Crèche

L’une des traditions Philippines au moment de Noël est la Missa de Galio (messe des coqs). A compter du 16 décembre et jusqu’à Noël les Philippins vont tous les jours à la messe à 4h30. Cette tradition remonte à la période où les Philippines étaient une colonie espagnole. Les prêtres célébraient la messe tôt le matin pour les agriculteurs qui, occupés par les travaux des champs, ne pouvaient assister à la messe. Nous avons complètement oublié que nous sommes déjà le 16 : tant pis, nous nous rattraperons demain.

La journée se passe devant nos ordinateurs, toujours nos chroniques : amis lecteurs, vous n’imaginez pas le temps qu’il faut pour écrire tout cela ! Je reçois un mail de Jean-Pierre : il a la possibilité de faire imprimer des cartes de vœux qui seront ensuite vendues au profit d’Acim Asia. Il voudrait une photo d’enfant devant une crèche. J’en parle à Yolly. Quelques minutes plus tard, me voilà avec Judith, deux petits garçons qui passaient devant le bureau, et mon appareil photo sous le bras : nous nous rendons à quelques mètres de là devant une immense crèche murale. Des tas de prises, d’un côté, de l’autre, avec tel angle, puis un autre. Les petits garçons sont tout mignons et se plient sans problème à mes demandes. De retour au bureau, j’envoie mes « clichés » à Jean-Pierre, juste avant que nous partions pour nos Carolings. Au retour, j’ai le feed back avec les recommandations pour les prises suivantes. Il est plus de 21h : où vais-je trouver un enfant à cette heure là ? Kitz est au bureau, il n’est pas bien grand : ma foi, pourquoi pas ! Et me voilà repartie ! Par chance, un petit garçon joue devant la crèche, sa maman n’est pas loin : c’est l’enfant idéal : un visage d’ange, un petit visage tout rond. Clic, clac !  Je le libère enfin et tente quelques prises avec Kitz. Mais bien que petit, il n’a ni la taille ni le visage d’un enfant. Nous différentes tentatives d’expression de visage nous valent de bons éclats de rire ! Nouveaux mails  à Jean-Pierre et dodo. Nous nous couchons avec les poules car demain, nous nous levons avec les coqs pour notre procession de Galio.

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Archive pour décembre, 2009

Entre larmes et chants

Finalement, l’enterrement a lieu lundi et toute l’équipe s’y rend. Mais une patiente se présentant au bureau au moment où nous sommes censées partir pour la messe, nous nous rendons directement au cimetière. Yolly nous explique qu’il y a des cimetières publics dans lesquels les familles creusent les tombes où ils veulent, vont même jusqu’à faire quelques aménagements de terrain avec collines et vallées, et les cimetières privés, celui dans lequel nous sommes. Là, les pierres tombales sont de simples plaques de marbres posées sur l’herbe, et aucune croix ne ressort. Certaines familles ont des caveaux/chapelles privées autour du cimetière. La cérémonie est bien avancée lorsque nous arrivons. Toute la famille proche est habillée en chemisier blanc et jupe ou pantalon noir : c’est très « class ». Les différentes étapes de la cérémonie s’enchaînent sous la houlette d’un monsieur « organisateur d’enterrement » avec lunettes de soleil et cheveux gominés pendant que des personnes chantent avec piano électrique, micro, enceintes… j’oubliais de mentionner le reporter photographe et le cameraman ! ça fait un peu mariage à l’américaine ! Mais tout le monde a tout de même bien triste et ému. Une femme prend le micro et fait un petit discours. Mon anglais est certes bien perfectible, mais j’ai l’impression qu’elle ne parle pas de la défunte. Mais pourtant, elle parle bien d’une personne décédée. Mais ça ne colle pas, les noms ne sont pas les mêmes, elle fait référence à des évènements, des dates, antérieures à la date de naissance de la défunte. Ce serait-elle trompée de cérémonie ? Yolly nous explique qu’en fait, on enterre deux personnes, deux sœurs, dont l’une a eu une crémation il y a quelques temps et ses cendres sont dans une boite juste à côté. C’était donc ça…. ! La cérémonie terminée, tout le monde prend verres et petits gâteaux au milieu du cimetière : décidément, c’est presque une fête chez eux !

