comprendre puis prétexte que nous sommes dans une rue où il n’est pas possible de stopper. La bonne excuse ! Nous nous retrouvons finalement sur le trottoir avec armes et bagages en priant pour qu’un taxi libre passe par là. Fort heureusement, nous n’avons pas trop longtemps à attendre et tombons, cette fois, sur un chauffeur de taxi honnête.

Nous voyageons sans encombre jusqu’à notre cher Gensan. La voiture du bureau n’est pas encore là lorsque nous débarquons et nous les attendons donc au grand désespoir des chauffeurs de taxi qui se pressent pour nous proposer leurs services. Il faut beau et chaud, comme très très souvent ici, et les philippins, toujours aussi attentionnés, nous proposent même un endroit à l’ombre. Marie Car et Judith arrivent finalement et nous sommes toute contente de les retrouver après une si longue absence.

Plusieurs surprises nous attendent. Les Chevaliers Notre Dame de Manille ont reçu des dons de leurs homologues français (ceux que vous voyez régulièrement aux Pélés de Chartres et Lourdes) pour venir en aide aux Philippins victimes des inondations. Ils organisent une mission médicale et de distribution de nourriture le 21 novembre prochain, au Sud de Manille. Ils ont demandé à Doc Cagapé de venir. Ce dernier souhaite en profiter pour conduire d’autres missions médicales dans la région, avec les stocks de médicaments que nous avons laissé au prieuré. Il est question que nous partions également, mais pour le moment rien n’est confirmé. A peine rentrée et déjà sur le départ ? Cette perspective nous enchante, mais ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué, pour le moment, ce ne sont que des réflexions en cours !

La deuxième est gastronomique ! Aujourd’hui, Yolly a prévu un déjeuner au restaurant. Nous expliquons à Judith et Marie Car qu’un déjeuner au bureau ou dans notre petite cantine habituelle nous convient très bien. Mais non, notre déjeuner est en fait une mission. Ah… ! Monseigneur Tissiers de Mallerais doit venir la semaine prochaine pour les confirmations. Yolly a demandé à ce que nous testions le restaurant de l’hôtel dans lequel il va séjourner afin d’identifier des plats appréciables par un européen ! Nous n’avons pas le choix, mais ce n’est pas désagréable ! Nous sommes juste un peu gênées car nos deux amies nous laissent seules dans ce restaurant qui nous change bien de notre petite cantine à la chaleur étouffante. Nous pouvons gérer sans problème le resto, mais cela nous aurait fait plaisir de partager ce moment avec elles. Comme pour tout repas français, nous prévoyons entrée et plat contrairement à nos repas habituels composé de riz et viande/poisson. Pour élargir le test, nous prenons chacune un plat différent. Quelle n’est pas notre surprise lorsqu’on voit arriver 3 entrée et 3 plats qui peuvent, chacun, convenir pour 2 personnes, si ce n’est 3 ! Heureusement, les doggy bags sont très fréquents ici et rien ne sera perdu !

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De retour au bureau l’après-midi, nous retrouvons notre chère Yolly qui fait plaisir à voir : les traits tiré et fatigués au moment de notre départ ont laissé place à un visage détendu. Elle a été bien occupée pendant notre absence avec, entre autre, les patients et la mise en place de récitation de chapelet chez certains d’entre eux, le catéchisme pendant la période de vacances de fin octobre et dernièrement avec l’annonce des confirmations à Gensan : c’est elle et l’équipe des Apôtres de Marie d’ici qui se chargent de préparer les candidats à la confirmation et de valider leur aptitude à recevoir ce sacrement.

Nous n’avons pas vu passer ces 6 semaines et durant cette période, les connexions internet étaient rares, souvent rapides, et surtout consacrées à des reporting et envois de photos pour Yolly, Jean Pierre et l’abbé Couture. Nous nous mettons donc d’arrache pied à la mise à jour de nos blogs pour faire partager ces moments merveilleux que nous avons vécu. Nous n’en revenons pas encore…. Tout s’est enchaîné si facilement et si rapidement… y compris notre départ à Manille qui s’est décidé en 2 jours… incroyable… mais vrai !

