Quitter les Philippines…

Le réveil sonne : c’est mon dernier jour à Manille. Je prends une dernière douche (chaude !), boucle mon sac et commande un taxi. Le trajet jusqu’au prieuré est court, mais je suis chargée comme un baudet ! 

Dernière messe là bas avant… hopefully August ! En dehors de Nelson et Seymour, je ne vois pas de têtes connues : Lee et Mia doivent rentrer aujourd’hui sur Manille. Quant à Elaine et sa famille, ils ne sont pas là non plus. Quelques textos et j’apprends qu’ils iront à la messe ce soir ; je pourrai donc les revoir avant mon départ. 

En attendant, je déjeune avec Nelson et Seymour puis nous retrouvons le groupe des Apôtres e Marie de Manille. Nous papotons joyeusement après leur réunion-topo et je leur raconte notre réveillon du 31. Apparemment, l’abbé Chazal, prêtre français, doit prochainement arriver aux Philippines, et nos amis sont particulièrement intéressés par les recettes culinaires françaises. Un groupe de philippins avec une française mais sans photo ? Impossible ! Me voici donc pour ma dernière séance. Puis ce sont les échanges d’adresse mail. Je leur demande toutefois de bien me rappeler qui ils sont sur la photo s’ils veulent m’écrire car je pense que je serai bien incapable de me souvenir du nom de chacun d’eux. 

La fin de journée s’écoule tranquillement. Après la messe, je salue une dernière fois les abbés et reçois la bénédiction de chacun d’eux. Mia m’invite pour un dernier dîner. Lee n’est pas là : il a dû rester à Subic pour régler quelques affaire. Il s’est mis à pleuvoir et c’est sous des trombes d’eau que je recharge mon téléphone pour la dernière fois…. Je pense que les textos vont aller bon train avant d’embarquer ! Je fais mes adieux à Sabina et Mia, en espérant que ce ne sera que des au-revoir. Finalement Elaine ne peut nous retrouver au prieuré pour un dernier adieu et m’appelle : toute la famille est au bout du fil pour me souhaiter un bon voyage. C’est adorable ! Un dernier passage au prieuré pour dire au revoir à Nelson. Seymour m’accompagne en taxi jusqu’à l’aéroport. Il est près de 22h et le trafic est fluide. Seymour me laisse à l’entrée de l’aéroport : les personnes accompagnant les voyageurs ne sont pas autorisés à entrer. 

Cette fois ça y est…  le départ approche. Je me débats comme je peux avec mon gros sac, mon bagage à main qui pèse 10 tonnes, mon sac à main qui en pèse 3, ma parka (celle qui devait me servir pour le Vietnam et le Cambodge) et mon carton en forme de tobleronne géant dans lequel sont emballés mes arcs. Je n’ai qu’une crainte, devoir payer du surpoids de bagages. Normalement, je devrais arriver à m’en sortir s’ils ne pèsent pas mon bagage à main. Manque de chance, la compagnie Ethiad avec laquelle je voyage, est la seule à effectuer un pré-pesage des bagages avant l’enregistrement…. Le stress monte. 23 Kg pour la soute et 13 pour l’avion. J’arrive à obtenir qu’on ne touche pas à mon sac à main ! Ouf ! Mais malgré tout, ça coince ! Je ne peux emporter que 7 kg à bord…. Le stewart me propose de transvaser des affaires vers mon gros sac. Mais j’ai en tête que je ne peux dépasser 20 Kg en soute… Bigre. Dans le stress j’ai mal compris ce qu’il m’a dit  et bonne nouvelle pour moi, je peux monter jusqu’à 30 kg en soute ! Oufffff !!!! A peine remise de ces émotions et de mon opération transvasement, je reçois un message super mega adorable de mes amis de Gensan. Et là, …..je me transforme en fontaine…. C’est avec le visage couvert de larmes que j’enregistre. Nouveau message : ninang, est-ce qu’on peut t’appeler ? Je suis bien incapable de leur parler et n’ai pas envie de pleurer au téléphone. Heureusement, après l’enregistrement, c’est la douane et voilà une excuse toute trouvée pour reculer un peu le coup de fil. J’espère arriver à sécher mes larmes d’ici là. Seymour m’envoie aussi un message : sans que je le sache, il était resté dehors à attendre, sans doute pour s’assurer que tout se passait bien. Il est maintenant tard et il doit partir. Merci Seymour, merci à nos 2 anges gardiens de Manille ! 

