Réveillon franco-philippin !

Ce 31 décembre sonne comme un jour un peu particulier : c’est notre dernière journée complète à Gensan. La veille, nous avons préparé nos bagages et fait des estimations de poids en espérant que tout tiendrait : en tassant, ça devrait être bon !

Maintenant, ce sont les dernières choses à préparer : terminer les chroniques des jours passés, trier des photos et transférer à Yolly celles des missions… Sentiment étrange que de se dire que demain, nous serons à Manille, comme en transit, et nos chers amis ici, à Gensan…  Dans la matinée, Doc passe au bureau : il a préparé pour chacune de nous un petit livret sur son association et surtout une lettre où il nous remercie du travail que nous avons effectué à ses côtés. Il nous lit la lettre avant de nous la remettre et ce n’est pas sans une certaine émotion que j’écoute son si gentil message. Photo de nous 3 avec notre cher Doc et son trophée récemment gagné. Ce n’est pas encore l’heure des grandes séparations : nous le reverrons ce soir.

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Ce soir, c’est un réveillon dîner d’adieu, en espérant que ce ne sera qu’un dîner d’au revoir. Avec les filles, nous avons décidé de faire une petite chanson pour nos chers amis. Nous avons commencé hier soir. Un petit couplet d’introduction puis un couplet pour chacun d’eux, sur un air qui leur « colle bien » ou qu’ils apprécient tout particulièrement. Dans la matinée, nous terminons notre composition artistique, mais qui est surtout une composition du cœur. Nous nous installons à l’extérieur, devant le bureau et fermons la porte car pas question que nos chers amis entendent ce que nous leur concoctons ! A trois, la créativité va bon train, chacun rebondissant sur l’idée de l’autre et le résultat final promet d’être sympathique. Nous préparons ensuite une petite carte pour chacun avec le couplet d’introduction, le couplet qui lui est propre, sans oublier une petite dédicace de chacune de nous. Passons maintenant à la phase manuelle ! La veille, nous avons acheté deux livres pour Yolly pour la remercier de ses innombrables gentillesses et des merveilleux moments que nous avons passés avec la petite équipe. Blandine et Perrine se transforment en maître de la calligraphie et du dessin (au bic !) pour écrire des dédicaces clin d’œil sur chacun des livres. A Noël, nous avons été impressionnées par l’agilité des philippins et leur don de pliage pour les paquets cadeaux, et les élèves que nous sommes vont tâcher d’imiter les maîtres ! C’est un peu laborieux, mais au final, le résultat n’est pas mal et nos fleurs et rubans en papier ressemblent à quelque chose !

En l’honneur de notre départ, nous sommes les cuisinières du jour pour le dîner du réveillon avec menu français. En plus, une tradition philippine dit que la façon dont on passe la nuit du 31 donne le ton pour l’année suivante : 2010 sera donc une année de la France pour notre chère petite mission de Gensan. Nous avons fait les courses d’alimentation hier et avons trouvé presque tous les ingrédients. Nous nous mettons au fourneaux pendant que nos amis philippins commencent à préparer la table : pour l’occasion, ils ont acheté des sets de table rouge et crème et Yolly a remané de chez elle des verres à pied ! Elle a même apporté un mini-four au cas où nous en aurions besoin pour notre cuisine. Attention, ce soir, on ne rigole pas ! Le nombre des convives est un peu incertain. Nous comptons sur Yolly, Judith, Maricar, Sheryl, Kitz, Doc. Malheureusement, en fin d’après-midi, Yolly doit rentrer d’urgence chez elle : sa maman n’est pas bien du tout. La reverrons-nous ce soir ? Nous l’espérons bien car nous n’envisageons pas de passer notre dernière soirée ici sans elle. Nous avons prévu de nous mettre à table vers 19h : on attendra un peu si besoin. Doc est venu pour 19h, mais voyant qu’il était encore trop tôt en raison du contre temps, il en profite pour aller visiter 2 patients qui attendent des médicaments de sa part. Nous espérons qu’il reviendra ce soir ! Sheryl est venue au bureau dans l’après-midi, a même concocté un dessert à la mangue pour nous (en plus de notre dessert, et de l’énorme gâteau à la crème au beurre –salée- achetée par le bureau). Mais vers 20h30, elle part en coup de vent : elle vient d’apprendre qu’elle doit aller dîner dans sa famille : d’ailleurs la voiture l’attend devant le bureau. Nous avons du mal à la laisser partir, demandons à sa famille de nous rendre notre mosquito en fin de soirée. Sheryl promet de revenir ! Kita tayo mamaya Sheryl ! Yolly envoie un message à Judith : il ne faut  pas l’attendre pour dîner. Vers 23h40, il ne faudra pas oublier d’aller à la chapelle pour le Te Deum. Houlala, cela fait déjà moins 2 personnes pour ce soir. Si ça continue comme ça, nous allons nous retrouver toutes les 3 seules devant notre assiette ! Pas question ! Lorsque Doc revient (ouf !) nous passons donc à table, le cœur un peu gros de ne pas avoir notre chère Yolly avec nous, mais faisant contre mauvaise fortune bon cœur. Yolly nous écrira plus tard qu’elle a finalement dîné toute seule, mais que c’était tout de même fête ! Admirable Yolly, jamais un mot de plainte alors qu’on peut imaginer combien elle aurait voulu être des nôtres ce soir !

