Quitter les Philippines…

Le réveil sonne : c’est mon dernier jour à Manille. Je prends une dernière douche (chaude !), boucle mon sac et commande un taxi. Le trajet jusqu’au prieuré est court, mais je suis chargée comme un baudet ! 

Dernière messe là bas avant… hopefully August ! En dehors de Nelson et Seymour, je ne vois pas de têtes connues : Lee et Mia doivent rentrer aujourd’hui sur Manille. Quant à Elaine et sa famille, ils ne sont pas là non plus. Quelques textos et j’apprends qu’ils iront à la messe ce soir ; je pourrai donc les revoir avant mon départ. 

En attendant, je déjeune avec Nelson et Seymour puis nous retrouvons le groupe des Apôtres e Marie de Manille. Nous papotons joyeusement après leur réunion-topo et je leur raconte notre réveillon du 31. Apparemment, l’abbé Chazal, prêtre français, doit prochainement arriver aux Philippines, et nos amis sont particulièrement intéressés par les recettes culinaires françaises. Un groupe de philippins avec une française mais sans photo ? Impossible ! Me voici donc pour ma dernière séance. Puis ce sont les échanges d’adresse mail. Je leur demande toutefois de bien me rappeler qui ils sont sur la photo s’ils veulent m’écrire car je pense que je serai bien incapable de me souvenir du nom de chacun d’eux. 

La fin de journée s’écoule tranquillement. Après la messe, je salue une dernière fois les abbés et reçois la bénédiction de chacun d’eux. Mia m’invite pour un dernier dîner. Lee n’est pas là : il a dû rester à Subic pour régler quelques affaire. Il s’est mis à pleuvoir et c’est sous des trombes d’eau que je recharge mon téléphone pour la dernière fois…. Je pense que les textos vont aller bon train avant d’embarquer ! Je fais mes adieux à Sabina et Mia, en espérant que ce ne sera que des au-revoir. Finalement Elaine ne peut nous retrouver au prieuré pour un dernier adieu et m’appelle : toute la famille est au bout du fil pour me souhaiter un bon voyage. C’est adorable ! Un dernier passage au prieuré pour dire au revoir à Nelson. Seymour m’accompagne en taxi jusqu’à l’aéroport. Il est près de 22h et le trafic est fluide. Seymour me laisse à l’entrée de l’aéroport : les personnes accompagnant les voyageurs ne sont pas autorisés à entrer. 

Cette fois ça y est…  le départ approche. Je me débats comme je peux avec mon gros sac, mon bagage à main qui pèse 10 tonnes, mon sac à main qui en pèse 3, ma parka (celle qui devait me servir pour le Vietnam et le Cambodge) et mon carton en forme de tobleronne géant dans lequel sont emballés mes arcs. Je n’ai qu’une crainte, devoir payer du surpoids de bagages. Normalement, je devrais arriver à m’en sortir s’ils ne pèsent pas mon bagage à main. Manque de chance, la compagnie Ethiad avec laquelle je voyage, est la seule à effectuer un pré-pesage des bagages avant l’enregistrement…. Le stress monte. 23 Kg pour la soute et 13 pour l’avion. J’arrive à obtenir qu’on ne touche pas à mon sac à main ! Ouf ! Mais malgré tout, ça coince ! Je ne peux emporter que 7 kg à bord…. Le stewart me propose de transvaser des affaires vers mon gros sac. Mais j’ai en tête que je ne peux dépasser 20 Kg en soute… Bigre. Dans le stress j’ai mal compris ce qu’il m’a dit  et bonne nouvelle pour moi, je peux monter jusqu’à 30 kg en soute ! Oufffff !!!! A peine remise de ces émotions et de mon opération transvasement, je reçois un message super mega adorable de mes amis de Gensan. Et là, …..je me transforme en fontaine…. C’est avec le visage couvert de larmes que j’enregistre. Nouveau message : ninang, est-ce qu’on peut t’appeler ? Je suis bien incapable de leur parler et n’ai pas envie de pleurer au téléphone. Heureusement, après l’enregistrement, c’est la douane et voilà une excuse toute trouvée pour reculer un peu le coup de fil. J’espère arriver à sécher mes larmes d’ici là. Seymour m’envoie aussi un message : sans que je le sache, il était resté dehors à attendre, sans doute pour s’assurer que tout se passait bien. Il est maintenant tard et il doit partir. Merci Seymour, merci à nos 2 anges gardiens de Manille ! 

Ca y est, je pense être prête pour un au-revoir de vive voix avec Gensan. Manque de chance, il est trop tard : Judith et Maricar sont rentrées chez elles, et Kitz est tombé de sommeil… Il avait pourtant rechargé spécialement son téléphone pour pouvoir m’appeler… C’est trop dommage ! Pendant la ½ heure qui précède l’embarquement, c’est un échange incessant de sms avec Judith, Maricar, sans oublier ma petite Sheryl qui est seule, chez elle, à se morfondre. Et j’ai beaucoup de mal à retenir mes larmes qui coulent régulièrement. Que de moments merveilleux passés à leurs côtés…. Près de 6 mois qui sont passés à toute allure, 6 mois avec des cadeaux de toute sorte tous les jours, 6 mois de bonheur… 

Nous embarquons… j’envoie un dernier message de remerciement à toutes les personnes qui nous ont aidé pendant notre séjour, dernier échange avec Sheryl… les procédures de sécurité débutent…. J’éteins mon téléphone et ne tarde pas à sombrer dans les bras de morphée… Il est près d’une heure du matin… Une page se tourne… C’est dur de quitter les Philippines ….


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Kitz, « mon fils » !

La fin de cette merveilleuse aventure approche. La nuit fut bonne : une douche chaude, un vrai lit confortable, une petite chambre simple mais propre… un petit confort bien appréciable pour une petite grasse mat qui fait du bien.