Ca y est, je pense être prête pour un au-revoir de vive voix avec Gensan. Manque de chance, il est trop tard : Judith et Maricar sont rentrées chez elles, et Kitz est tombé de sommeil… Il avait pourtant rechargé spécialement son téléphone pour pouvoir m’appeler… C’est trop dommage ! Pendant la ½ heure qui précède l’embarquement, c’est un échange incessant de sms avec Judith, Maricar, sans oublier ma petite Sheryl qui est seule, chez elle, à se morfondre. Et j’ai beaucoup de mal à retenir mes larmes qui coulent régulièrement. Que de moments merveilleux passés à leurs côtés…. Près de 6 mois qui sont passés à toute allure, 6 mois avec des cadeaux de toute sorte tous les jours, 6 mois de bonheur… 

Nous embarquons… j’envoie un dernier message de remerciement à toutes les personnes qui nous ont aidé pendant notre séjour, dernier échange avec Sheryl… les procédures de sécurité débutent…. J’éteins mon téléphone et ne tarde pas à sombrer dans les bras de morphée… Il est près d’une heure du matin… Une page se tourne… C’est dur de quitter les Philippines ….


Archive pour janvier, 2010

Kitz, « mon fils » !

La fin de cette merveilleuse aventure approche. La nuit fut bonne : une douche chaude, un vrai lit confortable, une petite chambre simple mais propre… un petit confort bien appréciable pour une petite grasse mat qui fait du bien.

Le programme de cette journée se bouscule dans ma tête : coiffeur (autant profiter de ce service 6 fois moins cher qu’à Paris), incontournable passage au marché aux perles, messe, dégustation d’un dernier shake à la mangue…. Bon, par où commencer si je veux caser le tout en comptant les temps d’attente et de transport inhérents à Manille ? J’en suis à faire différentes simulations de timing lorsque je reçois un SMS d’un numéro inconnu. Du contenu, je me dis que c’est peut être Kitz. Un petit échange de SMS me le confirme rapidement : je ne sais pas comment il s’est arrangé, mais il y de nouveau un téléphone : tant mieux ! Les textos vont bon train entre Yolly qui se casse la tête pour trouver de chants pour un mariage qui a lieu le jour même, Sheryl, Marie Car et Kitz qui me disent combien je leur manque… Je textote donc à tour de bras pour essayer de remonter le moral des troupes ! J’en profite pendant que j’en suis encore capable, car je ne sais pas trop dans quel état je serai dans 36 heures…

Je reçois alors un message inattendu de Kitz : à la fin de son SMS, il m’écrit « may I call you mamong before you leave the Philippines ». Je pense qu’il a voulu écrire « maman » car il nous avait demandé plusieurs fois comment on disait « mother » ou « mummy » en français. Ce petit gars de 17 ans, si gentil, serviable, généreux, profond… qui me demande si je veux bien être sa maman : je suis super touchée et ai du mal à croire ce que je vois sur le petit écran du téléphone… !!!! Je lui réponds qu’il peut m’appeler maman s’il le souhaite, mais que je ne remplacerai jamais sa vraie maman qui l’aime et qu’il doit aimer aussi. Je reçois en retour un message d’explosion de joie qui se termine par « je vous aime maman » ! Si je m’attendais à ça… !!! Après avoir passé des mois merveilleux, je vais rentrer en France avec une nouvelle famille : 2 enfants adoptifs (Sheryl et Kitz) et 2 filleules de confirmation (Judith et Marie Car), sans compter Yolly qui est un véritable ange qui veille sur tout ce petit monde. Qui l’eut cru 6 mois plus tôt… ? Sûrement pas moi ! Je suis très touchée !