Aujourd’hui c’est l’anniversaire de Damien j’ai la joie de l’avoir par Skype ainsi que Bénédicte et les enfants pour leur faire partager les premières impressions de cette merveilleuse aventure. Le soir, fini le grand appartement propre et climatisé dans lequel nous logions à Manille, nous retrouvons notre petite maison. Nous nous attendions à pomper et repomper pour avoir notre eau, mais oh, surprise, le plombier est passé et la pompe électrique fonctionne : théoriquement, l’eau doit couler au robinet. Quel progrès ! Dans la pratique, ça marche pendant un temps, jusqu’à ce que la pompe débloque. On repasse alors en mode manuel, mais là aussi, la mécanique grince des dents et j’ai peur de tout casser en voulant activer la pompe. Heureusement, Wilmer est là et bidouille un petit quelque chose : ça remarche. Welcome to the Philippines !

Rencontre avec les Mary Queen of Heaven Missionaries

Cet apres-midi, nous avons rendez-vous avec des religieuses qui aident les prostituees qui souhaitent s’en sortir. Nous avons donc une petite matinée pour nous en perspectives. Ça commence par une petite grasse mat, mais il faut tout de même songer à réveiller les filles sinon, nous ne ferons rien ce matin ! Hop, taxi et direction le fort San Pedro, en bordure de mer. C’est une grosse forteresse en forme de triangle. A l’intérieur et sur les remparts, de sympathiques jardins, un cadre idéal pour des photos ! D’ailleurs Blandine devient grand reporter, spécialisée dans les espèces florales ! Le début d’une nouvelle vocation pour une reconversion à son retour en France ? Petite flânerie au soleil, petit concert de guitare donné par des aveugles : un petit air de vacances. Nous ne pouvons trop tarder car nous avons rendez-vous à 13h30 avec Mum Gloria et nous devons  déjeuner avant, sans oublier un petit passage par un mall pour un peu de shopping. C’est un arrêt qui valait la peine : nous trouvons les cadeaux de Noël pour toutes nos amies de Gensan. Pour les garçons, il va falloir se casser la tête.

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Nous arrivons à l’hôpital en même que des religieuses habillées en rose : ce doit être « les nôtres ». Nous faisons donc connaissance dans l’escalier de l’hôpital. Elles sont 3, dont Sister Corazon, la fondatrice. Elle nous présente leur œuvre. Leur ordre, les Mary Queen of Heaven Missionaries, a été fondé en 1996. Elles sont 16 religieuses professes, 5 novices et 2 postulantes, basées à Cébu. Le rose de leur habit représente la joie et la compassion tandis que le blanc de leur voile représente la pureté. Elles ont pour mission de venir en aide aux prostituées. Elles font de l’apostolat auprès des prostituees et s’organisent pour sortir de leur situation celles qui le souhaitent. Elles les accueillent dans une maison où, petit à petit, en plus du soutient psychologique, elles leur apprennent à vivre normalement, leur donnent une instruction religieuse, développent des activités pour qu’elles puissent gagner honnêtement leur vie avant de les laisser retourner dans le monde. Elles s’occupent également de leurs enfants et prennent en charge leur scolarité. Contrairement à d’autres congrégations ayant une vocation similaire, elles n’ont pas de limite d’âge. En moyenne les filles accueillies ont une trentaine d’années. La plus jeune avait 13 ans et se prostituait de puis l’âge de 10 ans… La pauvreté etant la cause principale de la prostitution, les sœurs se rendent dans les villages reculés et conduisent des missions alimentaires, médicales, fournissent une assistance scolaire sans oublier bien sûr l’instruction religieuse. Elles ont ouvert leur maison d’accueil en 2004. Malheureusement, elle a brûlé début juillet. Il n’est resté qu’un cadre, celui de la Vierge de Notre Dame de Guadalupe. Et les petites religieuses sont toutes heureuses de voir ainsi le signe la protection de la Vierge sur leur œuvre. Elles sont rentrées en contact avec Mum Gloria à l’occasion de petites presentations qu’elles ont pour faire connaître leur œuvre. Nous prenons leurs coordonnées et parlerons de leur œuvre à Yolly et Jean Pierre. Cependant, nous ne pouvons prendre aucun engagement d’aide. En revanche, nous leur laissons nos coordonnées car elles prévoient de venir en France pour trouver des sponsors : nous pourrons peut être leur donner des noms de contacts pour des conférences. Séance photo avant de nous séparer. Entre les filles et les sœurs, c’est l’entente parfaite : la pink team ! Il n’y a que moi qui fais tache avec mon T-shirt bleu. Après le départ des sœurs, Mum Gloria nous montre des photos des glissements de terrain de Baguio : c’est impressionnant. Quand aux commentaires, nous nous croyons au cinéma ! Sacré Mum Gloria ! Avant de partir, elle nous donne des T-shirt humoristiques sur les infirmières. Ce sera pour nos prochaines missions médicales. En attendant, il faudra trouver un peu de place dans nos bagages au bord de l’explosion !