Le programme de cette journée se bouscule dans ma tête : coiffeur (autant profiter de ce service 6 fois moins cher qu’à Paris), incontournable passage au marché aux perles, messe, dégustation d’un dernier shake à la mangue…. Bon, par où commencer si je veux caser le tout en comptant les temps d’attente et de transport inhérents à Manille ? J’en suis à faire différentes simulations de timing lorsque je reçois un SMS d’un numéro inconnu. Du contenu, je me dis que c’est peut être Kitz. Un petit échange de SMS me le confirme rapidement : je ne sais pas comment il s’est arrangé, mais il y de nouveau un téléphone : tant mieux ! Les textos vont bon train entre Yolly qui se casse la tête pour trouver de chants pour un mariage qui a lieu le jour même, Sheryl, Marie Car et Kitz qui me disent combien je leur manque… Je textote donc à tour de bras pour essayer de remonter le moral des troupes ! J’en profite pendant que j’en suis encore capable, car je ne sais pas trop dans quel état je serai dans 36 heures…

Je reçois alors un message inattendu de Kitz : à la fin de son SMS, il m’écrit « may I call you mamong before you leave the Philippines ». Je pense qu’il a voulu écrire « maman » car il nous avait demandé plusieurs fois comment on disait « mother » ou « mummy » en français. Ce petit gars de 17 ans, si gentil, serviable, généreux, profond… qui me demande si je veux bien être sa maman : je suis super touchée et ai du mal à croire ce que je vois sur le petit écran du téléphone… !!!! Je lui réponds qu’il peut m’appeler maman s’il le souhaite, mais que je ne remplacerai jamais sa vraie maman qui l’aime et qu’il doit aimer aussi. Je reçois en retour un message d’explosion de joie qui se termine par « je vous aime maman » ! Si je m’attendais à ça… !!! Après avoir passé des mois merveilleux, je vais rentrer en France avec une nouvelle famille : 2 enfants adoptifs (Sheryl et Kitz) et 2 filleules de confirmation (Judith et Marie Car), sans compter Yolly qui est un véritable ange qui veille sur tout ce petit monde. Qui l’eut cru 6 mois plus tôt… ? Sûrement pas moi ! Je suis très touchée !

Mais ne nous laissons pas envahir par les émotions car sinon, je ne sais pas dans quel état je serai demain soir à l’aéroport ! Je décide de me prendre un bon petit déjeuner avec shake à la mangue. Ma petite pension est en face de Baliwag, ce petit resto où nous avons pris quelques repas et pots avec Doc, Seymour et Nelson. Il fait beau, le resto est casi vide : un petit moment sympathique en perspective avec un bon bouquin tout en sirotant un shake. Que néni ! En raison du 1er janvier, ils n’ont pas été réapprovisionnés et pas de mangues pour le shake !  Qu’elle déception ! Tant pis ! Je saute ensuite dans un jeepney (eh oui, je prends le jeepney toute seule maintenant !) et hop, direction Cubao pour retrouver mon petit coiffeur qui s’était pas trop mal débrouillé lors de mon passage précédent.

Le reste de la journée s’enchaîne rapidement. Pendant que je suis chez le coiffeur, les échanges de SMS continuer à aller bon train avec Kitz, MarieCar et surtout Sheryl dont le moral est toujours « dans les chaussettes » ! Il faut dire qu’elle n’est pas au mariage avec les autres et se sent bien seule. Du coup, elle profite que je sois encore pour quelques heures aux Philippines pour m’envoyer des tas de texto !

Après le coiffeur, un taxi et me voici à Greenhil. Au fur et à mesure du temps, j’ai allongé ma liste de cadeaux à faire et là, je sais exactement ce que je veux et chez quel marchand les trouver. Le problème est que rien ne ressemble plus à une allée de vendeurs de perles qu’une autre allée de vendeurs de perles ! Je suis bonne pour quadriller méthodiquement le secteur ! Quand enfin j’ai trouvé : aïe ! Ils n’ont plus ce que je cherche, et cette fois, n’ont pas non plus les matériaux pour me faire du sur mesure. Me voilà repartie pour un tour pour trouver quelque chose qui me « tape dans l’œil » ! Je garde aussi un œil rivé sur la montre car il ne faudrait pas que j’arrive en retard à la messe. Bon an, mal an, je finis par trouver à peu prêt tout.

J’avais envisagé de dîner avec Nelson et Seymour mais je ne les vois pas à la messe. Ce n’est pas grave, j’espère que je pourrai les revoir demain. Les philippins étant toujours très attentionnés, il est hors de question pour eux que je rentre seule à ma pension qui n’est pourtant qu’à 5 minutes du prieuré. Me voici  donc raccompagnée par un Apôtre de Marie. La salle à manger de la pension est équipée de wifi et je dîne tranquillement en regardant mes mails : un petit message de Jean Pierre qui me touche beaucoup et un autre de Blandine et Perrine : nos deux globe trotteuses sont bien arrivées à Saigon. Le Vietnam semble superbe et bien différent de ce que nous avons vu aux Philippines. Je songe un instant à ma décision prise quelques mois plus tôt d’annuler le périple que j’avais prévu de faire au Vietnam et Cambodge avant de rentrer en France, afin de rester le plus possible au pays du sourire. Quelques secondes de « nostalgie »… qui s’effacent très rapidement lorsque je pense à tout ce que j’ai fait, vécu, et reçu ces derniers mois aux Philippines. Non, il n’y a rien à regretter !

Dernière nuit à Manille : demain c’est le grand départ… Je préfère ne pas y penser… 

Le temps des larmes – Au revoir Gensan

La nuit fut courte : à peine 2 heures ! Le sommeil a eu finalement raison de Mariecar, Judith et Kitz mais leur nuit fut encore plus courte que la nôtre : ils sont debout avant nous. Yolly nous avait dit qu’elle serait là à 6h : elle ne devrait donc pas tarder. Dernière « douche », nous fermons nos valises… puis nous prenons notre petit déjeuner : entre le dîner pantagruélique d’hier et la séparation en perspective : cela a un peu de mal à passer, et je ne vous parle même pas d’avaler l’énorme gâteau à la crème au beurre (salée) au café qu’ils avaient acheté la veille mais que, bien sûr, nous n’avions pas réussi à manger ! Chacun essaye de faire bonne figure. Mais le temps passe et toujours pas de Yolly. Allons-nous quitter Gensan sans lui dire au revoir ? Non, ce n’est pas envisageable ! Quelques texto et nous apprenons qu’elle est en route : il est déjà près de 7h et nous sommes censées partir dans quelques minutes car nous devons être à l’aéroport à 7h30. Mariecar a organisé notre transport à l’aéroport, mais à 7h, personne. Par certains côtés, heureusement car nous allons pouvoir passer un plus de temps avec Yolly et Sheryl qui sont enfin arrivées. Mais côté avion, cela risque d’être un peu juste !