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Aujourd’hui est également un grand jour : c’est le premier soir de nos Carolings. Ici, à l’approche de Noêl,il est de tradition que les enfants chantent des chants de Noel de maison en maison et reçoivent en échange des friandises, petits cadeaux ou menues pièces de monnaie. Nous sommes de grands enfants et nos Carolings ont plusieurs objectifs : remercier les bienfaiteurs de la mission, mais aussi récolter des fonds afin d’offrir un Noël à de pauvres tribus philippines, celles des Blaans. Hier, nous avons fait une répétition, mais c’était assez facile car nous avons trouvé des chants aux mélodies semblables aux nôtres, la seule difficulté étant de placer des paroles anglaises sur les notes. Perrine a apporté de France quelques partitions de chants de chez nous alors ce seront des Carolings internationaux ! Le Fx étant toujours HS, nous louons un jeepney et c’est parti avec répétition éclairé à la lampe électrique pendant le trajet ! Doc a remis des courriers aux personnes que nous allons visiter et ceux de ce soir sont presque tous au rendez-vous. A chaque halte, nous chantons 3 à 4 chants avant de terminer par le traditionnel « we whish you a Merry Christmas » qui se poursuit par “Good tidings we bring for you and your kin, good tiding for Christmas and a happy new year”, c’est à dire “nous vous apportons nos meilleurs voeux pour vous et vos proches, Joyeux Noel et Bonne Année”. Un peu hésitantes au début, mais de plus en plus sûres au fur et à mesure de nos « prestations », nous, les 3 françaises, ajoutons « thank you, thank you, ang babahit nino thank you » (Merci, merci, merci à vous !). Nous ne sommes pas peu fières de le chanter toutes seules et nos auditeurs sont ravis que nous leur chantions quelques mots en tagalog ! Ce soir, nous chantons surtout pour remercier, mais pour nous remercier de remercier, on nous invite à grignoter (voir plus) à chaque halte ! gâteaux de riz sous toutes ses formes, ou biscuits d’apéritif : juste de quoi nous couper l’appétit avant le dîner, mais c’est tout de même bien sympathique !

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Gensan, nous revoilà !

Nous sommes complètement « sleepy » quand il est temps de s’agiter un peu pour enregistrer nos bagages. Nous sommes maintenant des habituées de l’aéroport de Manille et après l’enregistrement, nous retrouvons nos petits shake favoris, jusqu’à ce qu’un monsieur avec une pancarte indiquant « General Santos » passe devant les « terrasses » de café : officiellement, ce n’est pas encore l’heure de l’embarquement, mais dans la pratique, presque tous les passagers sont déjà à bord.

Je suis KO et ne tarde pas à m’endormir, pour me réveiller peu avant l’arrivée. C’est assez sportif de récupérer tous nos bagages et surtout de les sortir de l’aéroport mais une fois dehors, nous avons 10 bras qui nous les prennent : on ne sait pas qui est notre chauffeur, mais heureusement, ils vont bien tous vers le taxi que Sheryl nous a trouvé, le FX du bureau étant toujours HS. Nous retrouvons notre Gensan et nos chers amis d’Acim Asia. Nous sommes impressionnées car les filles sont très élégantes : de jolies jupes noires ou bleu marine et de beaux chemisiers ont avantageusement remplacé les jupes et t-shirt. Que c’est-il passé ?  Elles nous disent en riant qu’il y a maintenant un uniforme. Talaga ? (vraiment ?). Nous verrons bien demain ! Mais ce n’est pas tout : à l’intérieur aussi il y a eu des changements : la pharmacie est transformée en bureau de Yolly, son ancien « couloir-bureau » est maintenant une zone de stockage organisée avec de multiples boites, la grande table qui s’y trouvait est maintenant à l’extérieur : bref, ça a déménagé ! La dernière « révolution » est dans mon ancienne chambre : des rideaux fleuris remplacent avantageusement les anciens, Marie-Car et Bubbles font des ourlets pour d’autres rideaux et il y a maintenant 3 lits : le fond de la pièce a été dégagé pour mettre le 3ème . Yolly a souhaité que nous puissions dormir ici quand nous le voulions pour faciliter la communication avec nos familles, l’autre maison n’ayant pas internet. Décidément, Yolly, toujours aussi attentionnée ! Nous nous activons sur nos ordinateurs pour donner quelques nouvelles aux familles, amis, et mettre à jour nos blogs car il y en a du boulot !