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La table est superbe : set de table, verres à pied, roses rouges, bougies rouges et même vin ! La fameuse bouteille reçue 2 jours plus tôt ainsi qu’une autre arrivée on ne sait comment au bureau. Qui dit repas français dit couvert français c’est-à-dire au revoir cuillères (nous vous retrouverons au dessert) et bonjour couteaux ! En entrée, tranche de foie gras servie sur un lit de salade, accompagnée de pain de mie toasté sans oublier le petit Jurançon bien frais ! Je n’en crois pas mes yeux : nous sommes aux Philippines, un 31 décembre et nous avons foie gras et vin blanc ! On croit rêver éveillée et je ne peux m’empêcher d’envoyer un SMS à Anne Laure et Jeanne pour les remercier de ces moments extraordinaires qu’ils nous permettent de vivre !!! Nos amis apprécient le foie gras et je ne parle pas du vin qui est un régal ! La salade avec une vinaigrette à la française passe un peu plus difficilement mais sans trop de problème toutefois (habituellement, ils mangent la salade cuite dans de la soupe et les légume crus sont servis dans un bain de mayonnaise !). Après l’entrée, le plat principal. Un steak de thon avec ratatouille (cuisinée à l’huile d’olive s’il vous plait !) et le riz (pour que nous amis ne soient pas perdus), le tout servi « à la place » avec une jolie présentation sur chacune des assiettes. On se croirait au resto ! Nos amis ne sont pas tous habitués à manger des légumes, mais dans l’ensemble ils apprécient tous. C’est ensuite une grande découverte : le fromage ! Vous ne me croirez sans doute pas, mais nous avons trouvé du Brie français de marque Président ! Inespéré. Là, les réactions sont très mitigées. Certains apprécient, mais pour d’autre, c’est autre chose. Mais pour autant, ils ne veulent pas le laisser dans l’assiette : « ce soir on est français » dira Maricar ! Heureusement qu’il y a le pain pour masquer le goût (comme nous le riz lorsqu’il s’agit de manger leur corned beef en boite) ! Vient ensuite le dessert : une rondelle d’ananas avec glace à la vanille (qui se laisse piteusement aller car le congélateur ne marche pas bien), caramel liquide, poudre de noix de coco et un petit biscuit : ça sonne un peu antillais, mais c’est tout de même français ! Le dîner est une réussite, tout le monde est content et il y a une sacrée ambiance !

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Archive pour décembre, 2009

C’est encore Noël !

Aujourd’hui c’est encore noël : nous allons fêter Noël avec les Blaans, l’une des tribus que connaît Doc et située non loin de Gensan dans les montagnes. Nous leur apportons de la nourriture achetée en partie avec l’argent récolté avec nos carolings. Doc doit passer nous prendre à 7h alors c’est réveil matinal. Nous sommes un peu perplexes et nous demandons ce que nous allons faire toute la matinée, mais nous avons appris à ne nous inquiéter de rien.

Un petit tour dans Gensan pour prendre 2 des stagiaires de ce WE et nous voilà partis. Yolly est restée au bureau car elle a des rendez-vous. Nous lui disons que c’est dommage qu’elle ne puisse venir et elle répond « non, c’est bien pour les patients ». Admirable Yolly ! Lorsque nous quittons la route principale, les paysages sont superbes : rizières, chants de maïs, avec des montagnes en arrière fond. Nous traversons une petite rivière et arrivons dans un petit village. Ici, la tribu fait tout pour conserver leurs traditions et nombre de maisons sont en bois. Nous débarquons, nous rafraîchissons les pieds en traversant la rivière et nous dirigeons vers une petite « place » d’où provient une sorte de musique. 3 petites filles en costume traditionnel tapent en cadence sur un morceau de bois. Les costumes sont jolis : un petit haut bleu ou rouge brodé de coquillages ou paillettes blanches ou noires, et une jupe imprime ou écossaise, en fait un grand rectangle de tissus noué autour de la taille. En dehors d’elle, il n’y pas grand monde, mais petit à petit d’autres habitants arrivent. Ce qui est amusant c’est lorsqu’on apporte un bloc de sono, contrastant avec les instruments sommaires en bois et les petites grand-mères costumées qui suivent ! Pendant que tout le monde se regroupe, nous préparons les réjouissances. A un quadrillage en bambou, on accroche des sucettes et autres friandises mais aussi des rubans en papier crépon rouge, jaune, vert. Le quadrillage est « remonté » (suspendu en l’air) en attendant la suite. Puis nous passons au gonflage de ballons : il y en a des dizaines qui sont ensuite accrochés aux arbres. Pendant ce temps, Kitz demande à certains enfants de dessiner la journée d’aujourd’hui : de grandes feuilles de papier, des bouts de charbons en guise de crayon et c’est parti. Les enfants sont très concentrés et certains sont assez doués.

dsc04977rduite.jpg      dsc05029rduite.jpg      Danse des enfants 

La place s’est bien remplie. Doc explique pourquoi nous sommes là et un monsieur dit une prière. Il laisse ensuite le micro à Elaine, une personne particulièrement en charge des aspects culturels et relationnels dans le village. 3 groupes de petits enfants se forment pendant que 3 lignes de 10 bouteilles de soda vide sont faites en face d’eux. Le but du jeu est de mettre une paille dans chacune des 10 bouteilles et de les retirer avant de passer le lot de 10 pailles au membre suivant du groupe, comme un relais. Cela ne saute pas aux yeux au premier abord, mais c’est le jeu de la plantation et de la récolte du riz ! Local, quoi ! 1, 2, 3 go ! C’est parti ! Il y a des supporters pour chacune des équipes ! Les enfants sont concentrés, c’est très rigolo ! Les bouteilles se renversent, les enfants tombent, mais tout le monde est content ! Chaque membre de l’équipe gagnant reçoit un ballon en récompense. Nous pensons que nous allons passer au jeu suivant, mais que neni ! D’autres groupes se forment : ce sont d’abord des enfants un peu plus âgés, suivis ensuite par les adultes. Tout le monde participe et il y a une ambiance du tonnerre. Il faut voir les enfants soutenir les adultes !!!!! C’est génial ! C’est maintenant l’heure de l’intermède musical : pendant que 3 personnes (assez âgées) jouent et chantent, des enfants en costume rentrent en scène et allient rondes et gestes. C’est tout simple mais très joli ! Pour les remercier, nous leur chantons « Noel Nouvelet » en anglais : ils sont ravis !