Mais ne nous laissons pas envahir par les émotions car sinon, je ne sais pas dans quel état je serai demain soir à l’aéroport ! Je décide de me prendre un bon petit déjeuner avec shake à la mangue. Ma petite pension est en face de Baliwag, ce petit resto où nous avons pris quelques repas et pots avec Doc, Seymour et Nelson. Il fait beau, le resto est casi vide : un petit moment sympathique en perspective avec un bon bouquin tout en sirotant un shake. Que néni ! En raison du 1er janvier, ils n’ont pas été réapprovisionnés et pas de mangues pour le shake !  Qu’elle déception ! Tant pis ! Je saute ensuite dans un jeepney (eh oui, je prends le jeepney toute seule maintenant !) et hop, direction Cubao pour retrouver mon petit coiffeur qui s’était pas trop mal débrouillé lors de mon passage précédent.

Le reste de la journée s’enchaîne rapidement. Pendant que je suis chez le coiffeur, les échanges de SMS continuer à aller bon train avec Kitz, MarieCar et surtout Sheryl dont le moral est toujours « dans les chaussettes » ! Il faut dire qu’elle n’est pas au mariage avec les autres et se sent bien seule. Du coup, elle profite que je sois encore pour quelques heures aux Philippines pour m’envoyer des tas de texto !

Après le coiffeur, un taxi et me voici à Greenhil. Au fur et à mesure du temps, j’ai allongé ma liste de cadeaux à faire et là, je sais exactement ce que je veux et chez quel marchand les trouver. Le problème est que rien ne ressemble plus à une allée de vendeurs de perles qu’une autre allée de vendeurs de perles ! Je suis bonne pour quadriller méthodiquement le secteur ! Quand enfin j’ai trouvé : aïe ! Ils n’ont plus ce que je cherche, et cette fois, n’ont pas non plus les matériaux pour me faire du sur mesure. Me voilà repartie pour un tour pour trouver quelque chose qui me « tape dans l’œil » ! Je garde aussi un œil rivé sur la montre car il ne faudrait pas que j’arrive en retard à la messe. Bon an, mal an, je finis par trouver à peu prêt tout.

J’avais envisagé de dîner avec Nelson et Seymour mais je ne les vois pas à la messe. Ce n’est pas grave, j’espère que je pourrai les revoir demain. Les philippins étant toujours très attentionnés, il est hors de question pour eux que je rentre seule à ma pension qui n’est pourtant qu’à 5 minutes du prieuré. Me voici  donc raccompagnée par un Apôtre de Marie. La salle à manger de la pension est équipée de wifi et je dîne tranquillement en regardant mes mails : un petit message de Jean Pierre qui me touche beaucoup et un autre de Blandine et Perrine : nos deux globe trotteuses sont bien arrivées à Saigon. Le Vietnam semble superbe et bien différent de ce que nous avons vu aux Philippines. Je songe un instant à ma décision prise quelques mois plus tôt d’annuler le périple que j’avais prévu de faire au Vietnam et Cambodge avant de rentrer en France, afin de rester le plus possible au pays du sourire. Quelques secondes de « nostalgie »… qui s’effacent très rapidement lorsque je pense à tout ce que j’ai fait, vécu, et reçu ces derniers mois aux Philippines. Non, il n’y a rien à regretter !

Dernière nuit à Manille : demain c’est le grand départ… Je préfère ne pas y penser… 