En début d’après-midi, Yolly nous demande si nous voulons venir avec elle et les filles du bureau pour prier pour une personne défunte que connaissait Yolly. La dame est décédée depuis plus de 8 jours mais l’enterrement n’a pas encore eu lieu ! C’était donc ça la tenue de nos petites volontaires ! OK, let’s go. Et nous voilà en tricycle jusqu’à une grille sur laquelle est posé un morceaux de tissus noir : nous sommes au bien au bon endroit. Je suis un peu inquiète de ce que nous allons trouver car il est clair que nous ne sommes pas dans une morgue… et ici il fait chaud… Dans la cour, au dessus d’une porte d’entrée, une « bannière » (type la pancarte que nous avions faite imprimer pour nos missions médicales, mais en plus petit) avec une photo de la défunte et ses dates de naissance et décès. A l’intérieur, dans un coin du salon, un grand cercueil blanc aux contours argenté dans lequel repose le corps. Le cercueil est ouvert mais le corps est recouvert d’une sorte de couvercle transparent. Tout autour du cercueil, des corbeilles et gerbes de fleurs à ne plus savoir qu’en faire et déjà à moitié fanées. Devant le cercueil, des canapés et fauteuils confortables de même que dans l’espace voisin. Il y a même un buffet pour nourrir les visiteurs. Le plus « drôle », c’est l’assiette pleine de nourriture posée sur un tabouret à côté du cercueil : est-ce un visiteur qui l’a oubliée ou est-ce pour la défunte ? J’avoue que tout ce spectacle est assez surprenant et après la récitation d’un chapelet, il est difficile de réaliser que nous sommes sensées veiller un mort alors qu’on nous apporte des sandwichs et que nous papotons joyeusement ! Mais visiblement, ça ne choque personne, c’est même normal. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ici, un décès, ça n’a pas l’air trop dramatique !

Le soir, nous dormons au bureau : en fait, nous avons décider de n’avoir qu’un domicile ici pour éviter d’avoir des affaires dans les deux maisons. De plus c’est plus facile pour les équipes qui n’ont pas à organiser notre transport. Pour nous, fini les séances de pompage et bonjour la propreté : ce n’est pas désagréable. Notre chambre est tout de même sommaire : 3 bancs qui se transforment en lits mais, pour le moment, un seul matelas pour 3 : nous y dormirons chacune à notre tour jusqu’à ce que nous récupérions ceux de notre ancienne maison. J’oubliais dernier détail : nos pieds dépassent !!!! Mais après nos tables de Los Banos (cf chronique du 27-28 nov), ici, c’est presque le luxe ! Il y a même des ventilateurs ! 

Geographie de nos missions de Manille

Je vous indique régulièrement des noms de lieux de missions, je vous parle d’endroits où nous allons, mais, à des milliers de kilomètres de chez vous, tout doit vous paraître au même endroit.

Alors pour vous aider, voici deux cartes :

- l’une vous donnant une cartographie des lieux des missions d’octobre (à l’exception de  Tanay dont la municipalité figure sur la carte suivante)

- l’autre avec les lieux de missions autour de Laguna Bay, en novembre

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Merci à Blandine pour son travail de cartographie !

Le 8 décembre à Manille

Dimanche 

Réveil matinal, petit déjeuner pantagruélique, une route sans circulation : nous arrivons en avance à la messe et remercions Ted pour l’excellent petit séjour qu’il nous a permis de passer. Dimanche à Manille et encore une surprise ! A la sortie de la messe, nous retrouvons Docteur Lee et sa famille qui nous demandent notre programme de l’après-midi : nous n’avons rien de particulier. Eh bien plus pour longtemps : nous déjeunerons avec lui et la famille de Doctora Araneta. Nouvelle destination gastronomique, mexicaine cette fois ! Comme d’habitude, lors de Lee nous emmène au resto, nous ne sommes pas déçues ! Vous prendrez bien un petit café à la maison ? Et nous voilà autour d’une table avec café, chocolat, gâteaux … Nous passons un bon moment en leur compagnie pendant que les enfants jouent sagement à la Wii au 2ème étage. Nous découvrons la chambre de Sabina : une chambre de princesse avec lit à baldaquin, sans parler de tous les jouets. Au moment de partir, Doctora Araneta et son frère nous offrent un petit cadeau : trop gentil ! Il n’est pas dans les habitudes d’ici d’ouvrir les cadeaux devant les personnes qui vous l’offrent alors nous remportons chacune nos petits paquets à l’appartement, intriguées. Nous n’aurons finalement pas la patiente des philippins pour attendre jusqu’à Noël pour ouvrir nos cadeaux. Le contenu nous vaut de bons éclats de rire. Nous vous montrerons ça à notre retour !