Puis place aux plus petits. C’est là qu’entre en scène le quadrillage de bambou. A l’aide d’une ficelle, il est descendu, remonté, redescendu au dessus de la tête des enfants qui doivent arriver à décrocher les petites friandises que nous y avons accrochées. Il faut voir la tête des enfants lorsqu’ils décrochent quelques choses. Pour les « perdants », c’est presque un drame, heureusement vit consolé par les mamans. Puis les jeux reviennent. Cette fois c’est une course en sac. Les costumes locaux sont temporairement mis de coté car cette fois, c’est sportif. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les enfants ont du ressort ! Comme pour la « récolte du riz », 3 équipes par « niveau » et les adultes participent ! Kitz et Earl, l’un des stagiaires du WE, s’y mettent également, et c’est l’équipe d’Earl qui gagne, sans doute grâce à ses grandes jambes ! C’est très bon enfant, tout le monde joue ou applaudit… bref, toujours une ambiance du tonnerre, très sympathique. Nous, les 3 françaises, nous transformons maintenant en jury : 5 concurrents doivent nous chanter « we whish you a merry Christmas » mais en ayant la langue dehors. C’est assez rigolo ! Les joueurs laissent ensuite la place à deux dames qui font des danses tribales. Leur danse veut sûrement raconter quelque chose, mais j’avoue que cela ne saute pas aux yeux ! Mais peu importe, c’est assez plaisant et toujours haut en couleur !

Danses     p1030060rduite.jpg     Les parents jouent aussi

Il n’est que 11h30, mais c’est déjà l’heure du déjeuner. La veille, Doc a apporté des dizaines de kilos de riz, nouilles, poulets et légumes. Les femmes du village ont cuisiné tout cela pour nourrir environ 300 personnes. La nourriture est servie, avec une louche et une cuillère faites avec des noix de coco, sur des assiettes individuelles en bois, recouvertes de feuilles de bananes : c’est assez joli. Je ne peux pas vous dire si c’est bon car nous avons un menu spécial. Yolly a craint que nous ne supportions pas la nourriture cuisinée avec l’eau du village et le matin, nous avons emporté notre baon (notre déjeuner) pour être certaine que nous ne serons pas malade 2 jours avant notre départ. Sacrée Yolly ! Nous déjeunons donc un peu à part, mais avec le petit groupe de Gensan, dans une maison en bois. Nos hôtes nous ont mis de grands feuilles au centre de la pièce pour y déposer nos plats : c’est très joli.

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Formation à Gensan

Ce WE a lieu une formation « leadership ». En fait, une formation contre l’avortement et sur les principaux problèmes d’éthique liés au respect de la vie. ACIM Asia fait régulièrement des conférences contre l’avortement et anime annuellement une formation similaire à celle de ce WE. Mais cette session est une session pilote quant au nombre des participants. Ils sont peu nombreux : 7, entre 13 et 16 ans, 4 filles et 3 garçons. Yolly a voulu un petit groupe pour pouvoir les suivre tout au long de l’année, approfondir le sujet, répondre à leurs questions, les encourager. Au cours des 3 jours, les thèmes suivants sont abordés : le trésor de la vie et le combat pour la défendre, l’avortement, la contraception, le préservatif, le rôle du catholique dans le respect et la défense de la vie. Le sujet est d’autant plus d’actualité qu’aux Philippines, une loi visant à légaliser l’avortement est en discussion et les organisations pro-avortement offrent même des ponts d’or pour embaucher des personnes afin de soutenir leurs idées. Heureusement, le pays est encore catholique et l’opinion est assez partagée sur le sujet. Mais le gouvernement fait pression pour faire passer la loi. Une grande partie des interventions est faite par Yolly, entre-coupées de lecture en commun, projection de video (comme « le cri silencieux ») ou travaux de groupe. En complément, chaque journée a un thème linguistique, comme le français pour le 1er jour. Au début cela semble surprenant, mais en réalité, le jour suivant est le latin et lundi est jour de l’espagnol. Yolly veut ainsi leur montrer que le latin est une langue presque comme une autre, mais elle souhaite également leur apprendre les prières du Pater, Ave, Angelus afin qu’ils ne soient pas surpris lorsqu’ils iront pour la première fois à une messe tradi.

Cours de français      Yolly      Traderidera avec les finalistes

Le samedi matin, je pars avec Yolly, Blandine et Perrine devant nous rejoindre ensuite pour le cours de français qui doit débuter à 9h30. Mais à l’heure dite, elles ne sont pas là et je me retrouve toute seule à donner quelques rudiments de français, à commencer par la prononciation. Après quelques mots de base, j’enchaîne sur le « guai luron des Flandres » que Judith et Yolly voulaient leur faire apprendre. Puis Yolly débute son topo tout en progression et avec des mots simples mes efficaces sur la vie et le chemin jusqu’au ciel. Nous enchaînons ensuite sur l’Angelus en Français. Nous nous répartissons en petits groupes et avons même le plaisir d’accueillir des nouveaux « élèves », le temps de quelques heures. Nous devons leur apprendre à prononcer l’Angelus pour qu’ils puissent le réciter au moment du déjeuner. Je suis impressionnée par leur ténacité et leur volonté de réussir car alors que je considère qu’ils sont arrivés à un résultat correct pour un non francophone, ils en redemandent ! Et au déjeuner, le résultat n’est pas mal du tout si on le dit lentement. L’après-midi porte sur l’avortement et la projection de 2 films du professeur Nathanson dont « Le cri silencieux ». Après certaines images difficiles, ils ont un bol d’air/détente avec l’apprentissage du « savez-vous passer le traderidera ». Ils aiment et en redemandent ! C’est ensuite amusant de les voir y jouer juste entre eux ! La journée se termine tranquillement avec la projection de « La Vie est Belle » de Franck Capra puis après le dîner magistralement préparé par Kitz et Marie-Car, nous regagnons le bureau.

Dimanche matin, nous retrouvons nous petits élèves. Le thème linguistique est le latin. Nous sommes peu sollicitées ce qui me laisse le temps d’écrire de nombreuses chroniques en retard. J’avoue que j’apprécie car je n’avais pas prévu que nous soyons en dehors du bureau pendant 3 jours, la formation se déroulant dans une sorte de pensionnat situé non loin de chez nous. En début d’après-midi, Judith nous demande si nous connaissons un chant profane en latin afin de l’enseigner aux jeunes. Vive mes cours de 5ème ou 4ème où j’ai appris « Dans la forêt lointaine » en latin. Les « élèves » s’accrochent et arrivent à le chanter en canon. Yes !

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Maligayang Pasko !