Le temps des larmes – Au revoir Gensan

La nuit fut courte : à peine 2 heures ! Le sommeil a eu finalement raison de Mariecar, Judith et Kitz mais leur nuit fut encore plus courte que la nôtre : ils sont debout avant nous. Yolly nous avait dit qu’elle serait là à 6h : elle ne devrait donc pas tarder. Dernière « douche », nous fermons nos valises… puis nous prenons notre petit déjeuner : entre le dîner pantagruélique d’hier et la séparation en perspective : cela a un peu de mal à passer, et je ne vous parle même pas d’avaler l’énorme gâteau à la crème au beurre (salée) au café qu’ils avaient acheté la veille mais que, bien sûr, nous n’avions pas réussi à manger ! Chacun essaye de faire bonne figure. Mais le temps passe et toujours pas de Yolly. Allons-nous quitter Gensan sans lui dire au revoir ? Non, ce n’est pas envisageable ! Quelques texto et nous apprenons qu’elle est en route : il est déjà près de 7h et nous sommes censées partir dans quelques minutes car nous devons être à l’aéroport à 7h30. Mariecar a organisé notre transport à l’aéroport, mais à 7h, personne. Par certains côtés, heureusement car nous allons pouvoir passer un plus de temps avec Yolly et Sheryl qui sont enfin arrivées. Mais côté avion, cela risque d’être un peu juste !

Nous sommes toutes contentes de chanter à Yolly la chanson que nous avions préparée, mais j’avoue que certains mots restent au fond de la gorge. Ah non alors, ce n’est pas le moment de commencer à craquer, nous ne somme même pas à l’aéroport ! Heureusement Perrine et Blandine pallient à mes défaillances et je retrouve bientôt ma voix. Nous lui offrons alors les deux livres : Les 3 mousquetaires (en anglais !) en souvenir de nous trois et un beau livre sur les orchidées car Yolly adore jardiner même si elle en a peu le loisir. Nous avons visé juste ! Yolly nous avoue qu’elle lorgnait depuis quelques temps sur le livre mais l’avait laissé dans la boutique en raison du prix. Elle est ravie ! Sheryl offre à chacune de nous une mini tasse avec une tête de bonhomme et une dédicace spéciale. Mais pendant ce temps, toujours pas de chauffeur et le temps tourne…. Mariecar le contacte : nous ne devons pas nous inquiéter, il est en route ! Certes, certes, mais bon… Ahlala, nous avons encore du travail à faire avant d’attendre la totale « zen attitude » des philippins ! En attendant, autant s’occuper : vive la vaisselle à l’eau froide et un filet de savon, surtout lorsqu’il s’agit de nettoyer les assiettes pleines de crème au beurre !!!!

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Notre petit van finit par arriver : il « n’est que » 7h50 ! La ponctualité philippine…. Nous enfourgons nos bagages : tout tient malgré les multiples sacs. Tout le monde embarque. Au revoir bureau…. Prise par l’inquiétude de notre horaire d’avion, je ne réalise pas que je ne suis peut être pas prête de revoir ce bureau si sympathique…. Nous ne sommes pas en avance et voilà qu’à l’entrée de l’aéroport, les contrôles nous arrêtent alors que d’habitude, nous passons sans problème. Forcément, c’est toujours quand on est pressé que tout s’accumule. Heureusement, quelques mots en tagalog et nous franchissons la barrière. Pas le temps de se poser de question : nous filons enregistrer nos bagages et nous ressortirons dire au revoir à nos amis : nous sommes arrivées avec 1h de retard par rapport à l’heure normalement d’enregistrement… Nous avions pesé nos bagages et espérions que cela passerait à peu prêt, à quelques menus kilos prêt. Et bien non, à nous 3, nous en avons 12 de trop ! J’essaye de négocier, argumentant que nous venons de passer plusieurs mois pour aider et soigner les philippins, rien n’y fait. Nous devons payer !

C’est maintenant l’heure de la séparation : ce devra être rapide car l’embarquement a déjà commencé. Nous retrouvons nous amis qui nous attendent avec impatience. Nous les serrons un à un dans nos bras. Mariecar craque la première et cette fois, je n’arrive pas à luter : je pleure moi aussi. Quand les reverrais-je ? J’espère bien en juillet prochain, pour la mission médicale d’été. Ils me promettent de prier pour que je revienne ! Merci mes chers amis, moi aussi, je prierai à cette intention. Merci, merci, merci pour tous ces moments merveilleux que nous m’avez permis de passer, pour votre gentillesse inoubliable, pour vos exemples qui sont de vraies leçons pour nous. Maraming Salamat ! Kita tayo in July !

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