Nous sommes toutes contentes de chanter à Yolly la chanson que nous avions préparée, mais j’avoue que certains mots restent au fond de la gorge. Ah non alors, ce n’est pas le moment de commencer à craquer, nous ne somme même pas à l’aéroport ! Heureusement Perrine et Blandine pallient à mes défaillances et je retrouve bientôt ma voix. Nous lui offrons alors les deux livres : Les 3 mousquetaires (en anglais !) en souvenir de nous trois et un beau livre sur les orchidées car Yolly adore jardiner même si elle en a peu le loisir. Nous avons visé juste ! Yolly nous avoue qu’elle lorgnait depuis quelques temps sur le livre mais l’avait laissé dans la boutique en raison du prix. Elle est ravie ! Sheryl offre à chacune de nous une mini tasse avec une tête de bonhomme et une dédicace spéciale. Mais pendant ce temps, toujours pas de chauffeur et le temps tourne…. Mariecar le contacte : nous ne devons pas nous inquiéter, il est en route ! Certes, certes, mais bon… Ahlala, nous avons encore du travail à faire avant d’attendre la totale « zen attitude » des philippins ! En attendant, autant s’occuper : vive la vaisselle à l’eau froide et un filet de savon, surtout lorsqu’il s’agit de nettoyer les assiettes pleines de crème au beurre !!!!

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Notre petit van finit par arriver : il « n’est que » 7h50 ! La ponctualité philippine…. Nous enfourgons nos bagages : tout tient malgré les multiples sacs. Tout le monde embarque. Au revoir bureau…. Prise par l’inquiétude de notre horaire d’avion, je ne réalise pas que je ne suis peut être pas prête de revoir ce bureau si sympathique…. Nous ne sommes pas en avance et voilà qu’à l’entrée de l’aéroport, les contrôles nous arrêtent alors que d’habitude, nous passons sans problème. Forcément, c’est toujours quand on est pressé que tout s’accumule. Heureusement, quelques mots en tagalog et nous franchissons la barrière. Pas le temps de se poser de question : nous filons enregistrer nos bagages et nous ressortirons dire au revoir à nos amis : nous sommes arrivées avec 1h de retard par rapport à l’heure normalement d’enregistrement… Nous avions pesé nos bagages et espérions que cela passerait à peu prêt, à quelques menus kilos prêt. Et bien non, à nous 3, nous en avons 12 de trop ! J’essaye de négocier, argumentant que nous venons de passer plusieurs mois pour aider et soigner les philippins, rien n’y fait. Nous devons payer !

C’est maintenant l’heure de la séparation : ce devra être rapide car l’embarquement a déjà commencé. Nous retrouvons nous amis qui nous attendent avec impatience. Nous les serrons un à un dans nos bras. Mariecar craque la première et cette fois, je n’arrive pas à luter : je pleure moi aussi. Quand les reverrais-je ? J’espère bien en juillet prochain, pour la mission médicale d’été. Ils me promettent de prier pour que je revienne ! Merci mes chers amis, moi aussi, je prierai à cette intention. Merci, merci, merci pour tous ces moments merveilleux que nous m’avez permis de passer, pour votre gentillesse inoubliable, pour vos exemples qui sont de vraies leçons pour nous. Maraming Salamat ! Kita tayo in July !

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Réveillon franco-philippin !

Ce 31 décembre sonne comme un jour un peu particulier : c’est notre dernière journée complète à Gensan. La veille, nous avons préparé nos bagages et fait des estimations de poids en espérant que tout tiendrait : en tassant, ça devrait être bon !

Maintenant, ce sont les dernières choses à préparer : terminer les chroniques des jours passés, trier des photos et transférer à Yolly celles des missions… Sentiment étrange que de se dire que demain, nous serons à Manille, comme en transit, et nos chers amis ici, à Gensan…  Dans la matinée, Doc passe au bureau : il a préparé pour chacune de nous un petit livret sur son association et surtout une lettre où il nous remercie du travail que nous avons effectué à ses côtés. Il nous lit la lettre avant de nous la remettre et ce n’est pas sans une certaine émotion que j’écoute son si gentil message. Photo de nous 3 avec notre cher Doc et son trophée récemment gagné. Ce n’est pas encore l’heure des grandes séparations : nous le reverrons ce soir.

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Ce soir, c’est un réveillon dîner d’adieu, en espérant que ce ne sera qu’un dîner d’au revoir. Avec les filles, nous avons décidé de faire une petite chanson pour nos chers amis. Nous avons commencé hier soir. Un petit couplet d’introduction puis un couplet pour chacun d’eux, sur un air qui leur « colle bien » ou qu’ils apprécient tout particulièrement. Dans la matinée, nous terminons notre composition artistique, mais qui est surtout une composition du cœur. Nous nous installons à l’extérieur, devant le bureau et fermons la porte car pas question que nos chers amis entendent ce que nous leur concoctons ! A trois, la créativité va bon train, chacun rebondissant sur l’idée de l’autre et le résultat final promet d’être sympathique. Nous préparons ensuite une petite carte pour chacun avec le couplet d’introduction, le couplet qui lui est propre, sans oublier une petite dédicace de chacune de nous. Passons maintenant à la phase manuelle ! La veille, nous avons acheté deux livres pour Yolly pour la remercier de ses innombrables gentillesses et des merveilleux moments que nous avons passés avec la petite équipe. Blandine et Perrine se transforment en maître de la calligraphie et du dessin (au bic !) pour écrire des dédicaces clin d’œil sur chacun des livres. A Noël, nous avons été impressionnées par l’agilité des philippins et leur don de pliage pour les paquets cadeaux, et les élèves que nous sommes vont tâcher d’imiter les maîtres ! C’est un peu laborieux, mais au final, le résultat n’est pas mal et nos fleurs et rubans en papier ressemblent à quelque chose !