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Grasse matinée pour nous ce matin, mais nos amis philippins sont déjà levés depuis longtemps ! Lorsque nous nous levons, nos amis français sont sans doute en train de réveillonner. Nous prenons tout notre temps pour nous préparer avec, pour l’occasion, de « nouvelles » jupes et un peu de maquillage. Blandine et Perrine sont super élégantes et portent l’un des colliers acheté lors de nos séjours à Manille. Petit déjeuner en fin de matinée mais c’était sans compter sur une invitation pour le déjeuner à l’occasion d’un baptême. Nous avons à peine fini nos « tartines » que nous partons ! Si nous avions su… Petit trajet en tricyle jusqu’à une salle louée pour l’occasion. L’entrée fait pas mal avec son grand escalier en blois. Mais lorsqu’on pousse la porte de la salle, c’est tout simple : un grand buffet avec des nappes plissées dont les philippins ont le secret. Les invités sont à table depuis longtemps. Nous saluons la personne qui nous reçoit et nous asseyons. Nous sommes juste toutes les 3 avec Yolly. Nous avons un peu l’impression de faire bande à part, dans notre coin, mais visiblement, cela ne dérange personne. Le déjeuner se termine tôt et nous refusons l’invitation à continuer la journée avec ceux qui nous invitent car notre messe de Noël a lieu dans l’après-midi. Une messe de Noel avec plus de 30 ° et des ventilateurs qui semblent bien faibles. Ajoutez à cela la fatigue de la nuit… j’ai cru que j’allais me trouver mal. Nous chantons encore quelques chants français sans oublier ceux en anglais pour que l’assistance s’y retrouve.

Crèche dans la chapelle

Après la messe, une sorte de goûter avec les fidèles. Nous faisons la connaissance du frère l’abbé Suelo. Nous discutons un peu avec l’abbé Ghella qui, lui aussi, fait tout pour que notre séjour dans son pays nous soit agréable. En rentrant au bureau, nous retrouvons Elaine et Bubbles venues pour la messe. Nous leur remettons nos cadeaux et sommes un peu frustrées car elles ne l’ouvrent pas devant nous : elle vont fêter Noël avec leur famille et veulent l’ouvrir à cette occasion. Tant pis ! Elles ont aussi un cadeau pour nous, c’est trop gentil ! C’est un peu difficile  à décrire alors regardez la photo ! Nous sommes ravies ! Nous offrons aussi notre cadeau à Kitz qui est tout content.

Kitz en train d'ouvrir son cadeau           Blandine, Perrine et Marie Car avec les cadeaux offerts par Elaine et Bubbles

La fin de journée se termine tranquillement et Perrine et Blandine ont leur famille via skype. C’est encore mieux que Nokia -- connecting people ! Pendant ce temps, Yolly et Judith travaillent : elles finissent de préparer une formation de 2,5 jours qui débute le lendemain sur les sujets de contraception, avortement & Co. Le 1er jour aura une petite thématique française : elles souhaitent que nous apprenions aux jeunes participants l’Angelus en français ainsi qu« Un Gai luron des Flandres » et le « Kyrie des gueux ». Nous devons donc préparer un petit document avec les paroles en français avec la traduction anglaise. A vos ordis ! Mais après dodo car je tombe de sommeil.

Noël à Gensan

Ce soir, c’est Noël ! Notre premier Noël à l’étranger, mais j’ai hâte de le fêter et suis ravie de le fêter ici !

Mais en attendant, c’est une journée normale, et même assez intense. Création et envoi de cartes de vœux, envoi de quelques news au bureau (depuis le temps que je devais le faire !) qui permet aussi de leur rappeler que je reviens dans quelques semaines. En retour, j’ai la bonne surprise de recevoir quelques messages de certains managers dont je n’attendais pas un tel message. Mais également travail sur une carte de localisation des missions d’Acim Asia pour Jean-Pierre sans oublier mon retard de chronique qui ne se réduit pas ! J’ai un peu de mal à être efficace car les filles sont connectées sur Youtube : nous écoutons de superbes chants de Noël et forcément, le son ne suffit pas, il faut que j’aille voir !

Dehors, les petits groupes d’enfants se succèdent devant le bureau pour nous chanter leurs petits carolings. Heureusement que nous avions prévu large car notre stock de cadeaux a diminué très vite ! Le visage de certains enfants s’éclaire quand ils reçoivent leurs présents. D’autres n’expriment rien, mais pas pour longtemps : quelques pas plus loin, ils jettent un dernier regard vers nous et les yeux brillent : c’est craquant.

Dans l’après-midi, notre cuisinière Marie Car s’active : elle prépare notre petit réveillon pour après notre veillée à la chapelle. Car ce soir, nous n’aurons pas de messe de minuit. Kitz et Marty partent vers 17h pour chanter la messe à Davao. Yolly et les équipes ici sont crevées et ont encore du travail pour préparer une formation de 3 jours qu’elles animeront à partir du 26 et ont donc décidé de ne pas faire les 6h de trajet aller-retour vers Davao. Nous savons que nous aurons une veillée, mais n’en connaissons pas le programme ni celui de la soirée d’ailleurs.

En début de soirée, Blandine, en manque de contacts audio et visuels avec sa famille charge des unités skype et les appelle sur un téléphone fixe en France : ça marche ! Décidément, c’est beau le progrès. Elle est ravie ! Ils sont ensuite connectés également de visu et nous faisons la connaissance de toute la famille, de même que eux font la connaissance de notre « famille » philippine ! Le « clou » est une petite audition de violon donnée en direct par la dernière petite sœur de Blandine que nous écoutons en « live » au bureau : c’est génial et elle a des tas de supporter outre-océan ! En retour, Blandine leur joue un petit morceau de piano, le clavier électrique étant posé sur l’un des ventilateurs ! Il faut voir le tableau, c’est génial !

Blandine donnant un concert, retransmis en audio-visuel vers la France !                