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Il nous reste encore un peu de temps et faisons un dernier passage à la basilique du Santo Nino et a la croix de Magellan, croix plantée par Magellan, le 4 avril 1521, pour marquer l’endroit où les premiers Philippins chrétiens, Rajah Humabon et la reine Juana, furent baptisés par Fr. Pedro Valderama. Nous ne nous pressons pas pour aller dîner car Mum Gloria nous a servi des frittes et humberger Jolibee à 15h. Même le coca avait un goût particulier ! Un conseil si vous venez aux Philippines, laissez Jollibee aux philippins qui sauront en apprécier les saveurs et allez retrouver McDo !

Dernière nuit à Cebu, dernière nuit de notre aventure si riche : demain matin, nous rentrons à Gensan 40 jours après l’avoir quitté : nous étions sensées partir pour 1 ou 2 semaines. Mais que de rencontres, de moments forts, d’émotions, de joies, d’images extraordinaires …. Deo gratias pour ces merveilleuses semaines !

Au revoir Chères Lolas

Aujourd’hui est notre dernier jour à la Gaza Sa Gugma. Lorsque nous arrivons, la sœur nous demande d’aider à la lessive. Dans un coin, des femmes plus ou moins jeunes, des élèves aides soignantes et des postulantes s’activent à la lessive. Assises sur des petits tabourets, les mains dans une bassine, armées de lessive, brosses et planches, ça frotte dur ! Car ici, comme dans la grande majorité des familles philippines, la lessive se fait à la main et à l’eau froide. L’eau de pluie est récupérée et une pompe digne de figurer dans les antiquités alimente les bacs. Et il y a de quoi faire ! Imaginez 75 patients pour lesquels vous changez chaque jour 50 % des draps et 100 % des vêtements ! Nous sommes assignées au rinçage et essorage du linge. Trempage, retrempage et re-retrempage avant de tordre le linge : nous allons devenir des expertes ! On nous prête de grands tabliers, mais nos jupes sont rapidement aussi trempées que le linge. Quant à nos pieds, ils pataugent régulièrement dans l’eau vidée des bacs de lessive. Vive les tongs ! Comme souvent pendant les missions médicales, nous nous mettons à chanter tout en travaillant. Les postulantes en redemandent et nous commençons à leur apprendre le « Je vous salue Marie », à une voix pour commencer. Elles en redemandent et nous enchaînons sur notre répertoire de chants de Noël. Nous ne voyons pas le temps passer et en moins de 2 heures, le travail est terminé. Les mains sont bien rouges à force d’essorer le linge, mais nous n’osons pas trop les regarder ni faire de remarque car nous pensons aux « laundry women » qui font cela tous les jours ou presque…

Juste à côté, de bonnes odeurs de cuisine : c’est bientôt l’heure du repas. Nous faisons ensuite la connaissance d’une volontaire d’une soixantaine d’année. Cela fait 8 ans qu’elle vient aider ici : catéchisme, épluchage des légumes, service des repas. A la mort de son mari puis de l’une de ses filles, elle est venue « travailler » ici. Le Bon Dieu lui a pris son mari car Il voulait qu’elle vienne aider ici nous dit-elle. Quelle façon positive de voir les choses ! C’est cela aussi les Philippines : voir la main de Dieu dans chaque événement de leur vie.

Très gentiment, elle nous propose de nous reconduire en voiture chez nous. Nous comptons déjeuner dans un petit café/resto à côté de notre pension, mais Mum Gloria nous appelle et nous propose de déjeuner avec elle. Ok, d’ac. Nous devions la retrouver à 14h30 pour récupérer des médicaments à remettre à Sister Pei Ling, mais pas de problème pour changer le programme ! Lorsque nous arrivons, elle semble toute affairée. Un patient vient d’appeler, il est aux urgences et visiblement il n’est pas commode. Nos estomacs crient famine depuis quelques temps et nous allons déjeuner. Mum Gloria s’apprête à partir avec nous, mais est finalement retenue par le fameux patient. Tant pis, nous déjeunerons sans elle avec … Jollibee où il faut rester zen face aux difficultés de compréhension de la serveuse.