Lundi se passe entre messe le matin, internet café et … Greenhills. Une véritable dépendance ! Nous trouvons un cadeau pour remercier Mrs Licup qui nous a si gentiment accueilli pour ce nouveau séjour, et bien sûr, quelques perles… Nous retrouvons Sheryl qui cherche en vain un magasin pour faire réparer un ordinateur.

La matinée de mardi file à toute allure. Nous retrouvons les garçons pour le déjeuner et leur faisons découvrir le pain au chocolat et le croissant : ils apprécient ! Puis il est temps de faire nos valises et de nous rendre au prieuré pour la messe du 8 décembre. Messe solennelle précédée de la bénédiction d’ « Immaculata », la cloche de l’église du prieuré puis procession. Seymour me demande de prendre des photos pour que le prieuré en publie sur son site web. J’essaye de me transformer en reporter, la qualité de l’appareil en moins : de nuit, avec des personnes qui avancent, le flash a beau faire ce qu’il peut, les photos sont plus que médiocres. A l’issue de la procession, le prieuré renouvelle sa consécration à la Sainte Vierge, renouvellement préparé depuis la fête de Notre Dame du Rosaire avec l’offrande d’un bouquet spirituel fait des sacrifices des fidèles. Nous remercions les différents abbés du prieuré qui, une nouvelle fois, ont fait de nos missions et séjours ici de beaux et bons moments. Nous les reverrons peut être lors de notre passage début janvier avant de quitter ce beau pays. L’abbé Onoda est tout surpris que nous fassions le « blessing », ce geste où l’on porte à notre front le dessus de la main du prêtre, si beau geste de respect que les plus jeunes font également aux plus anciens. Eh oui, un pas de plus dans l’intégration philippine !

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Mais de tardons pas : Lee et Mia nous attendent pour un dernier ( ?) dîner avec Doctora Araneta et son mari. Alors que nous leur remettons notre cadeau, Mia nous en remet un à chacune ! C’est le monde à l’envers ! Mais cette fois, nous ne pouvons résister à l’ouvrir : de beaux couverts à salade en bois et nacre. Lee nous a prévu un menu coréen. Chacun confectionne ses petites bouchées. Nous pensons que c’est là le plat principal. Que neni : ce n’est que l’entrée ! Les maid ont ensuite préparé un bibimpap (cf chronique du 25 octobre) délicieux mais plus que copieux ! Dîner très sympathique mais un peu sur-réaliste où le mari de Doctora Araneta s’absente pour faire un petit somme, où son épouse et moi rivalisons pour savoir qui terminera son assiette la dernière, où Blandine se débat avec ses verres tandis que nous nous débattons avec nos baquettes (qui cette fois sont métalliques et beaucoup plus difficiles à manier)….. Mais de très bons moments en leur compagnie, comme toujours. L’heure tourne et il est temps pour nous regagner de l’aéroport car si notre nuit sera sans doute blanche (ou très courte : nous devons enregistrer les bagages à 5h du matin et avons décidé de passer la nuit à l’aéroport), nos hôtes travaillent demain. Dernières photos, dernières embrassades… MERCI, MERCI et encore MERCI pour tout ce que vous avez fait pour nous. Il n’est pas sûr que nous les revoyions début Janvier, alors ce sera peut être lors de leur prochain voyage en France.

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 Nous voulions prendre un taxi, mais pour Lee c’est hors de question ! Il nous conduit à l’aéroport avec notre chargement : en plus de nos bagages, nous avons le rice-cooker et 3 cartons contenant les formulaires d’enregistrement des patients de toutes nos missions depuis Octobre (soit plus de 5 500 !). De vraies romanos !