En l’honneur de notre départ, nous sommes les cuisinières du jour pour le dîner du réveillon avec menu français. En plus, une tradition philippine dit que la façon dont on passe la nuit du 31 donne le ton pour l’année suivante : 2010 sera donc une année de la France pour notre chère petite mission de Gensan. Nous avons fait les courses d’alimentation hier et avons trouvé presque tous les ingrédients. Nous nous mettons au fourneaux pendant que nos amis philippins commencent à préparer la table : pour l’occasion, ils ont acheté des sets de table rouge et crème et Yolly a remané de chez elle des verres à pied ! Elle a même apporté un mini-four au cas où nous en aurions besoin pour notre cuisine. Attention, ce soir, on ne rigole pas ! Le nombre des convives est un peu incertain. Nous comptons sur Yolly, Judith, Maricar, Sheryl, Kitz, Doc. Malheureusement, en fin d’après-midi, Yolly doit rentrer d’urgence chez elle : sa maman n’est pas bien du tout. La reverrons-nous ce soir ? Nous l’espérons bien car nous n’envisageons pas de passer notre dernière soirée ici sans elle. Nous avons prévu de nous mettre à table vers 19h : on attendra un peu si besoin. Doc est venu pour 19h, mais voyant qu’il était encore trop tôt en raison du contre temps, il en profite pour aller visiter 2 patients qui attendent des médicaments de sa part. Nous espérons qu’il reviendra ce soir ! Sheryl est venue au bureau dans l’après-midi, a même concocté un dessert à la mangue pour nous (en plus de notre dessert, et de l’énorme gâteau à la crème au beurre –salée- achetée par le bureau). Mais vers 20h30, elle part en coup de vent : elle vient d’apprendre qu’elle doit aller dîner dans sa famille : d’ailleurs la voiture l’attend devant le bureau. Nous avons du mal à la laisser partir, demandons à sa famille de nous rendre notre mosquito en fin de soirée. Sheryl promet de revenir ! Kita tayo mamaya Sheryl ! Yolly envoie un message à Judith : il ne faut  pas l’attendre pour dîner. Vers 23h40, il ne faudra pas oublier d’aller à la chapelle pour le Te Deum. Houlala, cela fait déjà moins 2 personnes pour ce soir. Si ça continue comme ça, nous allons nous retrouver toutes les 3 seules devant notre assiette ! Pas question ! Lorsque Doc revient (ouf !) nous passons donc à table, le cœur un peu gros de ne pas avoir notre chère Yolly avec nous, mais faisant contre mauvaise fortune bon cœur. Yolly nous écrira plus tard qu’elle a finalement dîné toute seule, mais que c’était tout de même fête ! Admirable Yolly, jamais un mot de plainte alors qu’on peut imaginer combien elle aurait voulu être des nôtres ce soir !

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La table est superbe : set de table, verres à pied, roses rouges, bougies rouges et même vin ! La fameuse bouteille reçue 2 jours plus tôt ainsi qu’une autre arrivée on ne sait comment au bureau. Qui dit repas français dit couvert français c’est-à-dire au revoir cuillères (nous vous retrouverons au dessert) et bonjour couteaux ! En entrée, tranche de foie gras servie sur un lit de salade, accompagnée de pain de mie toasté sans oublier le petit Jurançon bien frais ! Je n’en crois pas mes yeux : nous sommes aux Philippines, un 31 décembre et nous avons foie gras et vin blanc ! On croit rêver éveillée et je ne peux m’empêcher d’envoyer un SMS à Anne Laure et Jeanne pour les remercier de ces moments extraordinaires qu’ils nous permettent de vivre !!! Nos amis apprécient le foie gras et je ne parle pas du vin qui est un régal ! La salade avec une vinaigrette à la française passe un peu plus difficilement mais sans trop de problème toutefois (habituellement, ils mangent la salade cuite dans de la soupe et les légume crus sont servis dans un bain de mayonnaise !). Après l’entrée, le plat principal. Un steak de thon avec ratatouille (cuisinée à l’huile d’olive s’il vous plait !) et le riz (pour que nous amis ne soient pas perdus), le tout servi « à la place » avec une jolie présentation sur chacune des assiettes. On se croirait au resto ! Nos amis ne sont pas tous habitués à manger des légumes, mais dans l’ensemble ils apprécient tous. C’est ensuite une grande découverte : le fromage ! Vous ne me croirez sans doute pas, mais nous avons trouvé du Brie français de marque Président ! Inespéré. Là, les réactions sont très mitigées. Certains apprécient, mais pour d’autre, c’est autre chose. Mais pour autant, ils ne veulent pas le laisser dans l’assiette : « ce soir on est français » dira Maricar ! Heureusement qu’il y a le pain pour masquer le goût (comme nous le riz lorsqu’il s’agit de manger leur corned beef en boite) ! Vient ensuite le dessert : une rondelle d’ananas avec glace à la vanille (qui se laisse piteusement aller car le congélateur ne marche pas bien), caramel liquide, poudre de noix de coco et un petit biscuit : ça sonne un peu antillais, mais c’est tout de même français ! Le dîner est une réussite, tout le monde est content et il y a une sacrée ambiance !

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C’est encore Noël !

Aujourd’hui c’est encore noël : nous allons fêter Noël avec les Blaans, l’une des tribus que connaît Doc et située non loin de Gensan dans les montagnes. Nous leur apportons de la nourriture achetée en partie avec l’argent récolté avec nos carolings. Doc doit passer nous prendre à 7h alors c’est réveil matinal. Nous sommes un peu perplexes et nous demandons ce que nous allons faire toute la matinée, mais nous avons appris à ne nous inquiéter de rien.