Nous avons repéré une boulangerie à côté de chez nous et nous y arrêtons sur le chemin du retour. Le mot « expresso » figure en bonne place sur la vitrine. Huuummm ! Un petit café un perspective : cela va faire du bien après le menu chicken barbecue au goût un peu étrange de Jollibee ! La « French baguette » ressemble aux baguettes industrielles ramollies par l’humidité. En revanche certains gâteaux sont apétissants ! Nous craquons pour un gâteau au chocolat et une autre aux cacaouettes : on croirait croquer dans un snickers. Pas mauvais du tout ! Blandine est une vraie théière, trop contente de boire enfin du thé (elle n’aime pas le café et il faut admettre que le chocolat à l’eau n’est pas extraordinaire au petit dej !).

C’est bien beau de profiter des bonnes choses, mais il faudrait tout de même penser à retourner travailler, pour notre dernier après-midi à la Gaza. Lorsque nous arrivons, Viviana et Rosa nous attendent : elles sont ravies de nous revoir et Rosa nous serre dans ses bras. Nous donnons les médicaments à la sœur et l’aidons à sélectionner ceux qui l’intéressent car il s’agit de médicaments français. Nous sommes contentes car il y en a un qui est onéreux et que la sœur s’apprêtait à acheter.

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Un dimanche à la Gaza Sa Gugma

Nous retrouvons nos petites pensionnaires. Nous avons juste le temps de leur dire bonjour car nous allons saluer la sœur et lui demander ses instructions. Blandine fait des pansements. Perrine et moi nous occupons des couches apportées la veille. Elles n’ont pas de sparadraps et ne pourrons donc pas tenir sur les patients. Nous faisons donc du découpage et collage puis re-empaquetage : travail simple mais qui permet à la sœur de gagner du temps par la suite, travail simple et humble comme toutes les activités réalisées ici au service des patients. Il y a un peu d’agitation ce matin car les patients doivent être prêts pour la messe de 10h. Une patiente se rapproche de la chapelle et transporte sa chaise. Je lui propose une chaise déjà à proximité mais non, elle veut SA chaise et je note ensuite qu’elle la transporte ou la pousse à  chaque endroit où elle va. La chapelle est déjà remplie de fidèles et la chorale répète : c’est la 1ère fois que nous entendons une jolie chorale philippine. Pendant la messe, quelques patientes rentrent dans leur dortoir se reposer un peu. J’en accompagne une et voit sa consoeur qui n’est pas en forme du tout et fond en larmes… Je me sens bien impuissante car en dehors d’une présence, de quelques caresses sur la main, je ne peux rien faire d’autant qu’elle ne parle pas anglais. Elle finira elle aussi par se reposer sur son lit. Nancy quand a elle ne cesse de geindre et jette en dehors de son lit tout ce qu’elle trouve.

La messe terminée, c’est l’heure du déjeuner. J’accompagne Rosa et lui propose une place près d’une table afin qu’elle soit plus à l’aise pour poser son assiette. Mais elle refuse : elle a ses habitudes ! Elle prend une chaise et la positionne à un endroit où elle peut avoir une vision globale de la situation et déjeunera l’assiette sur ses genoux. Je note une patiente qui n’a que la moitié de ses bras et de ses jambes. Elle est impressionnante car arrive à déjeuner et boire toute seule. Je lui donne tout de même un coup de main car ce n’est pas évident de découper du poulet avec juste une cuillère et une fourchette, alors imaginez avec des moignons… Mais quel courage pour cette dame qui n’a guère l’air d’avoir plus de 55-60 ans. Nous nous mettons ensuite à la vaisselle qui dure plus longtemps que la veille car il n’y a que nous  pour la faire, les élèves aide-soignant étant de repos aujourd’hui. Certaines grand-mères mette un point d’honneur à laver elles-mêmes leur verre, comme pour dire « moi aussi je peux encore faire quelque chose ».

Nous profitons de l’heure du déjeuner pour faire un tour dans le mall voisin pour acheter notre billet d’avion. C’est un mall moderne, avec des espaces verts et jets d’eau… Un petit resto mexicain et pour notre dessert… nous tombons sur une boulangerie où les pâtisseries ne semblent pas mauvaises du tout. Le pain a même l’air bon ! Petite dégustation au soleil avant d’acheter notre billet et de revenir voir nos petites lolas.