Pendant ce temps, nos petites amies philippines font des allers-retours vers l’extérieur. Mais que font-elles ? Un peu lasse d’être devant mon ordinateur, je sors. Décidément, nos amies ne manquent pas d’imagination ! L’un des rideaux verts de l’extérieur a été transformé en sapin de Noël. En haut, des fleurs en peluches (gagnées dans un mall) font office d’étoile. Sur les « branches », 3 paquets cadeaux en forme de bonbons. Nous avons encore quelques réserves de bonbons de Subic : il nous reste des « Dains » que nous avions gardé pour Noël. Quelques épingles et les voilà accrochés à notre beau sapin. Au pied, un petit enfant Jésus. Et si on faisait d’autres décorations ? Nous écrivons « Merry Christmas » sur la table avec le reste de « Dains ». Mais nous allons avoir besoin de la place. OK : un rideau vert est tendu près de la table et on me trouve des épingles : voilà la bonbons accrochés à ce « mur ». Nous accrochons également un petit ange. Mais il manque des étoiles ! Perrine se lance dans le découpage. Et pourquoi pas quelques petits anges aussi ? On les mettra sur notre table, avec nos noms. Tout le monde s’y met et il règne une joyeuse ambiance ! J’ai oublié de vous préciser : outre nous 3, nous passons la nuit de Noël avec Yolly, Judith et Marie-Car.

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Ah les crocrocro…

Nouvelle missa de galio : cette fois, elle est à 8h ! Le petit déjeuner qui suit est encore plus pantagruélique que la veille avec d’énormes bananes, des papayes fraîches et des pancakes MacDo ! Pas mauvais du tout ! Mais après, qu’allons-nous faire ? L’abbé nous a demandé ce que nous avions déjà visité dans Davao : un hôpital, puis un autre, puis un autre… bref, pas grand-chose. Nos hôtes discutent, et nous sommes toujours assises dans nos fauteuils, à attendre… Au bout d’une heure, nous nous mettons en route : comme hier, la destination est inconnue. Mum Beckie vient avec nous et deux de ses amies. Ça papote dur dans la voiture ! Nous nous arrêtons pour acheter le déjeuner. Mais lorsque nous ressortons du restaurant, Mum Beckie a les mains vides ! Ne cherchons pas à comprendre ! Quelques minutes plus tard, nous passons un portail en bois : nous entrons dans la ferme de Mum Beckie. 45ha avec des vaches, chèvres, carabao, chevaux, plantations de bananes, mangues, noix de coco, maïs… Nous n’en verrons qu’un micro bout.

Le rêve de Mum Beckie est que les Bétaniennes, installées à Iloilo (une autre île des Philippines), déménagent ici car qui dit couvent dit prêtre à demeure et donc messe quotidienne. Elle a donc fait construire (ou réhabilité car par certains côtés, cela fait un peu vétuste !) deux maisons avec des cellules pour les sœurs. L’abbé Couture doit encore venir pour valider le projet.

 Labour avec le carabao    Blandine et Perrine dans la ferme de Mum Beckie    dsc04714taillereduite.jpg    

En attendant le retour du chauffeur (parti récupérer le déjeuner –eh oui, Mum Beckie n’avait fait que commander, il fallait ensuite le temps de le préparer), nous faisons quelques petits pas à cheval, malgré nos jupes. Blandine n’est monté que peu de fois mais se débrouille très bien et finit même par bien maîtriser le cheval qui, au début, ne voulait pas broncher d’un poil ! Dans le passé, Perrine a eu une mauvaise expérience avec les chevaux, mais plus ça va, plus elle prend de l’assurance. Pour ma part, c’est assez pépère car même à coup de « cravache », j’ai un peu de mal à faire avancer l’animal ! Après le déjeuner, nous partons faire un petit tour d’une parcelle de la propriété, montée à 2 sur le cheval. Un petit arrêt près des chèvres, puis petit tour dans les champs. Une femme ramasse des haricots, pendant qu’un homme fait des bottes d’herbe pour les animaux. Un peu plus loin, un autre laboure le champs avec un carabao : on se croirait au début du siècle dernier ! Autour, des forêts de cocotiers et manguier : c’est paisible, c’est beau : ça fait du bien d’être à la campagne ! Pendant que Blandine fait un dernier tour avant que nous partions, Perrine, l’abbé et moi nous essayons au « claquage » du lasso : l’un des employés de la ferme, champion de rodeo, est expert ! Mais le geste est plus simple à regarder qu’à faire si l’on veut entendre un bruit sec et puissant lorsqu’il touche le sol.

p1020841taillereduite.jpg           Dégustation de crocodile 

Nous embarquons ensuite pour la « crocodile farm ». En fait, un élevage de crocodiles. Les animaux sont regroupés dans et autour de bassins en fonction de leur âge. Certains ont la gueule ouverte : brrrrrr, de sacrées dents. La plupart semblent dormir paisiblement, mais gare, quand il s’éveille, il fille à toute allure ! Blandine et Perrine prennent un jeune croco dans les mains (sa gueule est scotchée) et se font prendre en photo. C’est amusant car les Bétaniennes sont également venues là il y a quelques temps, ont fait elles aussi l’expérience, et ont leur photo en bonne place sur le petit kiosque ! En plus des crocos, nous voyons des autruches, lions, de superbes oiseaux et quelques étranges animaux, tel celui là au beau pelage rayé blanc et noir. A la sortie de la « ferme », des tribus vendent bijoux et tissus. L’abbé nous invite à y faire un tour pendant qu’il se met en quête d’un petit endroit où l’on peut goûter du croco ! Quelques mètres plus loin et nous y voilà. On nous apporte un steak de croco grillé, servi avec uns petite sauce et des légumes. Nous goûtons et c’est… bon ! Pas très original en fait, cela a plutôt un goût de porc.

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Un lundi au soleil…

L’abbé disant la messe de minuit à Davao, il ne rentre pas à Manille et reste sur place. L’avantage est que nous avons notre missa de galio, à 6h ce matin là.

Mum Beckie offre un bon petit déjeuner aux fidèles venus assister à la messe (elle a eu lieu chez elle, comme lorsqu’ils n’avaient pas la nouvelle chapelle). Après un bon moment d’attente (normal, nous sommes à Davao), nous partons en voiture pour une direction que nous ne connaissons toujours pas. En fait nous nous dirigeons vers le port. Au passage, nous voyons des porcelets dont les pattes sont ficelées et dont la tête est coincée dans des morceaux de troncs de bananier, prêts à être vendus. Ça hurle ! Nous sommes sur le point de monter une ligue de défense des porcelets lorsqu’on nous dit que leur mettre la tête comme cela leur permet de respirer du frai !