Un petit tour dans Gensan pour prendre 2 des stagiaires de ce WE et nous voilà partis. Yolly est restée au bureau car elle a des rendez-vous. Nous lui disons que c’est dommage qu’elle ne puisse venir et elle répond « non, c’est bien pour les patients ». Admirable Yolly ! Lorsque nous quittons la route principale, les paysages sont superbes : rizières, chants de maïs, avec des montagnes en arrière fond. Nous traversons une petite rivière et arrivons dans un petit village. Ici, la tribu fait tout pour conserver leurs traditions et nombre de maisons sont en bois. Nous débarquons, nous rafraîchissons les pieds en traversant la rivière et nous dirigeons vers une petite « place » d’où provient une sorte de musique. 3 petites filles en costume traditionnel tapent en cadence sur un morceau de bois. Les costumes sont jolis : un petit haut bleu ou rouge brodé de coquillages ou paillettes blanches ou noires, et une jupe imprime ou écossaise, en fait un grand rectangle de tissus noué autour de la taille. En dehors d’elle, il n’y pas grand monde, mais petit à petit d’autres habitants arrivent. Ce qui est amusant c’est lorsqu’on apporte un bloc de sono, contrastant avec les instruments sommaires en bois et les petites grand-mères costumées qui suivent ! Pendant que tout le monde se regroupe, nous préparons les réjouissances. A un quadrillage en bambou, on accroche des sucettes et autres friandises mais aussi des rubans en papier crépon rouge, jaune, vert. Le quadrillage est « remonté » (suspendu en l’air) en attendant la suite. Puis nous passons au gonflage de ballons : il y en a des dizaines qui sont ensuite accrochés aux arbres. Pendant ce temps, Kitz demande à certains enfants de dessiner la journée d’aujourd’hui : de grandes feuilles de papier, des bouts de charbons en guise de crayon et c’est parti. Les enfants sont très concentrés et certains sont assez doués.

dsc04977rduite.jpg      dsc05029rduite.jpg      Danse des enfants 

La place s’est bien remplie. Doc explique pourquoi nous sommes là et un monsieur dit une prière. Il laisse ensuite le micro à Elaine, une personne particulièrement en charge des aspects culturels et relationnels dans le village. 3 groupes de petits enfants se forment pendant que 3 lignes de 10 bouteilles de soda vide sont faites en face d’eux. Le but du jeu est de mettre une paille dans chacune des 10 bouteilles et de les retirer avant de passer le lot de 10 pailles au membre suivant du groupe, comme un relais. Cela ne saute pas aux yeux au premier abord, mais c’est le jeu de la plantation et de la récolte du riz ! Local, quoi ! 1, 2, 3 go ! C’est parti ! Il y a des supporters pour chacune des équipes ! Les enfants sont concentrés, c’est très rigolo ! Les bouteilles se renversent, les enfants tombent, mais tout le monde est content ! Chaque membre de l’équipe gagnant reçoit un ballon en récompense. Nous pensons que nous allons passer au jeu suivant, mais que neni ! D’autres groupes se forment : ce sont d’abord des enfants un peu plus âgés, suivis ensuite par les adultes. Tout le monde participe et il y a une ambiance du tonnerre. Il faut voir les enfants soutenir les adultes !!!!! C’est génial ! C’est maintenant l’heure de l’intermède musical : pendant que 3 personnes (assez âgées) jouent et chantent, des enfants en costume rentrent en scène et allient rondes et gestes. C’est tout simple mais très joli ! Pour les remercier, nous leur chantons « Noel Nouvelet » en anglais : ils sont ravis !

Puis place aux plus petits. C’est là qu’entre en scène le quadrillage de bambou. A l’aide d’une ficelle, il est descendu, remonté, redescendu au dessus de la tête des enfants qui doivent arriver à décrocher les petites friandises que nous y avons accrochées. Il faut voir la tête des enfants lorsqu’ils décrochent quelques choses. Pour les « perdants », c’est presque un drame, heureusement vit consolé par les mamans. Puis les jeux reviennent. Cette fois c’est une course en sac. Les costumes locaux sont temporairement mis de coté car cette fois, c’est sportif. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les enfants ont du ressort ! Comme pour la « récolte du riz », 3 équipes par « niveau » et les adultes participent ! Kitz et Earl, l’un des stagiaires du WE, s’y mettent également, et c’est l’équipe d’Earl qui gagne, sans doute grâce à ses grandes jambes ! C’est très bon enfant, tout le monde joue ou applaudit… bref, toujours une ambiance du tonnerre, très sympathique. Nous, les 3 françaises, nous transformons maintenant en jury : 5 concurrents doivent nous chanter « we whish you a merry Christmas » mais en ayant la langue dehors. C’est assez rigolo ! Les joueurs laissent ensuite la place à deux dames qui font des danses tribales. Leur danse veut sûrement raconter quelque chose, mais j’avoue que cela ne saute pas aux yeux ! Mais peu importe, c’est assez plaisant et toujours haut en couleur !

Danses     p1030060rduite.jpg     Les parents jouent aussi

Il n’est que 11h30, mais c’est déjà l’heure du déjeuner. La veille, Doc a apporté des dizaines de kilos de riz, nouilles, poulets et légumes. Les femmes du village ont cuisiné tout cela pour nourrir environ 300 personnes. La nourriture est servie, avec une louche et une cuillère faites avec des noix de coco, sur des assiettes individuelles en bois, recouvertes de feuilles de bananes : c’est assez joli. Je ne peux pas vous dire si c’est bon car nous avons un menu spécial. Yolly a craint que nous ne supportions pas la nourriture cuisinée avec l’eau du village et le matin, nous avons emporté notre baon (notre déjeuner) pour être certaine que nous ne serons pas malade 2 jours avant notre départ. Sacrée Yolly ! Nous déjeunons donc un peu à part, mais avec le petit groupe de Gensan, dans une maison en bois. Nos hôtes nous ont mis de grands feuilles au centre de la pièce pour y déposer nos plats : c’est très joli.