C’est un peu l’effervescence lorsque nous arrivons car dimanche après-midi est jour de super-marcher… à la proportion des lieux bien sûr ! Une personne est allée faire des courses et propose aux pensionnaires de se réapprovisionner en savons, champoing, dentifrice ou encore alcool à 70° dont nous nous servons pour nous  laver les mains. Et pas questions pour ces dames de rater ce moment précieux ! Nous échangeons aussi quelques mots avec Alberto au regard rieur et malicieux, handicapé d’une jambe, mais qui sait se déplacer à bonne allure sur ses béquilles. La lessive du matin est sèche et Perrine et moi nous mettons au pliage du linge en compagnie d’Alberto pendant que Blandine fait de nouveaux pansements. L’heure du dîner est un peu chamboulée. La sœur a eu des places pour un petit spectacle de danse donné par des enfants dans le mall voisin. Les heureux pensionnaires sélectionnés se sont mis sur leur 31 ! Viviana et Angela en font partie, elles sont aux anges.

Nous devons les quitter tôt ce soir car nous allons à la messe. Elle a lieu dans une petite église récemment construite, dans l’un des quartiers de Cébu non loin de l’aéroport. Nous retrouvons Mum Gloria puis, à la sortie de la messe, faisons la connaissance d’une philippine qui parle français et qui est trop contente de pouvoir pratiquer avec nous.

Demain, nous devrons dire au revoir à nos petits pensionnaires, mais n’y pensons pas, ce ne sera que demain !

Cebu – Rencontre avec nos petites Lolas

Ce matin, nous devons aller chercher les cartons de « couches ». Mum Gloria doit passer nous prendre vers 8h, mais coup de fil et changement de programme à 7h30 : il faut qu’elle trouve un moyen de transport pour les cartons qui sont très volumineux. Ok, pas de problème, on attend. Et 3h après le réveil, nous sommes toujours dans notre chambre… à attendre. Good news dans l’intervalle : Yolly nous envoie un OK enthousiaste à notre souhait de rester plus longtemps !  Génial !

Finalement la fille de Mum Gloria vient nous chercher dans une sorte de jeepney-multicab poupée barbie (il ne manque plus que les volants à l’intérieur!). Mais de cartons, il n’y en n’a pas. Et pour cause, Mum Gloria a déjà apporté sur place les 8 cartons bien volumineux. Allez comprendre pourquoi !  Mais peu importe, nous sommes là et c’est le plus important. Gloria nous laisse aux mains de la sœur Singapourienne, soeur Pei Ling. Nous déposons nos sacs dans une petite pièce qui visiblement fait office de pharmacie : une grande table encombrée, des placards et cette odeur si particulière aux maisons de retraite. La sœur nous fait faire un petit tour des lieux.

Une allée couverte dessert 4 dortoirs sur la gauche. A droite, juste à l’entrée, en face du 1er dortoir, la chapelle aux fenêtres ouvertes permet aux patients de suivre la messe de plus ou moins loin selon leurs capacités. En face des autres dortoirs, un grand espace couvert sert de « salle à manger » mais aussi d’endroit où les patients peuvent rester assis tranquillement : en fait, de simples tables, un grand plan de travail avec des éviers, des chaises en plastique. Face aux autres dortoirs et à droite de la « salle à manger », la cuisine (en partie au feu de bois) et 2 autres dortoirs. Entre la « salle à manger » et la chapelle, une vieille balancelle : excellent idée car elle est rarement inoccupée : les lolas adorent !

Les dortoirs sont ultra-simples : des lits basics alignés les uns à côté des autres. Derrière le dortoir, les douches. L’un des dortoirs de femme a 25 lits. Heureusement, ils ne sont pas tous aussi grand. Celui-ci a la particularité d’accueillir 2 patientes handicapées mentales. L’une d’elle, 16 ans, est allongée sur le dos. Ses grands yeux suivent assez bien ce qui se passe autour mais elle n’exprime rien. Elle est calme. De temps en temps, elle bouge ses très longs membres qui ne sont que des os recouverts de peau. Dans le lit voisin, une patiente un peu plus âgée est plus « active » et bouge sans cesse, le plus souvent rampant sur le ventre, se retournant parfois, et bougeant ses membres recroquevillés pour essayer d’enlever ses vêtements. Aucune des 2 jeunes filles ne peut parler : elles n’émettent que des sons. Images émouvantes que ces 2 patientes lorsqu’on les voit pour la première fois. Les larmes nous montent aux yeux : pauvres jeunes filles! Ce sont pourtant des enfants du Bon Dieu et Il les aime sans doute d’un amour tout particulier. Avant de nous mettre au travail, nous faisons une prière au pied de Notre Dame de Lourdes dont la Statue trône près des dortoirs. Les « Je vous salue Marie » restent un peu coincés au fond des gorges….