Sheryl a passé la soirée avec des amis philippins. Elle nous rejoint à l’aéroport. Nous trouvons quelques sièges qui feront office de lit.  Nous tombons de fatigue : il est plus de 2h30 du matin. Nous dormons d’un sommeil léger, régulièrement entrecoupé d’appels à embarquements pour les voyageurs : l’aéroport de Manille ne ferme pas la nuit…

Au milieu des poissons

Ça y est, nous partons vers Batangas. Ted était à Manille et est passé nous prendre en fin de matinée. Le voyage dure environ 3 heures, 4 quand ça roule mal. Ce vendredi, nous battons des recors de lenteur : bouchon sur bouchon avec de longs moments de sur-place expliqués en partie par un accident. Résultat, 7 heures de trajet pour faire environ 160 km… Nous arrivons la nuit tombée pour profiter du clapotis de la mer sur la plage de galets. Ted nous fait visiter les appartements qu’il est en train de construire au dessus des chambres existantes de son petit « ressort ». A terme, il détruira sa hutte en bois qui se transforme peu à peu en gruyère.

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Malgré les coqs et le bruit des ouvriers qui travaillent sur son chantier, nous faisons une petite grasse matinée pas désagréable. Les filles ne résistent pas à l’envie de piquer une tête et à peine levées, déjà dans l’eau, avant même de prendre le petit déjeuner. Sur la plage, nos petits vendeurs de perles nous attendent. Je reconnais l’un de ceux que nous avions vu début août. Les discussions et négociation vont bon train. En plus, nous avons maintenant certaines références avec nos visites à Greehills, ça aide ! Ted nous a concocté un petit programme bien sympathique pour cette matinée : nourrir les poissons et voir les coraux, programme que nous n’avions pu faire en août en raison de la pluie. C’est fois ça marche ! Ted a donc réservé un petit bateau à balancier. Nous embarquons sous un grand soleil et sur une mer bleue transparente. Crème solaire, masques, lunettes de soleils… nous sommes prêtes ! Après un petit arrêt pour acheter du pain et de la boisson, nous quittons la baie et longeons la côte. La pluie s’est mise à tomber, mais heureusement pas pour longtemps. Nous longeons quelques petits hôtels sans prétentions mais qui ont l’air bien confortables. Nous larguons l’encre à quelques mètres d’une plage. A travers l’eau nous voyons des bans de poissons jaunes et noirs. Ted lance quelques morceaux de pain : ça se bouscule la dessous ! Mais nous n’allons tout de même pas rester au dessus alors que le spectacle est dessous ! Nous mettons l’échelle et nous voici à l’eau. Elle est délicieuse quoi qu’en dise Ted qui la trouve froide ! Nous lui avons conseillé de faire un petit tour en France pour mieux apprécier son eau : on y rentre presque comme dans un bain. Shery surmonte sa peur (elle ne sait pas nager mais a un gilet de sauvetage) et nous rejoint. Le spectacle est superbe : les poissons se ruent littéralement sur les morceaux de pain et viennent vous picorer les doigts lorsqu’il ne reste presque plus de nourriture. Aux poissons jaunes et noirs s’ajoutent des verts aux nageoires roses vif à reflet bleu, ou encore des poissons tout jaunes avec une petite crète,ou des roses…. D’ordinaire, on voit cela dans les aquarium ou dans les livres. Là, c’est pour de vrai ! Trop beau ! Après le déjeuner des poissons, nous passons un bon moment à observer les coraux. Je m’attendais à en trouver des rouges, mais non : c’est un dégradé de vert (y compris vert vif), de marron, de violet, de blanc, de jaune foncé…. Il y en a des petits, des gros, des plats, certains en forme de boule, d’autres comme des éponges. Et au milieu de tout cela, des poissons multicolores. Nous voyons même deux énormes coquillages (comme ceux des bénitiers, mais en très gros) qui se referment lorsque Ted s’approche d’eux. C’est magnifique ! On ne soupçonne pas une telle vie sous cette eau si belle. On y resterait des heures ! Le vent se lève, le bateau se rapproche de nous. Nous avons du mal à nager à contre courant pour remonter à bord. Nous prenons le chemin du retour et faisons une petite pause pour une ballade sur une plage. Des enfants jouent sur une petite digue, un homme pêche au filet et prend 4 poissons ! Un calme paradisiaque sur ce bout de plage casi inhabité. Nous voyons une étoile de mer bleue :  je n’avais jamais vu ça, c’est très beau, surtout lorsqu’elle est posée sur les cailloux beige et bleu : on a l’impression que le cadre était spécialement étudié pour.

