Gensan, nous revoilà !

Nous sommes complètement « sleepy » quand il est temps de s’agiter un peu pour enregistrer nos bagages. Nous sommes maintenant des habituées de l’aéroport de Manille et après l’enregistrement, nous retrouvons nos petits shake favoris, jusqu’à ce qu’un monsieur avec une pancarte indiquant « General Santos » passe devant les « terrasses » de café : officiellement, ce n’est pas encore l’heure de l’embarquement, mais dans la pratique, presque tous les passagers sont déjà à bord.

Je suis KO et ne tarde pas à m’endormir, pour me réveiller peu avant l’arrivée. C’est assez sportif de récupérer tous nos bagages et surtout de les sortir de l’aéroport mais une fois dehors, nous avons 10 bras qui nous les prennent : on ne sait pas qui est notre chauffeur, mais heureusement, ils vont bien tous vers le taxi que Sheryl nous a trouvé, le FX du bureau étant toujours HS. Nous retrouvons notre Gensan et nos chers amis d’Acim Asia. Nous sommes impressionnées car les filles sont très élégantes : de jolies jupes noires ou bleu marine et de beaux chemisiers ont avantageusement remplacé les jupes et t-shirt. Que c’est-il passé ?  Elles nous disent en riant qu’il y a maintenant un uniforme. Talaga ? (vraiment ?). Nous verrons bien demain ! Mais ce n’est pas tout : à l’intérieur aussi il y a eu des changements : la pharmacie est transformée en bureau de Yolly, son ancien « couloir-bureau » est maintenant une zone de stockage organisée avec de multiples boites, la grande table qui s’y trouvait est maintenant à l’extérieur : bref, ça a déménagé ! La dernière « révolution » est dans mon ancienne chambre : des rideaux fleuris remplacent avantageusement les anciens, Marie-Car et Bubbles font des ourlets pour d’autres rideaux et il y a maintenant 3 lits : le fond de la pièce a été dégagé pour mettre le 3ème . Yolly a souhaité que nous puissions dormir ici quand nous le voulions pour faciliter la communication avec nos familles, l’autre maison n’ayant pas internet. Décidément, Yolly, toujours aussi attentionnée ! Nous nous activons sur nos ordinateurs pour donner quelques nouvelles aux familles, amis, et mettre à jour nos blogs car il y en a du boulot !

En début d’après-midi, Yolly nous demande si nous voulons venir avec elle et les filles du bureau pour prier pour une personne défunte que connaissait Yolly. La dame est décédée depuis plus de 8 jours mais l’enterrement n’a pas encore eu lieu ! C’était donc ça la tenue de nos petites volontaires ! OK, let’s go. Et nous voilà en tricycle jusqu’à une grille sur laquelle est posé un morceaux de tissus noir : nous sommes au bien au bon endroit. Je suis un peu inquiète de ce que nous allons trouver car il est clair que nous ne sommes pas dans une morgue… et ici il fait chaud… Dans la cour, au dessus d’une porte d’entrée, une « bannière » (type la pancarte que nous avions faite imprimer pour nos missions médicales, mais en plus petit) avec une photo de la défunte et ses dates de naissance et décès. A l’intérieur, dans un coin du salon, un grand cercueil blanc aux contours argenté dans lequel repose le corps. Le cercueil est ouvert mais le corps est recouvert d’une sorte de couvercle transparent. Tout autour du cercueil, des corbeilles et gerbes de fleurs à ne plus savoir qu’en faire et déjà à moitié fanées. Devant le cercueil, des canapés et fauteuils confortables de même que dans l’espace voisin. Il y a même un buffet pour nourrir les visiteurs. Le plus « drôle », c’est l’assiette pleine de nourriture posée sur un tabouret à côté du cercueil : est-ce un visiteur qui l’a oubliée ou est-ce pour la défunte ? J’avoue que tout ce spectacle est assez surprenant et après la récitation d’un chapelet, il est difficile de réaliser que nous sommes sensées veiller un mort alors qu’on nous apporte des sandwichs et que nous papotons joyeusement ! Mais visiblement, ça ne choque personne, c’est même normal. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ici, un décès, ça n’a pas l’air trop dramatique !

Le soir, nous dormons au bureau : en fait, nous avons décider de n’avoir qu’un domicile ici pour éviter d’avoir des affaires dans les deux maisons. De plus c’est plus facile pour les équipes qui n’ont pas à organiser notre transport. Pour nous, fini les séances de pompage et bonjour la propreté : ce n’est pas désagréable. Notre chambre est tout de même sommaire : 3 bancs qui se transforment en lits mais, pour le moment, un seul matelas pour 3 : nous y dormirons chacune à notre tour jusqu’à ce que nous récupérions ceux de notre ancienne maison. J’oubliais dernier détail : nos pieds dépassent !!!! Mais après nos tables de Los Banos (cf chronique du 27-28 nov), ici, c’est presque le luxe ! Il y a même des ventilateurs !