Les 2 jeunes filles ont déjà déjeuné et nous aidons au service des autres patients. Une « armée » d’élève aide-soigant stagiaires sont également là : distribution des assiettes, aide pour les personnes qui ne peuvent manger seules puis vaisselle et nettoyage à grande eau du sol après le repas. Les patients sont plus ou moins âgés, plus ou moins valides et autonomes dans leurs mouvements. Dans l’ensemble, ils sont paisibles, propres et bien habillés. Les sœurs ont dû recevoir des métrages de tissus car plusieurs patientes portent les mêmes jupes, c’est amusant.

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Balik sa Bohol !

Après les 3 jours extraordinaires passés à Bohol, c’est bientôt l’heure de la séparation. Les filles ont prolongé jusque tard la soirée avec les garçons, mais il est 5h30 et il faut se lever : les garçons doivent partir à 6h pour prendre leur avion. Nous avons prévu de leur faire un livre souvenir de notre mois à Manille et de notre séjour à Bohol, mais ne voulons pas les quitter sans leur donner un petit quelque chose. Heureusement, avec notre orgie de courses de chocolat à Subic, nous avons des réserves et pour eux, ce sera un paquet de mini-tobleronne au chocolat noir-lait-blanc. Deux cartes postales de Bohol, un petit message au dos, mélange de tagalog, boholano, anglais et français : « c’est parfait ! » Les garçons ont visiblement du mal à émerger car nos sommes les premières à la salle à manger. Seymour arrive, suivi de peu par Nelson qui, toujours soucieux de son allure, jette un coup d’oeil au miroir avant de se mettre à table ! Petit déjeuner vite avalé, photo souvenir dehors, un multicab arrive : tant mieux pour nos 2 guides car on sent bien qu’ils sont tristes de nous quitter et il faut mieux une rapide séparation.

dsc03160rduite.jpg  Ainsi s’achève une partie de notre aventure à Manille : deux jeunes apôtres de Marie, dynamiques et ouverts, qui ont été pour nous des interprètes, des assistants pharmaciens, des guides, des anges gardiens, des amis, avec qui nous avons vécu cette expérience extraordinaire des missions de Manille et des environs, partagé de bonnes parties de rires et chansons, qui nous ont fait partager la richesse toute intérieur de leur pays et leur amour de « la plus belle île des Philippines » : je veux parler de Bohol bien sûr !

« Balik sa Bohol , balik », comme dit la chanson : reviens à Bohol !

C’est bien beau tout cela, mais il faut aussi boucler nos sacs car une nouvelle mission nous attend : à Cébu cette fois et nous nous y rendons en bateau. Nous n’avons pas les horaires, mais peu importe, les liaisons Tagbilaran-Cebu sont très régulières et puis…. Nous sommes habituées à attendre !

La tante de Seymour est adorable et s’occupe du transport de nos bagage : elle travaille au port et connaît certains porteurs !  C’est incroyable : partout où nous allons, nous rencontrons les personnes qui ont les contacts qui font que tout coule à merveille. Nous sommes sensées partir à 9h30, mais à l’heure dite, toujours pas de bateau et aucune annonce : « welcome to the Philippines » comme dirait Seymour. Nous ne voyons pas le temps passer car nous avons reçu des tas de SMS ces derniers jours et n’avons eu le temps d’y répondre. C’est touchant de voir que nos amis philippins continuent à se soucier de nous : Doc Cagapé, l’abbé Dolotina sans oublier Doc Lee et son épouse Mia qui suggèrent même que Jean Pierre Dickes déménage les bureau de l’Acim dans une île plus sûre pour les étranger et où on peut avoir la messe quotidienne. Non, ce n’est pas Bohol, mais IloIlo sur une île proche de Cebu. Jean Pierre, qu’en penses-tu ?

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Bohol – De nouvelles aventures !

                     Chutes Mag-Aso                 prêtes pour le départ                Collines de chocolat

Quelques coups de fil le matin et nous voilà avec une voiture et un chauffeur. Nous nous enfonçons dans le cœur de l’île et faisons un premier arrêt, comme au milieu de nulle part. Nous descendons et descendons encore des marches au milieu de la forêt pour arriver jusqu’aux chutes d’eau Mag-Aso. Des chutes pas très hautes, mais dans un cadre de verdure protégé. Nous sommes les seuls et nous en donnons à cœur joie sous l’œil des gardiens un peu inquiets de l’audace des 2 filles qui osent montent en haut des chutes. Seymour les accompagne mais ne semble pas très rassuré. Nelson préfère rester en bas de même que moi car le sol est glissant et je ne voudrais pas donner un bain à mon appareil photo ! Car des photos, nous en prenons et reprenons ! Et la journée n’est pas terminée !