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Visite médicale au prieuré

Sans doute le contre-coup des réveils matinaux de la semaine passée, j’ai passé une bonne partie de ma journée de mardi à dormir. Je ne tenais plus debout !

Notre cher Doc est reparti ce jour-là à Gensan. Il reviendra à Manille le 22 décembre prochain pour recevoir le trophée du meilleur médecin Philippin, remis chaque année à quelques médecins qui oeuvrent particulièrement plus pour les pauvres philippins. Il a reçu la bonne nouvelle pendant nos missions. Bravo Doc, vous le méritez bien !

Doc parti, cela signifie pour nous la fin des missions médicales dans la région de Manille et l’inventaire des médicaments qui nous restent. Mais nous restons encore quelques jours ici :  Yolly nous a confié une nouvelle mission : la visite médicale de la petite école du prieuré ! Mercredi, pendant que nous inventorions nos médicaments, Blandine rejoint Sheryl à Cubao car ici, même s’il s’agit d’une micro-école (à peine plus de 20 élèves), on fait les choses très sérieusement. Impression de dossiers cartonnés mais surtout uniforme ou du moins, simili uniforme, d’infirmière. Nos 2 nurses se mettent en chasse de vêtement blancs à la fois pas chers et mettables : elles écument toutes les friperies de Cubao et nous ne pouvons nous retenir d’éclater de rire lorsqu’elles mettent leur tenue du choc au prieuré ! Heureusement pour Blandine, elles n’ont pas réussi à trouver la petite coiffe traditionnelle des infirmières Philippines.

Il en a fallu du temps pour trouver cet accoutrement : j’ai cru que nous ne les reverrions qu’à l’appartement ce soir. L’école terminant vers 16h30 peu d’élèves peuvent sont passés ce soir. Les autres passeront donc demain.

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Le lendemain, nous assistons à la messe des élèves (ils ont la messe tous les matins avant de débuter l’école) qui se poursuit par une exposition du St Sacrement pendant toute la journée. Nous finissons par rejoindre les classes et la « clinic » (un bien grand mot pour une pièce minuscule composée d’une table, d’une chaise, d’un mètre, d’un pèse-personne et d’un petit meuble). Nous accompagnons Sheryl qui fait un petit speech explicatif à chaque classe afin de rassurer les élèves car certains craignent d’avoir des piqûres…. Nous découvrons alors ce qu’est l’école : une grande salle avec des cloisons amovibles qui marquent la séparation entre les classes, entre 2 et 5 élèves par niveau, un brouhaha indescriptible où chaque professeur essaye de se faire entendre… on se demande comment tout ce monde là peut travailler, mais pas de panique, visiblement ici c’est normal !

Afin de pouvoir passer l’ensemble des élèves dans la journée, nous partageons la visite médicale en deux parties avec Perrine et moi pour la pesée, les contrôle visuel et un petit questionnaire basic sur l’hygiène dentaire. Puis nous passons le relais à nos deux infirmières préférées. C’est amusant de voir la réaction des enfants : certains sont tellement timides que même la visite terminée, ils osent à peine me regarder alors que d’autres gagneraient à être plus sages…. ! Les plus mignons sont les élèves de maternelle et plus particulièrement Chloé qui chante de tout son cœur ! Nous avons droit à de petites chansons enfantines avec moult gestes et sauts : trop mignon !

La visite médicale terminée, et après avoir fait un petit tour à la chapelle, nous partons en direction de Cubao : nous nous mettons en quête d’un cadeau pour remercier Ted qui nous invite à Batangas pour 2 jours de repos au bord de, voire dans, l’eau ! Nous en profitons également pour trouver un autre cadeau pour Lee et sa famille qui nous ont invité par 2 fois cette semaine et qui ont déjà prévu de convier à un dîner d’au revoir avant notre départ. Décidément, leur gentillesse n’en finit pas de nous combler. Nous avons les yeux rivés à nos montres car notre propriétaire nous a fait rappeler l’heure fatidique des 21h que nous avons légèrement dépassé les derniers soirs. Vite, Jeepney…., avance !!! Les bouchons de Cubao passés, nous arrivons chez nous : il est 20h55. Ouf !