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Formation à Gensan

Ce WE a lieu une formation « leadership ». En fait, une formation contre l’avortement et sur les principaux problèmes d’éthique liés au respect de la vie. ACIM Asia fait régulièrement des conférences contre l’avortement et anime annuellement une formation similaire à celle de ce WE. Mais cette session est une session pilote quant au nombre des participants. Ils sont peu nombreux : 7, entre 13 et 16 ans, 4 filles et 3 garçons. Yolly a voulu un petit groupe pour pouvoir les suivre tout au long de l’année, approfondir le sujet, répondre à leurs questions, les encourager. Au cours des 3 jours, les thèmes suivants sont abordés : le trésor de la vie et le combat pour la défendre, l’avortement, la contraception, le préservatif, le rôle du catholique dans le respect et la défense de la vie. Le sujet est d’autant plus d’actualité qu’aux Philippines, une loi visant à légaliser l’avortement est en discussion et les organisations pro-avortement offrent même des ponts d’or pour embaucher des personnes afin de soutenir leurs idées. Heureusement, le pays est encore catholique et l’opinion est assez partagée sur le sujet. Mais le gouvernement fait pression pour faire passer la loi. Une grande partie des interventions est faite par Yolly, entre-coupées de lecture en commun, projection de video (comme « le cri silencieux ») ou travaux de groupe. En complément, chaque journée a un thème linguistique, comme le français pour le 1er jour. Au début cela semble surprenant, mais en réalité, le jour suivant est le latin et lundi est jour de l’espagnol. Yolly veut ainsi leur montrer que le latin est une langue presque comme une autre, mais elle souhaite également leur apprendre les prières du Pater, Ave, Angelus afin qu’ils ne soient pas surpris lorsqu’ils iront pour la première fois à une messe tradi.

Cours de français      Yolly      Traderidera avec les finalistes

Le samedi matin, je pars avec Yolly, Blandine et Perrine devant nous rejoindre ensuite pour le cours de français qui doit débuter à 9h30. Mais à l’heure dite, elles ne sont pas là et je me retrouve toute seule à donner quelques rudiments de français, à commencer par la prononciation. Après quelques mots de base, j’enchaîne sur le « guai luron des Flandres » que Judith et Yolly voulaient leur faire apprendre. Puis Yolly débute son topo tout en progression et avec des mots simples mes efficaces sur la vie et le chemin jusqu’au ciel. Nous enchaînons ensuite sur l’Angelus en Français. Nous nous répartissons en petits groupes et avons même le plaisir d’accueillir des nouveaux « élèves », le temps de quelques heures. Nous devons leur apprendre à prononcer l’Angelus pour qu’ils puissent le réciter au moment du déjeuner. Je suis impressionnée par leur ténacité et leur volonté de réussir car alors que je considère qu’ils sont arrivés à un résultat correct pour un non francophone, ils en redemandent ! Et au déjeuner, le résultat n’est pas mal du tout si on le dit lentement. L’après-midi porte sur l’avortement et la projection de 2 films du professeur Nathanson dont « Le cri silencieux ». Après certaines images difficiles, ils ont un bol d’air/détente avec l’apprentissage du « savez-vous passer le traderidera ». Ils aiment et en redemandent ! C’est ensuite amusant de les voir y jouer juste entre eux ! La journée se termine tranquillement avec la projection de « La Vie est Belle » de Franck Capra puis après le dîner magistralement préparé par Kitz et Marie-Car, nous regagnons le bureau.

Dimanche matin, nous retrouvons nous petits élèves. Le thème linguistique est le latin. Nous sommes peu sollicitées ce qui me laisse le temps d’écrire de nombreuses chroniques en retard. J’avoue que j’apprécie car je n’avais pas prévu que nous soyons en dehors du bureau pendant 3 jours, la formation se déroulant dans une sorte de pensionnat situé non loin de chez nous. En début d’après-midi, Judith nous demande si nous connaissons un chant profane en latin afin de l’enseigner aux jeunes. Vive mes cours de 5ème ou 4ème où j’ai appris « Dans la forêt lointaine » en latin. Les « élèves » s’accrochent et arrivent à le chanter en canon. Yes !

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Maligayang Pasko !

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Grasse matinée pour nous ce matin, mais nos amis philippins sont déjà levés depuis longtemps ! Lorsque nous nous levons, nos amis français sont sans doute en train de réveillonner. Nous prenons tout notre temps pour nous préparer avec, pour l’occasion, de « nouvelles » jupes et un peu de maquillage. Blandine et Perrine sont super élégantes et portent l’un des colliers acheté lors de nos séjours à Manille. Petit déjeuner en fin de matinée mais c’était sans compter sur une invitation pour le déjeuner à l’occasion d’un baptême. Nous avons à peine fini nos « tartines » que nous partons ! Si nous avions su… Petit trajet en tricyle jusqu’à une salle louée pour l’occasion. L’entrée fait pas mal avec son grand escalier en blois. Mais lorsqu’on pousse la porte de la salle, c’est tout simple : un grand buffet avec des nappes plissées dont les philippins ont le secret. Les invités sont à table depuis longtemps. Nous saluons la personne qui nous reçoit et nous asseyons. Nous sommes juste toutes les 3 avec Yolly. Nous avons un peu l’impression de faire bande à part, dans notre coin, mais visiblement, cela ne dérange personne. Le déjeuner se termine tôt et nous refusons l’invitation à continuer la journée avec ceux qui nous invitent car notre messe de Noël a lieu dans l’après-midi. Une messe de Noel avec plus de 30 ° et des ventilateurs qui semblent bien faibles. Ajoutez à cela la fatigue de la nuit… j’ai cru que j’allais me trouver mal. Nous chantons encore quelques chants français sans oublier ceux en anglais pour que l’assistance s’y retrouve.

Crèche dans la chapelle

Après la messe, une sorte de goûter avec les fidèles. Nous faisons la connaissance du frère l’abbé Suelo. Nous discutons un peu avec l’abbé Ghella qui, lui aussi, fait tout pour que notre séjour dans son pays nous soit agréable. En rentrant au bureau, nous retrouvons Elaine et Bubbles venues pour la messe. Nous leur remettons nos cadeaux et sommes un peu frustrées car elles ne l’ouvrent pas devant nous : elle vont fêter Noël avec leur famille et veulent l’ouvrir à cette occasion. Tant pis ! Elles ont aussi un cadeau pour nous, c’est trop gentil ! C’est un peu difficile  à décrire alors regardez la photo ! Nous sommes ravies ! Nous offrons aussi notre cadeau à Kitz qui est tout content.