Nous nous enfonçons encore plus dans l’île, en direction du nord. Nous, les filles, ne savons pas trop où nous allons, mais au bout de quelques temps, nous avons une énorme surprise : nous sommes à Danao (non, pas l’endroit où on fabrique la boisson !), dans une sorte de parc d’aventure, en pleine nature. Le choix des « attractions » va d’une sorte de saut à l’élastique (le plunge), au suislide (on va d’un coté à l’autre d’un précipice en étant accroché à un câble), en passant par du canioning ou de l’escalade au milieu des racines d’arbres. Nous sommes un peu impressionnées et surtout souhaitons voir en quoi consistent certaines attractions avant de nous lancer éventuellement dans l’aventure. Les animateurs veulent nous faire faire le « plunge », mais même Blandine, pourtant la plus téméraire des filles, ne se sent pas trop de le faire. Elles et Perrine optent finalement pour le suislide. Préparation du harnachement avec casque, sorte de grand tablier sur lequel seront accrochés les anneaux les reliant au câble : elles sont prêtes ! De la position verticale, elles sont maintenant suspendues sur le ventre puis lancées au dessus de 200 mètres de vide. Elles ne sont bientôt plus que deux petits points à peine identifiables. Le temps de faire un bout de trajet à pied de l’autre côté du précipice, elles reviennent de la même façon, via le câble aérien, sur le rivage de départ. Elles sont suivies par Seymour et Nelson qui ont, eux aussi, tenté l’expérience. Tous sont enchantés ! Je ne suis pas du tout fan du vide, surtout lorsque de l’eau coule au fond et jusqu’à présent, le rôle de photographe me convenait à merveille. Mais c’est tout de même tentant de faire le pas. Y arriverais-je ? Et si le câble venait à lâcher… Finalement, les autres arrivent à me convaincre et Blandine me propose de refaire la traversée avec moi. Ok. Me voilà à mon tour harnachée et lancée au dessus du vide. Le bras de Blandine se souvient peut être encore que je me suis accrochée à lui… Quelques cris pour se défouler … Oui, je l’ai fait !!! Et ça en valait la peine ! Le spectacle est superbe, surplombant rivière et des forêts de palmiers. Génial !

Après un déjeuner pour nous remettre de ces émotions, nous retournons vers les collines de chocolat. Mais cette fois, fini les chemins goudronnés : nous voulons monter à flanc de colline. Les garçons n’en reviennent pas ! En effet, tous les ans, en Mai, les tradi philippins font un pèlerinage à Bohol et en profitent pour faire un tour dans les collines. Mais jusqu’à présent, seuls les garçons montaient dessus par les chemins de brousse ! Décidément, ces filles révolutionnent un peu leurs habitudes ! C’est sûr, il ne faut avoir peur de se salir les pieds car monter en jupe et tongs n’est pas la tenue la plus adéquate pour faire l’exercice en raison de la pente, mais ça met plus de piment ! Car ça glisse sur la terre, il faut se raccrocher comme on peut aux herbes. A la fin on peut faire une compétition des pieds les plus noirs !!! Arrivés en haut, le spectacle est toujours aussi beau : des collines à perte de vue, et à nos pieds un homme cultive une rizière, aidé par son carabao. Au loin, le spectacle est encore plus grandiose car l’averse qui approche donne une luminosité particulière. Et de nouveau photos : forcément, c’est trop beau, il faut essayer de garder le plus de souvenirs !!!

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Bohol – Incroyable mais vrai !

Notre petite maison de bambou était charmante, mais il y faisait un peu chaud ! Et nous n’étions pas toutes seules ! J’ai passé une bonne partie de la nuit à me battre avec les moustiques et j’avais l’impression que mes mains avaient doublé de volume à force de piqûres. J’ai finalement réussi à m’endormir mais les garçons nous ont réveillé peu après, à 5h du mat ! On ne rigole pas pendant les vacances !