 Ce n'est pas une carte postale !                

Nous sommes maintenant au port et montons sur un grand bateau à balancier et à double niveau. Des paroissiens arrivent avec ce que nous imaginons être le pique-nique. D’autres suivent avec de grandes feuilles de bananiers. Est-ce pour faire de l’ombre ? Blandine, qui par certains côtés est encore plus acclimatée que moi, me répond du tac-au-tac : c’est pour le repas, ce sont des plats ! Elle a presque raison : en fait les feuilles serviront de couvercles pour la nourriture, car c’est un pique-nique à la philippine, c’est-à-dire un vrai repas. Pendant que nous naviguons en direction d’une île en face de Davao, à l’arrière du bateau, ça cuisine dure : kinilaw, barbecue de poisson et de porc… qui viendront compléter poulet grillé et riz également embarqués. Le ciel, couvert au début, se dégage en fin de matinée lorsque nous arrivons aux abords de l’île, faisant apparaître une mer d’un bleu profond et transparente dès qu’il y a moins de fond. Elle est même turquoise par certains endroits. Plus du sable blanc sur la plage : on croirait une carte postale ! Sauf que c’est pour de vrai ! Nous finissons par jeter l’ancre et nous mettre à l’eau (cette fois, c’est le tenu maillot, t-shirt et pantacourt) avec palmes et tuba pour un bon moment de snorkling (c’est le mot anglais pour nager avec masques et tuba). Certains philippins se jettent aussi à l’eau, mais pour la plupart, c’est avec un gilet de sauvetage car bien que vivant sur des îles, relativement peu savent nager. L’eau est aussi chaude qu’à Batangas, encore plus transparente car il y a moins de fond et beaucoup plus de soleil ! Les coraux sont magnifiques et nous pouvons les voir encore plus distinctement : ils sont à quelques dizaines de centimètres de nous : on pourrait presque les toucher. Les même couleurs qu’à Batangas, mais avec certaines plus vives et plus claires. En plus, d’énormes éponges, de grosses étoiles de mer d’un bleu profond. Il y en a une bleu clair, énormes, avec des gros pic blancs sur le dos : mieux vaut le regarder que la toucher, mais c’est magnifique !

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Messe chantée à Davao

Samedi, notre 3ème jour de « missa de Galio ». Ce jour là c’est sûr, nous le ferons à 5h : cela va bientôt être missa de chicken ! Tant qu’elle est avant 9h pour qu’elle ne se transforme pas en misse de omelette !!! Nous sommes de nouveau à effectifs réduits : les 5 du premier jour. Yolly veut nous faire écouter les chants dans une autre paroisse que celle de notre 1er jour. Nous marchons donc en direction de l’église Our Lady of Good Voyage, en récitant le chapelet et chantant Noël entre chaque dizaine. Nous passons à côté d’un camion stationné : un hamac est suspendu, une personne y dort… Nous sommes presque au bout de notre chapelet lorsque Yolly demande à un tricycle de s’arrêter. Que se passe-t-il ? En fait, l’église où nous allons est encore loin et il faut sauter dès maintenant dans un véhicule si nous voulons arriver à temps pour les chants de la fin. Nous voici donc tous les 5, dans notre tricycle avec notre Statue de la Vierge, en train de réciter notre chapelet et de chanter ! Incroyable, mais génial ! Mais malgré la motorisation, nous arrivons trop tard à l’église : les derniers fidèles quittent le parvis. Une petite prière et nous repartons (en  tricycle !) non sans avoir acheté au passage quelques pâtisseries locales, j’entends par là les gâteaux de riz, dont certains sont violet et blanc ! Ce n’est pas mauvais.

La journée se passe entre rédaction de chroniques, début de rédaction d’articles pour Jean-Pierre pendant que des groupes d’enfants et/ou d’adultes viennent régulièrement chanter des Carolings devant notre porte. Ce soir, nous ne chanterons pas les nôtres : Doc est fatigué et les Carolings sont son projet : nous ne souhaitons pas chanter sans lui.

Demain, il s’envolera pour Manille pour recevoir le soir la récompense de médecin oeuvrant le plus pour les pauvres Philippins.

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Dimanche

La « paroisse » de Davao a une nouvelle chapelle. Il y a 2 semaines, la « chorale » de Gensan était allée là bas pour chanter la messe à l’occasion de leur première cérémonie dans ces nouveaux lieux. Est-ce parce qu’ils veulent encore une messe chantée ou est-ce parce que notre départ approche et que Mum Beckie veut nous faire profiter des beautés de Davao, toujours est-il que ce dimanche, Davao fait de nouveau appel à Gensan et après la messe ici, nous partons donc pour 3h de route. Doctora Nispera nous a gentiment prêté sa voiture et nous accompagne avec sa fille. Nous sommes entassées à la philippine c’est-à-dire 4 à l’arrière (dont une personne d’un bon gabarit), 5 au milieu et 3 devant. Cette fois, le trajet se fait de jour et nous pouvons admirer les paysages de montagnes, cocotier et mer qui s’offrent à nos yeux. C’est superbe. Blandine ayant eu la bonne idée de prendre son petit carnet de chant, une bonne partie du trajet se fait en musique : presque tout le livret y passe ! Un arrêt en cours de route nous permet de délester un peu la voiture, certaines personnes transférant dans la voiture de l’abbé. On respire mieux ! Yolly et Judith prennent le relais musical lorsque nous avons épuisé notre répertoire. Nous finissons par arriver à Davao, secouées, mais un peu moins que lors de notre trajet en ambulance avec Jane (cf chronique du 21 septembre) : j’ai l’impression qu’une partie de la route a été refaite.

La chapelle est circulaire, a un vrai autel, de vrai vitraux et une immense statue derrière l’autel. J’ai le plaisir de retrouver Doctora Viray, la présidente d’Acim Asia, pédiatre, qui était venue à la mission de Tanay. Elle est en train de faire un petit topo aux Légions de Marie. Nous sommes en avance pour la messe et profitons du jardin pour apprendre le « O Memoriale » à nos amis philippins puis pour répéter le « O Bone Jesus » de Van Berchem que nous chanterons avec Perrine. Pendant la messe, c’est un vrai plaisir de chanter dans une église, même petite, avec une bonne acoustique ! Et visiblement, les fidèles apprécient !