Kitz en train d'ouvrir son cadeau           Blandine, Perrine et Marie Car avec les cadeaux offerts par Elaine et Bubbles

La fin de journée se termine tranquillement et Perrine et Blandine ont leur famille via skype. C’est encore mieux que Nokia -- connecting people ! Pendant ce temps, Yolly et Judith travaillent : elles finissent de préparer une formation de 2,5 jours qui débute le lendemain sur les sujets de contraception, avortement & Co. Le 1er jour aura une petite thématique française : elles souhaitent que nous apprenions aux jeunes participants l’Angelus en français ainsi qu« Un Gai luron des Flandres » et le « Kyrie des gueux ». Nous devons donc préparer un petit document avec les paroles en français avec la traduction anglaise. A vos ordis ! Mais après dodo car je tombe de sommeil.

Noël à Gensan

Ce soir, c’est Noël ! Notre premier Noël à l’étranger, mais j’ai hâte de le fêter et suis ravie de le fêter ici !

Mais en attendant, c’est une journée normale, et même assez intense. Création et envoi de cartes de vœux, envoi de quelques news au bureau (depuis le temps que je devais le faire !) qui permet aussi de leur rappeler que je reviens dans quelques semaines. En retour, j’ai la bonne surprise de recevoir quelques messages de certains managers dont je n’attendais pas un tel message. Mais également travail sur une carte de localisation des missions d’Acim Asia pour Jean-Pierre sans oublier mon retard de chronique qui ne se réduit pas ! J’ai un peu de mal à être efficace car les filles sont connectées sur Youtube : nous écoutons de superbes chants de Noël et forcément, le son ne suffit pas, il faut que j’aille voir !

Dehors, les petits groupes d’enfants se succèdent devant le bureau pour nous chanter leurs petits carolings. Heureusement que nous avions prévu large car notre stock de cadeaux a diminué très vite ! Le visage de certains enfants s’éclaire quand ils reçoivent leurs présents. D’autres n’expriment rien, mais pas pour longtemps : quelques pas plus loin, ils jettent un dernier regard vers nous et les yeux brillent : c’est craquant.

Dans l’après-midi, notre cuisinière Marie Car s’active : elle prépare notre petit réveillon pour après notre veillée à la chapelle. Car ce soir, nous n’aurons pas de messe de minuit. Kitz et Marty partent vers 17h pour chanter la messe à Davao. Yolly et les équipes ici sont crevées et ont encore du travail pour préparer une formation de 3 jours qu’elles animeront à partir du 26 et ont donc décidé de ne pas faire les 6h de trajet aller-retour vers Davao. Nous savons que nous aurons une veillée, mais n’en connaissons pas le programme ni celui de la soirée d’ailleurs.

En début de soirée, Blandine, en manque de contacts audio et visuels avec sa famille charge des unités skype et les appelle sur un téléphone fixe en France : ça marche ! Décidément, c’est beau le progrès. Elle est ravie ! Ils sont ensuite connectés également de visu et nous faisons la connaissance de toute la famille, de même que eux font la connaissance de notre « famille » philippine ! Le « clou » est une petite audition de violon donnée en direct par la dernière petite sœur de Blandine que nous écoutons en « live » au bureau : c’est génial et elle a des tas de supporter outre-océan ! En retour, Blandine leur joue un petit morceau de piano, le clavier électrique étant posé sur l’un des ventilateurs ! Il faut voir le tableau, c’est génial !

Blandine donnant un concert, retransmis en audio-visuel vers la France !                

Pendant ce temps, nos petites amies philippines font des allers-retours vers l’extérieur. Mais que font-elles ? Un peu lasse d’être devant mon ordinateur, je sors. Décidément, nos amies ne manquent pas d’imagination ! L’un des rideaux verts de l’extérieur a été transformé en sapin de Noël. En haut, des fleurs en peluches (gagnées dans un mall) font office d’étoile. Sur les « branches », 3 paquets cadeaux en forme de bonbons. Nous avons encore quelques réserves de bonbons de Subic : il nous reste des « Dains » que nous avions gardé pour Noël. Quelques épingles et les voilà accrochés à notre beau sapin. Au pied, un petit enfant Jésus. Et si on faisait d’autres décorations ? Nous écrivons « Merry Christmas » sur la table avec le reste de « Dains ». Mais nous allons avoir besoin de la place. OK : un rideau vert est tendu près de la table et on me trouve des épingles : voilà la bonbons accrochés à ce « mur ». Nous accrochons également un petit ange. Mais il manque des étoiles ! Perrine se lance dans le découpage. Et pourquoi pas quelques petits anges aussi ? On les mettra sur notre table, avec nos noms. Tout le monde s’y met et il règne une joyeuse ambiance ! J’ai oublié de vous préciser : outre nous 3, nous passons la nuit de Noël avec Yolly, Judith et Marie-Car.

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Ah les crocrocro…

Nouvelle missa de galio : cette fois, elle est à 8h ! Le petit déjeuner qui suit est encore plus pantagruélique que la veille avec d’énormes bananes, des papayes fraîches et des pancakes MacDo ! Pas mauvais du tout ! Mais après, qu’allons-nous faire ? L’abbé nous a demandé ce que nous avions déjà visité dans Davao : un hôpital, puis un autre, puis un autre… bref, pas grand-chose. Nos hôtes discutent, et nous sommes toujours assises dans nos fauteuils, à attendre… Au bout d’une heure, nous nous mettons en route : comme hier, la destination est inconnue. Mum Beckie vient avec nous et deux de ses amies. Ça papote dur dans la voiture ! Nous nous arrêtons pour acheter le déjeuner. Mais lorsque nous ressortons du restaurant, Mum Beckie a les mains vides ! Ne cherchons pas à comprendre ! Quelques minutes plus tard, nous passons un portail en bois : nous entrons dans la ferme de Mum Beckie. 45ha avec des vaches, chèvres, carabao, chevaux, plantations de bananes, mangues, noix de coco, maïs… Nous n’en verrons qu’un micro bout.