Lorsque nous sortons de notre maisonnette, nous croyons rêver (une nouvelle fois me direz-vous !). Nous découvrons le paysage que nous n’avions pu voir de nuit, la veille. Sable blanc, cocotiers… mais surtout, une lumière extraordinaire de lever de soleil sur la mer qui se reflète sur le sable et sur l’eau à marée basse… On resterait des heures à contempler tellement c’est beau ! Sauf que ce n’est possible : d’abord parce que le soleil se lève vite et donc les couleurs changent, et surtout parce qu’un bateau nous attend pour nous rendre dans une zone où l’on peut apercevoir des dauphins. Nous embarquons sur un petit esquif composé d’une grande barque et d’une sorte de balancier de chaque côté. L’un de nos « pilotes » dégage notre embarcation de la zone de plage à l’aide d’une grande perche en bambou. Le moteur gronde : ça y est, nous sommes partis. Le pourtour de l’île s’offre à nous, spectacle magique de mer, des plages de sables blanc bordées de cocotier, le tout sous une lumière dorée de soleil levant… c’est magnifique… Nelson et Seymour ont tout prévu, même le petit dej : la mère de Nelson nous a spécialement préparé un gâteau de riz ! Après 1 à 2 h de navigation, nous arrivons « sur zone ». Nous ne sommes pas les seuls, d’autres bateaux sont au rendez-vous. Ce matin, les dauphins se font discrets : quelques ailerons au loin et toutes les barquettes convergent vers le même point. Les animaux semblent se jouer de nous car certains jours, ils viennent juste à côté des bateaux comme pour jouer avec les visiteurs. Mais peu importe, le spectacle est tout de même superbe. Les dauphins disparaissent et nous prenons le chemin du retour. Le soleil déjà haut éclaire la mer qui prend un bleu roi et parfois turquoise en fonction du fond marin et des nuages. C’est beeeeeaaaaauuuuu …… !!! Et que dire lorsque nous débarquons dans l’eau transparente sur un sable blanc. Ballade sur la plage, concours de saut en longueur sur le sable, bain dans une eau chaude… C’est paradisiaque !!! Pour achever cette matinée, petite négociation de colliers sur la plage et shake. Après nos missions médicales, quel contraste ! Mais j’avoue que ça fait du bien !

Lever de soleil sur la mer - 2      Bohol - Incroyable mais vrai ! dsc02917rduite.vignette    Nous devons libérer notre petite maison de bambou vers midi et devons donc plier bagages (nous sommes toujours avec nos moultes sacs et cartons de médicaments !). Mais ça tombe bien car le temps a très vite changé et la pluie se met à tomber. Un membre de la famille de Nelson vient nous chercher en multi cab (intermédiaire entre un jeepney et un tricycle). Nous nous rendons chez une tante de Seymour qui nous accueille a bras ouverts. Décidément, on ne se lasse pas d’admirer et apprécier l’hospitalité si caractéristique des philippins !!

Après le déjeuner, nous nous préparons pour une petite sieste. Nous logeons toutes les 3 dans une maison en bois. En prévision, 1/2h de sieste maxi car nous voulons profiter de Bohol ! Au final, nous dormons entre 2h et 3h… et c’est presque le début de soirée lorsque nous émergeons…. Nous avions vraiment besoin de récupérer ! Nous faisons un petit tour dans Tagbilaran avec son église pleine pour la messe du soir, bien que nous soyons en pleine semaine.

Après le dîner dans un petit barbeque où nous craquons complètement pour un kinilaw (il faudra attendre mon retour pour que je vous dise de quoi il s’agit ! c’est simple à faire et délicieux !), nous faisons une petite ballade près du port. Notre regard est tout d’un coup attiré par une enseigne de restaurant Suisse ! Non, nous ne rêvons pas ! Nous voulons voir la carte qu’un tel resto peut proposer aux Philippines. Le restaurant est fermé, mais 3 personnes discutent autour d’une table et nous font signe d’entrer. Nous franchissons le pas de la porte et entrons dans une salle qui manque cruellement de charme par rapport aux chalets suisse dont on peu rêver pour un tel resto. Rencontre insolite avec le propriétaire (un suisse allemand qui ne parle pas français) et un anglais, marié à une philippine. Ce dernier a pas mal bourlingué et après un petit tour des Philippines, a choisi Bohol pour y passer ses vieux jours. Forcément, il paraît que c’est la plus belle île du pays ! ! Nous papotons un bon moment autour d’une bière que le restaurateur a commandé spécialement pour nous lorsque nous leur avons dit que la San Miguel light (la bière la plus répandue aux Philippines !) était vraiment très très light ! L’anglais insiste pour que les garçons nous emmènent à un endroit particulier où l’on peut prendre un tarsier dans la main. Il parait que l’expérience est unique !

Nous ne savons pas encore ce que nos deux guides nous ont préparé pour notre dernière journée sur leur île. Nous verrons bien demain. Nous avons été extrêmement gâtées jusqu’à présent et c’est encore une superbe journée qui s’achève : on a l’impression de rêver éveillée !!!!