Nous avons pris nos affaires car au moins nous, les 3 françaises, devons rester le lundi sur place pour une petite activité nautique organisée par la « paroisse ». Mais à la sortie de la messe, Mum Beckie nous demande de ne rentrer que mercredi matin : mardi a lieu l’anniversaire de son père et elle souhaite que nous chantions à cette occasion. Nous avons pas mal de travail à faire à Gensan, notamment des articles pour Jean-Pierre, mais si nous partons mercredi, on devrait lui envoyer cela avant Noël. Ok, go pour rester quelques jours de plus ! Le petit groupe de Gensan dîne tous ensemble avant de nous séparer en deux : nous restons à Davao avec Sheryl, Wilmer, Patrick et Godwin pendant que les autres rentrent à Gensan : ils ont à faire et en plus n’aiment pas particulièrement l’eau ou le soleil. Nous passons la nuit dans la maison dans laquelle Mum  Beckie nous avait hébergé en septembre dernier. Nous ne savons pas encore quel est le programme de demain mais peu importe, nous verrons bien.

Au rythme de la missa de galio

Aujourd’hui, comme hier, nous faisons notre petite procession en l’honneur de la neuvaine de messe. Yolly avait prévu un début à 5h, mais à 4h15, une des légionnaires de Marie et déjà à la chapelle. Kitz finit par nous dire qu’il est temps de se lever. Nous sautons rapidement dans nos jupes et t-shirt et nous voilà prêtes. Après un début de chapelet à la chapelle, nous petite procession se met en route. Les rangs ont grossis : nous sommes…. 7 ! Notre petite statue de la Vierge en tête, nous marchons jusqu’à la grande Statue située non loin du bureau. Entre chaque dizaine, nous chantons un chant de Noël, ou plutôt non, nous, les françaises, nous faisons des lalala sur des airs que nous connaissons mais dont les paroles sont restées dans le livre de chant. Le temps de 3 dizaines, nous sommes à la Statue : nous terminons notre chapelet devant la Vierge et en entamons un deuxième sur le chemin du retour, rien de plus normal pour nos petites processions. Les chants deviennent moins variés et les reprises commencent. De retour à la chapelle, nous terminons notre chapelet. Nous pensons que c’est terminé pour ce jour de novena. Mais, oh surprise, la légionnaire de Marie, qui avait « animé » le chapelet jusque là, en entame un 3ème. Nous voilà parties pour un rosaire ! Superbe ! me direz-vous. Oui, bien sûr, mais lorsque vous êtes encore somnolente de votre réveil matinal, vous avez hâte de vous prendre un café pour vous tenir éveillée. Nous pensons que, la procession terminée, nous réciterons les dizaines les unes à la suite des autres, sans chant. C’était sans compter le zèle de notre pieuse légionnaire ! Son imagination faiblit et nous alternons le « minuit chrétien » et « les anges dans nos campagnes » en anglais, et nous toujours avec nos lalala !!!! ça devient cocasse. A peine le rosaire terminé, elle enchaîne sur les Litanies de la Sainte Vierge. Nous la regardons d’un œil un peu inquiet : allons-nous dire toutes les prières de son petit livre ? Les Litanies ne se situent qu’à la moitié… Houlala !!!! Voici maintenant un Salve Regina puis l’Angelus. Quelle sera la suite ? Nous sommes un peu anxieuses de la voir entamer une autre prière en commun…. Non, c’est maintenant terminé. Il est 6h20. Nous étions arrivées à la chapelle à 4h50…

Nous sommes contentes de retrouver notre petit bureau. Un mail de Jean-Pierre m’informe que l’un des derniers clichés est le bon ! Super ! Nous prenons un café et discutons avec Yolly qui nous apprend qu’ici, les sages femmes ne font que 2 années d’étude mais se croient l’égal des médecins et de ce fait, supérieures aux infirmières. S’en suit des partages d’expériences médicales assez cocasses, bref un bon moment. Le temps d’une douche et d’une lessive, il est déjà 10h30. La matinée va passer vite !  Elle passe d’autant plus vite qu’à 11h30, on nous appelle pour le déjeuner ! En rentrant, nous retrouvons les petites filles de la veille. Sont-elles revenues pour demander quelque chose ? Non, juste pour nous voir : c’est trop mignon !

p1020805rduite.jpg  Nuit courte oblige, c’est maintenant la sieste ! Puis nous partons avec Sheryl en direction de Gaesano, l’un des malls : décidément, ce n’est pas aujourd’hui que nos blogs et articles avanceront ! Nous voulons acheter des petits cadeaux pour les enfants qui, en cette période de Noel, viennent mendier au bureau. Baguettes de fée, mini puzzles, flacons de savons à bulles, yoyos, petits soldats, moto, mini avions… viennent remplir nos sacs. Nous allons faire des heureux ! 

De retour au bureau, nous dînons tôt (18h !) pour avoir des forces pour notre nouvelle séance de Carolings ! Décidément, nous avons adapté l’ensemble de nos horaires à ceux de la « misa de galio » ! Merci à Kitz pour son excellente cuisine. Pendant le dîner, 3 petites filles viennent chanter devant le bureau, occasion pour nous de commencer à donner nos petits cadeaux. Nous embarquons ensuite dans le même mini-bus qu’hier, toujours aussi brinquebalant et cahotant. Mais ce soir, il démarre tout seul, pas besoin de pousser. Notre tour de ce soir est un « thanks giving » pour des bienfaiteurs de missions médicales passées, principalement celle de 2007. Nous commençons par un médecin chez qui nombre de patients ont été soignés gratuitement. Nous chantons dans le jardin d’une maison qui semble très cossue. Mais ce qui frappe, c’est tout d’abord la petite grotte de la Vierge, située dans le jardin, et une grande image du Christ Roi qui trône sur le mur principal de sa maison. Il est tout fier de nous montrer la même image, beaucoup plus grande, en bonne place sur le mur extérieur de sa « clinic ». Sur la façade du bâtiment, pas de nom, juste la grande image. « Nous passons, les noms changent, Lui, il reste », nous dit-il. C’est pour cela que son nom et celui de son épouse de figurent pas à l’extérieur… Nous voici maintenant chez la famille Teng, dans une grande propriété privée où les différentes maisons (celles des différents membres de la famille) sont toutes plus grandes les unes que les autres. Mr Teng possède, entre autres, une boulangerie et les différents Jollibee de Gensan. Yolly a fait sa connaissance lors de la mission 2007. Alors qu’elle commande le pain de la mission, voilà que Mr Teng, en plus d’offrir le pain, offre les repas (Jean Pierre, c’est pour cela que as mangé presque 100 % Jollibee cette année là !) et d’autres choses encore. Quelle générosité ! Exceptionnellement, nous chantons 3 chants français ! Lui et sa famille sont ravis. Ils nous invitent ensuite à prendre un verre dans le jardin où trône une immense abeille Jollibee… normal ! Nous nous mettons en route pour rendre visite à un 3ème bienfaiteur. Mais finalement nos Carolings s’arrêteront là pour ce soir : notre dernier visiteur étant souffrant.