Le rêve de Mum Beckie est que les Bétaniennes, installées à Iloilo (une autre île des Philippines), déménagent ici car qui dit couvent dit prêtre à demeure et donc messe quotidienne. Elle a donc fait construire (ou réhabilité car par certains côtés, cela fait un peu vétuste !) deux maisons avec des cellules pour les sœurs. L’abbé Couture doit encore venir pour valider le projet.

 Labour avec le carabao    Blandine et Perrine dans la ferme de Mum Beckie    dsc04714taillereduite.jpg    

En attendant le retour du chauffeur (parti récupérer le déjeuner –eh oui, Mum Beckie n’avait fait que commander, il fallait ensuite le temps de le préparer), nous faisons quelques petits pas à cheval, malgré nos jupes. Blandine n’est monté que peu de fois mais se débrouille très bien et finit même par bien maîtriser le cheval qui, au début, ne voulait pas broncher d’un poil ! Dans le passé, Perrine a eu une mauvaise expérience avec les chevaux, mais plus ça va, plus elle prend de l’assurance. Pour ma part, c’est assez pépère car même à coup de « cravache », j’ai un peu de mal à faire avancer l’animal ! Après le déjeuner, nous partons faire un petit tour d’une parcelle de la propriété, montée à 2 sur le cheval. Un petit arrêt près des chèvres, puis petit tour dans les champs. Une femme ramasse des haricots, pendant qu’un homme fait des bottes d’herbe pour les animaux. Un peu plus loin, un autre laboure le champs avec un carabao : on se croirait au début du siècle dernier ! Autour, des forêts de cocotiers et manguier : c’est paisible, c’est beau : ça fait du bien d’être à la campagne ! Pendant que Blandine fait un dernier tour avant que nous partions, Perrine, l’abbé et moi nous essayons au « claquage » du lasso : l’un des employés de la ferme, champion de rodeo, est expert ! Mais le geste est plus simple à regarder qu’à faire si l’on veut entendre un bruit sec et puissant lorsqu’il touche le sol.

p1020841taillereduite.jpg           Dégustation de crocodile 

Nous embarquons ensuite pour la « crocodile farm ». En fait, un élevage de crocodiles. Les animaux sont regroupés dans et autour de bassins en fonction de leur âge. Certains ont la gueule ouverte : brrrrrr, de sacrées dents. La plupart semblent dormir paisiblement, mais gare, quand il s’éveille, il fille à toute allure ! Blandine et Perrine prennent un jeune croco dans les mains (sa gueule est scotchée) et se font prendre en photo. C’est amusant car les Bétaniennes sont également venues là il y a quelques temps, ont fait elles aussi l’expérience, et ont leur photo en bonne place sur le petit kiosque ! En plus des crocos, nous voyons des autruches, lions, de superbes oiseaux et quelques étranges animaux, tel celui là au beau pelage rayé blanc et noir. A la sortie de la « ferme », des tribus vendent bijoux et tissus. L’abbé nous invite à y faire un tour pendant qu’il se met en quête d’un petit endroit où l’on peut goûter du croco ! Quelques mètres plus loin et nous y voilà. On nous apporte un steak de croco grillé, servi avec uns petite sauce et des légumes. Nous goûtons et c’est… bon ! Pas très original en fait, cela a plutôt un goût de porc.

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Un lundi au soleil…

L’abbé disant la messe de minuit à Davao, il ne rentre pas à Manille et reste sur place. L’avantage est que nous avons notre missa de galio, à 6h ce matin là.

Mum Beckie offre un bon petit déjeuner aux fidèles venus assister à la messe (elle a eu lieu chez elle, comme lorsqu’ils n’avaient pas la nouvelle chapelle). Après un bon moment d’attente (normal, nous sommes à Davao), nous partons en voiture pour une direction que nous ne connaissons toujours pas. En fait nous nous dirigeons vers le port. Au passage, nous voyons des porcelets dont les pattes sont ficelées et dont la tête est coincée dans des morceaux de troncs de bananier, prêts à être vendus. Ça hurle ! Nous sommes sur le point de monter une ligue de défense des porcelets lorsqu’on nous dit que leur mettre la tête comme cela leur permet de respirer du frai !

 Ce n'est pas une carte postale !                

Nous sommes maintenant au port et montons sur un grand bateau à balancier et à double niveau. Des paroissiens arrivent avec ce que nous imaginons être le pique-nique. D’autres suivent avec de grandes feuilles de bananiers. Est-ce pour faire de l’ombre ? Blandine, qui par certains côtés est encore plus acclimatée que moi, me répond du tac-au-tac : c’est pour le repas, ce sont des plats ! Elle a presque raison : en fait les feuilles serviront de couvercles pour la nourriture, car c’est un pique-nique à la philippine, c’est-à-dire un vrai repas. Pendant que nous naviguons en direction d’une île en face de Davao, à l’arrière du bateau, ça cuisine dure : kinilaw, barbecue de poisson et de porc… qui viendront compléter poulet grillé et riz également embarqués. Le ciel, couvert au début, se dégage en fin de matinée lorsque nous arrivons aux abords de l’île, faisant apparaître une mer d’un bleu profond et transparente dès qu’il y a moins de fond. Elle est même turquoise par certains endroits. Plus du sable blanc sur la plage : on croirait une carte postale ! Sauf que c’est pour de vrai ! Nous finissons par jeter l’ancre et nous mettre à l’eau (cette fois, c’est le tenu maillot, t-shirt et pantacourt) avec palmes et tuba pour un bon moment de snorkling (c’est le mot anglais pour nager avec masques et tuba). Certains philippins se jettent aussi à l’eau, mais pour la plupart, c’est avec un gilet de sauvetage car bien que vivant sur des îles, relativement peu savent nager. L’eau est aussi chaude qu’à Batangas, encore plus transparente car il y a moins de fond et beaucoup plus de soleil ! Les coraux sont magnifiques et nous pouvons les voir encore plus distinctement : ils sont à quelques dizaines de centimètres de nous : on pourrait presque les toucher. Les même couleurs qu’à Batangas, mais avec certaines plus vives et plus claires. En plus, d’énormes éponges, de grosses étoiles de mer d’un bleu profond. Il y en a une bleu clair, énormes, avec des gros pic blancs sur le dos : mieux vaut le regarder que la toucher, mais c’est magnifique !

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