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De retour au bureau, Blandine m’appelle sur skype et me montre la neige dans le jardin. Contraste avec nos 34°C du bureau… 

Un conte de Noël

C’est les yeux encore un peu endormis que nous retrouvons Yolly et Kitz pour notre procession de Galio. Nous sommes particulièrement nombreux : nous 3 et eux 2 : oui, c’est bien cela : pas un de plus ! Après un rapide passage à la chapelle nous nous mettons en route, Kitz en tête portant la statue de la Vierge et nous suivant dernière. Nous récitons le chapelet avec un chant de Noël entre chaque dizaine. Le soleil se lève doucement éclairant le ciel de superbes couleurs rose-orangé. Nous dépassons la grande Statue de la Vierge située non loin du bureau. Yolly veut nous montrer les églises au moment de la misa de Galio. Elles débordent ! Les fidèles venus en grand nombre ont même apporté des chaises pour suivre confortablement la messe de l’extérieur. L’église ressemble un peu à un sapin de Noël, ou un centre commercial, avec de grosses étoiles en plastiques, illuminées de l’intérieur. Après la communion, une chorale chante : c’est assez animé ! Nous ne sommes qu’au début de la neuvaine. Il paraît que plus on se rapproche de Noël, plus les églises débordent ! A certains endroits,  il y a même 2 messes : une à 3h et l’autre à 4h30. Et les deux sont pleines !  Difficilement imaginable en France !

Pendant que nous déjeunons à la cantine, Yolly veut nous présenter de nouvelles amies. 3 petites filles. Elles viennent de tribus des montagnes voisines. Arrivées seules ce matin grâce à un jeepney qui a accepté qu’elles montent gratuitement, elles sont ici pour mendier de la nourriture. Yolly leur a proposé des bananes car en ce moment, nous faisons de véritables  cures de fruits. Mais les petites filles refusent : leurs parents sont agriculteurs et pour le moment, c’est vache maigre : les bananes sont leur alimentation de base ! Elles sont venues chercher du riz et du poisson pour leur famille. Yolly a conduit les 3 petites filles à la cantine et  leur fait servir un repas. Les yeux des petites filles rayonnent, elles mangent de bon cœur, cela fait vraiment plaisir ! Pour la nourriture pour la famille, Yolly leur dit de ne pas s’inquiéter. Mais, avec son souci d’éduquer et faire progresser les enfants, elle leur demande de faire un petit travail : les voilà qui se mettent à balayer devant le bureau : c’est trop mignon ! Près d’elles, un sac en plastique avec leurs trésors de la matinée : des vieux vêtements et casquettes qu’elles ont collecté le matin. C’est comme un comte de Noël, sauf que c’est la vraie vie des Philippines au moment de Noël. Leur histoire est touchante et elles pourraient faire de bonnes figurantes pour la carte de Noël car les photos de la veille ne conviennent pas. Me revoilà donc partie pour une série de photos. En arrivant sur place, je me rends vite compte que ça ne collera pas : avec le soleil qui tape fort, la paille du toit de la crèche fait de grandes ombres sur les visages de Saint Joseph et de la Sainte Vierge. Je ne veux pas décevoir les petites filles et leur donner le sentiment que nous sommes venues là pour rien et prends quelques photos, mais je ne reste pas longtemps : les filles fondent littéralement au soleil ! De retour au bureau, nous leur donnons de petits bracelets sur lesquels figurent des représentations de la Sainte Vierge et de la Sainte Famille. Les petites filles sont protestantes aussi Judith leur fait-elle un petit cours de catéchisme. Les petites filles doivent maintenant partir : elles ont des tas de petits trésors et de la nourriture : elles sont contentes !

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Nous nous remettons au travail, mais l’heure de nos Carolings arrive vite. Ce soir, un ami de patient nous prête son véhicule : il a l’air tout brinquebalant ! D’ailleurs, impossible de démarrer ! Voilà Doc, Kitz et un autre garçon en train de pousser le minibus : c’est cocasse ! Nous embarquons également Aldi et deux de ses frères : ce seront nos figurants de ce soir pour, je l’espère, une dernière série de photos de la crèche. Nous voici maintenant en route : ça secoue ! Nous faisons notre petit tour d’un bout à l’autre de Gensan. Nous rendons visite à l’un des dentistes de la mission de Tanay qui souffre d’un cancer : elle n’en n’a pas pour autant perdu son sourire et sa bonne humeur !

En rentrant, nouvel arrêt à la crèche : les gardiens vont finir par se demander ce que nous fabriquons ! Nouvelles prises avec nos deux nouveaux enfants. Le plus jeune est tout crispé et Blandine se met carrément dans la crèche pour essayer de le faire rire. Ça y est, en regardant bien, on voit un petit sourire ! Vite, il ne faut pas rater l’instant. A chaque figurant, j’essaye d’avoir de nouveaux angles pour tenter d’obtenir enfin l’effet voulu : et bien ce n’est pas évident ! Un nouveau mail pour Jean-Pierre. Cette fois sera-t-elle la bonne ? L’avantage du décalage horaire dans ce sens, c’est que pendant que nous dormons il travaille et nous pouvons avoir le résultat de ses réflexion dès le lendemain matin !